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Rencontre Merkel/Sarkozy: la douche allemande

On nous aurait menti. Mercredi dernier, les services de la Présidence de la République faisaient savoir qu'une rencontre de travail aurait lieu à l'Elysée ce mardi 16 août 2011, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. A lire quelques journaux, cette simple annonce avait calmé temporairement les marchés. Le couple « moteur » de l'Union européenne allait enfin accélérer la mise en oeuvre des décisions du sommet du 21 juillet, et, par là même, sauver l'euro, l'Europe et la note de crédit Triple A de quelques Etats de l'Union... dont la France.

Cette belle histoire était trop belle.

Lundi 15 août, Steffen Seiber, le porte-parole de la chancelière allemande a douché le story-telling officiel et médiatique:  «Il ne faut rien attendre de spectaculaire » a-t-il expliqué, précisant que cette réunion était prévue depuis le 21 juillet. Et il ajouta : « Nous n'évoquerons pas les euro-obligations de notre propre chef car ce n'est pas selon nous une voie souhaitable ou praticable. Et nous n'avons pas d'indices selon lesquels la France voudrait aborder ».

1. Le communiqué officiel de l'Elysée, le 11 août dernier, précisait déjà que ce sommet franco-allemand était prévu depuis le 21 juillet. Officiellement, la séance était d'importance, puisque Nicolas Sarkozy devait, une fois de plus, revenir de vacances.

2. Selon son porte-parole, Angela Merkel n'a donc pas l'intention de parler des obligations européennes, une mutualisation de l'endettement européenne soutenue par l’Italie, la Grèce, la Belgique et le Luxembourg. Elle préfère la généralisation des plans de rigueur pour « assainir leurs finances » et respecter au plus vite le pacte de stabilité. « C'est l'une des leçon de la crise de l'euro (...) Nous avons besoin d'une coopération économique plus forte dans la zone euro. 

3. Contrairement à certaines insinuations médiatiques récentes, Nicolas Sarkozy est loin d'être un partisan acharné des eurobonds. Il s'est toujours, ou presque, déclaré hostile aux obligations européennes. En décembre dernier, il faisait front commun avec sa collègue allemande contre l'idée. 

4. Nicolas Sarkozy est surtout mal en point. C'est la France, et non l'Allemagne, qui a été attaquée par la spéculation et les rumeurs de dégradation de sa note de crédit, la semaine dernière. C'est la France, et non l'Allemagne, qui est pénalisée par une croissance molle, un déficit budgétaire historique et un endettement public prévu en hausse pour trois ans encore. L'Allemagne n'a pas tous ces soucis et Nicolas Sarkozy est otage de sa voisine, quoiqu'il en dise.

5. On peut penser que les raisons du refus d'eurobonds ne sont pas les mêmes chez Merkel et chez Sarkozy. La première défend l'idée qu'il faut d'abord une plus forte supervision européenne des budgets et politiques fiscales des 17 membres de la zone euro avant d'autoriser un endettement supranational. Que l'on soit hostile ou favorable à cet abandon de souveraineté nationale, la démarche a le mérite de la logique. A l'inverse, Nicolas Sarkozy s'est surtout toujours montré hostile à une supervision européenne des déficits franco-français. En 2007, on aurait pu lui refuser son paquet fiscal !

6. Angela Merkel n'est pas sûre de faire passer le plan européen du 21 juillet dernier. Et le sommet de ce mardi n'y changera rien. Sa coalition gouvernementale menace d'éclater. Ce mouvement d'humeur de lundi s'explique par la situation politique allemande.

7. Si la rencontre du couple franco-allemand ne sert finalement pas à grand chose, la BCE se bouge. Son président Jean-Claude Trichet, espérait la nomination d'un ministre des finances européen. Il n'a pas eu gain de cause. Mais en une semaine, la Banque centrale européenne (BCE) a racheté pour 22 milliards d'euros de dette souveraine pour maintenir bas les taux d'emprunt italien et espagnol.




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