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224ème semaine de Sarkofrance: le retour raté de SuperSarko

Il fallait oublier, et faire oublier, la grosse bourde de la semaine précédente, quand notre Monarque s'était précipité à Paris pour deux heures d'une réunion ministérielle sans annonce qui alimenta toutes les rumeurs et un nouveau mini-krach boursier.

Mardi était donc prévue une grande réunion franco-allemande, un mini-sommet de crise pour calmer les marchés en avançant d'un grand pas dans la gouvernance économique européenne. On allait voir ce qu'on allait voir. Certains journalistes, dès le weekend, lâchaient quelques articles frôlant l'enthousiasme des survivants. Angela Merkel venait à Paris et Nicolas Sarkozy également. Après tout, le Cap Nègre n'était pas un lieu de travail.

Lundi, la douche était froide, et allemande. 
Un porte-parole de la chancelière jeta un sacré froid dans l'assistance. Il ne fallait pas attendre grand chose de cette réunion, qui, de surcroît, était prévue de longue date, depuis le 21 juillet dernier précisément. Ce fonctionnaire en rajoutait un peu, car Sarkozy n'avait pas prévu de rentrer si tôt de vacances. Mais on était prévenu, il ne fallait pas attendre de grandes décisions. Et certainement rien sur les euro-bonds, ces obligations européennes qui pourraient prendre le relais des dettes souveraines défaillantes si un véritable gouvernement économique de la zone était enfin mis en place.

Avant le fameux mini-sommet, quelques parlementaires UMP ont osé s'attaquer à quelques tabous sarkozyen. Le sénateur UMP Philippe Marini a suggéré de revenir sur la réduction de TVA pour la restauration. Gilles Carrez, son collègue de l'Assemblée nationale, rapporteur général du budget, a souhaité une « une contribution exceptionnelle » des très riches.


Mardi, Sarkozy et Merkel discutèrent deux heures avant de se montrer, 48 minutes durant, devant des journalistes impatients.
Sans surprise, ils n'annoncèrent pas grand chose. Angela Merkel reste, comme son gouvernement, isolationniste et jalouse de sa croissance et de ses bonds comptes (malgré un ralentissement assez sérieux de la croissance du PIB au dernier trimestre). La ratification des mesures européennes du 21 juillet par les parlementaires allemands n'est pas acquis. De son côté, Nicolas Sarkozy n'a pas envie de passer sous tutelle européenne, ce qu'un véritable gouvernement économique européen n'hésiterait pas à faire compte tenu de l'état déplorable des finances publiques françaises. Il fallait donc faire croire à l'intégration mais sans plus !

Les deux compères de ce mardi d'infortune proposèrent donc la tenue d'un conseil européen spécifiquement dédié aux affaires économiques deux fois par an (ce que Sarkozy qualifia de « véritable gouvernement économique de la zone euro »), l'adoption par chacun des 17 membres de la zone euro d'une règle d'équilibre budgétaire dans leur constitution respective, une taxe sur les transactions financières (déjà votée par le Parlement en mars dernier !), et, quelques mesures franco-allemandes pour « donner l'exemple » (comme l'harmonisation des impôts sur les sociétés en 2013). Que la fameuse « règle d'or » fut brandie comme l'unique mesure de gestion financière était un piège assez minable de la part du candidat Sarkozy.

La ficelle était grosse. Angela Merkel n'avait sans doute pas lu combien la loi sur la règle d'or que Sarkozy a fait voter par l'UMP en juillet dernier était sans délai ni contrainte. Mais Sarkozy avait doublement besoin de ce soutien allemand. D'une part, la France a de grandes chances de perdre sa note Triple A d'ici l'élection présidentielle. D'autre part, Sarkozy a besoin de symboles et de postures. Jouer au vertueux en fait partie. Quand un journaliste lui demanda s'il pensait à des sanctions contre les Etats récalcitrant à appliquer cette règle d'or, il laissa Merkel répondre. Laquelle déclara qu'il faudrait leur suspendre le versement des aides européennes le cas échéant.

Mercredi, Nicolas Sarkozy était reparti au Cap Nègre.
Une journée de travail par semaine en pleine crise internationale, c'était bien suffisant. Le Monarque n'était pas là pour commenter le lancement de l'enquête contre son ancienne ministre de l'économie, Christine Lagarde, par la Cour de Justice de la République. Le site Mediapart a d'ailleurs publié le contenu des réquisitions de la commission des requêtes qui, le 4 août dernier, avait recommandé qu'une instruction pour « complicité de détournement de fonds publics et de faux» soit ouverte. Cette commission suspectait à l'époque l'ancienne ministre d'être « impliquée personnellement et de façon litigieuse dans un dossier qui n'avait pour but que de renflouer par tous les moyens Bernard Tapie, cela malgré un risque judiciaire très faible pour l'Etat, et en dépit de l'opposition de plusieurs hauts fonctionnaires ».

Sarkozy, ni personne d'autre à l'Elysée, n'avait non plus envie de commenter les dernières révélations de l'affaire Takieddine, du nom de cet intermédiaire formidablement enrichi par les ventes d'armes signées par l'équipe Balladur/Sarkozy en 1995. Mediapart avait révélé combien Ziad Takieddine était proche, invitations luxueuses à l'appui, des différents proches du clan Sarkozy. Cette semaine, le site a rajouté une belle information qui concerne directement la mandature actuelle: en 2009, l'intermédiaire a été rémunéré plus de 9 millions de dollar par le pétrolier Total, en échange de son lobbying pour obtenir un contrat gazier dans le bassin de Ghadamès avec le régime libyen, le tout avec l'aimable « coup de pouce » de Claude Guéant.

Ces dernières heures, le colonel Kadhafi négocierait son départ en Tunisie. Avec le soutien de Ziad Takieddine ?

Jeudi, les bourses ont la gueule de bois.
La veille, les annonces du couple Merkel/Sarkozy avaient été « fraîchement » accueillies. Morgan Stanley révise les prévisions de croissance de la zone euro à la baisse pour l'an prochain. France et Allemagne stagnent déjà. La récession n'est pas loin. Sarkozy et Merkel, comme leurs autres collègues européens, n'ont que le mot austérité à la bouche, ce qui n'arrange rien. Même Christine Lagarde, au FMI, s'en inquiète.

De l'austérité à la récession, il n'y a qu'un pas aisément franchi. Pire, l'annonce d'une nième taxe sur les transactions financières, distraction pour les uns, danger pour les autres, achève des traders surexcités Jeudi donc, les marchés s'effondrent à nouveau. Paris perd 5%, comme la quasi-totalité des autres places financières. A New-York, la FED s'interroge sur l'impact de la crise de la dette européenne sur les filiales américaines des banques européennes. Bref, Sarkozy et Merkel ont fait flipper les marchés, encore une une fois.

Quelques grands patrons, et pas des moindres, demandent une augmentation des impôts sur les plus fortunés, une option refusée jusqu'à maintenant par Nicolas Sarkozy. L'initiative est venue d'une tribune de Maurice Levy, le patron de Publicis, « pour en finir avec le déficit public ». Michel Pébereau, son collègue de BNP-Paribas, l'a publiquement soutenu. Aux Etats-Unis, le milliardaire Warren Buffet a suggéré à Barack Obama de faire de même. Son propre taux d'imposition, a-t-il déclaré, est inférieur à celui de sa secrétaire...

Vendredi, Sarkozy intrigue toujours au Cap Nègre.
Il s'active pour sa campagne. Il réactive, par morceaux, sa bande du Fouquet's. Cette fois-ci, les réunions étaient plus discrètes, mais révélées par le Monde voici une dizaine de jours. Des « groupes secrets », comme le démentait maladroitement Alain Carignon mercredi 17 août, se réunissent depuis des semaines, en parallèle de la démarche très officielle de Bruno Le Maire qui prépare le programme du candidat pour 2012 au sein de l'UMP.

Vendredi, on apprenait également la nomination, probable, d'un proche de Sarkozy à la préfecture de Marseille. Les affaires, et les nominations, continuent.

L'euro continue de baisser. Passera-t-il l'été ? La France, elle, a au moins 8 raisons de perdre son Triple A d'ici l'an prochain, explique un savant blogueur. La Bourse perd encore 2%. Elle est « déprimée », commentent les Echos. Mieux vaut acheter de l'or.

Samedi, François Fillon met en demeure les socialistes
Il leur demande, dans une tribune évidemment publique, et évidemment dans le Figaro, de faire preuve de sens de l’intérêt national, et de voter la règle d'or de son patron. Le « Premier Collaborateur » du Monarque responsable des quelque 400 milliards d'euros d'endettement public supplémentaire depuis 2007 répète les « éléments de langage » élyséens avec une fidélité très honorable et toute servile. En septembre 2007, il déclarait pourtant que les « caisses étaient vides ». Que doit-il penser aujourd'hui, 400 milliards d'euros plus tard ?

La règle d'or implique-t-elle d'augmenter les impôts de la bande du Fouquet's ?



Ami sarkozyste, où es-tu ?



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