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Sarkozy et Merkel ont fait flipper les marchés

Les Bourses se sont à nouveau effondrées jeudi 17 août. Le mini-sommet franco-allemand de mardi n'aura donc servi à rien. Ses « décisions » étaient trop vagues, presque inquiétantes. Mardi, Nicolas Sarkozy avait fustigé les « rumeurs » et « les décisions de spéculation », contre lesquelles sa détermination était, répéta-t-il, « totale et complète ». Angela Merkel préféra plutôt insister sur le besoin de « regagner la confiance des marchés ».

Dès le lendemain de la rencontre, les réactions étaient déjà très mitigées. Les analystes interrogés par la presse se déclaraient déçus. Les médias avaient peine à valoriser une quelconque décision ou proposition à la hauteur de la situation.

Jeudi 17 août, alors que Nicolas Sarkozy reprenait ses tournées en vélo au Lavandou, les marchés avaient la gueule de bois.

L'une des critiques les plus virulentes est venu de Jacques Delors, l'ancien président de la commission européenne: « Depuis le début de la crise, les dirigeants européens sont passés à côté des réalités. Comment peuvent-ils penser que les marchés vont croire aux promesses du sommet de la zone euro, le 21 juillet, s'il faut attendre la fin septembre pour les transformer en actes? »

La taxe Tobin, une distraction
A Paris, le marché a rechuté jeudi, abandonnant 5,48%. En cause, les valeurs bancaires (Société Générale -8%; Crédit Agricole -5%; BNP Paribas -4%). Serait-ce l'effet de la proposition de taxe financière internationale ? Elle y a certainement contribué. Cette proposition reste une arlésienne, un projet a déjà été votée au Parlement européen voici 4 mois, et elle apparaît davantage comme une distraction politique pour masquer les prochaines mesures d'austérité. « Pendant que les gouvernants dissertent sur la taxe Tobin, ils font passer le rouleau compresseur de l'austérité » a estimé ATTAC. « Depuis deux ans les effets d'annonce se sont multipliés sans déboucher sur autre chose que des "propositions" et des "réflexions"».

Les autres places européennes (Londres -4%, Madrid -4,5% Milan -5%, Stockholm - 6%, Helsinki -7%, Oslo -6%, Copenhague -5%), américaine et asiatiques ont connu la même chute. 

Le risque de la contamination
Jeudi, le Wallstreet Journal rapportait que la Réserve Fédérale américaine s'inquiétait d'une éventuelle contamination de la crise de la dette européenne aux Etats-Unis. La FED a mené « des meetings extensifs » ces derniers jours pour évaluer si les filiales américaines des banques européennes pourraient faire face à un appel soudain de liquidités de leurs maisons mères.

Le journal précisait cependant qu'il n'avait aucune indication sur l'identité des banques européennes examinées par la FED.

La stagnation à cause de l'austérité
« Economy sinks markets » titrait le site du Wallstreet Journal, le 19 août. Troisième et sérieux sujet d'inquiétude boursière, la menace d'une nouvelle stagnation. Ainsi, Morgan Stanley a baissé jeudi sa prévision de croissance pour la zone euro à... +0,5% en 2012 (au lieu de 1,2% prévus jusqu'ici) et 1,7% cette année (au lieu de 2%). Cette seule annonce a  contribué à la baisse des marchés jeudi. Au dernier trimestre, France et Allemagne, qui comptent pour 50% du PIB de la zone euro, n'ont vu leur PIB croître que de 0,1%, c'est-à-dire rien.

La stagnation des économies européennes inquiètent les Etats-Unis. Or, l'unique crédo affiché par le couple Merkel/Sarkozy, à l'instar de tous les dirigeants européens ces dernières mois, est l'austérité.
 
Après l'agence Fitch, ce fut au tour de Standard and Poor's, jeudi matin, d'expliquer qu'elle n'avait nullement l'intention de dégrader la note de crédit de la France.  Le président du comité de notation de l'agence avait toutefois exprimé un sacré bémol, en expliquant que « certains des indicateurs budgétaires de la France aujourd'hui sont en fait légèrement pires que ceux des Etats-Unis, en particulier la dette ».

Globalement, l'intervention franco-allemande n'a pas servi à grand chose. Elle a même contribué à exciter davantage la spéculation.

Qui a déclaré qu'une présidence se jugeait à sa crédibilité ?

Ami sarkozyste, où es-tu ?


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