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La véritable affaire Sarkozy, c'est ça.

« Rappel à ceux qui voteront Sarkozy en 2012 : dans l'enveloppe, on met un bulletin de vote, pas du liquide ». Le conseil était sur Twitter, ce dernier mercredi d'août. 

Mercredi matin, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, annonçait qu'il voulait faire revenir la morale à l'école. Coïncidence fâcheuse, le même jour, le quotidien Libération publiait les bonnes feuilles d'un livre rédigé par deux journalistes d'investigation, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, au titre évocateur: « Sarko m'a tuer ». Et l'on croyait apprendre que le candidat Sarkozy, en 2007, était allé chercher ses enveloppes de billets chez la milliardaire Liliane Bettencourt.

En couverture du quotidien, une révélation, une seule et grave: une juge accuse le président. Isabelle Prévost-Desprez, magistrate en charge de l'un des volets de l'affaire Woerth/Bettencourt entre juillet et septembre 2010 et depuis dessaisie au profit de deux juges à Bordeaux, témoigne dans l'ouvrage que « l'infirmière de Liliane Bettencourt a confié à [ sa ] greffière, après son audition par [ elle ]: "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal ».

La rapidité avec laquelle la présidence de la République a réagi, directement ou indirectement, n'a pas surpris. C'était comme un hommage involontaire.

Le système Sarkozy était à l'oeuvre.

La juge accuse, Sarkozy récuse
En Sarkofrance, ce fut l'émoi. L'Elysée a bien sûr démenti. Et tout de suite. Cette réaction immédiate de la Présidence de la République a troublé, preuve que l'inquiétude qui a saisi le candidat Sarkozy. Habituellement, Sarkozy s'abstenait plutôt de réagir directement aussi vite. Officiellement, le Monarque méprise. Pas un mot de commentaires, le matin même, lors du Conseil des ministres. Mercredi, il livrait ses traditionnelles consignes aux ambassadeurs. « L'évènement » fut complètement occulté par cette relance de l'affaire Sarkozy/Bettencourt.

La riposte fut ensuite, et tout aussi rapidement, collective et coordonnée: Pécresse (à la presse), Raffarin (sur son blog), Fillon (en déplacement), Copé (à l'UMP), tous ont décliné le même argumentaire: (1) cette révélation sera « curieuse », « bizarre », « politicienne », (2) la juge serait sortie de son rôle (Copé évoqua même la séparation des pouvoirs !), « au mépris de toute règle déontologique » (Fillon), et (3) c'est une « allégation calomnieuse », une « rumeur ». Comme souvent, on y voyait la trace d'un pilotage élyséen manifeste. Les éléments de langage avaient été préparés à l'Elysée la veille.

La manipulation
Cette polémique est pourtant l'arbre qui cache une forêt. Le vrai sujet posé par les quelques 400 pages de l'ouvrage est tout autre, comme l'ont expliqué ses deux auteurs depuis mercredi matin: Nicolas Sarkozy a mis en place un système de protection personnelle hors normes, une machine à évincer les gêneurs, par menaces occultes ou humiliations publiques. Le cas de la juge Prévost-Deprez est exemplaire, mais pas isolé. La couverture de Libé claquait comme un joli scoop. Elle masquait une réalité plus ample.

Dans cette affaire Bettencourt, l'infirmière citée par la juge dans l'ouvrage est très rapidement revenue sur les propos qui lui sont prêtés. Dès mercredi, à 18h06, Marianne2 annonçait une nouvelle confession explosive: « Lorsque j’ai été auditionnée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, assure-t-elle, je ne lui ai pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre. Je n’en ai parlé ni à la juge, ni à sa greffière ». Ce « contre-scoop » fit le bonheur, provisoire, du Figaro:
«Avant que l'audition formelle ne commence, elle m'a dit que nous n'étions pas là pour aborder ce sujet (la question de remises d'enveloppes, ndlr). Mais, de mémoire, pendant quelques instants, nous avons échangé ensemble sur d'autres témoins qui auraient évoqué de tels faits. Mais moi, je ne lui ai rien dit», se rappelle-t-elle, dans son entretien à Marianne à paraître intégralement samedi. Pressée de dire si elle démentait les propos de la magistrate, Henriette Youpatchou affirme qu'elle n'a «rien à cacher». «Je suis une femme honnête, mais je ne veux pas que mes propos se retournent contre moi. Cette affaire m'a déjà causé assez d'ennuis comme ça!».
Le démenti d'une phrase, dans un livre de 400 pages, permettait de s'exonérer de tout autre commentaire.  L'an dernier, un autre témoin, tout aussi crucial, avait déjà accusé Nicolas Sarkozy d'avoir reçu quelques enveloppes de billets pour sa campagne en 2007. Ce témoin, Claire Thibout, était la fidèle comptable de Liliane Bettecourt. L'an dernier, cette dernière confiait: « Les policiers voulaient me faire dire que Mediapart était un journal de voyous ».

Mais, ajoutait-elle, « J’ai reçu des menaces de mort. On m’a fait savoir qu’à cause de mon témoignage dans l’affaire Banier-Bettencourt (NDLR, le 24 janvier 2008), on allait retrouver mon corps dans la Seine ».

Le système Sarkozy
Une menace de mort ? Vous avez bien lu. D'où cette menace venait-elle ? On est impatient de lire la suite. La révélation de la juge est un joli coup. La publication impliquerait une saisie de la justice. L'obstruction serait compliquée car visible. On imagine mal le fantasque Banier convoquer quelques barbouzes pour faire peur à l'une de ses accusatrices. Mais l'important est, malheureusement, ailleurs.

Dans leur ouvrage, les journalistes Davet et Lhomme ont recueilli 27 témoignages de personnes victimes d'un système, de l'écrasement politique, professionnel et/ou médiatique des gêneurs par un homme et/ou son clan. Nicolas Sarkozy a industrialisé la manipulation et la pression. 27 témoignages ? Pourquoi cet aspect-là d'un livre de 400 pages fut-il donc occulté ? Il fallait, vite, jeter l'opprobre sur une micro-révélation. Il y a quelques mois, une autre journaliste, Dorothée Moisan, s'était essayée à dévoiler comment Nicolas Sarkozy, dans un livre intitulé Le Justicier, enquête sur un président au-dessus des lois », avait travaillé à déstabiliser l'institution judiciaire.

Cette fois-ci, l'un des auteurs, Gérard Davet, a reconnu comment il avait été intoxiqué lors de l'affaire Dray. L'Elysée - à l'époque Claude Guéant - livrait quelques confidences croustillantes et En juillet 2010, le journaliste a été espionné par les services secrets de la République, via les fadettes de son compte téléphonique mobile pour découvrir qui au coeur de l'appareil d'Etat pouvait bien lui parler. « Depuis 2002 et son arrivée à l'Intérieur, il est constamment à la manoeuvre » a-t-il expliqué à l'Express.

Son collègue, Fabrice Lhomme, ancien de Mediapart et désormais au Monde, complète, mercredi, toujours à l'Express: « Le système Sarkozy est très sensible aux rapports de forces: on écrase directement le faible, on procède de manière plus fine, voire perverse, avec le fort ». Connaissez-vous beaucoup de démocraties où de telles déclarations resteraient sans réaction ? 


Car le « système » Sarkozy est bien plus complexe que cette simple menace, avérée ou contestée, sur une malheureuse infirmière. Certaines affaires nous sont connus. En moins de 5 ans, que n'avons-nous appris ? On a, sur le tard, dénoncé les présidences Mitterrand et Chirac. Mais de quoi parlait-on ? Pour le premier, d'écoutes téléphoniques - injustifiables - pour protéger le secret d'une fille adultérine; d'un excès de zèle de barbouzes dans l'affaire Rainbow Warrior ou des Irlandais de Vincennes. Sarkozy a fait pareil, en mobilisant les services secrets, au printemps 2010, pour identifier la source des rumeurs d'adultère à l'Elysée, ou en virant un préfet jugé incapable de maîtriser quelques trublions qui dérangeaient une visite de campagne du Monarque. Le second, Jacques Chirac, est accusé de valises de billets et d'emplois fictifs pour financer ses campagnes ou ses frais de bouches à l'Elysée. Sarkozy, lui, a fait dépenser quelques centaines de millions d'euros pour se doter un nouvel avion. Pourrait-on, d'ailleurs, parler de ses invitations à Louxor chez Moubarak, avec Carla

Concernant Nicolas Sarkozy, savez-vous de quoi parlons-nous ? 


L'affaire Bettencourt est presque une broutille. Une indulgence fiscale, déjà, pour l'employeur de l'épouse du ministre du budget et trésorier du parti présidentiel. Un homme que l'on prédestinait à devenir premier ministre, le « Juppé » de Sarkozy.

L'affaire Dray fut une jolie manipulation. Les fuites venaient donc de l'Elysée. Directement. Gérard Davet, victime, s'agace.


Nous pourrions rappeler l'affaire Takieddine, révélée depuis peu, et en plein été, enfin relayée à l'étranger : quelques centaines de millions d'euros pour un intermédiaire qui, ensuite, s'expatria fiscalement avec l'indulgence de Jean-François Copé ministre du budget. Des négociations clandestines avec le régime Kadhafi (en 2009!) pour vendre de l'armement et négocier un autre contrat « curieux ».


Ou évoquer l'affaire Karachi, un autre scandale, d'abord balayé d'un revers de formule, un jour de juin 2009, par notre Monarque, une « prétendue » fable si stupide que la loi sur le secret défense permit de bloquer l'enquête des deux juges, Marc Trévidic (sur l'attentat de mai 2002 à Karachi) et Renaud van Ruymbeke, sur le volet financier de l'affaire.

Ou encore l'affaire Wildenstein, du nom de Guy Wildenstein, ami proche de Nicolas Sarkozy, fondateur de l'UMP, accusé par sa belle-mère d'avoir caché dans des paradis offshore quelques 4 milliards d'euros d'héritage. Les ministres Woerth puis Baroin n'ont pas répondu aux demandes d'enquête de la belle-mère Wildenstein décédée il y a peu.

Nous pourrions évoquer l'affaire Lagarde/Tapie, mal nommée. Un ancien homme d'affaires, mal en point en justice contre le Crédit Lyonnais, fut soudainement réhabilité, blanchi et financièrement très gagnant grâce à l'intervention de Christine Lagarde, ministre des finances qui soudain, en 2007, décida de préférer l'arbitrage avec trois juges choisis qui, un an plus tard, accordèrent 400 millions d'euros bruts à Bernard Tapie, sans que la ministre Lagarde ne pense légitime de faire appel de cette décision historique.

Savez-vous ce quelles sont les relations de Nicolas Sarkozy avec l'émirat du Qatar ? Difficile de savoir. 

Que dire aussi de la valse des préfets, pour convenance ou désagrément personnels ? Gérard Davet, mercredi 1 août, évoque cette anecdote mal couverte: « Un meeting en Corse se passe mal en 2003 - en grande partie de la faute de Sarkozy et de son cabinet, d'ailleurs - et on limoge le préfet. En outre, pourquoi le cabinet du ministre se sent-il obligé de faire circuler des photos ridicules du fonctionnaire ? »


Cette liste est loin d'être exhaustive. D'autres compléments d'information ou des rappels viendront plus tard.

Evidemment, cher ami sarkozyste.


Post-Scriptum: l'auteur de ce blog ne travaille pas au Monde, ne connaît pas Gérard Davet ni Fabrice Lhomme.
"Un bienfait n'est jamais perdu", "faute avouée est à moitié pardonnée", "Pierre qui roule n'amasse pas mousse", ... 

J'ai pu bénéficier de ces "leçons de morale" à l'école primaire, Luc Chatel annonce leur retour imminent (NouvelObs) ce dont Marcel Pagnol, dans Topaze, se moquait gentiment. 

Cela se déroulait  (de mémoire) tous les matins, durant 10 à 15 mn et je n'ai pas souvenir que cela ait rendu meilleurs, ni d'ailleurs plus mauvais, la bande de garnements que nos étions et qui en riions le plus souvent.
Notre ministre en profite pour réhabiliter l'instruction civique, qualifiant de "grave erreur" sa suppression en 1968 et décrète son retour au baccalauréat (dans les programmes duquel elle n'a jamais figuré)...

Sans relancer le débat sur l'efficacité des "cours de morale", chacun vous dira que la morale ne s'enseigne pas par des paroles sanctionnées à l'examen, mais se transmet par l'exemple des comportements, notamment ceux des adultes, et la manière dont les règles du système sont mises en oeuvre. Il est vrai que, dans ce cadre, les mensonges, le népotisme et l'esprit de clan présidentiels constituent des contre-exemples, de même que les relations de l'Ump avec Mme Bettencourt.

L'article du NouvelObs se conclut par le rappel des "Après 50.000 suppressions entre 2007 et 2010, 16.000 sont prévues en cette rentrée, avant 14.000 en 2012, soit au total 80.000. Syndicats, parents d'élève et élus locaux de toute tendance politique contestent fortement ces mesures".
On comprend donc que M. Chatel préfère replanter des marronniers que répondre aux besoins réels des élèves.
  •  Le blog du Collectif "O.I.N. Plaine du Var: Pour un débat citoyen". *****

  • "Secret des sources du "Monde" : l'enquête du procureur Courroye invalidée", Le Monde.

  • "Les pauvres sortiront la France de la crise", Le Monde.

  • "2012 : le statut des enseignants au cœur du débat". Le Monde. C'est vrai que ces fonctions doivent évoluer, mais si Sarkozy repasse, je crains le pire... 

  • "Les témoins avaient peur de parler sur PV de Sarkozy", L'Express. 

Sarkozy: l'heure du bilan de la précarité a-t-elle sonné ?

Il s'abritera derrière les effets de la crise, qui l'aurait empêché de ramener le pays vers le plein emploi. Il se félicitera quand même d'avoir su protéger les Français pendant cette période tourmentée. Bref, Nicolas Sarkozy nous mentira.

La précarité, sous son quinquennat, a fortement progressé, et ses efforts pour contrer cette dégradation de la situation du plus grand nombre ont été incroyablement modestes eu égard à la gravité de la situation.

Les belles promesses...
En 2007, pendant sa première campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy promettait de « vraiment réduire la pauvreté, l’exclusion et la précarité » grâce au retour du « plein emploi ». Il ajoutait, dans son catalogue de promesses (retirés du Web par l'UMP l'an dernier): « Comme souvent en France, en matière de chômage ou en matière de minima sociaux, on indemnise chichement, mais longtemps. Alors qu’il faudrait indemniser fortement, mais brièvement pour que chacun soit incité à reprendre rapidement un emploi. »

Autre promesse, liée à la précédente, la réduction d'un tiers en cinq ans le nombre de personnes en situation de pauvreté. L'horizon des cinq ans sera franchi sous peu, dans quelques mois. Et le bilan est détestable.

1. Radier plus vite
En mars 2008, le Président des Riches présentait le dispositif de l'offre raisonnable d'emploi, une mesure promulguée en août 2008 et qui entra en vigueur 6 mois plus tard, en octobre, au plus fort de la crise. Après deux refus d'offre d'emploi dit « raisonnable », le chômeur perdait pendant deux mois son indemnisation. En 2007, le candidat avait aussi promis que « que l’allocation chômage ne puisse pas être inférieure au salaire minimum, mais que nul ne puisse refuser plus de trois offres d’emploi correspondant à ses compétences ».

2. Radier plus fort
Quatre ans plus tard, la seule promesse tenue fut la radiation temporaire des demandeurs d'emplois en cas de refus d'offre. Et encore, le gouvernement avait quand même durci le dispositif par rapport à la proposition initiale du candidat (qui ne parlait que de trois offres « refusables », et non deux comme finalement retenu par son équipe). A l'automne 2007, on s'inquiétait déjà.

Début juillet, le site Actuchômage avait révélé que Pôle Emploi avait dans ses projets de faciliter la radiation par courrier électronique. L'organisme incitait quelque 1,5 million d'allocataires de recourir exclusivement aux services proposés dans l'« espace personnel » de pole-emploi.fr afin de «contribuer au développement durable en limitant les envois de courriers papier». Chaque mois, entre 200 et 300.000 inscrits sont radiés des statistiques de pôle emploi pour « défaut d'actualisation» ou « radiations administratives» (227.000 en juillet dernier). Un chargé de communication de Pôle Emploi a expliqué à Rue89 que « les demandeurs (...) peuvent revenir sur cette décision d'un simple coup de fil » et « par courrier, non seulement ça prend plus de temps, mais en plus, on entend très souvent les demandeurs nous expliquer qu'ils n'ont pas reçu le pli. »

3. Indemniser au minimum
Côté indemnité minimum, on est bien loin du SMIC (qui par ailleurs n'a pas été augmenté l'été dernier): le montant minimum de l'Allocation d'aide au retour à l'Emploi est de à 27,66 € (juillet 2011), voire de 19,82 € par jour pour les demandeurs d'emploi qui suivent une formation.

4. Surcharger pôle emploi
Fin 2008, le gouvernement précipitait la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC, décidée en février, sans prévoir de renforts supplémentaires. En un semestre, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi progressait pourtant de plus de 500.000 personnes. Un rapport sénatorial de juillet dernier a déjà dénoncé la faiblesse des moyens accordés à l'organisme à sa création: « pendant les deux années qui ont suivi sa création, Pôle emploi a dû faire face à une augmentation d'environ 730 000 du nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie  A, B et C soit une augmentation de plus de 20 % par rapport au nombre de demandeurs d'emploi recensés en janvier 2009. Les effectifs de Pôle emploi ont augmenté en 2009 mais de manière modeste au regard de la hausse du nombre de demandeurs d'emploi. A partir de l'été, 1 840 agents supplémentaires ont été recrutés, 1 000 en CDI et 840 en CDD. »

5. L'unique initiative de Sarkozy
Cessons de réécrire l'histoire. Au plus fort de la crise, la seule mesure protectrice dont Nicolas Sarkozy a eu l'initiative vis-à-vis des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires fut de reporter d'un an la suppression de la dispense de recherche d'emploi des seniors de plus de 58 ans, une mesure qu'il avait lui-même décidée pour janvier 2009. Quel effort !

6. Libéralisme contrarié
La crise avait bloqué la tentative de « réforme », c'est-à-dire de casse sociale, promise par le candidat Sarkozy. La rupture tant attendue par quelques libéraux n'a pu avoir lieu.

Il fallu attendre le printemps 2009, et d'immenses manifestations, pour Sarkozy lâche quelques abandons d'impôts et deux primes ponctuelles et symboliques (l'une de 150 euros au titre de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) et l'autre de 200 euros, dite « prime de solidarité active », au titre du revenu minimum d’insertion (RMI), de l’allocation parent isolé (API) ou d’une aide au logement).

Figé par la crise, Sarkozy n'a pu que s'accrocher à préserver les plus fortunés des efforts les plus rudes.

Malgré tout, l'Elysée maintient sa défense. Sarkozy aurait « protéger ceux qui sont les plus fragilisés par la crise » et permis de « bâtir une France plus juste ». L'INSEE explique sobrement que « des mesures ponctuelles et la montée en charge progressive du revenu de solidarité active ont permis de limiter les effets de la crise ».

Et le bilan ? Funeste !
Un an de crise plus tard, les effets de la crise et de l'inaction gouvernementale se faisaient sentir. L'INSEE vient de publier sa dernière évaluation des « Niveaux de vie », qui porte effectivement sur l'année 2009. Les résultats sont, sans surprise, mauvais.

1. La pauvreté s'est aggravée
En 2009, elle a battu tous les records depuis 2006: le nombre de personnes pauvres en France a bondi de 337.000 en un an, pour atteindre 8,173 millions en 2009, contre 7,836 millions l'année précédente (et 8,0 millions en 2007). Leur proportion est également en hausse: 13,4% de la population en 2007; 13,0% en 2008; 13,5% en 2009

Le seuil de pauvreté est défini, pour 2009, à moins 954 euros par mois. Rappelons que le RSA est plafonné à 455 euros par mois pour une personne seule.

2. Le niveau de vie médian a quasiment stagné en 2009: à 19 080 euros annuels, il a cru de +0,4% par rapport à 2008, après une hausse de 1,4% l'année précédente.


3. Davantage d'actifs (chômeurs inclus) sont devenus pauvres. Triste constat pour le chantre du Travailler plus pour gagner plus !  10,1% des actifs de plus de 18 ans, soit 2,8 millions de personnes, contre 9,5% en 2007. En particulier, les travailleurs pauvres non-salariés ont davantage été touchés par la hausse de la pauvreté : « leur taux de pauvreté passe de 15,3 % à 16,9 % entre 2008 et 2009 ».

4. Davantage d'étudiants ont été précarisés. Parmi les inactifs de plus de 18 ans, la proportions d'étudiants pauvres a bondi de 18,1% à 20,3% en 2009 (soit une augmentation de 12%)

5. Le « Président protecteur » a été inefficace pour les ménages les plus modestes. Ils se sont appauvris: « le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes est inférieur à 10 410 euros annuels (D1), en baisse de 1,1 % par rapport à 2008 ». Pour ce dernier décile, les allocations chômage représentent 7,5 % de leur revenu disponible en 2009 contre 6,2 % en 2008.

6. Les inégalités se sont accrues. L'écart entre seuils de pauvreté et de richesse s'est accru. Présidence pour Riches ?

7. L'inflation reste mal mesurée. Pour preuve, alors que le prix des matières premières (et donc des biens de premières nécessité) ou de l'énergie (vitale) ont flambé, l'inflation officielle, qui sert de baromètre honteux à la non-indexation des minima sociaux ou du SMIC reste excessivement modeste. Le directeur des études de la fondation Abbé Pierre s'est encore récemment énervé, à juste titre: « Ces dernières années, les dépenses obligatoires n'arrêtent pourtant pas d'augmenter. Regardez la flambée des loyers (+ 50% en dix ans). Sans parler des factures de gaz, d'électricité, d'eau... Les dégâts sociaux sont considérables. »

Président inefficace, précarité accrue, qui dit mieux ?



Crédit illustration
Je republie un post de mon ex-blog du 16 avril 2008, car il me semble être encore d'actualité.

Les codes sociaux ne sont pas qu'un ensemble de simples signaux. Ils comportent une ambiguïté intrinsèque.

Ambiguïté car ces codes ne constituent pas un bréviaire figé. Ils varient selon les générations, les cultures, les couches sociales, les âges de la vie, l'histoire et l'état émotionnel du sujet, en tant qu'émetteur comme en réception. En outre, leur maîtrise par tous n'est pas garantie, il existe des handicapés du domaine. Ambiguïté encore car ces codes signifient aussi des hiérarchies, des relations de pouvoir ou de pair entre les locuteurs, relations qui existent ou non, qui sont souhaitées par l'un ou l'autre, ou non...

C'est à travers ces codes sociaux que se met en scène le spectacle fascinant et animé des relations inter-personnelles, au sein d'un couple, d'amis, d'un groupe, du travail...
On sait, depuis les travaux systémiques sur la communication, que les écarts entre ce qui est émis par l'un et perçu par l'autre peuvent mener à tout et son contraire. Dans certains cas, des rétroactions dites "positives" se mettent en branle et accroissent ces écarts, menant à des incompréhensions porteuses de ruptures voire de violences et pathologies, symboliques et même physiques.

Dans d'autres, la qualité de la relation est telle que ces écarts sont minimisés volontairement, d'une manière ou d'une autre par l'un ou l'autre des locuteurs, et, au sein d'une relation équilibrée, par les deux. La vie de couple est féconde de ces rattrapages permanents, au fur et à mesure que la relation évolue et que les projets individuels divergent du projet initial. Et ceci, sans aller jusqu'aux 6 à 200 mensonges quotidiens dont je parlais dans un précédent billet.

Dans tous les cas, me semble-t-il, la sécurité est dans l'élucidation au plus près et au plus vite, des trous, des incompréhensions, des ambiguïtés pour éviter les dérapages. Cela ne rendra pas pour autant la société ni les relations inter-personnelles totalement transparentes, mais peut sensiblement faciliter la vie de tout un chacun. Il faudrait presque souhaiter que le Ministre Darcos réfléchisse à en faire une discipline scolaire à part entière au lieu de vouloir ramener les programmes et méthodes de l'école au début du XXième siècle.

Plus les capacités langagières et leurs subtilités sont développés, et plus les locuteurs réussissent généralement à maîtriser les incessants écarts qui se produisent dans ces relations inter-personnelles. Moins le langage est maîtrisé, et plus les risques de dérapage sont élevés.

Il se passe peut-être cela entre notre Président, élu sur le pouvoir d'achat, la protection des risques et des faibles et, après-élection, révélant sa fascination de l'argent et sa politique au service des puissants. Un écart qui, dans ce cas là, n'a rien de fortuit et pour lequel la "com" ne pourra indéfiniment cacher un écart qui s'approfondit de jour en jour.
  • "Sécurité : la Grande Arnaque", NouvelObs. Je dis ici, depuis des années, que l'insécurité est le fond de commerce de N. Sarkozy et que son intérêt est d'en parler en termes martiaux mais surtout de la maintenir.

  • "Près d'un Français sur sept vit sous le seuil de pauvreté", NouvelObs. Pendant ce temps, les très riches sont imposés sur le revenu à 20%.

  • L'extrême-droite cagotte frappe aussi en France: "Orientation sexuelle: 80 députés UMP réclament le retrait de manuels scolaires", Libération. Quand vont-ils demander d'enseigner le créationnisme au même titre que la sélection naturelle ?

  • "L'étau autour de la Grèce ne se desserre pas", Le Monde. Quand la presse va-t-elle admettre que les grecs ne pourront pas rembourser leurs dettes et que reculer l'échéance rendra les conséquences encore plus graves ?

  • Renouveau socialiste : "Hollande adoube un proche de Frêche, exclu du PS", Le Monde. Qu'en dit Moscovici ?

  • "Les mutuelles ne veulent pas être taxées", Le Monde. Taxées et surtaxées: "Depuis 2008, les taxes frappant les organismes d'assurance-maladie complémentaires (...) ont été multipliées par vingt". ****

  • "A la recherche d'un plan A", Blog de P. Jorion. "... BNP Paribas et de la compagnie d’assurance CNP. Pour aller droit au fait : ils ont maquillé leurs comptes en minorant la dévalorisation pour adopter une décote complaisante de 21 %, dictée par l’Institute of International Finance puis avalisée par les chefs d’État, qui a prétendu se substituer au marché".

  • "Le Medef l’a imaginé, Sarkozy l’a fait (10 ans de casse du code du travail)", Hémisphère gauche.

  • "Commotion, le projet d'un Internet hors de tout contrôle", Le Monde. *****

  • Cela mériterait un IGNobel s'il y avait une catégorie "Politique": "Pour Frédéric Lefebvre, la forte natalité en France est l'une des causes du niveau du chômage", Libération.

" Hommage aux grands clubs"

Président crédible ? Sarkozy ivre, au G8

Avant de nous faire croire qu'il était l'homme de la situation, le Monarque sauveur de l'euro et du monde, le Grand Organisateur de G8 et G20, Nicolas Sarkozy a été ivre pendant l'une de ses manifestations. Ivre de joie ou d'alcool, la légende ne dit pas. Mais ivre à coup sûr.

C'était il y a 4 ans, il y a une éternité. Nicolas Sarkozy portait encore des Ray-ban, téléphonait ostensiblement la Rolex en évidence à chaque déplacement international. En juin 2007, il avait fait rire et sourire la netosphère toute entière avec une vidéo qu'on se regarde encore avec amusement. Le reportage émanait déjà d'une télévision belge, car la télévision française se censurait déjà.

Il sortait d'un rendez-vous avec son grand ami Vladimir Poutine. Quand il était candidat, quelques semaines avant, il donnait des leçons de moralité à la Russie dirigée par Poutine et spécialement chérie par Jacques Chirac. Depuis son élection, Sarkozy avait fait de Poutine l'un de ses nouveaux meilleurs amis. La realpolitik sarkozyenne avait déjà frappé.
Depuis, ce soutien aux autocrates et dictateurs du globe ne s'est pas démenti. Bien au contraire. Si notre Monarque s'est finalement désolidarisé de quelques salauds confirmés telle Moubarak, Ben Ali, Kadhafi ou El-Assad, c'est parce que le sang de quelques milliers d'innocents avait du couler.

Ce jour de juin 2007, Nicolas Sarkozy sortait donc d'une rencontre en quasi-tête à tête avec Vladimir Poutine, en marge de son premier G8.  Sarkozy était trop heureux de cette rencontre au milieu des puissants. Quelques jours plus tard, un journaliste de TF1 dénommé Patrick Poivre d'Arvor lui demanda pourquoi il s'était ainsi comporté comme un « petit garçon » surexcité lors de ce G8. Suprême sacrilège, PPDA fut débarqué de la présentation du journal télévisé de la première chaîne de télévision dès la saison suivante, malgré ses 8 à 10 millions de téléspectateurs quotidien (un score jamais retrouvé depuis par TF1).

Ce jour de juin 2007, Sarkozy arriva à la tribune de l'une de ses premières conférences de presse internationale en titubant et en bégayant. La vidéo fit le tour du Web. Elle fut l'un des premiers succès de ce blog. Sarkozy semblait complètement bourré, ivre, torché. La communication présidentielle expliqua ensuite qu'il n'était qu'essoufflé. Vraiment ?

«Mesdames, Messieurs, je vous demande de bien vouloire excuser mon retard qu'est...hum hum... (il toussote, se touche le nez, sourit) à la longueur du dialogue que je viens d'avoir avec Monsieur Poutine (la tête balance, il cherche un point d'appui pour son regard)... Qu'est ce que vous préférez ? que j'réponde à vos questions ? ... alors ... (il tourne sa cesse la tête de droite à gauche; hausse les épaules)... y a t il des questions (haussement d'épaules et sourire béat)... allez y... oui oui... ben oui (il se place une oreillette qui dépasse de l'orifice assez largement)»


Sarkozy Ivre au G8 juin 2007 par gomgut9

Alors... Président crédible ?
En août, Nicolas Sarkozy a oublié un ami, Ziad Takieddine. L'homme d'affaires, a-t-on appris de Mediapart, s'est vu bloquer ses nombreux biens par la justice dans un affaire de divorce. Depuis les révélations en cascade du site d'information, ni l'Elysée ni les invités de Takieddine, de Claude Guéant à Brice Hortefeux, ne commentent surtout pas.  

Mercredi dernier, François Fillon avait oublié des niches fiscales dans ses efforts de rigueur. Quelques 53 milliards d'euros, au lieu de la maigre dizaine de milliards trouvée par le premier ministre, auraient pu être économisées si l'on écoute l'Inspection Générale des Finances.

Ce lundi, Claude Guéant avait oublié que son patron est en charge de la lutte contre la délinquance depuis bientôt 10 ans. Il installait un « nouveau nouveau » préfet à Marseille, comme si cette nomination pouvait cacher un échec de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy oublie ses amis
Début août, l'homme d'affaires a vu ses avoirs provisoirement gelés par la justice française. L'information a été sortie par Mediapart, lundi 29 août. Il s'agit d'une conséquence d'une procédure de divorce. Le juge Renaud van Ruymbeke a convoqué l'épouse de M. Takieddine pour en savoir davantage. Il enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi (c'est-à-dire le soupçon de rétro-commissions versées en marge de la vente des sous-marins français au Pakistan par le gouvernement Balladur en 1994/1995) mais aussi sur un autre contrat conclu par Ziad Takieddine avec la Sofresa pour des frégates vendues à l'Arabie saoudite (Sawari 2).

En juillet, Mediapart a révélé combien l'homme d'affaires était proche de Jean-François Copé, Claude Guéant, et Brice Hortefeux. Takieddine a expliqué cet été combien Sarkozy était un ami.

Mediapart explique que l'épouse de Ziad Takieddine, Mme Johnson, a établi « un organigramme résumant les biens mobiliers et immobiliers » de son mari, et qu'elle « évalue le patrimoine du couple à près de 104.036.000 euros ». Elle a fait bloquer ces biens par une ordonnance du juge des affaires familiales qui « interdit à M. Ziad Takieddine de procéder à un quelconque acte de disposition sur l'ensemble des biens communs ». « Ses propriétés situées en France étant estimées à 40 millions d'euros. Son épouse lui réclame 25 millions d‘euros, dans le cadre du divorce ».

Le site rappelle aussi que « les sociétés off-shore de Ziad Takieddine ont effectivement reçu, entre 1997 et 1998, leur part de commission du marché Sawari 2, soit près de 91 millions d'euros ».

Fillon oublie des niches
François Baroin et Valérie Pécresse avaient évidemment reçu, la semaine dernière, la liste des niches fiscales les plus inutiles, établie par l'Inspection Générale des Finances. Le Figaro en avait publié quelques extraits dès samedi. Pourquoi le plan annoncé mercredi dernier par François Fillon ne s'en donc est à peine inspiré ? « Le gouvernement n'est pas lié par ses conclusions », a justifié Baroin dimanche. Le fameux rapport a été enfin publié lundi matin, cinq jours après la conférence de presse du premier ministre.

L'IGF a étudié 538 niches, d'un coût total de 104 milliards d'euros par an. Et en a conclu qu'une moitié sont «peu efficientes», dont 19% (soit 12 milliards d'euros) vraiment inefficaces.

Certaines donnent le tournis: les aides aux services à la personnes (6 milliards d'euros), la défiscalisation des heures supplémentaires (4,5 milliards d'euros l'abattement de 10% des pensions et retraites pour le calcul de l'impôt sur le revenu (4,3 milliards d'euros), les exonérations insulaires (400 millions d'euros pour la Corse, 4,7 milliards pour les Dom-Tom), la réduction de TVA pour les travaux de logement (5 milliards d'euros) ou la restauration (2,5 milliards d'euros, à peine évoquée par l'IGF). Valérie Pécresse a plaidé la « cohésion sociale » (pour les retraités), la solidarité avec les régions, la lutte pour l'emploi (pour les aides à la personne)

Comme le rappelle le journaliste-blogueur Thomas Bronnec, « ces niches, c’est la solution qu’ont trouvé les ministères dépensiers pour contourner l’orthodoxie du Budget » qui a fixé, en 2004 (sous Jean-François Copé) la règle « selon laquelle les dépenses de l’Etat ne doivent pas augmenter d’une année sur l’autre, hors inflation ». L'envolée du coût et du nombre de niches fiscales depuis le début des années 2000 est le symptôme d'une hypocrisie. « 14 nouvelles niches fiscales avaient été créées chaque année entre 2003 et 2008, contre seulement cinq par an entre le début des années 1980 et 2003 » rappelle Bronnec.

Guéant oublie ses fiches
A Marseille, le ministre de l'intérieur s'indigne: « Ce qui se passe à Marseille est absolument insupportable ». Claude Guéant faisait sa rentrée, lundi matin, dans la cité phocéenne, pour installer le nouveau préfet, le troisième en 18 mois. Ce dernier a été nommé mercredi dernier, c'est  Alain Gardère, son ancien directeur adjoint de cabinet. Martine Aubry, l'une des candidates socialistes, l'y attendait. Guéant avait-il oublié ses fiches ? Le bilan sarkozyen de la lutte contre l'insécurité est désastreux. A Marseille comme ailleurs, le nombre de policiers nationaux a baissé depuis 2007, alors que la population a augmenté (+40.000 personnes à Marseille). Cherchez l'erreur.

Comme le rappelait l'Express, ce lundi, « selon les dernières statistiques, publiées par la presse et confirmées par la préfecture, au premier semestre 2011, les cambriolages ont augmenté de 14% dans les Bouches-du-Rhône par rapport à la même période l'an dernier, les vols à main armée de 18%, et de 40% à Marseille ».

Avant de s'envoler pour le Sud, le ministre répéta les sales accusations de son prédécesseur Brice Hortefeux contre la « délinquance roumaine ». Le 30 août 2010, il y a un an jour pour jour, Hortefeux avait clos un été de chasse aux Roms par un curieux amalgame Rom=Roumain contre la communauté roumaine. A l'époque, les services de police avaient été bien en peine de justifier l'existence de statistiques par nationalité.

« La présence de Roumains délinquants dans notre pays est quelque chose de préoccupant. Il faut savoir que 2% de la délinquance en France sont le fait de Roumains et que presque la moitié des délinquants roumains sont des mineurs ».

Encore ?!


Elle va être animée ! En France et dans presque toute l'Europe du fait de l'austérité et des problèmes sociaux du fait de la lâcheté des gouvernants qui n'ont pas voulu, en 2008, remettre les spéculateurs au pas et qui tiennent davantage à sauver les banques (dont ils n'ont pas voulu séparer les activités spéculatives de celles de dépôt) qu'à ne pas laisser s'enfoncer les plus pauvres et qui, de baisse d'impôts en baisses d'impôts pour les plus aisés, ont mis les finances publiques dans le rouge et l'Euro au bord de l'explosion...

On sent, partout, les prémisses de mouvements de grande ampleur, que les partis dominants vont tout faire pour maintenir, non pas dans le cadre de la démocratie, mais dans celui du Spectacle, aux mains d'une oligarchie financiaro-politico-médiatique... Spectacle qui va culminer avec les jeux de rôles des Présidentielles.

Nous sommes,  même non dupes, obligés de jouer ce jeu et, en ce qui me concerne ce sera "Tout sauf Sarkozy" en espérant que le "Tout sauf Hollande" gagne au PS. Cela ne doit pas nous empêcher de le dénoncer et de faire une campagne auprès de la population sur les vraies valeurs de la gauche et de l'écologie,  sans démagogie, en expliquant, expliquant, expliquant encore ce qui se passe et ce qui se joue.

A Nice, cette campagne doit être aussi conçue pour renforcer l'implantation d'EELV dans la population en vue, déjà, de 2014. Et cela démarre en Septembre...
  • "Une rentrée scolaire avec moins d'enseignants et plus d'élèves", Le Monde. "79 536 élèves en plus pour 4 800 profs en moins. En comparaison, en 2007 il y avait 6 100 profs en moins, mais aussi 46 500 élèves en moins"...

  • "Où est la police ?", Le Monde.

  • "Le Canada pleure son indigné (et retrouve le goût du politique)", Rue 89. " Un parti très à gauche de l'échiquier politique local, le Nouveau Parti Démocratique (NPD), a devancé de très loin les libéraux de centre gauche, qui ont dominé cet espace depuis cinquante ans".

  • "Je veux que ma fille soit un hacker", Owni. 

2012: la campagne présidentielle a démarré.

Nicolas Sarkozy est revenu en France ce lundi. Il ne reprend que mercredi à 10 heures pour un conseil des ministres puis, le lendemain, une conférence sur la Libye. Exilé trois jours durant en Kanaky, il a fait semblant de ne pas se préoccuper de l'université d'été de la Rochelle.

Son faux calme cachait mal un véritablement agacement. A Paris, son ministre de l'économie défendait très mal les récents annonces de rigueur. Et le jeune Wauquiez se félicitait d'avoir céder, avec deux ans de retard, sur le 10ème mois de bourse étudiante.

Wauquiez jubile
Il a la victoire facile. Laurent Wauquiez triomphait, enfin, sur Twitter, dimanche 28 août. Le gouvernement avait, enfin, annoncé qu'il verserait bien un dixième mois de bourse aux étudiants. La promesse avait été faite par Nicolas Sarkozy... en septembre 2009. Cela faisait partie d'un fameux « plan pour la jeunesse », rapidement oublié, qui intégrait également l'extension du RSA aux moins de 25 ans. Cette dernière mesure fut une véritable tartufferie médiatique puisque, finalement, le RSA ne fut proposé qu'aux jeunes ayant au moins travaillé ... 3 ans consécutivement et à temps complet, pour 9.000 bénéficiaires au final contre 150.000 annoncés ! Sur la bourse, le Monarque aura gagné le temps qu'il pouvait. Mais cette fois-ci, il fallait y aller. La rentrée s'annonce chaude, et la campagne présidentielle a démarré.

Jeudi, le ministre de l'Enseignement Supérieur jubilait donc: « Je me suis beaucoup battu sur le sujet, avec l’appui de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Par ce signe politique fort, le gouvernement montre qu’il ne mène pas une politique d’austérité aveugle et qu’il n’est pas sourd aux réalités du terrain ». Contre qui s'est-il donc battu pour cette mesure tant de fois retardée s'il avait le soutien de Sarkozy ET de Fillon ? Le jeune Wauquiez nous raconte n'importe quoi pour vendre cet électoralisme de dernière minute. Ce sont les syndicats étudiants qui se sont beaucoup battus... contre le gouvernement.

L'an dernier, la ministre Valérie Pécresse, à l'époque en charge de l'enseignement supérieur avant de filer au Budget au printemps dernier, avait dû s'expliquer au Sénat, comme le rappelle Mediapart. Rien n'avait été prévu au budget...

Environ 21% des étudiants, soit 500.000 personnes, devraient percevoir entre 80 et 230 euros dès septembre, pour un coût total de 160 millions d'euros. 150.000 boursiers, n'auront pas droit à cette rallonge de rentrée En début de semaine, l'UNEF avait dénoncé une augmentation de 4% de la vie étudiante pour cette rentrée. Wauquiez a promis des mesures mais « il est trop tôt pour en parler ».

Baroin s'embourbe
Un autre ministre, François Baroin, est revenu défendre la cause des mesures de rigueur annoncées sans succès mercredi dernier par François Fillon: « Le plan qu’a présenté François Fillon est cohérent et adapté. Il prévoit de la solidarité de la part des hauts revenus » a-t-il confié au JDD. Devenu fidèle sarkozyste, Baroin n'était pas à un mensonge près: « Nos propositions n’impactent pas les Français les plus fragiles ». Les « plus fragiles » chez Baroin ne fument pas, et ne boivent pas de Coca.

Il refusa de considérer que les 3% de contribution supplémentaire et temporaire pour les familles gagnant plus de un million d'euros par an (500.000 euros par part), était « symbolique ». « il ne faut pas oublier que ce sont aussi souvent des grands chefs d’entreprises qui créent de l’emploi ».

Sarkozy s'agace
A la Rochelle, les socialistes terminaient dimanche leur université d'été, la dernière avant la grande campagne, et les primaires d'octobre prochain. Sarkozy en fut l'une des vedettes négatives, un épouvantail massacré à chaque discours. A Grenoble, un autre rassemblement réunissait le Front de gauche. Jean-Luc Mélenchon eut droit à son direct sur LCP dès le show socialiste terminé. Mais Sarkozy pensait à la Rochelle. A en croire quelques témoins privilégiés, le climat y fut plutôt bon. Les candidat(e)s ont tou(te)s joué du muscle mais, à l'exception d'une bouderie inaugurative de François Hollande, aucun clash ne fut à regretter. Bien au contraire, a photo finale fut réussie et n'a pas plu à l'Elysée. « On a une belle université du PS à La Rochelle. On n’est jamais déçu », a-t-il confié au Journal du Dimanche, après un jogging samedi. « Je suis très content d’être ici. C’est un très beau déplacement. » Mauvais joueur ? Il rongeait son frein. L'insistance de ses proches et de lui-même à faire savoir combien il est devenu « sobre ». Sarkozy se rassure de sondages plus agréables, le donnant qualifié pour un éventuel second tour. 35% de popularité après 5 ans de mandat ? Quelle satisfaction ! Lundi, il a demandé à Brice Hortefeux, désormais simple  conseiller officieux, d'expliquer sur Europe1 combien il était le plus grand, le meilleur, le champion.

Ce weekend, Nicolas Sarkozy terminait donc sa visite en Nouvelle Calédonie. Il a surjoué le consensus et l'amabilité. La mise en scène était rodée. Tout sourire, Sarkozy était si « décontracté » qu'il  « n'a pas hésité à appeler leurs prénoms les élus de toutes sensibilités », une attention qui « a fait merveille », s'est enthousiasmé l'envoyé spécial de l'Express. Son confrère du Monde rapporte que ce déplacement était ultra-sécurisé, au point d'avoir découragé nombre de visiteurs de venir assister aux discours présidentiels. Comme toujours, Sarkozy sillonne une France, même lointaine, de carte postale pré-castée par son clan, sans spontanéité ni contradicteurs.
« La salle de Païta, perdue dans la campagne près de Nouméa, n’était pas pleine. Et les rangées de ceux qui auraient pu assister, de l’extérieur sur grand écran au discours final de Nicolas Sarkozy, étaient vides. La faute en revient au président qui ne reçoit que sur invitation, dans les lieux sécurisés.» Arnaud Leparmentier, 28 août.
Dimanche, il était dans l'avion en partance pour la métropole. Le Monarque ne travaille pas jusqu'à mercredi 10 heures. Son agenda officiel est encore vide. Jeudi, il tiendra une conférence internationale sur la Libye, promise la semaine dernière. Le colonel Kadhafi est toujours introuvable, Tripoli toujours frappée d'insécurité, et le CNT intrigue. La moitié de ses membres ne sont pas connus. Cette conférence parisienne traitera-t-elle aussi des charniers ?

Vendredi, Sarkozy sera en province, le thème de cette visite électorale n'est pas encore officialisé.

La campagne de 2012 a bel et bien démarré. Il n'y a que Sarkozy et son clan pour ne pas oser le reconnaître.


Tremblement de terre la semaine dernière, ouragan cette semaine, les USA ne vont pas être fâchés du retour en France de mon épouse, cette semaine, pour son séjour de 15 jours là-bas pour voir notre fille pendant que je gardais Figatel.


Superbe T. Riner en Judo, un cran au dessus de tous les autres: 6 combats, tous gagnés par ipon. 2 français en finale du 100 m à Seoul, du jamais vu...
Les Australiens qui gagnent le Tri-Nation après avoir défait les blacks. Je crains cette Coupe du monde de rugby pour les français.
Trois sports que j'ai assez intensément pratiqué dans mes jeunes années.

Bref, un week-end tranquille en sportif de canapé, à peine entrecoupé d'un tour au marché de la Libé toujours agréable et plaisant, afin de refaire le plein d'un réfrigérateur vidé par les quels repas conviviaux à la maison de cette semaine.

Et l'actualité politique me direz-vous ? Laquelle ? Tant le spectacle de l'université d'été de La Rochelle était convenu, essentiellement médiatique et sans surprises.

Allez, en route pour une nouvelle semaine qui nous mène à la rentrée scolaire et à une rentrée politique qui sera animée et vraisemblablement fertile en surprises.
Retour en images sur l'Université d'été du Parti Socialiste qui s'est conclue il y a quelques heures à La Rochelle. 

Sarkozy: bons baisers de Kanaky

Quand Nicolas Sarkozy se déplace en Outre-Mer, le show est toujours mieux rodé qu'en France. On agite des drapeaux français, on le décore de quelques colliers de fleurs.

Il se promène donc en Nouvelle Calédonie. Non pas que ce territoire ne soit pas important. Mais avouez que le timing est exécrable. Toute la semaine, les communicants de l'Elysée nous ont donc expliqué combien il fallait assurer ce voyage prévu de longue date. Comme lorsqu'il pédalait sur les côtes du Lavandou en plein marasme boursier, il était « sur le pont ».

En réalité, Nicolas Sarkozy voulait profiter de cette fin d'août qu'il pensait tranquille pour visiter, enfin, le territoire qui lui donna 63% des suffrages en 2007. Au plus fort de la campagne, il sera trop tard de partir si loin. Quand il avait calé le déplacement, aux frais du contribuable, il n'avait pas prévu que le contexte international serait si chaud. Quel visionnaire !

Les messages à délivrer en Nouvelle Calédonie étaient faciles et bien utiles pour la métropole: sécurité, nation, histoire. Un trio symbolique idéal pour le candidat.

Sécurité
Début août, quatre personnes furent tuées, et un trentaine d'autres blessées (dont le haut commissaire de la République) en marge d'un conflit social agitait la compagnie Air Calédonie. Il fallait donc parler insécurité: « Rien ne justifie la mort de quatre personnes dans de pareilles circonstances. (...) Les luttes coutumières, syndicales ou politiques doivent se régler par le dialogue, l'échange, le cas échéant l'élection. Jamais par la violence, qui tombe sous le coup de la loi ». Depuis 2002, Sarkozy ne pense qu'à ça. Depuis 2008, on a découvert, enfin, que son bilan est finalement... désastreux. L'homme et ses « séides » sont parvenus à nous faire croire que le Monarque était efficace en noyant les vols de smartphones et d'autoradios avec les agressions d'hommes, femmes et enfants. En onze années de politique sarkozyenne sur le sujet, les violences aux personnes sont montées de 350.000 par an à ... 467.000. Bravo l'artiste ! Cette fois-ci, à Nouméa, Sarkozy était venu avec ses leçons et ses annonces. Il évoqua la « petite mèche ». « En Calédonie, moins qu'ailleurs, on ne peut tolérer la première violence, parce que la mèche peut être toute petite qui fait le grand incendie ». Côté promesses, il annonça un renfort de policiers dans l'archipel, son accord pour la construction d'une nouvelle prison (l'actuelle est occupée à 200%....) et la création d'un GIR, ces machins inter-régionaux qui masquent la misère des moyens.

Nation
Second thème du déplacement, la nation. La Nouvelle Calédonie s'interroge sur son indépendance. Un référendum doit être organisé entre 2014 et 2018. Sur place, Sarkozy promet déjà une relative autonomie (« Nous sommes prêts à aller très loin dans la spécificité de la Nouvelle-Calédonie ») pour se concilier les deux camps.  Un transfert de compétences a déjà été rendu possible par l'accord de 1998. Le processus est, dit-on, engagé. Hymne, devise, billets de banque et même double drapeau ont été adoptés. Sarkozy a dû marcher devant les couleurs kanaks, celles-là même que le leader indépendantiste Jean-Marie Djibaou portait haut et fort avant d'être assassiné dans la grotte d'Ouvéa, entre les deux tours de la présidentielle de 1988.

En Nouvelle Calédonie, Sarkozy pouvait donc facilement louer la République. Aux officiels Kanaks du Sénat coutumier qui le recevaient vendredi matin après sa descente d'avion, le Monarque leur déclara: « n'ayez pas peur de la République Française ». Ou encore: « Je reste convaincu, qu'y compris dans le camp des indépendantistes que je respecte, il y a un attachement, aussi, pour la France, pour l'histoire commune ; (...) il y a même de l'inquiétude à l'idée qu'on se sépare (...) mais réfléchissons, il va bien falloir faire des compromis ».

L'histoire
Troisième symbole,l'histoire. Sarkozy célébra sous sa traditionnelle grande tente qui le protégeait du soleil local, le 70ème anniversaire de la création des volontaires du bataillon du Pacifique. Nous n'en donc finirons pas avec les hommages à la seconde guerre mondiale. Sarkozy, accroché à son pupitre et son écriteau explicatif, sur la place Bir-Hakeim, pouvait rejouer au chef militaire.

Campagne oblige, Sarkozy était tout conciliant, au point d'approuver la levée du drapeau kanak aux côtés du drapeau tricolore. Il fallait faire oublier qu'il n'avait pas trouvé le temps, en 4 années et demi de mandat, de venir rendre visite. « L’avenir de la Nouvelle-Calédonie, c’est vous tous qui le définirez », même si, « vous connaissez l’importance que j’attache, à titre personnel, à la présence de la Nouvelle-Calédonie dans la République ». On se souvient aussi de la visite de son premier secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, Christian Estrosi, en octobre 2007: « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie était dans la France ». Les provocations du secrétaire furent si violentes que le haut-commissaire de la République, Michel Mathieu, avait demandé, à être relevé de ses fonctions. Estrosi avait demandé l'évacuation militaire d'un barbecue kanak trop « bruyant ». 18 mois plus tard, six membres du principal syndicat de Kanaky, l’USTKE, étaient condamnés à d’importantes peines de prison ferme et emprisonnés. Autant dire que l'archipel vit sous tensions depuis 4 ans. Mais c'était avant, ... avant le « nouveau » Sarkozy, celui de la campagne de 2012.

En métropole, on s'indignait de la récente nouvelle augmentation du chômage, on s'inquiétait du faux plan de rigueur Sarkozy/Fillon, on commentait les charniers découverts à Tripoli. Sarkozy, lui, nous offrait quelques images de carte postale calédonienne.

Merveilleux.

La new-yorkaise Cindy Lauper, après une confortable carrière dans la pop, s'est rapprochée de la musique New Orleans et du blues. A défaut de pouvoir vous proposer son magnifique duo avec Allen Toussaint, "Last Train-I know", hélas effacé de YouTube, voici quelques extraits de son dernier album,  Memphis blues, que je trouve extrêmement réussi.

- "Crossroads":


- "Early In The Morning":


- "How Blue You Can You Get":


- "Down So Low":


- "Just Your Fool":


- "Shattered Dreams":


Bon dimanche.
  • "Quand la diplomatie américaine était au service de Monsanto", Rue 89.

225ème semaine de Sarkofrance: Sarko l'esquive

Pour ses premiers jours de rentrée avec de longues semaines de vacances, Nicolas Sarkozy est ... déjà reparti. A l'autre bout du globe, en Nouvelle Calédonie. A la dernière minute, il avait ajouté une escale à Pékin pour rencontrer le président Hu Jintao et discuter de la crise financière internationale. La Chine est l'un des gros prêteurs aux Etats occidentaux surendettés. Mais le fait était là, Nicolas le candidat ne voulait pas assumer ces mauvaises nouvelles. Sarkozy l'esquive était de retour !

La semaine avait bizarrement commencé. Dimanche, la situation en Libye avait brutalement évolué. La rébellion, aidée par l'OTAN, est entrée dans Tripoli. Des chaînes d'information nous annonçaient la chute du régime. Puis, 24 heures plus tard, on comprit que les combats avaient toujours lieu.Lundi, Sarkozy exhortait un colonel Kadhafi introuvable à cesser le combat. Le dictateur préféra la guérilla urbaine. En France, la retenue n'était plus de mise. Sarkozy avait enfin gagné sa guerre ! Même au Parti socialiste, certains ténors se sont engouffrés dans l'hommage. Ceux-là même qui s'inquiétaient de l'avenir de la Tunisie et de l'Egypte libérées ont célébré bien prématurément la « libération » du pays. On peut, et on doit se réjouir qu'un dictateur aussi « durable », corrompu et sanglant que le colonel Kadhafi tombe enfin. On peut, et on doit, rester lucide sur les difficultés de la situation. L'expérience irakienne devrait servir de leçon.

Les mêmes médias auraient pu aussi déployer la même énergie et le même enthousiasme à relayer ou approfondir l'enquête de Mediapart sur les relations d'un passé si proche entre l'équipe Sarkozy et l'ancien gouvernement libyen,grâce au concours de l'intermédiaire Ziad Takieddine. Mardi, le site a révélé comment la DGSE avait été mise à contribution pour protéger Takieddine de la curiosité des juges enquêtant sur d'éventuelles rétrocommissions sur des ventes de sous-marins.

Quelques ministres ont à nouveau fait parler d'eux. Le ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand, qui a davantage peur de la canicule qui frappe le Sud du pays que du chômage qui frappe le pays, s'est rendu « sur le terrain ». Mercredi, il a quand même prévenu que les chiffres du chômage en juillet seraient « mauvais ». Effectivement, ils le furent: 34.000 sans emploi supplémentaire, le pire score depuis 11 ans !

Son collègue Eric Besson a promis que l'internet illimité ne sera pas supprimé, des FAI ayant laissé entendre qu'ils pourraient revenir à une facturation à la durée. Il a surtout confirmé qu'il planche sur un changement des normes techniques de diffusion pour les futures chaînes « bonus » de la TNT. Il s'agit d'éviter la création d'une chaîne gratuite par Canal+ (ce qui déplaît à ses concurrents), sans avoir à changer la loi ou à lui rembourser un quelconque dommage.

Mardi, François Fillon recevait les partenaires sociaux. La rencontre était officielle mais rapide. Le premier ministre voulait les prévenir de quelques pistes de réflexion gouvernementale pour réduire encore davantage les déficits. Un dernier totem sarkozyen est en passe de tomber. L'arbre était pourri à la racine. Après le bouclier fiscal, la défiscalisation des intérêts d'emprunt, voici la défiscalisation des heures supplémentaires qui est menacée. La crise est trop grave, et cette niche est trop grosse et trop inutile. Avec quatre ans de retard, certains journalistes mesurent enfin l'ampleur  du gâchis: 22 milliards d'euros de recettes perdues pour le fisc et la sécurité sociale ! Et pour quels résultats ? Aucun, si ce n'est un formidable effet d'aubaine.

Mercredi, le Monarque a fait sa rentrée... pour quelques heures. L'exercice était délicat. Malgré un mois d'août tout entier placé sous le signe de la crise financière, Sarkozy ne voulait surtout pas endosser trop visiblement les prochaines mesures de rigueur concoctées pour rassurer les marchés. Quand il faut annoncer des mauvaises nouvelles, Sarkozy laisse toujours l'affaire à d'autres. Courageux... mais pas téméraire ! Il ne veut pas qu'on lui ressorte, au plus fort de la campagne présidentielle dans 5 ou mois, quelques déclarations d'austérité trop précises.

L'ordre du jour du conseil des ministres ne mentionnait donc même pas le plan de rigueur. Tout juste Sarkozy s'est-il permis une leçon de texte pour ses ministres, expliquant que la crise « n'est pas une crise de l'euro, mais une crise de l'endettement.» A l'heure du repas, l'agenda vide du Monarque cachait en fait un déjeuner avec Nicolas Hulot.

A 17h45, Sarkozy se montrait avec le premier ministre du Conseil National de Transition libyen, pour tenir quelques propos sans intérêt et volontiers provoquants sur la guerre en cours à Tripoli. Quasiment au même moment, François Fillon détaillait enfin les grandes lignes du fameux plan de rigueur, promis le 10 août dernier, au plus fort de la spéculation contre la dette souveraine du pays. On fut déçu. Dans son argumentaire, Fillon répéta un grossier mensonge, que l'aggravation de nos déficits et endettement actuels serait due à la crise. Dans son dossier de presse, le mensonge était plus explicite encore: selon Fillon, le déficit budgétaire « devait passer sous la barre des 2% en 2009 » mais « la crise l’a porté à 7,5 % du PIB cette année-là ». C'est archi-faux. En juin 2007, Nicolas Sarkozy s'était précipité à Bruxelles quémander un délai supplémentaire d'un an (2013 au lieu de 2012) pour ramener le déficit budgétaire du pays sous la barre des 3% du PIB. Et maintenant, Fillon nous annonce qu'on aurait pu atteindre les 2% dès 2009 ! Belle réécriture de l'histoire !

Le fidèle Fillon a aussi explicité les fameuses mesures. Certaines étaient risibles et consternantes, d'autres mesquines, opportunistes, insuffisantes ou incohérentes. Ainsi, l'augmentation de la taxation des boissons sucrées, des alcools fors et du tabac laisse entendre que l'on tolèrerait davantage l'obésité ou le cancer si nos comptes publics n'étaient pas si dégradés. Quel message ! Pire, si cette taxation accrue produit les effets espérés de renflouer les caisses de l'Etat, cela signifiera que les Français auront davantage consommé de produits cancérigènes. Quelle ambition ! Des personnels des parcs à thèmes se sont émus du relèvement de la TVA sur les billets d'entrée de 5,5% à 19,6%. L'effort demandé aux contribuables les plus fortunés est ridicule: une contribution temporaire de 3% des revenus supérieurs à 500.000 euros par an et par part sera demandée l'an prochain. Et la taxation des revenus du patrimoine sera modestement réévaluée de 1,2 point. On est bien loin du grand soir fiscal qu'exigerait la gravité de la situation. Côté dépenses, 500 millions de crédits sont gelés. La seule annonce d'importance fut la reconnaissance officielle que la croissance ne serait pas au rendez-vous des prévisions initiales. Même pour 2012, Sarkozy n'espère plus que 1,75% de PIB supplémentaire. La dégradation du scenario gouvernemental est terrible.

Même à droite, des voix se sont élevées pour critiquer l'insuffisance du plan Sarkozy/Fillon. Sarkozy n'a plus qu'à s'accrocher à sa règle d'or, celle-là même qu'il n'a jamais respectée.


Au passage, Fillon a enterré la réforme de la dépendance, le grand chantier de Sarkozy pour sa dernière année de mandat: « Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd'hui, dans l'urgence, ne serait pas responsable ».

Il valait mieux, finalement, que le Monarque ne fusse pas là pour commenter ces successions de trahisons.

Mercredi soir, le Monarque a dîné avec ... Jean-François Copé et Brice Hortefeux, juste avant de partir à l'autre bout du monde. La rencontre est curieuse. En pleine crise financière et combats en Libye, il préfère consacrer ses dernières heures à Paris avant un déplacement de 4 jours à parler ... petite soupe politicienne. Le contexte n'a pas fondamentalement changé. L'embellie sondagière, toute relative, de juillet dernier, a été enterrée fin août. A New-York, Dominique Strauss-Kahn était libéré de toute accusation, le juge ayant accédé à la demande d'abandon de charges proposée la veille par le procureur. DSK allait-il revenir polluer la campagne présidentielle ? 

Jeudi, Sarkozy s'est fait prendre en photo avec le dictateur chinois Hu Jintao. Ce rendez-vous, ajouté au périple au début du mois d'août, n'a aucun autre objectif que de montrer que la crise est mondiale et que Sarkozy n'y est pour rien. Il refusa de qualifier de rigueur le plan annoncé par son premier des ministres la veille, une « cachotterie puérile, hypocrite ou alors condescendante, mais en tout cas parfaitement inutile » commenta le rédacteur en chef du Point. Vendredi, le Monarque parvenait enfin en Nouvelle Calédonie avec sa flottille d'appareils élyséens. On ne saura que plus tard, après le scrutin de 2012, combien cette escapade électorale nous a coûté. Les longs voyages ont ceci d'intéressants qu'ils permettent de faire des confidences « off » aux journalistes accompagnants. Vendredi, on apprenait ainsi que Nicolas Sarkozy compte se rendre en Libye dès que le colonel Kadhafi sera arrêté. Rappelez-vous, en avril dernier, après quelques semaines de combat, on nous avait déjà promis la venue de Sarkozy à Benghazi. 

En Calédonie, Nicolas Sarkozy fut photographié et filmé devant des assistances joyeuses, « triées sur le volet » notait un journaliste de France Info, vendredi matin. Le Monarque dénonça la violence, « ici plus qu'ailleurs », qui avait agité l'archipel au début du mois. L'augmentation de l'insécurité inquiète. Comme prévu, il avait quelques promesses à faire - un renfort de 70 policiers, la création d’un Groupement d’intervention régional (GIR) et son accord de principe pour la construction d’une nouvelle prison. La sécurité, c'est sont ADN politique, n'est-ce pas ? En métropole, son bilan est encore très mauvais. A fin juillet, les violences aux personnes ont encore progressé.

Samedi, Nicolas Sarkozy inaugure les Jeux du Pacifique. Et ?

Ami sarkozyste, où te caches-tu ?


Personnellement, je ne sais pas ce qui s'est passé dans cette chambre du Sofitel new-yorkais, hormis, cela semble prouvé, qu'il y a eu un rapport sexuel entre DSK et la femme de chambre.

Par contre, vu les âges, tailles et carrures respectives, je ne crois pas qu'il y ait eu viol (et donc violences). D'autant que les déclarations de Mme Diallo ont varié et que le contenu de son coup de téléphone à son copain en prison pose problème. Mais je peux, bien entendu, me tromper.

Dans le cadre de cette connaissance et de cette croyance cumulées, je me félicite du verdict new-yorkais.

Cependant, même si c'est du strict ressort de sa vie privée, je trouve abject et lamentable que le Président du FMI, candidat à la Présidence de la République, saute à la sauvette une femme de chambre, de surcroît au physique pas spécialement avantageux. Et ce, après, tel un bouc en rut, avoir fait des propositions à quasiment toutes les femmes rencontrées dans cet hôtel dans la soirée qui a précédé, du moins selon les témoignages relatés.

Alors, me direz-vous: "Mais Mitterrand, mais Chirac, etc..., ils avaient aussi la braguette légère". Certes, mais, 1) ils ne se sont pas fait prendre dans une histoire aussi glauque et, 2) Une action ne peut être justifiée parce que d'autres ont, précédemment, eu des comportements semblables.

Et donc, DSK peut-il, doit-il revenir dans la politique française?
- Pas dans l'immédiat et le moyen terme proche, du fait du procès au civil qui va suivre.
- Indépendamment de ses positions politiques, je n'ai pas envie d'être obligé de voter, à ce niveau de responsabilité, pour un homme incapable de réfréner les élans de son slip.

Enfin, ayant eu une indigestion de cette histoire qui est venu polluer une situation politique préoccupante, je ne parlerais plus jamais de ce petit épisode.
  • "Sarkozy a reçu Hulot pour un déjeuner à l'Elysée", NouvelObs.

  • "Les manifestants syriens ne désarment pas", Libération.

  • "Plus de 50 milliards d'euros de niches fiscales peu ou pas efficaces selon l'inspection des finances", Le Monde. "47 % des niches sont jugées 'peu efficientes, alors qu'elles grèvent les finances publiques de 28 milliards".

  • "De l'effet du climat sur les conflits armés", Le Monde.

  • "Un prof chinois : « Les étudiantes en France reviennent délurées »", Rue 89. 

  • Cette semaine dans Marianne: «Faire payer les riches, l'intox de la rentrée»...

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