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La cellule Riposte du clan Sarkozy

Elle a été créé, ou plutôt réactivée, en septembre, par Brice Hortefeux. La cellule Riposte du clan sarkozyste rassemble une vingtaine de responsables UMP et travaille aux argumentaires anti-Hollande. On l'a vue à l'oeuvre sur les plateaux de télévision dès dimanche soi, avec une rage rare dans ses premières attaques ad nominem contre le candidat socialiste.

Malheureusement, cette cellule a déjà fait preuve de son inefficacité. Ses sbires sont apparus enragés depuis bientôt trois jours. Et Sarkozy a déjà menacé de dissoudre les incompétents.

Qui sont de la Riposte ?
Jean-François Copé était sur le pont, évidemment. Il a presque tout donné, accusé François Hollande de couard et d'indécis. Le spectacle fut à son comble, mardi en fin de journée, quand l'UMP organisa une convention anti-PS, dans un villa de luxe, le Pavillon Gabriel, à Paris, exactement en face de l'Elysée. On imagine Sarkozy observer l'affaire de ses jumelles...

Pour l'occasion, ils avaient prévu un compteur des milliards que couteraient, sur 5 ans bien sûr, le programme du Parti Socialiste: « 255 milliards d'euros ! » nous a-t-on promis.... Quelle énergie, 8 mois trop tôt...

Depuis 2007 et bientôt 5 ans de mandat de Nicolas Sarkozy, la dette publique de la France a augmenté de plus de 400 milliards d'euros. On applaudit...

La cellule Riposte de l'UMP était bien dotée, riche en cumulards en tous genres. Notez les noms, vous comprendrez mieux le sens de leurs interventions publiques.
  • Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la Formation Professionnelle, et, accessoirement, déléguée générale aux élections à l'UMP.
  • Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement Supérieur
  • Thierry Mariani, ministre des Transports, et conseiller régional UMP de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 
  • Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé et conseillère régionale UMP de Rhône-Alpes;
  • Nathalie Kosciusko-Morizet,  ministre du Développement durable;
  • Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, président UMP du Conseil général des Alpes-Maritime, le Monsieur Sécurité du Parti;
  • Hervé Novelli, député UMP, ex-secrétaire d'Etat au Commerce (jusqu'en novembre 2010), Secrétaire général-adjoint de l'UMP, représentant de la frange libérale.
  • Axel Poniatowski, député UMP du Val d'Oise.
  • Franck Riester, député UMP de Seine et Marne,
  • Edouard Courtial, jeune poulain de Brice Hortefeux, maire, délégué général de l'UMP aux fédération, responsable de l'UMP de l'Oise
  • devenu secrétaire d'Etat aux Français de l'Etranger le mois dernier en remplacement de David Douillet.
  • Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, conseiller régional UMP d'Ile-de-France;
  • Bruno Beschizza, ancien flic devenu conseiller régional UMP
  • Alain Carignon, ancien ministre, ancien détenu (pour corruption), conseiller officieux de Nicolas Sarkozy (il organise des repas et contacts avec les milieux culturels).
  • proche du chef de l'Etat. 
Officiellement, cette cellule est à l'UMP. Brice Hortefeux, d'ailleurs, n'a aucun titre dans l'organigramme élyséen, il n'est que vice-président du Conseil national de l'UMP. Il attend toujours sa nomination comme directeur de campagne. Un temps, un jeune quadra a semblé lui piqué le poste, Olivier Biancarelli, conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Le Monarque lui a déjà promis un autre poste au chaud, en 2012, quoiqu'il arrive. Biancarelli deviendra secrétaire général adjoint de GDF Suez. A 40 ans tout juste, la promotion est bien belle.

La cellule Riposte déjà dissoute ?
Malgré son installation récente, cette cellule Riposte est déjà critiquée. Et par le « Patron » lui-même. Nicolas Sarkozy était paraît-il en rage, ce lundi. Il a sévèrement critiqué la façon dont son clan a « géré » les primaires socialistes. « Quelque chose se prépare ». On évoque déjà une nouvelle organisation, une « structure souple », « dont Alain Juppé serait l’un des pivots », d'après le Parisien.

Mardi, dans une autre réunion politique de l'UMP à l'Elysée, il s'est agacé qu'on le presse de se déclarer candidat: « Moi, je suis le calendrier des institutions. Ce n'est pas la presse ni les socialistes qui décideront de mon calendrier ». On reconnaît le « moi, je » si habituel en Sarkofrance. Tant qu'il se cache sous son costume de Président qui inaugure les écoles et caresse le cul des vaches, il est tranquille; son temps de parole ne sera pas décompté sur celui de l'UMP. Ce mardi, il était encore énervé: « Sur le débat des primaires, chacun sait ce que j'en pense. Ce ne sont pas les partis qui commandent ». Serait-ce le Monarque ?

Dans la réalité, la cellule Riposte dispose des moyens de l'Elysée. La présidence de la République ne s'en cache pas. Un conseiller de Sarkozy a confié au Figaro, lundi soir, comment l'Elysée avait commandé des études qualitatives sur François Hollande. Cet aveu ne surprend pas. Mais quand Henri Guaino rappelle que Nicolas Sarkozy préside et qu'il ne sera que le candidat de la France, on rigole doucement. Ces gens-là prennent l'électeur pour des aveugles ou des imbéciles.

Le flic de Sarko... inculpé
Mardi soir, Bernard Squarcini, le grand flic de Nicolas Sarkozy, est ressorti mis en examen de son audition chez la juge en charge de l'instruction sur l'espionnage de Gérard Davet, journaliste du Monde. Et les motifs n'étaient pas minces:  « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique », « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal ou illicite » et « recel de violation du secret professionnel ».

François Fillon, interrogé sur France 2 lundi soir, s'est ironiquement félicité de l'indépendance de la justice... On oublierait presque que Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir supprimer le juge d'instruction il y a deux ans...

Le patron de la DCRI est accusé d'avoir sciemment récupéré les factures téléphoniques détaillées du journaliste pour identifier l'origine des fuites dont ce dernier bénéficiait dans l'affaire Woerth/Bettencourt en juillet 2010. « j'avais un soupçon sur M. Sénat… » a-t-il expliqué à la juge ce mardi. David Sénat était ce conseiller de Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, viré sans ménagement quelques semaines plus tard.

Le même Squarcini n'avait bizarrement pas enquêté sur l'origine de la fuite qui avait permis au Figaro de publier quelques extraits d'un procès-verbal d'audition de Claire Thibout, ex-comptable de Liliane Bettencourt. « Je n'ai pas eu d'informations à ce sujet » a-t-il justifié.

Gérard Davet a son idée. Dans l'ouvrage qu'il a co-écrit, « Sarko m'a tuer », il confirme que la fuite venait de l'Elysée. Dans le Monde, Fabrice Lhomme répète: « tout semble indiquer que, sur ordre des autorités politiques, M. Squarcini a géré directement la procédure ».

Pour les mêmes faits (une fuite à la presse), Squarcini a adopté deux attitudes bien opposées: l'espionnage pour le Monde, la clémence pour le Figaro.

En février 2010 déjà, le patron de la DCRI avait privatisé les moyens de l'Etat. Il avait dépêché une enquête pour connaître l'origine des rumeurs d'adultère du couple Carla/Nicolas.

Bernard Squarcini est « l'officier traitant de la Sarkozie », comme l'écrivait Ariane Chemin dans le Monde. Mis en examen, il n'a pas démissionné, il n'a pas été non plus viré. « Présumé innocent » clame Claude Guéant. Bernard Squarcini n'a pas compris pourquoi il était mis en examen, il n'a fait qu'obéir aux ordres, en l'occurrence ceux de Frédéric Péchenard, le directeur général de la Police Nationale.

Sarkozy déblatère
Avant son intervention télévisée de lundi prochain, Nicolas Sarkozy aimerait que les Français s'intéressent un peu à la crise de la dette et ce G20 cannois (les 3 et 4 novembre) que l'on nous promet à nouveau comme décisif. Cela fait 3 ans que les G8 et G20 qui se succèdent nous sont présentés comme décisifs, malgré des communiqués de conclusion toujours lénifiants et similaires. Cela fait 2 ans que Nicolas Sarkozy tente de nous faire croire qu'il bosse.  

« Notre destin se joue dans les dix jours »

Roulement de tambours...

Le Grand Décompte aurait donc commencé, la fin du monde serait proche. Mais ... Sarkozy n'est pas téméraire. Il a quand même expliqué, mardi, qu'il ne parlerait à la télévision que s'il y avait des décisions. « Si nous prenons des décisions, j’irai expliquer aux Français ce que nous avons décidé »

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/10/18/sarkozy-notre-destin-se-joue-dans-les-dix-jours/

Nicolas Sarkozy ne croyait pas si bien dire. La crise de la dette, la nôtre, risque fort d'être au coeur de l'actualité des prochaines semaines. Lundi, l'agence Moody's a annoncé mettre la France sous surveillance. L'agence s'est donnée trois mois pour juger si elle maintenait la note française au vu de la dégradation de la situation économique.. Au secours ! On risque de perdre notre Triple A... La perte d'un cran de crédit chez Moody's nous coûterait environ 2 milliards d'euros d'intérêts supplémentaires.

Valérie Pécresse, ministre du Budget mais porte-parole du gouvernement, a jugé bon, mardi, d'accuser le Parti Socialiste d'affoler l'agence Moody's. Triste Pécresse ou triste panique ? Si Moody's menace de dégrader la note du pays... dans les trois mois. L'agence voulait surtout empêcher le gouvernement français de recapitaliser ses banques. Sarkozy a raté son moment.

François Hollande n'y est pour rien.

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