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Sécurité, le grand bluff...

Pour une avoinée, c'en est une, et une belle... Le rapport (250 pages) que vient de publier la Cour des Comptes sur la sécurité, domaine emblématique de la communication (et non de la politique) guéanto-sarkozienne depuis 2002, en met une sévère, sur un ton très policé... Il est intégralement téléchargeable sur Le Monde.


La Cour met en avant les faiblesses de "l'indicateur 401" recensant statistiquement les faits de délinquances à partir lesquels se définissent les objectifs assignés aux forces de sécurité (avec pas moins de 48 priorités..!), qui: "agrège des faits disparates qui n’ont pas tous le même impact statistique sur l’évolution d’ensemble de la délinquance, .... Enfin, il est très sensible aux conditions d’accueil des personnes désireuses de déposer une plainte". Elle relève l'insignifiance de l'indicateur de délinquance générale, "abondamment utilisé tant pour le pilotage des services territoriaux que la communication externe du ministère de l’intérieur".

Exemple de cette insignifiance, "Le recul spectaculaire de ces deux seules grandes catégories d’infractions, les vols liés à l’automobile et les destructions et dégradations de biens privés (- 378 000 faits au total) est supérieur à la baisse globale de l’ensemble de la délinquance en zone de police de 2002 à 2009 (-338 000). Toutefois, selon la plupart des analystes et la direction générale de la police nationale elle-même, il a été dû principalement à l’amélioration par les constructeurs automobiles des dispositifs techniques de protection contre les vols et les effractions, et au renforcement des dispositifs de protection des espaces publics et privés (parkings, gares, etc.)"
Rajoutons-y les sécurisations des téléphones portables et les ruses d'inscription des plaintes ("Une partie croissante des actes de vandalisme se serait traduite non par le dépôt d’une plainte par les victimes, mais par l’enregistrement d’une simple contravention non comptabilisée dans l’état 4001")  et nous avons l'explication de cette fabuleuse (au sens propre) baisse des délinquances dont se gargarisent régulièrement l'Ump, MM Sarkozy et Guéant. 
Libération rajoute qu'"en 2009 la reprise à la hausse de la délinquance a été évitée en grande partie par le refus des services d'enregistrer des plaintes", notamment celles de victimes d'escroqueries aux cartes bancaires.

Le rapport relève aussi le grotesque de la lutte contre les stupéfiants: "De nombreux départements ont enregistré un doublement voire un triplement des infractions pour usage simple qui, par exemple, ont représenté 92 % des infractions constatées en matière de stupéfiants dans les Yvelines ou le Var en 2009", alors que: "Toutefois, cette priorité donnée à la répression de la consommation s’est souvent accompagnée d’une baisse sensible des indicateurs relatifs aux infractions d’usage-revente et de trafic"...

En bref, c'est la totalité du système d'information du système de sécurité qui est biaisé afin de monter en spectacle une efficacité absente. C'est la "politique du chiffre" qui est responsable de la hausse vertigineuse des gardes à vue, augmentant artificiellement les "affaires résolues", mais pour des délits très mineurs, comme la simple consommation de cannabis, au détriment  de ce qui a augmenté tout aussi vertigineusement: les violences aux personnes et le trafic de stupéfiants qui, jusqu'en 2010... "ne figurait parmi les objectifs prioritaires de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) alors qu' il «paraît pourtant acquis de longue date qu'il alimente diverses formes de délinquance, notamment dans les quartiers réputés sensibles.»" (MediaPart).
Et la diarrhée législative sécuritaire ciotto-sarkozyste n'est plus maintenant, ce que nous disons ici depuis des années, que de la mauvaise communication car n'abusant plus personne.

Je vais arrêter là une analyse que mérite amplement les 250 pages du rapport (dont je vous conseille la lecture), qui insiste sur la baisse des effectifs et des moyens, parallèlement au "développement rapide mais coûteux" de la vidéosurveillance, rajoutant que ""Le recours croissant à la vidéosurveillance de la voie publique ne peut se substituer à l'action des forces de sécurité étatiques".

Face à cette mise à plat, on comprend la fureur de Claude Guéant, Monsieur Sécurité-Spectacle de N. Sarkozy, qui déplore "un nombre important d'inexactitudes, d'erreurs d'analyse, d'oublis et d'appréciations manquant parfois d'objectivité", des "formulations abruptes", des "sous-entendus contestables", un "règlement de comptes politique"... Paroles d'expert  en ces matières, comme l'avait montré son "interprétation" (le mot est gentil)  des données de l'Insee relatives à l'échec scolaire des enfants d'immigrés (Libération).

Plus d'éléments  sur le NouvelObs, Libération, Le Point, Le Monde, des extraits significatifs sur NouvelObs, "Sarkozy et la sécurité: dix années d'échecs", sur MediaPart. Et profitez-en pour mettre en lien le blog de Laurent Mucchielli, remarquable ressource sur les problématiques de la sécurité.
  • JO d'hiver, le fiasco! 7 voix sur une centaine pour la candidature d'Annecy. NouvelObs.
  • "L'éducation, priorité n°1 des Français devant l'emploi", Libération. "l'image des enseignants reste bonne auprès du public. C'est vis-à-vis de l'éducation nationale dans son ensemble que la défiance des Français est croissante".
  • "Les plus pauvres sont aussi les plus seuls", Le Monde.
  • "Le Portugal rejoint la Grèce dans l’œil du cyclone financier", Marianne.
  • "L’Europe d’aujourd’hui est dans la même situation que l’Amérique de 1790", Blog de J. Attali.
  • "Quand le CAC 40 s'exonère de l'impôt", pour les abonnés à Mediapart.
  • SOS Cocu, "le service d'entraide pour les cocus".  Je ne suis pas concerné (du moins si j'en crois mon épouse...), mais cela peut, peut-être, aider certains ou certaines... Vu sur A tort ou à raison.

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