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Grèce, Euro, ...

Des messages de victoire, tous à la gloire de notre Président, envahissent nos médias suite à la conférence des dirigeants européens. Il n'y a pas de quoi quand on songe au temps perdu.

J'écrivais ici, le 28 avril: "La plupart des analystes financiers sont maintenant d'accord sur le fait que la dette grecque sera irrémédiablement restructurée. Les seules questions à se poser sont: Quand ? Et Comment ?"

Or, en quoi a consisté ce "plan de sauvetage" ?
- A obliger les créanciers privés de la Grèce à "mettre la main à la poche. Les solutions élaborées impliquent qu'ils renoncent à une partie de leurs créances. La dette grecque sera ainsi rééchelonnée et allégée" (NouvelObs), c'est à dire restructurée. C'est sous la pression de l'Allemagne que cette mesure a été décidée, notre Président, fidèle à son idéologie, rechignant à faire payer les banques et la finance et préférant faire porter l'effort sur les contribuables. Ceci dit, les banques sortent vainqueurs d'une affaire qui leur coûtera environ 30 Milliards d'€ mais qui coûtera 15 millards d'€ rien qu'aux contribuables français pour leur sauvegarde.
- A prévoir un fonds de secours à la Grèce de 158 milliards d'€, financé principalement par l'Europe et le FMI.

Reste que, malgré ce plan, du fait des tergiversations, un défaut de paiement de la Grèce (en clair, une faillite) n'est toujours pas à exclure.
Pourquoi en est-on, enfin, arrivé là ? Parce que les banques grecques ne pouvaient plus fonctionner, bloquant les crédits et envisageant de bloquer les avoirs, précipitant la faillite.

Alors, certes, la Grèce, aux mains de clans politiques (en fait des familles, de droite à gauche) corrompus, a constamment triché depuis son adhésion à l'Europe, les clientélismes ont régné et les grecs portent au moins la responsabilité d'avoir successivement voté pour ces charlots.

N'oublions pas non plus que la Grèce a, de loin, le plus gros (relatif à son PIB) budget militaire  de l'Europe du fait de ce qu'elle considère être le "péril turc" et qu'elle achète ces fournitures principalement à la France et à l'Allemagne. Lors du tout premier et riquiqui plan d'aide européen, ces deux derniers pays avaient d'ailleurs bien précisé qu'en échange de cette aide, les grecs devaient honorer leurs commandes d'armement.

Bref, un piteux sauvetage in-extremis, loin, très loin, des mirifiques effets qui nous ont été vendus lors du vote des droites et des socio-libéraux sur le Traité simplifié dont les règles ultra-libérales ont participé à ce fiasco. 

Cela signifie-t-il que la Grèce est tirée d'affaires ? Seuls d'incorrigibles naïfs optimistes le prétendraient.
Cela signifie-t-il que le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie peuvent maintenant dormir tranquilles ? Seuls d'incorrigibles naïfs optimistes le prétendraient.
Cela signifie-t-il que l'Euro est sauvé ? Seuls d'incorrigibles naïfs optimistes le prétendraient.

Sur le même sujet, l'interview de Pascal Canfin sur Libé, "Selon François Fillon, le plan d'aide à la Grèce coûtera 15 milliards d'euros à la France", Le Monde et "Grèce : qu'a donc fait Sarkozy ?", Sarkofrance.
  • Etonnant: "Une sénatrice écologiste se plaint de sa "situation financière"", Le Monde. J'en connais beaucoup qui sont prêts à échanger.
  • Déjà vu sur MediaPart: "Takieddine : les révélations qui embarrassent l'Elysée", Rue 89.
  • "Graphique de l’épuisement des richesses exploitables", WikiStrike.
  • "Les «indignés» espagnols convergent vers Madrid", Libération. "Depuis un mois, de petits groupes de manifestants équipés de sacs de couchage et matériel de camping ont parcouru le pays, depuis de nombreuses villes dont Barcelone, Malaga ou Valence, s’arrêtant dans les villages pour y organiser des assemblées populaires".
  • Visualiser la dette US: WTF Noway.*****

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