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Juste quatre extraits

 J'éprouve une jubilation intense quand, au gré de mes lectures diverses: livres, magazines, journaux, papiers ou en-lignes, je tombe sur des passages exprimant, avec style, clarté et arguments, l'expression de ce que je pense profondément sans avoir forcément les ressources pour le formuler clairement.
J'ai eu cette sensation avec cet article de MediaPart, que je vous recommande tout particulièrement: "Tout prend désormais la forme d'une entreprise et la couleur d'une marchandise". En voici quelques extraits:

- "Comme le dit Wendy Brown dans les Habits neufs de la politique mondiale, le néolibéralisme est un projet qui vise à construire dans l'ensemble de la société, et dans chacun de ses secteurs particuliers, des situations de marché qui obligent les individus à se conduire de la meilleure façon souhaitable, c'est-à-dire comme des hommes économiques maximisateurs et calculateurs (la théorie économique néoclassique considère que chacun peut connaître l'ensemble des solutions possibles et choisir celle qui lui procure la plus grande satisfaction), et, plus encore, comme des entrepreneurs. Les relations sociales, les institutions, les subjectivités doivent se plier à cette nouvelle norme politiquement construite".

- "Les politiques néolibérales ne visent pas seulement la transformation des rapports sociaux, mais aussi à modeler la subjectivité de chacun. Pour illustrer cela, on pourrait citer la formule de Thatcher, qui disait qu'il fallait «transformer l'âme et le cœur». Il s'agit donc de former des hommes et des femmes qui fonctionnent de façon nouvelle, qui deviennent et qui se pensent comme des «capitaux humains». Au fond, la plus grande nouveauté du néolibéralisme est d'avoir imposé la forme entrepreneuriale à la subjectivité".

- "La rationalité néolibérale passe par la transformation de la société avec pour fin ultime la transformation du sujet. Pour transformer la société en un vaste ensemble d'entreprises, il faut que l'État lui-même devienne une entreprise: a corporate state. C'est un État qui change de fonction et de forme: il est désormais en association avec les grands oligopoles mondiaux, sa responsabilité est de transformer les populations en ressource utile pour la compétition mondiale. Pour ce faire, il doit importer en son propre sein, à la place du vieux droit administratif et des normes publiques, à la place des vieilles éthiques professionnelles, des cultures de métier, bref tout ce qui constituait ce système de valeur propre à la sphère publique, les normes et les principes du secteur privé".

- "Il n'y a que les convertis ou les lâches qui prétendent qu'il n'y a qu'à s'adapter au nom de ce qu'ils appellent le «réalisme». Ce sont ces «réalistes» qui contribuent à détruire la politique en vidant la démocratie de toute substance. On voit aujourd'hui où nous a menés ce «réalisme»: à la soumission et à la démission des États. Mais comme vous le constatez aussi, la population n'a pas dit son dernier mot.
La revendication de «démocratie réelle» des indignés de tous pays est immédiatement dirigée contre la raison néolibérale qui dépossède les gens de tout pouvoir sur leur destin. L'affrontement entre la logique néolibérale et la logique démocratique a passé désormais un nouveau seuil".
  • "Google/Motorola : la preuve que le système des brevets est en panne", Libération.

  • "L'heure des choix radicaux", Blog de P. Jorion"En se finançant à bon compte auprès du système financier, les États en deviennent les garants illimités en dernier ressort au détriment des contribuables et des épargnants. La dette est devenue le masque d’une prospérité détruite dans la réalité économique". ****

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