Infolinks In Text Ads

C'est la crise. Les indices boursiers font du yoyo. Sous pression, l'Europe se résout à recapitaliser ses banques mais se déchire sur les modalités. Les prévisions de croissance sont revues à la baisse. Les notes de crédit de l'Italie et de l'Espagne sont dégradée.

Bref, on frôle la catastrophe.

Et Nicolas Sarkozy dans tout ça ? Etait-il « sur le pont » ? Pas vraiment. Il voyage dans le Caucase, célèbre la beauté des Causses, s'indigne du génocide arménien de 1915. Et s'il a prévu un déplacement express à Berlin ce dimanche 9 octobre, c'est parce que la date coïncide avec le premier tour des primaires socialistes.

Pour le reste, il semble absent, comme toujours.  

Krach boursier... ou bancaire
En début de semaine, les bourses ont tangué, avant de se redresser vendredi. L'instabilité des marchés est devenue chronique depuis belle lurette. Une nouvelle raison de cet accès de fièvre spéculative était le refus de l'eurogroup d'accorder une nouvelle tranche d'aide financière à la Grèce avant la fin du mois. La récession grecque, aggravée par l'austérité imposée au pays, rend délicate sinon impossible le redressement des comptes du pays.

Plus grave, un tabou est tombé: les banques européennes, y compris françaises, ont besoin d'être recapitalisées.Tout l'été, depuis les fameux « stress-tests» brillamment mis en scène, les dirigeants européens ont récusé les interrogations sur la solidité de nos établissements financiers. Quand Christine Lagarde, au FMI, s'est inquiétée de la faible capitalisation en septembre dernier, elle risqua l'excommunication sarkozyenne. En ce début d'automne, la situation a bien changé. Il y a d'abord Dexia, dirigée par un proche de Nicolas Sarkozy. La banque franco-belge est sur le point de disparaître. Il y a trois mois, elle aussi avait agréablement franchi les fameux « stress-tests » européens qui devaient distinguer les banques solides des autres. Cette fois-ci, les gouvernements français et belges ont dû se résoudre à garantir les 100 milliards d'euros d'actifs toxiques de la banque. La banque serait séparée en deux, actifs à solder d'un côté, activités rentables de l'autre. Ce démantèlement menace la Caisse des Dépôts, qui se verrait contrainte d'absorber l'essentiel des actifs pourris de son ancienne filiale.

Dimanche 9 octobre, Nicolas Sarkozy se rend à Berlin. Comme par hasard, il a calé ce jour-là, premier tour des primaires socialistes, une entrevue prétendument urgente avec Angela Merkel. Ses mises en scènes médiatiques ne trompent plus personne. Officiellement, il s'agit de faire le point sur le processus de ratification du plan de sauvetage de la Grèce et du renforcement du Fond Européen de Stabilité Financière. En fait, il devra surtout s'expliquer sur ces fonds européens qu'il entendait discrètement utiliser pour aider nos banques nationales. Angela Merkel n'apprécie pas l'idée, d'ailleurs jamais avouée officiellement. Le quotidien allemand Handesblatt a lâché l'information. Quel cachotier ce président français ! Il

Les banques européennes seront recapitalisées quoiqu'il arrive. Douze banques britanniques ont été dégradées par Moody's ce vendredi. Mardi, François Baroin a exclu d'abandonner qui que ce soit. Jeudi, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, a dévoilé son dernier plan qui comprend une prolongation des prêts aux banques et un rachat de 40 milliards d'obligations. Vendredi, la Commission européenne promettait une proposition en vue d'une action coordonnée de recapitalisation des banques de l'UE.

Mais au fait, qui nous disait avoir sauvé le système bancaire en 2008 ?

L'Europe, fut-elle monétaire, est-elle en train de disparaître ? Trois chefs d'Etat européens ont manifesté leur désaccord avec la spirale de la rigueur qui frappe l'Union. A Bruxelles, la commission a décidé de suspendre ses aides aux régions surendettées. C'est l'application d'une proposition du couple Sarkozy/Merkel faite cet été, lors du mini-sommet de crise en août dernier. Quelle solidarité européenne !

En France, les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent. L'INSEE prévoit une croissance nulle au dernier trimestre. L'objectif de 1,75% retenu pour 2012 dans le projet gouvernemental est illusoire. Depuis juillet, le commerce non alimentaire s'est effondré. Même le marché immobilier est en passe de se retourner.

Où était Nicolas Sarkozy ? 
Le candidat suit son scenario, un spectacle mis en scène à l'Elysée chaque semaine, avec ses sondeurs, ses conseillers officiels ou officieux, et l'ineffable Jean-François Copé.

Cette fois-ci, la semaine avait bien commencé. Jean-Louis Borloo avait enfin été débranché. Le leader centriste avait jeté l'éponge, la veille sur TF1. Il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. Et hop ! Un de moins. L'UMP se réjouit un peu vite. Pas sûr que les sympathisants de l'ancien ministre n'aient envie de se rallier au Monarque. Lundi, le Monarque se rappelait qu'il manquait toujours 80% des facilités d'accueil pour les handicapés dans les établissements et infrastructures recevant du public. Il rétablissait aussi l'Allocation Equivalent Retraite, qu'il avait lui-même abrogée.

Mardi, Sarkozy s'était envolé sur le plateau des Causses. Il y célébra « le don des protestants à la France, (...) la liberté de conscience ». Quelques manifestants avaient été dégagés du terrain le matin même.

Jeudi, il était en Arménie. La communauté arménienne en France, 450.000 personnes, est un gros enjeu électoral. Comme il n'avait pas tenu sa promesse de légiférer contre les négationistes du génocide de 1915, il s'est permis de tancer la Turquie. Vendredi, le ministre turc des affaires étrangères rétorquait: « Ceux qui ne sont pas capables d'affronter leur propre histoire parce qu'ils ont mené une politique colonialiste pendant des siècles, parce qu'ils traitent leurs étrangers comme des citoyens de seconde zone, n'ont pas à donner une leçon d'histoire à la Turquie ». Et paf ! Pire, Claude Guéant était dans les parages, il signait un accord de sécurité avec son homologue turc le même jour !

Vendredi, il était en Géorgie, sur la Place de la Liberté. Des étudiants sagement assis, oreillettes en place pour la traduction simultanée. Sarkozy fut lyrique, louant l'indépendance de la Géorgie, et exigeant que des observateurs européens puissent aller vérifier le respect des libertés publiques dans les provinces voisines d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, quasiment annexées par la Russie de Poutine. Ces paroles étaient en l'air. Personne n'était dupe. Depuis août 2008, la Russie est solidement installée, avec missiles, chars et soldats, et a refusé toute inspection extérieure.

Samedi, enfin de retour à Paris, notre Monarque s'entretint avec son ancienne ministre, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde.

Dimanche, le timing était presque parfait. L'accouchement était prévu pour ce premier tour des primaires citoyennes. Evidemment, c'est une coïncidence. Qui serait assez fou pour programmer une naissance en pleine pré-campagne présidentielle ? Mardi, le directeur de la rédaction de l'Express, Christophe Barbier, crut bon de préciser sur son blog qu'il avait eu confirmation de Carla Bruni-Sarkozy elle-même qu'elle n'était pas en clinique. Deux jours plus tard, la rumeur repris. L'épouse du Monarque se serait rendue à la clinique de la Muette.

On aurait pu s'étonner de l'absence de Nicolas Sarkozy alors que la naissance de son quatrième enfant est imminente. Le candidat voulait nous faire croire que son devoir présidentiel passait avant tout. Son entreprise de « présidentialisation » use et abuse de tous les artifices.

... et en coulisses
Lundi, le quotidien Le Monde publiait des consignes de la gendarmerie dans lesquelles la direction générale du corps expliquait aux gendarmes comment truquer les statistiques de la délinquance pour améliorer le bilan du Monarque avant les élections.

Mardi, l'Express révélait que la compagne de François Hollande avait été espionnée au début de l'année.


Mercredi, Ziad Takieddine était une nouvelle fois entendu par le juge Renaud van Ruymbeke, mercredi 5 octobre. L'homme d'affaires a chargé Dominique de Villepin, tout en laissant apparaître une réelle déception d'avoir été lâchée par ses anciens amis du clan Sarkozy.

Jeudi, les explications de Brice Hortefeux étaient mises à mal. L'ancien ministre, qui a pu retrouver Nicolas Sarkozy samedi soir dans le pavillon royal de la Lanterne, près du Chateau de Versailles après 10 jours de bouderie présidentielle, avait tenté de faire croire qu'il ne savait rien d'autre du dossier Gaubert que ce que la presse en avait dit. A lire les retranscriptions complètes de sa conversation avec Thierry Gaubert, ce proche de Nicolas Sarkozy placé en garde à vue puis mis en examen le 20 septembre dernier pour abus de biens sociaux, Hortefeux en savait beaucoup plus.

Quel gâchis.

En 2008, Nicolas Sarkozy jouait au grand réformateur du système financier international. Trois ans plus tard, il se cache dans des cérémonies anachroniques et sans objet. La planète boursière est en guerre, les Etats tombent à terre, mais Sarkozy préfère parler de paix dans le Caucase...

Ami sarkozyste, où es-tu ?

0 comments:

Post a Comment

top