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Sarkozy fanfaronne à New-York. Encore.

En Sarkofrance, la précarité se dévoile discrètement ou brutalement. Des professeurs se mettent à nus pour protester contre l'état de leur joyeux ministère. Des associations humanitaires s'inquiètent de la réduction de 80% des crédits européens pour l'aide alimentaire. L'Italie perd un cran de crédit et l'euro-zone retient son souffle. Le gouvernement français s'apprête à dérembourser 600 médicaments supplémentaires.

Et Nicolas Sarkozy ? Il est à New-York. Il commente les affaires du monde sur des tribunes de circonstances. Et jeudi, il va même célébrer une statue.

Oui, une statue.

Profs à poil
Lundi, quelques professeurs, constitués en un « Collectif contre le dépouillement de l’école », ont indigné Luc Chatel, le ministre de l'éducation nationale: « ça me choque parce que le rôle d'un professeur (...) c'est de valoriser son institution. (...) j'ai une trop haute estime du professeur, de l'image du professeur, de ce qu'il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement ». Le ministre ne critiquait pas tant le fond que la forme. Il y a quelques jours, le jour même où un ouvrage dénommé « Sarko m'a tuer » dévoilait 28 cas individuels broyés par le narcissisme colérique de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel parlait de réintroduire des cours de morale à l'école. Cette fois-ci, le ministre lâche: « On a le droit de critiquer ma politique, je l'accepte, on a le droit d'être militant syndical (...), par contre je suis choqué que l'on puisse porter atteinte à l'image même du professeur ».

Ces professeurs avaient posé nus pour dénoncer, dans un calendrier fort adéquat, la faiblesse des moyens consacrés à leur mission: « Ce Collectif a été créé à l’initiative d’enseignants de l’Éducation nationale pour dénoncer l’abandon par l’État de sa mission de service public d’éducation. Aujourd’hui « l’école est nue », luttons ensemble contre le dénuement de l’école. »


Quatre associations humanitaires, spécialisées dans l'aide alimentaire, dénonçaient le même jour la suppression de 80% des crédits octroyés par l'Union européenne pour l'aide alimentaire. En France, en Sarkofrance, on attend toujours la réaction voire la réponse du gouvernement. Les Restos du Coeur, la Croix-Rouge française, le Secours populaire et le réseau des banques alimentaires se sont inquiétés, lundi 19 septembre lors d'une conférence de presse. Si la mesure européenne n'est pas annulé (une baisse de 78 à 16 millions d'euros !), quelques 130 millions de repas ne pourront être offerts l'année prochaine. Le Programme européen d'aide aux plus démunis représente 23 à 55% des denrées collectées par les associations françaises. Rien que ça.

La France est officiellement hostile à cette mesure d'économie européenne. Mais le gouvernement français n'a pas proposé de compenser les millions d'euros aux associations françaises. Jean Léonetti, ministre des affaires européennes, s'est défendu de tout double jeu (sur i-Télé, mardi soir): « nous cherchons une astuce juridique ».

Sarkozy à poil
Nicolas Sarkozy ne pouvait réagir. Il était en partance pour New-York. Trop présidentiel pour s'occuper de la réalité de son propre pays. Il travaille à sa crédibilité... pour le scrutin de 2012.

Pas sûr que les récentes confessions du Figaro et de Libération sur les propos « off » du Monarque n'arrangent son affaire. En pleine crise financière et internationale, on s'atte,d à ce que le président « de la Vème économie du monde » soit concentré sur les problèmes du moment.

Le 14 septembre dernier, Sarkozy passa 2h15 de déjeuner informel avec 9 historiens. Comme le note l'un d'entre eux, interrogé par le site Arrêt sur Images, « Le plus surprenant, c'était la durée du repas dans un contexte international tendu ». Et il se lâcha, espérant bien quelques fuites de cette sincérité retrouvée: il avoua « n'avoir rien vu venir en Tunisie », a exprimé son « affection pour Moubarak », « un grand patriote, cultivé » et même raillé les rebelles égyptiens de la place Tahrir « c’est le Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés ».

En France, quelques ténors du clan sarkozyste ont préféré tacler les propositions de Dominique Strauss-Kahn dimanche soir. Jean-François Copé avait ouvert la charge, lundi matin sur Europe 1. Il accusa DSK d'irresponsabilité. Ce dernier avait déclaré que la Grèce ne pourrait rembourser. François Fillon, pourtant premier ministre, avait surenchéri un peu plus tard.

On s'était donné le mot. Il fallait maintenir le DSK dans le débat politique pour gêner les primaires socialistes. Quel honneur ! Lundi, le patron des services secrets assurait que la DCRI n'avait jamais produit de notes sur DSK. Sans rire ? Ou sans blague ?

L'UMP cache son absence de programme. Et pour cause. Le parti attend que son Monarque se soit officiellement déclaré. «Notre objectif est de remettre une copie au président avant Noël. Ce sont les recommandations de l'UMP ; après, il en fera ce qu'il veut » a reconnu Valérie Rosso-Debord. L'exercice est « un peu virtuel », commente le Figaro.

Banques... à poil ?
L'agence Standard & Poor's a dégradé la note de crédit de l'Italie a été abaissé de «A+ » à «A» pour la dette long-terme, et de «A-1 » à «A-1» pour la note à court-terme. « Cette dégradation est légère » a commenté Jean Léonetti. L'agence prévoit une nouvelle récession l'an prochain en Italie, à cause du ralentissement économique général aggravé, en Italie, par l'ampleur des mesures d'austérité.

En France, quelques 600 médicaments supplémentaires devraient être retirés des remboursements de la Sécurité Sociale. Le déficit annoncé est de 18 milliards d'euros pour 2011, dont 14,5 milliards pour la branche maladie.

Pire, l'un des vice-présidents de la commission européenne a publiquement prévenu qu'uil faudrait recapitaliser nombre de banques européennes. L'économiste en chef du FMI a même évoqué de « possibles prises de parts publiques dans les banques ». Et il a ajouté: « Il semble qu'il y a eu un tournant à 180 degrés dans toute une série de pays en réponse à notre diagnostic ». Si les Bourses ont été calmes mardi, après un lundi exécrable, on s'attend à une belle rechute.

Et ce n'est pas fini. La semaine prochaine, le Bundestag allemand doit ratifier le plan de sauvetage de la Grèce. Il paraît que Sarkozy est anxieux. Il le cache bien. La semaine prochaine, il sera à nouveau en vadrouille à l'étranger.

Nicolas Sarkozy, président crédible, n'avait rien à dire ni à faire dire. Il voyage pour s'occuper du monde. Et il travaille très peu. Regardez donc son programme ! Mardi, l'agenda officiel mentionne deux obligations: trente minutes de sommet sur la Libye (de 10h45 à 11h15). On l'a effectivement vu s'exprimer dans l'un des salons de l'ONU pour apporter son soutien à la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien par le Conseil de Sécurité. Puis une demi-heure de rencontre avec le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. Ensuite, repos mardi après-midi. Mercredi, Sarkozy débute à 9h. Il siège à l'Assemblée générale de l'ONU. Coincé dans la salle au milieu de 193 autres chefs d'Etat ou représentants, il attend son tour jusqu'à 10h30, pour délivrer ses quelques minutes de discours. En France, on nous vendra qu'il parle au monde. Ensuite, deux rendez-vous, à 45 minutes d'intervalle, l'un avec la présidente du Brésil puis l'autre « dans son hôtel » avec Barack Obama. Les communicants de l'Elysée se sont empressés d'ajouter qu'il a aussi prévu un entretien avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Mais le grand show est pour jeudi. Sarkozy parlera nucléaire, « vers 8h30 » et pendant quelques minutes. Mais ensuite... il filera à la Statue de la Liberté pour fêter son 125ème anniversaire avec le Maire de New-York. Vous avez bien lu.... Le monde tremble, la crise est là, les Bourses s'agitent.

Sarkozy fête l'anniversaire d'une statue.

Le ridicule ne tue plus. Sarkozy est devenu le roi fainéant qu'il décriait tant...

 Qui expliquera au candidat Sarkozy qu'il serait urgent qu'il démontre sa crédibilité sur les vraies affaires du moment ?


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