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Norvège...

Certains parleront, soulagés, d'un complot de l'extrême-droite, explication pseudo-rationnelle de cette abomination qu'est la tuerie norvégienne. Et ils embrayeront sur la nécessité, chez nous,  de combattre l'extrême-droite, de manifester publiquement notre refus de ces thèses, de pétitionner contre telle ou telle déclaration, de porter plainte, ...
Certes, ces réactions ne sont pas condamnables, mais elles passent à côté de l'essentiel et oublient une question qui me semble fondamentale.

Comment une société qui, depuis 20 ans, voit son pouvoir d'achat et son niveau de vie baisser, subit des millions de chômeurs, voit les inégalités exploser, ... , à l'issue d'une crise comparable à celle de 1929 provoquée par les banques et la finance, ne dise pas grand chose quand  elle s'aperçoit que tous les grands de ce monde se précipitent pour sauver les responsables de la crise et que rien de vraiment significatif des causes de la crise ne change ? 
Comment une telle société peut-elle accepter que les droites et les droites extrêmes réussissent à convaincre une partie importante de la population que tout est la faute aux immigrés ?
 Comment cette société peut-elle nourrir des malades mentaux capables de tels actes, facilité par l'individualisation croissante et les technologies ?

J'ai peut être une piste d'explication. On s'aperçoit, comme les réactions de la gauche classique l'ont montré lors de l'épisode récent des déclarations d'E. Joly sur le défilé militaire du 14 Juillet, que la droite et les droite extrêmes imposent leurs cultures, leurs slogans, leurs positions, leurs contextes. Et si F. Fillon n'avait pas vomi ses propos outranciers sur la "norvégienne", la gauche classique aurait continué d'approuver le principe-même de ses invectives.

Plus besoin d'une extrême-droite à la Hitler, Franco ou Mussolini, avec leurs sombres milices et leurs armées. La droite et l'extrême-droite, pour soutenir leurs mandants, leurs donneurs d'ordres, n'ont qu'à continuer à développer leurs thèses face à une gauche qui, ralliée au néo-libéralisme, ne peut mobiliser sur les thèmes du social, se cantonnant à des revendications sociétales propres à des minorités et très éloignées des préoccupations du peuple, du vrai, abandonné aux thèses crypto-racistes et démagogiques, ayant trouvé les boucs émissaires..

Plus besoin des "bandes armées" du capital, puisque un psychopathe paranoïaque, comme on l'a déjà vu aux USA, très certainement isolé, infecté par la culture que développent les domestiques des financiers, peut tuer, "cruel mais nécessaire", en une journée, près de 100 personnes, en blessant gravement une autre centaine, et le tout méthodiquement, rationnellement, minutieusement, amenant donc logiquement les états à durcir leurs politiques policières...

Et c'est cela qui est effrayant, ou qui du moins m'effraie.

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