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230ème semaine de Sarkofrance: finalement, Sarkozy a peur

Toute la semaine, il a fait comme si de rien n'était. Il ne s'est pas exprimé publiquement sur le climat délétère, la défaite sénatoriale, les instructions judiciaires qui atteignent ses proches. Nicolas Sarkozy a préféré louer son bilan universitaire, le soutien à la Grèce surendettée, ou le lancement d'un TGV au Maroc.

Mais en coulisses, il enrage de ces coups qu'il juge trop bas; cherche à remotiver ses troupes encore une fois.

Et il a peur.

La peur du fiasco
La semaine avait mal commencé. Nicolas Sarkozy venait de perdre son Sénat, la veille. A l'Elysée, il convoqua François Fillon et Jean-François Copé. Puis le lendemain, quelques autres ténors de Sarkofrance. Il était choqué et en rage. Il accusa les défaites passées (municipales, cantonales, régionales), qui ont réduit le nombre de grands électeurs de droite pour assurer, comme à chaque scrutin sénatorial intermédiaire depuis 1958, une confortable majorité à droite. Ce changement de majorité risque aussi de freiner l'adoption des dernières (rares) réformes sarkozyennes, ou permettre de lancer des quelques commissions d'enquête.


Pour remotiver ses troupes, le Monarque avait peu d'arguments. Il dénonça la calomnie malgré les preuves; et voulait rester optimiste dans l'épreuve. Cette semaine, il a aussi « labouré » ses thèmes favoris de campagne (famille, universités, Alzheimer), et ciblé quelques « communautés » électorales clés (cinéastes, seniors, arméniens).

A droite, on se reprend à douter de sa capacité à gagner la prochaine élection présidentielle. Jeudi soir sur France 2, Alain Juppé s'est dépensé pour convaincre de tout le bien qu'il pensait de la candidature du Monarque. Mais au passage, il confia qu'on n'était jamais à l'abri d'une surprise. Quel soutien !

A gauche, la primaire socialiste se déroule sans accroc, ou presque.

La peur de la Bourse
Nicolas Sarkozy est-il otage des marchés et des agences de notation ? La situation boursière l'angoisse. Pour 2012, son projet de loi de finances, le dernier de son mandat, affiche encore des comptes publics détestables.Près de 50 milliards d'euros iront encore régler nos agios. Au second trimestre, la dette publique de la France s'est accru de 46 milliards d'euros en 3 mois, pour atteindre 1.692 milliards d'euros à fin juin 2011. Quand Sarkozy est devenu président, elle n'était « que » de 1.250 milliards d'euros.

Cet homme-là ose encore donner des leçons de gestion.

Le projet de budget a été déposé pour examen à l'Assemblée nationale mercredi. Le coup de rabot sur les niches fiscales est encore modeste (11 milliards d'euros, comme en 2011). A ce rythme-là, il faudra attendre cinq ou six ans avant d'espérer approcher l'équilibre. La ministre du budget Valérie Pécresse promet que la dette publique baissera... à partir de 2013. La pauvre ne sait même pas où elle sera l'an prochain. Pour l'heure, ce projet de budget est déséquilibré, insuffisant et truffé de gadgets. Il repose sur une hypothèse de croissance de 1,75% (dégradée de 0,75 point l'été dernier), alors que la plupart des instituts nous promettent 0,8%. Les plus fortunés sont, comme souvent, plutôt épargnés: une micro-taxe temporaire de 3% pour les très riches, un relèvement d'un point des prélèvements sur les revenus du patrimoine, et une taxation progressive des plus-values immobilières des résidences principales qui ne frappe pas que les riches. En revanche, certaines réductions de crédits (-30.000 enseignants, policiers et autres fonctionnaires; -15% des crédits pour l'emploi; -7% des indemnités d'arrêt maladie dans le projet de financement de la Sécu), financièrement modestes, auront des conséquences désastreuses pour le plus grand nombre.

Bref, Pécresse, comme Sarkozy, espère bien convaincre agences et marchés de leur crédibilité. Vendredi, le Monarque pouvait souffler. La veille, les députés allemands ont voté en faveur du plan de sauvetage de la Grèce proposé le 21 juillet dernier. Ce vote angoissait l'Elysée au plus haut point. En juillet dernier, Nicolas Sarkozy nous avait présenté les décisions du sommet européen comme « la » solution miracle. Mais ces grandes mesures estivales, adoptées dans l'urgence des agences de notation et d'une nième crise de l'euro, nécessitaient une ratification des parlements des 17 Etats membres. Et oui. Il nous fallait 17 ratifications. Il en manque encore 3, dont la récalcitrante et minuscule Slovaquie.

Chez Nicolas Sarkozy, le problème se cache souvent dans les détails. Les communiqués de victoire sont souvent publiés avant la fin des combats. Vendredi matin, le président pouvait accueillir sereinement le premier ministre grec Papandréou. A l'issue d'une réunion qu'il voulait symbolique, le Monarque s'exprima, exceptionnellement, sur le perron de l'Elysée, avec micro et solennité:  « Lorsqu'un membre de la famille éprouve des difficultés, les autres membres de la famille doivent l'aider. »

Et ses conseillers tentent de convaincre Angela Merkel d'un mini-sommet improvisé à Berlin ... le 9 octobre, jour du premier tour de la primaire socialiste. Quelle coïncidence ! 

Ces petites manipulations médiatiques ne sauraient cacher l'essentiel.

La peur du juge
Il n'y a pas que le climat économique qui est détestable. La multiplication des affaires et leurs rebondissements ont définitivement pourri cette fin de mandat. La presse est à nouveau unanime, ou presque : « Nicolas Sarkozy regarde ses hommes tomber » (L'Express), « Les coulisses d'une fin de règne » (Le Nouvel Obs); « Un parfum de fin de règne » (Le Point); « les affaires continuent » (Marianne)

Lundi, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, monte en défense. Il affirme que rien ne lie Sarkozy à l'affaire Karachi. Le retour de bâton est cinglant. En direct sur le plateau de France2 puis ensuite sur le site de Mediapart, Edwy Plenel exhibe six documents incontestables et incontestés qui placent Nicolas Sarkozy, comme quelques-autres, au coeur du scandale. Trois jours plus tard, le coup se complète. Ziad Takieddine se confie à BFM TV et samedi à Libération. Il a été mis en examen une seconde fois, par un autre juge, pour faux témoignage. Il a décidé de parler. Il ne dit pas tout, mais il balance davantage. Il réclame une levée totale du secret défense sur les contrats d'équipement militaire qui le concerne. On croyait, comme nous l'avait encore expliqué tous les défenseurs du Monarque, qu'il avait été levé sur toutes les pièces nécessaires à l'instruction... Takieddine explique aussi qu'il a toujours agi sur ordre de Sarkozy dans ses négociations avec l'Arabie Saoudite (contrat Miksa, 2003), la Libye (depuis 2007) ou la Libye (2005-2007). Il appelle Sarkozy « le patron ».

Le même jour, Brice Hortefeux fait une autre bourde. Le Nouvel Observateur révèle que l'ancien ministre a estimé que l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi mériterait d'être « fracassé ». Ce dernier a porté plainte.

Mercredi, le choc est tout aussi grand. Philippe Courroye, l'ami des dîners, décoré d'une Légion d'honneur comme tant d'autres, allait être mis en examen pour son rôle dans l'espionnage de trois journalistes du Monde en juillet 2010 dans l'affaire Woerth/Bettencourt.
Un procureur de la République mis en examen ! Vendredi, la juge Isabelle Prévost-Déprez était entendue à la Cour d'appel de Versailles. Certains voudraient nous faire craindre une sanction. La juge s'était confiée dans le livre Sarko m'a Tuer. Elle y rapportait un témoignage embarrassant mais officieux, démenti depuis, sur le financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, autre témoin, confirme à Libération: (1) Nicolas et Cécilia Sarkozy visitaient régulièrement la milliardaire avant 2007; et (2) Patrice de Maistre lui a demandé de retirer 50.000 euros pour la campagne de Sarkozy.

L'étau se resserre. Et Sarkozy est contraint à faire sauter ses fusibles. Les hommes du président sont un à un écartés du premier cercle.

Après les mises en examen de deux proches du Monarque, Brice Hortefeux est allé s'expliquer chez la police judiciaire de Nanterre: « J’ai pu préciser et démontrer que je n’avais eu aucun accès à des éléments de l’enquête et de la procédure judiciaire » a-t-il déclaré à sa sortie. Vendredi soir sur France2, Hortefeux a baragouiné de mauvaises explications sur ses appels à Thierry Gaubert, ce proche de Sarkozy finalement inculpé la semaine dernière. Il aurait eu « l'intuition » que l'épouse de Gaubert parlait beaucoup au juge... Des écoutes téléphoniques avaient montré qu'il avait prévenu Thierry Gaubert, l'un des futurs mis en examen, avant son interpellation. Avec cette confession accélérée, Hortefeux espère avoir recouvrer quelque crédit. Sarkozy, depuis 15 jours et du propre aveu du ministre, ne l'a toujours pas appelé.

« Tout cela est infâme. C'est toujours les mêmes, comme par hasard. C'est toujours la même volonté de nuire.» Nicolas Sarkozy était en rage. 

Ami sarkozyste, où es-tu ?



C'est du moins ce qu'affirme un proverbe chinois.

Les médias étaient pleins, hier, de la mise en examen du n° 2 de la hiérarchie policière lyonnaise, pour corruption dans le cadre d'un trafic international de stupéfiants. Depuis 3 autres responsables policiers lyonnais ont rejoint le premier et on annonce d'autres arrestations à Grenoble, Cannes, Nice, ... Et l'on reparle de comptes en Suisse qui, décidément, reste un lieu rêvé pour camoufler de l'argent sale.

Cela est bien entendu inadmissible et doublement, car venant de personnes chargées de faire appliquer la loi. Claude Guéant, fin connaisseur en la matière, ne s'y est pas trompé annonçant, c'est le moins: "S'il y a culpabilité, toutes les sanctions adéquates seront prises".

Mais que dire alors des valises et mallettes multiples et variées alimentant par des rétro-commissions, c'est à dire, de fait après détournement de l'argent des contribuables, provenant d'Arabie Saoudite, du Pakistan, de mauvaises langues rajoutent de Libye, d'Afrique Noire,  pour alimenter des campagnes électorales et au moins principalement, des caisses tournant autour de l'Ump et de ses candidats ?
Que dire des versements, encore en liquide, provenant de Mme Bettencourt et vraisemblablement d'autres grandes fortunes françaises ?

Et qui retrouvons-nous autour de ces sombres affaires ? La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, Président d'une République qu'il disait vouloir irréprochable.

Que dire dès lors aux gamins arrachant les sacs des vieilles dames ou trafiquant du cannabis quand l'exemple vient de si haut ? Vous savez, ces "racailles" qu'il fallait "nettoyer au Karcher" ?

Pauvre France, rabaissée au dessous de l'Italie berlusconienne...
  • "Les négociations sur le climat au bord du coma", Le Monde.
  • "Avant les prix Nobel, les prix Ig Nobel", BigBrowser.

Le bilan budgétaire de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy était au Maroc. Comme souvent quand il s'agit d'annoncer quelques mauvaises nouvelles, le Monarque se débine. En novlangue sarkozyenne, on appelle cela se « re-présidentialiser ». Jeudi, le climat était pourri par les affaires. En Allemagne, on attendait le vote, finalement favorable, en faveur du plan de sauvetage de la Grèce. Mais surtout, en France, Valérie Pécresse devait seule défendre le projet de budget 2012.

Mercredi, la ministre l'avait présenté en Conseil des ministres. On l'a souvent répété, c'est le « dernier » budget de cette mandature Sarkozy. Que fallait-il en retenir ?

Story-telling budgétaire...
L'an dernier déjà, Christine Lagarde (Economie) et François Baroin (Budget) nous racontaient des bobards sur l'ampleur du redressement des comptes publics.  Pour 2012, c'est rebelote... Valérie Pécresse avait préparé son exercice de communication. Il fallait oublier que Nicolas Sarkozy, à cause d'un paquet fiscal rapide, injuste et inefficace, avait gâché quelque 23 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales en 4 ans.

Dans le dossier de presse, on pouvait lire, dès la quatrième page: « Le PLF 2012 confirme le caractère intangible de la trajectoire de retour sous les 3% de déficit public en 2013 ». On croirait entendre un chauffard qui nous promet de rouler droit après 3 ans de zig-zag !

Fichtre ! Que s'est-il passé ? Le déficit budgétaire nous est promis à 82 milliards d'euros l'an prochain, soit 4,5 % du PIB en 2012 (après 95 milliards d'euros cette année).

Budget pas crédible
Le gouvernement espère 289 milliards de recettes fiscales. L'hypothèse de croissance du PIB a été maintenue à 1,75%, dans « un souci de prudence » (sic!). Lors du Conseil des ministres, Pécresse a justifié: « le Gouvernement constate que la demande intérieure est demeurée robuste durant l’été, de même que les chiffres de la production industrielle (+1,5% en juillet). Il convient donc de ne pas sur-réagir aux évolutions des marchés. »

Jeudi matin sur France Inter, la ministre du budget a expliqué que le gouvernement avait déjà réduit de 2,25 à 1,75% sa prévision « il y a quelques semaines », c'est-à-dire en août dernier. Et pourtant, comme le rappelle Thomas Bronnec de l'Express, « la plupart des instituts de conjoncture ont révisé à la baisse leurs calculs. En moyenne, ils tablent sur 0,8% ». Et avec 0,8% de PIB supplémentaire, on n'atteindra jamais les 289 milliards d'euros de recettes fiscales attendues l'an prochain.

L'impôt reste injuste
La révolution fiscale n'a pas eu lieu. Les recettes restent majoritairement « injustes »: la TVA pèsera pour 47% des recettes de l'an prochain. L'impôt sur le revenu, percé par des niches et exonérations, représentera encore 20% du total (58 milliards). Les entreprises, via l'impôt sur les sociétés, contribueront à hauteur d'un modeste 16%. 

La chasse aux niches continue, mais elle reste modeste. Comme François Baroin l'an passé, Valérie Pécresse a trouvé 11 milliards d'euros d'abandons de niches et/ou taxes nouvelles. Les prélèvements obligatoires augmenteront bel et bien. C'est encore une promesse non tenue du candidat Sarkozy.

Une dette record.
Pas un mot sur le niveau record atteint par la dette. En cinq années de mandat, Nicoalas Sarkozy aura fait progresser l'endettement public de quelques 400 milliards d'euros. Et la crise n'explique pas tout. En 2012, le budget présenté prévoit 49 milliards d'euros d'intérêts à payer.

République des Riches
Le gouvernement se cache derrière sur quatre mesures jugées significatives pour justifier que sa rigueur est « juste »: d'abord, il y a cette taxe temporaire pour quelques 20 à 25.000 foyers déclarant plus d'un million d'euros de revenu annuel ( pour un couple) ou 500.000 euros pour un célibataire (rendement attendu: 300 millions d'euros par an maximum). Soit, à ce seuil, un effort de ... 1.500 à 3.000 euros annuels. Quel effort ! Ensuite, les plus-values immobilières sur les résidences principales seront désormais taxées, avec un abattement plus la durée de détention sera longue, jusqu'à une exonération totale au bout de 30 ans. Pécresse argumente que les plus aisés sont concernés par cette mesure qui doit rapporter 2 milliards d'euros. Il y a aussi le relèvement des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine de 12,3% à ... 13,5%. Alléluia ! Enfin, le gouvernement se félicite d'avoir supprimé quelques niches fiscales affectant l'IS, pour 2 milliards d'euros, « en faisant porter l’effort sur les grands groupes ».

Le déficit budgétaire se réduit. Vraiment ?
Même le Monde s'en félicite: l'an prochain, « la part des dépenses publiques dans le PIB sera réduite de 0,5 % en 2012 après une baisse de 0,3 % en 2011 ». En fait, les dépenses budgétaires sont prévues à 362 milliards d'euros en 2011, puis de 366 milliards l'an prochain. Dans son « story-telling » adressé à la presse, les services de Bercy osent écrire: « l’augmentation moyenne en volume a été de 2,6 % par an entre 1978 et 2008, contre 0,8 % en moyenne ces deux dernières années, ce qui représente une économie annuelle, en 2011 comme en 2012, de près de 16 Md€ par an »... Rooo... Quelle jolie histoire! L'année 2009, qui sert de pivot à cette comparaison hasardeuse, est bien atypique, plombée par le Grand Emprunt et le plan de relance. Depuis, le gouvernement a tout coupé, et rien renouvelé. Présenter comme des économies la non-reconduction de dépenses exceptionnelles est une tartufferie.

Austérité cachée
Pour certains, l'austérité sera réelle. La suppression de 30.400 nouveaux postes de fonctionnaires, principalement sur les services publics essentiels du pays (14.000 sur l'éducation; 7.500 sur la défense; 3.600 dans la police) gênera surtout le plus grand nombre de nos concitoyens. La réduction de 15% des crédits affectés à l'Emploi (soit un milliard d'euros), après les 15% de perdus en 2011 par rapport à 2010, aggravera la condition des chômeurs.

Autre surprise, malgré les grandes déclarations humanitaires de Nicolas Sarkozy en faveur des pays en voie de développement, l'aide publique au développement devrait perdre 1,8 milliard d'euros (4,5 milliards en 2011, 2,7 milliards l'an prochain).

Fonctionnaires: le dernier totem
Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite depuis 2007 (soit 150.000 postes perdus depuis 2007) n'aura quasiment rien « rapporté »: 200 millions d'euros sont attendus en 2012. Pour mémoire, la réforme de l'ISF a coûté... 1,8 milliards d'euros au budget de l'Etat ! Le gouvernement reconnaît qu'il a reversé 1,4 milliard d'euros aux agents de la fonction publique depuis 2007. En particulier sous forme d'heures supplémentaires ? Quelque 100.000 CDD ont également été recrutés sur la même période.

Au passage, on notera que les services du Premier ministre sont prévus en progression de ... 52 postes l'an prochain.

Les gadgets
Le gouvernement les a exhibé pour mieux divertir l'attention, au risque de paraître ridicule. La fameuse surtaxe sur les boissons sucrées rapportera ... 10 millions d'euros. Pour faire bonne figure, le gouvernement a aussi toiletté quelques autres niche. Le ménage était indispensable mais il reste financièrement symbolique: réduction de l'avantage "Censi-Bouvard" (quand même prorogé jusqu'à fin 2015 dans la location meublée non professionnelle) pour moins de 1 million en 2013; réduction de l'avantage Scellier pour 20 millions; rabotage complémentaire de 10 % de treize autres niches fiscales (investissements forestiers, Sofica…) déjà réduites en 2011, pour 340 millions. Certains rabots paraissent même anti-écolo, comme cette réduction du « crédit d'impôt développement durable et de l'éco-prêt à taux zéro » pour 10 millions.

Et pendant ce temps...
A Tanger (Maroc), Nicolas Sarkozy était souriant pour inaugurer un TGV local. Depuis son fiasco diplomatique lors du printemps arabe, le Monarque a trouvé urgent de s'afficher présent au Maghreb. Reconnaissons-lui l'effort. En France, l'ami Ziad Takieddine lui a réclamé, par média interposé, de lever le secret défense. On sent le Takieddine inquiet. Dans une confession télévisée à BFM-TV, l'homme d'affaires a commis un baiser de l'araignée, en déclarant, à propos de Nicolas Sarkozy : «Je connais la dignité de cette personne, qui a contrôlé toute mon action entre 1993 et aujourd'hui. C'est la dignité de la France qui est bafouée aujourd'hui.»

On comprend pourquoi, prévenu de cette interview, le Monarque préféra le Maroc.

J'ai assisté au début du deuxième débat des Primaires socialistes, devant répondre à une invitation prévue de longue date.

Seulement un million de téléspectateurs, ce qui laisse mal augurer davantage de votants aux primaires alors que les chiffres de 2 à 4 millions avaient été lancés.

Contrairement à la plupart des commentateurs (mais peut-être est-ce dû à ce que je n'ai assisté qu'au début), j'ai trouvé (opinion totalement subjective) que Mme Royal s'était enfoncée, seule, par une partie de ses propositions, que M. Valls, avec l'idée de TVA sociale, rejoignait toujours plus N. Sarkozy, que M. Aubry avait été un peu terne quoique ferme, et qu'A. Montebourg était le seul à avoir défini les réels enjeux de la période.

 En ce qui concerne F. Hollande, à mon gré un peu mollasson dans ses propositions, mais pontifiant parce que semble-t-il, assuré de sa victoire, je voudrais revenir sur son "Contrat de génération": dispenser durant 3 ans de leurs cotisations sociales une entreprise qui embauche un jeune de moins de 25 ans en CDI en échange du maintien d'un plus de 50 ans sur son poste. Le jeune ayant, en quelque sorte, un statut d'apprenti auquel le vieux transmettrait ses compétences...  Le tout pour un coût compris entre 8 et 10 milliards d'€ par an.

Je ne connais quasiment pas, hormis quelques start-up, d'entreprise qui n'ait pas dans son effectif au moins une ou deux personnes de plus de 50 ans. Imaginez donc l'effet d'aubaine que cela constitue si, par extraordinaire dans la période actuelle, les perspectives économiques de l'entreprise sont correctes... Les syndicats (FO, CGT, CFDT, Sud) ne s'y sont d'ailleurs pas trompé, dénonçant vigoureusement cette proposition. 
Et donc, typiquement une idée de caricature d'énarque, logique sur le papier mais grotesque sur le fond, incapable de prendre en compte la réalité des choses.

Sur le reste, j'ai remarqué, avec grand plaisir, qu'il avait proposé, s'il était élu, une loi sur le cumul des mandats. Reste à savoir laquelle... Et actuellement, je pense que toute loi qui ne limiterait pas les mandats électifs à un et un seul, y compris pour les fonctions internes à leur parti, et à deux successifs ne s'attaquerait pas au discrédit qui touche une classe politique cumularde, de professionnels de la politique dont le principal souci est d'être réélu, mettant donc la main sur les partis pour en faire de simples machines électorales.

Attendons donc la suite...

Rien avoir avec ce qui précède: Karachi, Arabie Saoudite, Hortefeux, Balladur, Guéant, Courroye, Péchenard et Squarcini, Bazire, Gaubert, ... Le filet se resserre sur le clan qui a ruiné sur le pays, enrichi les plus riches, essayé d'instrumentaliser la justice, ...
  • "Cohn-Bendit fustige la "démondialisation" défendue par Montebourg"", Le Monde. Si, je l'ai déjà dit, le terme de "démondialisation" me semble mal choisi, les explications qu'en a donné hier A. Montebourg devraient rassurer DCB.
  • "Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas", blog d'InternetActu. En ce qui me concerne, je pense que c’est surtout du fait que l’introduction massive des NTIC suppose un changement radical de pédagogie si l’on veut tirer profit de ce qu’elles peuvent apporter.
  • "Vers un marché mondial de la guerre pour les compagnies militaires privées", Les états d'Anne.
  • "Déficit commercial: «Un record inquiétant»", Libération. Dette publique, déficit de la Sécurité Sociale, déficit record du commerce extérieur... N. Sarkozy cumule... Et ce malgré les explications  embarrassées de P. Lellouche.
  • "La « prime Sarkozy » fait pschitt", Question (s) Sociale(s). Pourtant, l'Ump avait obtenu les "unes" des médias tout une semaine avec cette mystification.
  • Contrat Sawari, pour les abonnés. MediaPart publie le document prouvant que "le gouvernement français, dont le ministre de la défense était François Léotard et celui du budget Nicolas Sarkozy, avait réclamé à la partie saoudienne le versement d'un acompte de dix millions de francs « au plus tard le 31 mars 1995 », soit moins d'un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle". Versement effectué le 26 avril "Or, c'est précisément ce jour-là que le compte bancaire de l'association de financement de la campagne d'Edouard Balladur, l'Aficeb, a été crédité, sans le moindre élément justificatif, d'un versement en espèces et en grosses coupures de 10.050.000 francs...".... "Mais l'enquête du juge Van Ruymbeke ne se fait pas dans la plus grande facilité. Plusieurs policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) dépêchés par lui, le 12 janvier 2011, au ministère du budget pour procéder à la saisie de documents confidentiels, ont découvert une fois arrivés dans les locaux de la Direction générale des finances publiques que 784 «feuillets» liés aux commissions suspectes du contrat Sawari II étaient classés «secret défense» ou «confidentiel défense»".

Sarkozy: après la déroute, la colère, l'angoisse et le choc.

Etait-il sonné, découragé ou simplement en colère ? Nicolas Sarkozy n'avait rien de prévu de grand, ce mercredi 28 septembre, alors que le second débat des primaires socialistes avait été organisé sur i-télé et Europe1. Pas de voyage impromptu en Libye ni déplacement provincial avec François Fillon... Sarkozy n'avait rien trouvé, cette fois, pour tirer la couverture médiatique à lui.

Il était sonné.

Les diversions furent pourtant énormes et terrifiantes: un procureur proche du pouvoir et du Monarque devait être mis en examen. Et une cascade de documents prouvant les liens directs entre Nicolas Sarkozy et Ziad Takieddine était publiée comme la triste confirmation de cette fin de règne.

La colère
Certains doutent de sa candidature, à nouveau. Depuis le printemps dernier, le Monarque était parvenu à effacer toute candidature concurrente à l'UMP. A coup de sondages catastrophistes sur l'éventualité d'un « 21 avril à l'envers», le candidat avait réussi à limiter la compétition. Même Jean-Louis Borloo ne représente plus que 7 à 8% des intentions sondagières.

La dernière déroute, au Sénat, a jeté le trouble. Le climat des affaires tout autant.

La défaite était partiellement prévisible, depuis les victoires successives de l'opposition aux élections locales. Mais cette défaite conserve un goût amer, à en croire la mauvaise tête du Monarque de ses derniers jours. Non pas qu'il reste persuadé de gagner le scrutin de 2012. Il a toute ses chances, contrairement aux habituels pronostics. Mais se voir rappeler combien le pays, même chez les grands électeurs vous déteste, est toujours désagréable.

Mardi matin, quand Pierre Méhaignerie, l'un des rares députés centristes restés à l'UMP l'interrogeait sur les conséquences de l'affaire Karachigate, Sarkozy tance: « Ce n'est pas l'affaire Hortefeux qui a été à l'origine des divisions en Bretagne, mon cher Pierre. »
Quand on l'interroge sur les raisons de la défaite au Sénat... il s'exonère rapidement, et l'attribue au «climat général de division» à droite et à «l’inquiétude provoquée par la crise économique et financière». «La division nous tue»...

Sarkozy avait peur. L'accusation de corruption est comme un virus. Il rêvait d'être réélu tel Mitterrand de 1988, il risque le déshonneur affairiste de 1993. « Il ne faut pas s'y tromper. Tout cela, c'est pour me salir moi »

Jean-François Copé a donc réclamé l'union sacrée autour du président. François Fillon s'est agacé des derniers atermoiements au sein de cette « majorité minoritaire » pour la préparation du budget. Le lendemain cependant, le scenario était calé. Le gouvernement allait présenté sa micro-taxe de 3% sur les revenus des couples gagnant un million d'euros par an. Et un gentil député UMP proposera de baisser le seuil à 500.000 euros.

Mercredi matin, Nicolas Sarkozy recevait ses ministres pour un conseil sans enjeu. Le projet de budget, présenté en grandes lignes et sans changement depuis les annonces estivales, n'est pas encore un sujet de commentaires. Sarkozy avait la tête ailleurs. Il avait dédié sa journée à l'Arménie. Il a des soutiens tout trouvés. Certains sont connus, tels Charles Aznavour, qui livre un mois de concerts à l'Olympia où Sarkozy s'est rendu mercredi soir. D'autres sont des déçus à reconquérir, tel Patrick Devedjian, le président du conseil général des Hauts-de-Seine qui a survécu à une attaque interne en règle de la part de quelques sbires de l'Elysée qui souhaitait le déloger de son strapontin pour y placer le Prince Jean. D'autres encore sont moins connus, comme Alain Terzian, fameux producteur ou ... le premier ministre arménien lui-même, avec lequel il déjeunait ce midi. Le 6 octobre prochain, Sarkozy filera en Arménie

L'angoisse
Henri Guaino, envoyé en « bouclier humain » sur un plateau de France 2 lundi soir, pour défendre Nicolas Sarkozy, n'aurait pas dû. Il n'aurait pas dû défier Edwy Plenel de prouver un quelconque lien entre Ziad Takieddine et Nicolas Sarkozy. Mediapart a facilement relevé le défi. Mercredi, le site publiait 6 documents liant Sarkozy à l'homme d'affaires mis en examen le 14 septembre pour abus de biens sociaux dans le cadre du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi.

Le dossier est énorme, solide, sans contestation. Certains de ces documents étaient connus. Ainsi ce un rapport (révélé en 2010), dans lequel la police luxembourgeoise présentait « Nicolas Sarkozy comme étant celui qui,avec Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur, a validé lacréation de la société offshoreHeine, boîte noire des secrets inavouables de Ziad Takieddine ». Et l'un des motifs de la mise en examen de Takieddine est qu'il a reçu 28 millions d'euros de commissions occultes de la part de la DCN dans une vente de sous-marins... un montage validé par le ministre du Budget Sarkozy (comme la réglementation fiscale de l'époque l'imposait). Les défenseurs de Nicolas Sarkozy aimaient à rappeler que le ministre Sarkozy ne s'occupait pas de tout. Raté ! Les policiers luxembourgeois ont exhumé un document, saisi chez M. Takieddine, selon lequel « lesaccords sur la création des sociétés semblaient venir directement de M. lePremier ministre Balladur et de M. le ministre des Finances Nicolas Sarkozy. »


Dans une autre note, écrite par Takieddine et datée du 29octobre 2003, saisie chez lui, l'homme d'affaires faisait le compte-rendu d'une visite en Arabie Saoudite, en désignant Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, comme le « patron ». Dans une autre note du 3 novembre suivant, Takieddine récapitule les préparatifs de la visite de Nicolas Sarkozy en Arabie Saoudite. Mediapart publie également des courriers directs et sans détour entre Takieddine et Claude Guéant, quand ce dernier était directeur de cabinet du ministre. En particulier, Takieddine a été mandaté par Nicolas Sarkozy pour aider à la négociation du contrat d'équipements de surveillance de la société i2i (Bull) en Libye. Mediapart publie également un fax à en-tête de la présidence de laRépublique, daté du 20 juillet 2007, très croustillant, au sujet des infirmières bulgares: envoyé par Claude Guéant alors secrétaire général de l'Elysée, il est adressé à ... Ziad Takieddine dans savilla du cap d'Antibes.

Mardi après-midi à l'Assemblée nationale, Claude Guéant était sous pression pour démentir l'absence de tractations commerciales dans la libération des infirmières bulgares.

Le choc
Mercredi, le choc était immense, en Sarkofrance, quand on apprit que le procureur Philippe Courroye était convoquée par la juge Sylvia Zimmermann, pour être mis en examen ! Courroye, autre grand ami de Nicolas Sarkozy, décoré puis promu par ce dernier, avait multiplié les enquêtes préliminaires dans l'affaire Woerth/Bettencourt pour mieux saucissonner et enterrer le sujet. Cette fois-ci, il va devoir s'expliquer lui-même devant la justice. Le journal Le Monde a porté plainte contre l'espionnage de trois de ses journalistes. 

Selon le Monde, qui a révélé la prochaine inculpation - une première sous la Vème République - , Courroye pourrait être mis en examen pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique » et une « collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite». Le journal précise: « la magistrate a fait procéder à une perquisition, mardi 27 septembre, dans les locaux de l'inspection générale des services (IGS), pour saisir les archives de l'enquête menée en 2010 par les policiers, à la demande du parquet de Nanterre. La juge Zimmermann dispose désormais d'éléments qui lui permettent de penser que Philippe Courroye a personnellement supervisé la surveillance téléphonique, au cœur de l'affaire Bettencourt, de trois journalistes du Monde, Gérard Davet, Jacques Follorou et Raphaëlle Bacqué. »

Si la mise en examen est confirmée, comment Philippe Courroye peut-il rester procureur de la République à Nanterre ?

A l'Elysée, silence radio. On grimace: « ça démontre que nous sommes bien dans un Etat de droit ». L'argument, cette fois-ci répété par Luc Chatel sur BFM-TV en fin de journée, est toujours aussi drôle.« il s'agit d'une procédure judiciaire en cours qui n'appelle pas du gouvernement de commentaires » a commenté la porte-parole Valérie Pécresse. Philippe Courroye, lui, éructait.

Cela ne s'arrêtera donc jamais.

Et non.

Jeudi, Sarkozy file au Maroc. Il était temps.



Je pense depuis longtemps que les résultats très moyens de notre école, du primaire à l'université, montrent que des évolutions sont nécessaires. 

Je suis depuis longtemps partisan, à l'inverse d'un égalitarisme de façade, d'un système inégalitaire, accordant plus de moyens aux populations qui en ont le plus besoin. C'était la philosophie des ZEP des années 80, avec leurs qualité et leurs défauts, mais qui a été progressivement mise à mal par les droites successives.

Je crois, depuis bien longtemps, que le débat Enseignement - Education est une imbécilité sans nom, que les deux sont complémentaires, autant dans l'école que dans les familles et que "mettre l'élève au centre de l'école" signifie, loin du laisser-faire et de l'abandon d'autorité, choisir les procédés permettant à tous d'avancer, plus ou moins loin, plus ou moins vite, du fait des caractéristiques de chaque élève, mais avancer, privilégiant la variété des procédés. Cela s'appelle, qu'on le veuille ou non, de la pédagogie, c'est à dire les voies et méthodes permettant l'acquisition des connaissances, voies et méthodes variées et variables, ajustées aux profils d'apprentissage des uns et des autres.

Je sais, depuis bien longtemps, que mettre 1 200 élèves  d'une cité dans le même collège est explosif et que les effectifs des collèges de ces cités ne devraient jamais dépasser les 400 élèves, si possible mixés avec ceux d'autres quartiers.

Je suis persuadé, depuis bien longtemps, que supprimer tout apprentissage de la pédagogie aux futurs enseignants, en même  temps qu'on augmente les effectifs de classe revient à mettre des apprentis sans préparation, face à des machines-outils complexes, avec des risques de blessures profondes et de détérioration des matières usinées.

Je sais, enfin, que de dénoncer les "privilèges" des enseignants devant un public d'ouvriers est une démagogie de la pire espèce, poujadisme ordurier, hélas dans les habitudes de l'erreur que nous avons élu Président de la République. Vous savez, celle qu'il prétendait rendre irréprochable..!
  • "Journalistes espionnés : le procureur Courroye convoqué en vue d'une mise en examen", NouvelObs. La domesticité n'aurait pas que des avantages?
  • Nice: concertation-bidon au sujet de l'OIN Plaine du Var, Collectif Ecologie Pays Niçois.
  • Karachi. Il y a un moyen simple de vérifier si les déclarations des uns et des autres sont vraies ou fausses: il suffit de déclassifier l'ensemble des documents abusivement couverts par le "secret défense". Ce que N. Sarkozy et l'Ump refusent absolument malgré les recommandations de la commission parlementaire.
  • "Gaz de schiste : les Texans jettent l'éponge face aux élus cévenols", MidiLibre.

Sarkozy devra payer ses voyages. Et le reste.

Avant d'avoir un nouvel Airbus présidentiel, Nicolas Sarkozy aimait déjà voyager. Il voyageait même beaucoup. Mais désormais, la police traque ses déplacements passés, d'il y a 15 ans. L'affaire du Karachigate n'est pas terminée.

Le général Rondot n'a pas apprécié d'être une nouvelle fois approximativement cité par Ziad Takieddine dans ses pseudos confessions médiatiques. L'homme d'affaires, proche du premier cercle sarkozien, avait expliqué avoir connu le sieur Rondot en 2004. Puis en 2006. On ne sait plus. A vrai dire, on s'en fiche. La police, si elle parvient à conserver une relative autonomie contre son ministre de tutelle et proche de Ziad  Takieddine, trouvera un jour par qui Nicolas Sarkozy a bel et bien été invité dans les suites de l'hôtel Cipriani, à Venise. La nuité y coûte entre 2.400 et 8.000 euros, rappelle le site Mediapart : « Les enquêteurs ontété mis, ces derniers jours, sur la piste d'un luxueux voyage de NicolasSarkozy à Venise, payé dans les années 1990 sur les fonds de Thierry Gaubert. Ces fonds sont désormais suspects. »

Jean-François Copé, autre grand ami de Ziad Takieddine, a déjà été balancé. On l'a vu, tout l'été dernier, sur des clichés publiés publiés par Mediapart. Copé au Liban, Copé à Londres, Copé dans la piscine à Antibes... Takieddine avait l'amitié généreuse. Grâce à ses photos-souvenir, peut-être ne sera-t-il jamais président de la République. Quand Copé se laissait ainsi invité, en famille, il était ministre.

Lundi, la presse jetait un nouveau témoignage dans le débat public. Miléna Gaubert dénonçait les « conneries » de sa mère Hélène Gaubert. « Il y a quelques mois, ma mère m'a confié qu'elle voulait emmerder mon père » a-t-elle affirmé lundi sur Europe1. Elle a même décrit sa mère comme « dépressive ». On ne sait pas d'où est venu ce témoignage fort à propos. Samedi, Hélène Gaubert avait confié les pressions subies de son ex-mari, après l'intervertion de Brice Hortefeux le 14 septembre.

Manque de chance, Nicola Johnson, ancienne épouse de Ziad Takieddine confirmait: Mediapart expliquait, lundi dernier, que « l'ex-femme du marchandd'armes a surtout confirmé devant les enquêteurs les révélations d'HélèneGaubert, qui a évoqué un ballet d'argent liquide entre la Suisse et la Francepour financer le camp Balladur en 1995 ».

Edouard Balladur, lâché par Nicolas Sarkozy, serait bientôt entendu par la justice. C'est ce qu'une source policière a confié au JDD dimanche dernier. L'étau se resserre. L'ancien premier ministre a été laissé bien seul par le Monarque. Sauve qui peut ?

Lundi soir, Henri Guaino, le conseiller spécial ès discours de Nicolas Sarkozy, affrontait Edwy Plenel sur le plateau de l'émission Mots Croisés sur France 2. « Vous mélangez tout, vous pratiquez l'insinuation ». Xavier Bertrand, autre proche, a évoqué une « chasse à l'homme » contre Nicolas Sarkozy. Fichtre ! On pourrait donc traquer le chef des Armées et des services secrets, l'omni-président, le président occulte de l'UMP, l'homme qui contrôle l'audiovisuel public

Autre affaire, même inquiétude. Les patrons de nos services secrets vont être convoqués ... par la Justice. Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, et Bernard Squarcini, le directeur de la DCRI, attendent leur convocation dans l'affaire des fadettes. Un autre espion, rapporte Frédéric Ploquin sur Marianne2,le chef de cabinet de Frédéric Péchenard, le commandant Robert Martin, devrait être interrogé également. Il était garde du corps d'Edouard Balladur en ... 1995, quand ce dernier était premier ministre. L'affaire du Karachigate est décidément partout.

De ces affaires, Nicolas Sarkozy ne voulait pas en parler, malgré de nouvelles interventions publiques. Mardi, il était dans l'Oise, sur le thème de l'emploi. Encore quelques photos au milieu d'ouvriers en casque. L'allocution était « informelle », avec caméras, estrade pour que le Monarque domine d'une tête l'assistance, et micro en main. Informelle ? Le candidat Sarkozy reprit un argument connu, stigmatiser « la France qui travaille » contre celles des « fonctionnaires ». Le même jour, la mobilisation était historique. Enseignants du privé et du public s'étaient retrouvés pour contester les suppressions de postes dans l'éducation primaire et secondaire. Les images de défilés, piquets de grèves et enseignants en colère faisaient tâche dans sa communication présidentielle. Il n'a pu s'empêcher de tacler les manifestants et grévistes. Il était d'abord mielleux: « Je sais bien qu'aujourd'hui, il y a des protestations. C'est normal dans une démocratie ». Puis franchement désagréable : « Mon devoir de chef de l'Etat, c'est d'abord de penser aux ouvriers, aux salariés, aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l'Etat, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile mais qui ont un statut qui les protège ». Clivant ? Bien sûr. Enervé ? Evidemment.

Le matin même, Nicolas Sarkozy animait son traditionnel « petit-déjeuner » de la majorité, avec des parlementaires de son camp. A en croire les échos et le verbatim rapportés par quelques confidences livrées au Figaro, le Monarque était ivre de rage: « À chaque élection, on trouve quelque chose, s'est agacé Nicolas Sarkozy devant ses troupes. Une fois, c'est mon possible divorce, une autre fois, c'est l'affaire Clearstream… Cette fois, on sort un truc d'il y a seize ans ! Tout le monde sait que je n'ai rien à voir là-dedans. D'autant plus que j'avais été réservé sur ces contrats quand j'étais ministre du Budget. Tout cela est infâme. C'est toujours les mêmes, comme par hasard. C'est toujours la même volonté de nuire.»

Il paraît que la réunion, cette fois-ci, fut plus «sombre» que d'ordinaire, que Sarkozy adopta « un ton très grave ».

Etait-ce la débâcle sénatoriale, cinquième défaite dans les urnes depuis 2007, ou l'emballement des affaires ? Devant « ses » députés, Nicolas Sarkozy promit des initiatives. Il voulait rassurer. Certains s'interrogent à nouveau sur la candidature Sarkozy. Lui reste confiant« La présidentielle se jouera sur la crise, car la crise est systémique, la crise de confiance est systémique et la réponse doit être aussi systémique ».

Et la claque... « systémique » aussi ?


 Un post, datant de février 2009, tiré mon ex-blog.
Que les géologues, vulcanologues, sismologues et autres géographes me pardonnent, eux qui savent depuis longtemps, mais j'ai eu mardi soir, lors de la séance de l'Université Populaire 06 consacrée aux séïsmes, à la fois la déception et l'"eureka" de ma vie.

Je vivais jusqu'à présent sur l'image d'une terre harmonieuse, ronde, dotée de la perfection immatérielle d'une sphère parfaite dessinée par un grand architecte de l'univers doté d'un sens aigu de l'esthétique et maîtrisant "le trait" des compagnons-bâtisseurs. Dès lors, je pensais naïvement que cette perfection ne pouvait, en cascade, que se décliner sur tout ce que la terre porte, en une harmonie terrestre à défaut d'être universelle.

Cette conception idéale et idéaliste était néanmoins dérangée du spectacle ambiant et de celui que l'histoire nous révèle: catastrophes, guerres et massacres, abominations et petitesses diverses, exploitation de l'homme par l'homme, tromperies et démagogies, rapacités financières, spectacle sarkozien et télé-réalité, Copé, Guéant et Hortefeux, ...

J'ai subitement compris d'où provenaient  ces entorses à l'harmonie déduite de la rotondité terrestre lorsque la (brillante) conférencière nous a montré la réalité du "globe" terrestre, plus proche d'une vulgaire pomme de terre que de la sphère idéaliséee qui m'avait été annoncée à l'école. 

Afin que vous ne restiez pas idiots et que, comme moi, les monstruosités du monde cessent de vous surprendre, je vous montre la Terre telle que la conférencière a bien voulu me la transmettre (et dont les déformations ont été amplifiées, cf. échelle):


Vous mesurez maintenant, à la fois ma déception de voir cet aspect biscornu et mon soulagement de comprendre, enfin, pourquoi des Sarkozy et des Berlusconi peuvent devenir d'éminents dirigeants politiques démocratiquement élus, pourquoi le marché ne s'auto-régule pas spontanément et les raisons de la dégénérescence  social-démocrate... 
  • Travailler plus pour gagner plus... "Un tiers des salariés souhaitent quitter leur entreprise", Big browser.
  • ""La Fabrique de l'homme endetté", de Maurizio Lazzarato", Le Monde. *****
  • "Karachi : les familles des victimes portent plainte contre Hortefeux", NouvelObs.
  • Toujours plus loin dans la finesse dans l'analyse: "Pour Estrosi, perdre le Sénat a permis de conserver une note AAA", Le Monde.
  • "L'UMP envisage de revenir sur l'obligation de 20% de logements sociaux", NouvelObs.
  • Dernières cantonales. Les élections de 3 candidats Ump remises en cause par Le Tribunal Administratif. Une quatrième supplémentaire depuis hier (7ème canton). Nice-Matin. Une, ça va! Quatre..? Le système Estrosi ? 
  • Le tracé de la ligne 2 du tramway. Nice-Matin
  • "Israël approuve la construction de 1 100 logements à Jérusalem-Est", Le Monde. "Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a laissé entendre qu'il n'avait pas l'intention de décréter un nouveau gel de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est". Y-aurait-il un lien avec le refus de reconnaître un état palestinien ? La droite israélienne a tous les culots et les USA se disent "profondément déçus"... Quelle fermeté!

Après la débâcle, les bonnes leçons de Docteur Sarkozy

Lundi, la Sarkofrance avait la gueule de bois. La perte de la majorité sénatoriale était le nième épisode de la déchéance politique du Monarque. Sarkozy a rapidement reçu Fillon et Copé. Mais il fallait masquer.

Il alla parler à un colloque sur l'université... la veille d'une grève dans l'éducation nationale. S'affranchissant parfois de son texte, le bon Docteur Nicolas prodigua ses conseils de bonne gestion et de courage politique à une assistance castée et silencieuse.

Comme toujours. 

La débâcle
Politiquement, la perte de la majorité sénatoriale est une belle épine dans le pied déjà nu de Nicolas Sarkozy. Et qu'importe de savoir qui présidera la haute assemblée après le scrutin de samedi. Exit la règle d'or dans la constitution. Sarkozy n'a plus aucune chance de convaincre les trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès à Versailles pour voter sa mal nommée règle d'or. Un Sénat à gauche sera également moins rapide à adopter les dernières (rares) réformes sarkozyennes, ou le projet de loi de finances pour 2012. On s'imagine aussi que ce nouveau Sénat sera peut-être plus prompt à lancer des commissions d'enquête sur quelques fâcheuses affaires du moment.

Comme chaque lundi matin, le Monarque a reçu François Fillon et Jean-François Copé. L'UMP comptait ses blessés. Chantal Jouanno, échaudée par le manque de soutien élyséen depuis plusieurs mois, a préféré démissionner du gouvernement pour le Sénat. David Douillet lâche son poste d'agent recruteur auprès des électeurs français de l'étranger pour reprendre le poste. Gérard Longuet, réélu sénateur, s'accroche à son maroquin. On notera l'hypocrisie de l'élu qui s'est ainsi garantit un poste de sortie (sénateur) en cas d'alternance en mai prochain.

Le Figaro s'inquiétait déjà d'un éventuel grand Chelem de la gauche en 2012:  « À moyen terme, dans l'hypothèse d'une victoire du PS à la présidentielle, suivie selon toute vraisemblance d'un succès aux législatives, la gauche pourrait, non seulement, appliquer son programme législatif, mais aussi adopter toutes les révisions constitutionnelles qu'elle jugerait bonnes. François Mitterrand lui-même n'avait pas eu une telle liberté ». Après près de 10 ans de majorité UMP sans contrôle, la remarque prête à sourire.

Les banques
Lundi, on s'attendait au pire. Au Sénat, la messe était dite, même si le clan Sarkozy paraît sonné. Mais sur les marchés financiers, rien n'est réglé. On attendait l'ouverture des bourses avec inquiétude.

Dimanche, le JDD relançait la rumeur d'une prochaine recapitalisation des banques françaises. C'est un véritable feuilleton. Il y a 3 semaines, Chirstine Lagarde au FMI prévoyait un nécessaire réajustement des fonds propres des banques européennes et françaises. Puis elle dut démentir. Puis un vice-président de la commission européenne confirma le besoin, en marge d'une rencontre du G20. Démenti officiel français.

Puis voici qu'une réunion « secrète » se serait tenue dimanche 11 septembre à la direction du Trésor, à Bercy, pour traiter du sauvetage des banques françaises. Le JDD, qui révélait l'information le 24 septembre dernier, dans le plus grand secret, évoque « une réunion de crise entre son directeur, Ramon Fernandez, et les dirigeants de BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Banque populaire-Caisse d’épargne et le Crédit mutuel ». Toujours selon l'hebdomadaire, le gouvernement aurait « proposé de soutenir les banques françaises de la même manière qu’en 2008. Le schéma consistait à injecter cette fois entre 10 et 15 milliards d’euros d’argent public pour renforcer leurs fonds propres ».

Le gouverneur de la banque centrale, Christian Noyer, a démentiIl n'y a aucun plan »), tout comme Valérie Pécresse (« Il n'y a pas de plan de recapitalisation des banques ») et même l'Elysée ! Il n'y a peut-être pas de plan, mais il y a des soucis. Lundi matin, les Echos rappelaient que la banque Dexia, nationalisée en septembre 2008, a encore quelque 20 milliards d'actifs dits toxiques à céder sur les marchés. Faute de quoi, il faudra fermer boutique: « La chasse aux liquidités est donc une guerre quotidienne pour éviter à Dexia le "cauchemar de 2008", confirme une seconde source ». L'Etat prépare donc le démantèlement de la banque. Certaines communes, surendettées à cause de sales manipulations, s'apprêtent à porter plainte, telle Rosny-sous-bois.

Plus important, le commissaire européen Olli Rehn a promis, le même jour, que le fonds de soutien européen pourrait être doté d'instruments supplémentaires.

Lundi, les bourses européennes se sont reprises. En France, le CAC40 progressait d'un timide 1,75%. A l'Elysée, à Matignon, comme à Bercy, on respirait.

Pendant ce temps, Carla et Nicolas...

Carla Bruni fit encore parler d'elle. Elle s'est confiée à son amie Christine Ockrent sur la BBC et a raconté ses premiers moments avec Nicolas Sarkozy: «Quand je l'ai rencontré, on marchait dans les jardins de l'Elysée, et il m'expliquait tout sur les tulipes et les roses (...) Je me suis dit : 'Mon Dieu, mais il faut que j'épouse cet homme. C'est le chef de l'Etat et il sait tout sur les fleurs également. C'est incroyable'.» D'ici quelques jours, on attend un grand évènement, la naissance du petit dernier, annoncée quelque part au moment des primaires socialistes.

Pour la rentrée universitaire, Nicolas Sarkozy avait choisi de s'exprimer dans un colloque organisé par l'institut Montaigne sur un thème prétendument prometteur « 15 ans de réforme de l'université ».

Le Monarque avait les traits tirés, mais il souriait. L'assistance était calme. Aucune interruption n'était à craindre pendant les 41 minutes de son monologue. « L'intitulé de ce débat appelle une remarque immédiate: 15 ans de projets de réformes, c'est sûr ... 15 ans de révisions à la marge, c'est sûr... 15 ans de tentatives d'adaptation à la réalité de plus en plus complexe, c'est certain... Mais 15 ans de réformes... n'exagérons pas.»
L'argument était planté. Les 39 minutes qui restaient seraient à la gloire du Monarque.

Tout ça pour ça.
« On peut tout dire... sauf que le monde universitaire... allez, ... même sur les 30 dernières années... a été balloté de grandes réformes en grandes réformes... On a parlé des réformes... On a débattu des réformes... Mais il y a une raison à cela... Mise à part la période de Claude Allègre... Je ne dis pas cela parce qu'il est présent mais parce qu'il avait compris qu'il y avait une nécessité à adapter nos universités au contexte européen... les ministres des universités n'ont pas pu... et ce n'était pas leur faute... ils ont voulu... qu'ils soient de gauche ou de droite... Mais ils n'ont pas pu mener leur projet de réforme...»
Ah... l'hommage à Claude Allègre... Sarkozy livra ensuite son explication sur l'erreur de ses prédécesseur: le ministre des universités était historiquement un « fusible » chargé de gérer les ennuis et de sauter quand ceux-ci arrivaient. Mais, grâce à lui, tout ceci n'était que passé. Avant de louer sa propre « réussite », Sarkozy dressa un rapide historique presque inquiétant des 40 dernières années universitaires: explosion démographique, changement social, délocalisation géographique... Sarkozy avait les yeux rivés sur son texte pour accabler le passé. Pensez-vous... Avant sa présidence, on n'osait pas « formuler » la réalité des problèmes ou les inégalités de facto entre universités. « C'est là qu'on oyait que le malade était bien atteint ... car il ne pouvait même pas entendre le diagnostic. (...) La situation était si bloquée qu'on ne pouvait même pas poser le diagnostic ».

Heureusement, le bon docteur Sarkozy est arrivé avec « l'autonomie », c'est-à-dire « faire confiance au milieu universitaire ». Tiens, aurions-nous raté une étape ? Le passage à la cogestion généralisé ? Des réductions de postes par dizaines de milliers dans l'enseignement « amont » (primaire et secondaire) faciliteront la surcharge des classes et renforceront l'écrémage. L'autonomie fera le reste.

Nicolas Sarkozy espère même la révolution permanente, ... « Je milite pour un système universitaire qui se réformerait en continu ». Evidemment, au passage, il s'est inquiété de la hausse des droits d'inscription. Il n'a rien contre, mais pas partout, cela ferait tâche... Ce serait « une très mauvaise idée que toutes les universités décident d'augmenter leurs droits d'inscription », cela donnerait l'image d'une «barrière économique».

«Ne laissez pas caricaturer notre réforme».


Ne laissons pas Nicolas Sarkozy se caricaturer.




Incontestable victoire de la gauche, logique dans ce contexte. Historique, et, quand on connaît le "train de sénateur" et le découpage antidémocratique des circonscriptions sénatoriales, doublement historique, marquant un rejet, lui aussi historique, de la politique de notre grand leader omniscient. Nous en avions rêvé, Sarkozy l'a fait !  Avec N. Sarkozy tout devient possible...

Car, au delà de ces résultats globaux, l'analyse montre que, dans deux endroits au moins et pas des moindres (Haut de Seine et Paris) ce sont ses candidats qui ont été battus par d'autres candidats de droite.

Il a tant fait pour monter les français les uns contre les autres, que même une partie de la droite rejette ses ukases, refusant, par exemple, dans son département, d'élire comme Sénatrice la condamnée pour "prise illégale d'intérêt" Mme Balkany.

Même Le Figaro titre "La gauche progresse presque partout", "L'UMP paie ses divisions au prix fort", et "Un coup de semonce pour Sarkozy". Et la tête des rares personnalités de droite osant affronter les télévisions et annônant que "C'était inscrit dans les municipales de 2008" le montraient mieux que n'importe quelle brillante analyse.

La Sarkozie va tout tenter maintenant pour truquer les résultats des urnes, pour acheter le vote de certains élus "de gauche" en vue de l'élection du Président du Sénat. Réussiront-ils ? Les exemples d'un Besson, d'un Kouchner, d'un Jouyet ou d'un Bockel rendent les pronostics prudents... Mais il est vrai que la période n'est pas la même et que le vent a tourné.

Ce quinquennat, ayant commencé dans le fric avec la soirée du Fouquet's et le Yacht et l'ami Bolloré, se terminant dans le pognon avec les valises provenant du Pakistan, d'Arabie Saoudite, de Libye, d'Afrique noire, après un passage par l'épisode népotique du "Prince Jean", va finir dans la fange... après avoir prodigieusement enrichi sa clientèle et endettant le pays pour plusieurs générations.

Ceci dit, comme le dit Le Monde, "La France urbaine, traditionnellement plus à gauche, souffre donc, au Sénat, d'un handicap structurel. Pour le surmonter, la gauche aura dû attendre une conjonction d'astres exceptionnelle : une succession de victoires dans les élections locales depuis dix ans, en particulier aux municipales ; une lente mutation du monde rural, ou plutôt rurbain, qui en modifie peu à peu la sociologie électorale ; des divisions et dissidences à droite ; une grogne sourde des élus locaux, y compris à droite, contre la réforme des collectivités territoriales imposée à la hussarde par le gouvernement ; enfin le discrédit profond qui touche l'actuelle majorité et son chef, le président de la République".

Sans bouder notre plaisir, après cette escarmouche, la vraie bataille est dans 8 mois.
  •  "Les élus ruraux ont donné le Sénat à la gauche", Le Monde. "Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu président de la République, en 2007, la droite détenait 203 sièges au Sénat, contre 128 à la gauche". Eh oui, Sarkozy l'a fait...
  • "Karachi : Eva Joly souhaite que Nicolas Sarkozy soit entendu par la justice", Le Monde.
  • "Mardi, une grève dans l'éducation nationale unit public et privé", Le Monde. A Nice, le rendez-vous est à 10h, Place Masséna.
  • Fric sale et entourage de Nicolas Sarozy: "Affaire Takieddine: la police piste des voyages de Sarkozy et Copé", MédiaPart, pour les abonnés.
"Un évènement considérable"

Sarkozy perd son Sénat.

Dimanche 25 septembre, le Sénat est passé à gauche pour la première fois depuis 1958. Merci qui ? Merci Sarko !

La claque est une nouvelle fois pour le Monarque élyséen. Depuis juin 2007, il a perdu, sans interruption, tous les scrutins intermédiaires. On dirait qu'il s'en fiche. Il ne réagit plus, préfère câliner les pompiers ou les harkis. Pour cette semaine, il s'est inventé un agenda surchargé pour éviter de parler des affaires.

Ignorer la débâcle

Ce scrutin sénatorial est une curiosité. Quelque 71.000 grands électeurs seulement étaient appelés aux urnes. La réaction UMPiste fut tout autant curieuse.

« La poussée de l'opposition est réelle et plus forte que je ne l'avais prévu » a déclaré Gérard Larcher, l'actuel président UMP. « Un coup de tonnerre », commentait Claire Chazal sur TF1 dimanche soir. « Une victoire historique » confirmait le Figaro. La réforme des collectivités territoriales n'a pas plu. Election locale après élection locale, la gauche a progressé. Jean-François Copé arrive bien tard au siège de l'UMP. Il refuse le constat d'échec de Nicolas Sarkozy.

Le rejet est pourtant personnel. A Paris, le symbole était encore plus fort. Pierre Charon, ancien fidèle du Premier Cercle, ancien conseiller de l'Elysée, a été élu malgré toutes les pressions élyséennes contre sa dissidence.

A l'Elysée, on « prend acte ». Sarkozy a l'habitude de la joue rouge. Il n'était même pas dans son palais dimanche soir.  Il était revenu en France vendredi matin.  Samedi, il est parti à Nantes rencontrer des pompiers. Il avait raison. Il y a le feu à l'Elysée. Mais pas sûr que les pompiers pouvaient lui être d'une grande utilité cette fois-ci. Il y avait urgence à leur promettre qu'ils pourraient toujours devenir éventuellement préfets. Il visitait leur 118ème Congrès «  C'est la 6e fois que Nicolas Sarkozy se rend, toujours avec plaisir, à ce Congrès (dont 2 fois en tant que Président de la République) » rappelait le site Elysée.fr. « Je souhaite qu'il y ait dans l'avenir de façon naturelle et normale des sapeurs-pompiers qui puissent devenir préfet, qui puissent être sous-préfet, qui puissent être sous-directeur dans l'administration centrale. Ainsi, c'est toute la profession qui sera rénovée et qui sera considérée ». Ouf ! Nous sommes soulagés !

Jeudi, Sarkozy avait célébré l'anniversaire d'une statue, avant de filer sans prendre de questions de journalistes. Vendredi, il revenait difficilement de son inutile périple new-yorkais. Il n'avait pas voulu attendre l'historique  discours de Mahmoud Abbas à l'ONU. Il avait plus important à faire: « Le corps préfectoral doit s'ouvrir, l'Ena  c'est parfait, mais c'est pas tout dans la vie l'Ena ». Ce soudain intérêt pour l'avenir préfectoral des pompiers vient de la nomination récente, par le gouvernement, du colonel Richard Vignon, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), comme préfet délégué pour la sécurité de la région Lorraine.

Et surtout du besoin d'éviter de discourir de la terrifiante affaire Karachi.

Faire comme si...
Plus que jamais, Nicolas Sarkozy veut montrer qu'il autre à faire que de commenter le climat en cours ou s'expliquer sur son rôle dans ce scandale. La semaine dernière, la tactique a relativement échoué. Dimanche, il s'est brièvement montré à un hommage aux Harkis aux Invalides. Pour cette nouvelle semaine, l'agenda du Monarque a été rempli comme jamais. Cela faisait bien longtemps qu'on n'avait vu un calendrier présidentiel aussi rempli. Depuis le printemps 2009, l'omni-président s'était progressivement effacé, pour frôler la disparition médiatique depuis un an. Mais puisque l'actualité vient brutalement à lui, il a fallu réagir. Jugez plutôt: lundi matin, après son traditionnel petit-déjeuner politique avec quelques pontes de l'UMP, il débute sa journée officielle à 10h avec une intervention dans un colloque sur la réforme des universités, organisé par un think-tank proche du Parti à la fac d'Assas, à Paris. Pourquoi n'a-t-il pas choisi une université plus populaire, en banlieue parisienne par exemple ? Une heure après, il file à l'Elysée retrouver Lula l'ancien président du Brésil. Ensuite, il aime consacrer ses déjeuners à des artistes. A 17h, le voici avec des syndicats de médecins, signataires de la nouvelle convention médicale. Puis, une heure trente plus tard, il s'exprime devant les ministres du travail et de l'emploi du G20.

Mardi, c'est visite de terrain, comme chaque mardi. Il ira parler biocarburants et chimie verte » dans l'Oise, le département de son ancien fidèle et protégé Eric Woerth. L'après-midi, il rencontrera le prince héritier d'Abou Dabi. Mercredi, conseil des ministres puis
Conseil des ministres, « Réunion de mobilisation des préfets de région sur l'emploi » et déjeuner le premier ministred'Arménie. Jeudi, il file l'espace d'une journée à Tanger, au Maroc. Vendredi, c'est Alzheimer. Sarkozy anime une réunion de travail dès 9 heures du matin à l'Elysée, avant de remettre quelques médailles de la famille à l'Elysée l'après-midi même.

Fichtre ! Il va frôler le surmenage.


Laisser les autres vous défendre
Les plus grands ténors de Sarkofrance se sont exprimés pour défendre la cause du Monarque. Exit les Nadine Morano et Eric Besson. Voici Claude Guéant et même Henri Guaino. Au même 118ème Congrès des pompiers, le lieu où il fallait visiblement être ce weekend en Sarkofrance, le ministre de l'intérieur et ancien homme des basses oeuvres du Monarque élyséen, s'était exprimé sur l'affaire de Karachi: « Je dis qu'il y a beaucoup trop d'amalgames, beaucoup trop d'insinuations, beaucoup trop d'approximations, qui sont graves et qui pervertissent notre vie démocratique: nous avons la chance d'avoir une justice en France, faisons lui confiance et ne faisons pas les procès dans la presse ou dans les communiqués ».

Le plus drôle fut l'explication donnée par Claude Guéant sur l'affaire Hortefeux. Son prédécesseur est accusé d'entrave à la justice et d'avoir eu connaissance du dossier de l'instruction du Karachigate. Guéant avait l'explication du jour: « Dans l'affaire de Karachi en particulier, le service de presse de l'Elysée a communiqué que le président n'était pas cité dans le dossier, évidemment il ne s'agissait pas du dossier judiciaire mais du dossier administratif » . La veille, on nous avait livré une autre explication: Hortefeux avait simplement lu la presse. Quelle version faut-il croire ?

Henri Guaino était là pour consolider le cordon sanitaire. Nicolas Bazire « est un ami du président de la République, mais ce n'est pas son proche conseiller, il ne l'a jamais été » et « Gaubert n'est plus dans l'entourage du président ».

Brice Hortefeux s'inquiète. Nicolas Sarkozy ne l'a pas appelé dès son retour des Etats-Unis. Il faut faire croire que cette accélération de révélations dans le Karachigate ne concerne pas le chef de l'Etat. Même si ce dernier a publié à chaud un communiqué rageur jeudi après-midi. A l'UMP, on commence déjà à prendre ses distances avec l'encombrant gaffeur. « Son copain Thierry Gaubert va lui coûter cher » a déclaré, sous couvert d'anonymat, un dirigeant du parti présidentiel.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

 Article prévu demain, prématurément paru du fait d'une erreur de manipulation de ma part.

Amis socialistes et sympahisants, comme Chirac, Kouchner, Jouyet, votez François Hollande aux primaires socialistes.

Comme les barons socialistes auxquels il a promis de laisser perdurer le cumul des mandats, votez François Hollande aux primaires socialistes.

Pourquoi vous dis-je cela ? Du fait d'un article de MediaPart, remarquable journal d'information en-ligne auquel je vous convie chaleureusement à vous abonner, intitulé "Jouyet en sulfureux attaché de presse de Hollande", dans lequel est démontré comment celui "qui a trahi la gauche en 2007 pour devenir secrétaire d'Etat aux affaires européennes, puis président de l'Autorité des marchés financiers (AMF)",  conduit "une tapageuse campagne en faveur du dirigeant socialiste", F. Hollande en l'occurence.

Dans l'Express, JP. Jouyet répond à la question "Un candidat socialiste, par exemple François Hollande [dont Jean-Pierre Jouyet est un ami], pourrait-il mener des réformes à l'allemande ?" par : "Bien sûr, car c'est le plus compétent. La gauche peut faire comme Schröder, chancelier social-démocrate. Elle peut mener une décentralisation responsable qui soit porteuse d'économies". Il rajoute à France Inter que F. Hollande est "le plus compétent, le plus capable, quelqu'un qui a été très sérieux et très clair, et qui s'est engagé sur un retour à l'équilibre en 2017"...

Enfin l'article de MediaPart se termine par ces quelques lignes: "Jean-Pierre Jouyet sert de rabatteur pour François Hollande, lui « fait rencontrer des personnalités » comme dit Le Point – et selon les indiscrétions dont disposent Mediapart, il y a dans le lot des personnalités qui ne sont franchement pas progressistes"

Et je devance les commentateurs les plus mal intentionnés en affirmant que: 1) je ne voterai pas aux Primaires socialistes et 2) Si j'avais eu à le faire, j'aurais choisi A. Montebourg.
  • Comme chaque lundi, les revues de blogs d'Olivier, les posts de Ruminances, ceux de Leunamme, de L'AutreJe, des Parker, de Géographe du monde, de Lamauragne, du Collectif Ecologie pays Niçois, les publications du Monde en question, les Petites Nouvelles de Louis...
  • "Servier cherche à transférer ses laboratoires aux Pays-Bas", NouvelObs.
  • "Le redressement des finances publiques en 2013 se complique", Comptes publics.
  • "La "fin du pétrole", oui... mais après-demain", Le Monde. Peut-être, mais pas le renchérissement... Et, "Pic pétrolier : Laherrère répond à Yergin", Oil Man.
  • "Quand Hollande pique les jeunes de Sarkozy", Le Bison Teint.
  • "Affaire Karachi : le vide se fait autour de Balladur", Rue 89.
  • "Sociologie radioactive", Owni. "Pendant près de dix ans une sociologue a enquêté sur le milieu très particulier de la sous-traitance dans l'industrie nucléaire. Entretien déniaisant et constats inquiétants".
  • Historique: une majorité de gauche au Sénat, mais les dés ne sont pas encore jetés pour la Présidence (du Sénat)...
Elles sont toujours aussi magnifiques et embaument la pièce, mes Belles de nuit dont j'avais déjà parlé . En voici quelques-une d'hier.
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