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On y est...

Je pensais, en fin d'hiver dernier, que la dette grecque serait restructurée avant l'été. Je l'avais écrit sur ce blog aux alentours (si ma mémoire est bonne) du mois d'avril. Elle l'a été partiellement, insuffisamment (de l'ordre de 20%) il y a quelques semaines, mais cette restructuration se révèle, tous les jours davantage, comme une goutte d'eau dans l'océan.

En cause, en vrac:
- l'aveuglement volontaire des dirigeants européens, et au premier chef ceux de la zone Euro sur la situation financière grecque, au moins depuis la décision de créer cette monnaie.
- L'incompétence, l'incurie, pour ne pas employer de qualificatifs infiniment plus désobligeants , des deux dynasties (droite et socialistes) qui, depuis la chute des colonels, se partagent le pouvoir en Grèce (hormis l'actuel, contraint et forcé), et ont gouverné essentiellement à partir de critères clientélistes et de corruption.
- Un budget militaire grec, proportionnellement le plus élevé d'Europe par peur de l'ennemi héréditaire turc, avec des achats d'armement principalement aux français et aux allemands qui avaient exigé, en échange des premières aides fin 2010, que les commandes d'armement avec leurs entreprises nationales soient respectés.
- La complicité des banques qui, connaissant la réalité de la situation grecque (quand elle n'ont pas, comme je ne sais plus quelle banque US, contribué à maquiller les comptes publics grecs), ont continué à prêter, persuadées que les contribuables des autres états de la zone Euro seraient mis, toujours plus, à contribution.
- Le duo Sarkozy-Merkel qui, un nombre incalculable de fois ces derniers mois, nous ont enfumé avec un "accord", un "plan" permettant de sortir de l'ornière,  ne repoussant en fait que pour mieux sauter. 

Et donc une restructuration de 50 % de la dette grecque, comme d'ailleurs de la dette espagnole,  sont infiniment probables.

Reste que cela pose alors trois principaux problèmes:
- les banques françaises et allemandes (dont principalement, chez nous, la BNP et la Société Générale) sont très exposées à la dette grecque et qu'une restructuration drastique, maintenant quasi-inévitable, de l'état grec n'arrangera pas leurs situations.
- La Grèce fait partie de la zone Euro, il est peu probable qu'elle en sorte et sa déchéance ne pourra qu'affaiblir encore davantage la monnaie européenne qui n'est portée actuellement que par le fait que les pays émergents préfèrent maintenant acheter de la dette européenne plutôt que les bons du Trésor US.
- La chute grecque ne pourrait qu'encourager "le marché", en réalité les spéculateurs, à se livrer au même exercice, haussant ainsi fortement les taux d'intérêts des emprunts, envers l'Italie, le Portugal, l'Espagne, ..., tous aussi membres de la zone Euro.

Affaire à suivre donc, même si elle n'est pas, en soi catastrophique et qu'elle sert peut-être aussi surtout à masquer les abyssales difficultés des économies US et anglaises.

Sur le même sujet:
- "La dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser", Le Monde.
  •  Tel le phénix, la renaissance de l'Université Populaire des Alpes Maritimes.
  • "La baisse annoncée des fonds européens remet en question l'aide aux plus démunis", Le Monde.
  • "Une hausse ciblée des prix du gaz en négociation", NouvelObs.
  • "Derrière l'affaire UBS, une nouvelle bulle financière", Le Monde.
  • "Exclusif. République irréprochable, saison 5 : Sarko viole la Cour des comptes", Marianne.
  • Nice: "Autoroute de contournement: à quand la gratuité?", Nice-Matin.
  • "Pourquoi les jeunes préfèrent Aubry à Hollande ?", NouvelObs. Parce qu'Hollande, c'est la politique à papa, passablement moisie ?
  • "Répression, dépénalisation, légalisation...comment le cannabis divise au PS", Le Monde.

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