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Quand Sarkozy cherchait des sous chez Kadhafi

Ce pourrait être le titre d'un mauvais polar. Cela ressemble plutôt au dernier épisode de l'affaire Takieddine.

L'affaire Takieddine a tout de l'affaire d'Etat, et d'ailleurs, l'Etat s'en inquiète. Pour celles et ceux qui auraient raté quelques épisodes, ou qui ne seraient malheureusement pas abonnés à Médiapart, voici donc un résumé des révélations (ou confirmations) apportées par le site d'informations depuis le 10 juillet dernier.

Une nouvelle fois, force est de constater que de telles révélations, dans d'autres démocraties, auraient provoqué l'ouverture de nombreuses enquêtes, parlementaires ou médiatiques, et conduit assez sûrement l'Exécutif à s'expliquer publiquement. Mais nous sommes en France, et, en France, on dit officiellement que « la justice doit suivre son cours » en espérant bien tout faire pour enterrer la chose.

1. Ziad Takieddine est un intermédiaire cité dans quelques gros contrats d'armement : vente de sous-marins Agosta au Pakistan (Agosta, 1994), vente de frégates à l'Arabie Saoudite (Sawari II, 1995), équipement de surveillance pour l'Arabie Saoudite (Miksa, en 2003, annulé par Chirac). Ceux qui selon Mediapart, ont fait sa fortune, ont été conclus par le gouvernement Balladur. S'agissant de contrat d'armement et donc de commissions versées à des intermédiaires, le ministre du Budget de l'époque devait valider la déductibilité fiscale de ces commissions dans les comptes des vendeurs français.


2. A la suite de ces contrats, Ziad Takieddine, de nationalité franco-libanaise, a pu se doter de jolies propriétés : yachts, villa, appartement de luxe. A cause de ses contrats, Ziad Takieddine est, selon Mediapart, le « principal suspect du juge Van Ruymbeke dans le volet financier de l'affaire Karachi ».

3. Résident fiscalement en France, il fut cependant exonéré d'impôt sur la fortune ou sur le revenu depuis 2002, ses propriétés étant domiciliées dans des paradis fiscaux.

4. Il a fréquemment invité quelques proches de Nicolas Sarkozy dans ses propriétés (Brice Hortefeux, Pierre Charon, Goubard, ) et même le ministre du Budget entre 2004 et 2007, Jean-François Copé.

5. Le contrat Miksa, annulé par le président Jacques Chirac en 2004 était l'un des plus curieux. Son objet, la surveillance des frontières de l'Arabie Saoudite, était directement l'affaire du ministère de la Défense. C'est pourtant Claude Guéant, directeur de cabinet de Sarkozy ministre de l'intérieur, et Brice Hortefeux, conseiller auprès du ministre, qui prirent en main l'initiative et la négociation. Selon Mediapart, Ziad Takieddine devait toucher une commission de 350 millions d'euros.

6. En mars dernier, Ziad Takieddine a été interpelé par la police en sortant d'un jet au Bourget, qui ramenait deux journalistes français venant d'interviewer le colonel Kadhafi. L'intermédiaire avait sur lui quelque 1,5 million d'euros en liquide.

7. Mediapart détient «  une vingtaine de notes confidentielles » attestant que l'actuel ministre de l'intérieur Claude Guéant a travaillé avec Ziad Takieddine, pour conclure « des deals financiers de la France avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, de 2005 à 2007 ». A l'époque, Guéant était directeur de cabinet de Sarkozy ministre de l'intérieur.

Le 28 juillet dernier, Mediapart affirmait ainsi que :
« Grâce à l'appui du ministère français de l'intérieur, Ziad Takieddine a notamment obtenu, en avril 2007, en pleine campagne présidentielle, des commissions occultes sur un marché de livraison de matériel de guerre électronique vendu par la société i2e (filiale du groupe Bull) à la Libye. Sur ce premier contrat, destiné à crypter les communications du régime et à contrer la surveillance des services secrets occidentaux, un montant de 4,5 millions d'euros a été versé à M. Takieddine. D'autres versements suivront. »
Mediapart va plus loi en expliquant que Ziad Takieddine « aurait promis à Claude Guéant «un contrôle total» sur les futurs marchés signés en Libye ». De septembre à décembre 2005, Ziad Takieddine a ensuite organisé, d'après Mediapart, des visites auprès des autorités libyennes de Claude Guéant, Nicolas Sarkozy, et Brice Hortefeux (pourtant ministre des collectivités territoriales).

Pour preuve, Mediapart publie un courrier officiel signé de Nasr Al-Mabrouk Abdallah, secrétaire des Comités populaires de la sûreté nationale de Libye, daté du 22 juin 2005, invitant officiellement Sarkozy à venir en Libye « le plus vite possible». Le site fait également état de « plusieurs notes manuscrites – en arabe » préparant ces rencontres. Ces notes sont rédigées par Ziad Takieddine, « généralement adressées à Abdallah Senoussi, chef des services spéciaux libyens, beau-frère de Kadhafi et cerveau de l'attentat du DC10-UTA, dont les liens avec Ziad Takieddine et Claude Guéant ont déjà été évoqués par Mediapart »

8. En décembre 2007, Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, a nié sous serment que ces rencontres poursuivies pour la libération des infirmières bulgares aient été accompagnées de négociations parallèles et secrètes de contrats.

Pourtant, Mediapart cite les notes de Takieddine et publie un document officiel du ministère de l'intérieur. Les contrats secrets y sont cités : vente d'un système de fabrication de passeports et cartes d'identité biométriques, « modernisation de l'aviation militaire, des mirages F1», « projet de protection des frontières et des ports » par la société Sagem. Le patron de Sagem de la société a été invité en septembre 2005.

10. Mediapart confirme le soupçon d'une corruption de haut niveau, au coeur du clan Sarkozy. Dans l'une de ses notes à Claude Guéant citées par Mediapart, Ziad Takieddine prépare en effet une rencontre préliminaire en Libye, fin septembre. Et il mentionne l'un des objectifs secrets de cette visite : «L'autre avantage: plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe...» Il ajoutait : «Il est indispensable que le volet "commercial" de la visite ne soit pas mis en avant par les préparatifs officiels. Seulement comme un point important dans le cadre des "échanges" entre les deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.»

11. Sarkozy était si attentionné envers Kadhafi qu'il laissait son ami de trente ans Brice Hortefeux s'occuper du dossier, alors que ce dernier n'avait institutionnellement aucun rôle théorique à jouer en la matière. Ainsi, en novembre 2005, Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités locales, écrit pourtant aux autorités libyennes vouloir «favoriser les relations entre la Grande Jamahiriya et la France dans le cadre de la sécurité intérieure et des coopérations décentralisées». Le 11 juin 2007, Takieddine promet, par écrit, la visite prochaine de Brice Hortefeux pour oeuvrer à la libération des infirmières bulgares contre la conclusion d'« accords entre les deux pays, dans le domaine de la sécurité (frontières, cartes d’identité, passeports, et autres), Immigration. Signature d’accords souhaités par la France, faisant suite à la dernière visite du Ministre en Libye. »

12. Ces révélations nous permettent aussi de comprendre que le candidat Sarkozy de 2007 nous a bien menti avec son sketch si fameux sur l'éthique et la défense des droits de l'homme dans la politique étrangère. Quand il était ministre de l'intérieur, il fricotait déjà avec le colonel Kadhafi.

Quelques mois plus tard, Jacques Chirac interrompt ces négociations parallèles du clan Sarkozy avec le clan Kadhafi au profit de Dassault. Mediapart cite Jean Guisnel son livre Armes de corruption massive (éd. La Découverte, 2011).

13. Ces négociations Sarkozy/Kadhafi jusqu'en 2007 ont-elles contribué à renforcer la défense militaire libyenne ? En avril 2006, Takieddine avait « introduit en Libye un groupe spécialisé dans la guerre électronique, I2e, basé à Aix-en-Provence, et son patron Philippe Vannier, actuel PDG du groupe Bull ». Il s'agissait de vendre une sécurisation du système de radar, efficace à contrer le système d’écoute et d’interception américain Echelon. La société I2e se revendique du soutien de Nicolas Sarkozy. Le premier contrat sera de 33 millions d’euros pour « équiper l’état-major de la marine libyenne ».  « Le 10 avril 2007, I2e signe parallèlement des contrats de consultants avec deux sociétés offshore de M. Takieddine (Como holding et Tri Star holding) », et, toujours Mediapart, Takieddine est rémunéré par I2e entre décembre 2007 et octobre 2008 pour «  4,5 millions d’euros de commissions que la loi française proscrit depuis 2000 ».

14. Quelques heures après le départ de Kadhafi du sol français, le 13 décembre 2007, Claude Guéant ment devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des otages bulgares. Il explique avoir défendu « des arguments humanitaires, d’image et d’ordre politique » sans «  aucune contrepartie, je l’ai déjà dit et je le répète: la France n’a pas déboursé un centime ; la France n’a pas conclu le moindre contrat pendant les discussions sur la libération des infirmières et du médecin ; la France n’a pas échangé leur élargissement contre des perspectives de coopération supplémentaires.» En fait, révèle Mediapart, la négociation pour la libération des infirmières bulgares avait secrètement commencé pendant la campagne présidentielle de 2007.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
Comment faire gagner encore plus de fric, et très facilement, au privé, aux actionnaires et à la finance ? C'est l'obsession sarkozienne.

Oh, il ne s'agit pas de favoriser les entrepreneurs, les PME, les créateurs. Non, simplement, comme avec la privatisation des autoroutes par D. de Villepin, de donner au privé, pour une bouchée de pain, des services autrefois publics une fois que leurs investissements sont amortis et que le fric est facile à faire.
Et, bien entendu, on fait ces cadeaux de préférence au premier cercle des copains, ceux qui étaient présents le soir du Fouquet's.

Après EDF et GDF (que N. Sarkozy, en grand menteur, avait pourtant promis de ne jamais privatiser) et divers autres fleurs, Cette majorité envisage de céder au privé les routes nationales importantes, qui deviendraient donc payantes. Libération lève le lièvre ("Les routes nationales, un nouveau pactole"), citant NKM: "Nous avons de plus en plus de routes symboliques sur lesquelles sont discutées des mises en concession". Et Libé dévoile qu'après la Route Centre-Europe-Atlantique (RCEA), au grand dam d'A. Montebourg, avec 6 péages prévus, il est question de la RN 21 (Limoges-Tarbes), et de la RN 164 en Bretagne.

Mais il n'y a pas que les Routes Nationales. Politis dévoile ce qui se prépare pour les retraites, avec "l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites": "la future société d’assurance Sevriena, et son projet d’épargne retraite que préparait le groupe Malakoff Médéric, dirigé par Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas, avec le groupe privé CNP assurances", accompagné (Juillet 2010) de "15 amendements relatifs à l’épargne retraite" sans parler des 90 autres des députés Ump.
  • "Heures sup : le rapport qui accable", Libération: "Dans un rapport bipartisan publié fin juin, le député socialiste Jean Mallot et son collègue de l’UMP Jean-Pierre Gorges flinguent ouvertement un dispositif jugé inefficace, dispendieux et inégalitaire…".
  • "Le projet européen LINKS : pour des centres urbains durables et désirables", Innov' in the city.
  • La revue de blog quotidienne d'Olivier, les belles pages de l'Autre Je, les nouvelles de Louis, le grand de grands, R. Johnson sur Ruminances, les posts au ralenti de Leunamme, tous les jours ou presque, le blog de P. Jorion, si vous voulez comprendre quelque chose aux frasques de la finance, les Gorges du Verdon sur Vivre à Antibes, et le jambon persillé d'As-tu bien pris tes comprimés.
Par QUINO





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Lundi 25 juillet à 17 heures, Nicolas Sarkozy recevait bien officiellement le rapport, troisième du genre, sur les dépenses de l'Elysée rédigé par la Cour des Comptes. Notre Monarque est un malin. La nomination du socialiste Didier Migaud à la tête de l'institution et la relative transparence de ses propres dépenses étaient censées couper court à toute polémique. Depuis 2008, les polémiques n'ont pas manqué mais elles ont permis à Nicolas Sarkozy de corriger le tir pour arriver « blanchi » à la campagne de 2012.

C'est exactement pour cela que le Monarque s'est permis cette dernière présentation officielle à l'Elysée du rapport de la Cour des Comptes. Pour montrer que lui au moins, ne craint rien. Dès la remise du rapport, les « éléments de langage» tous prêts étaient livrés à la presse ou, au mieux, résumées dans une dépêche de l'AFP. : qu'on se le dise et le répète, la Cour des Comptes est ravie de la gestion des frais élyséens.

Evidemment, comme souvent, il ne fallait pas céder aux sirènes de l'urgence, prendre le temps de lire ce pourtant court rapport (21 pages), et comprendre ce qui se disait entre les lignes. Que découvre-t-on : que l'urgence de Sarkozy à disposer d'un nouvel avion a coûté une cinquantaine de millions d'euros de trop ; que les dépenses élyséennes baissent parce qu'elles sont refacturées ou réallouées davantage; que les sondages de Patrick Buisson et Pierre Giacometti sont toujours là ; que Sarkozy est capable de claquer 100 à 200.000 euros sur les deniers publics pour un déplacement provincial de quelques heures. Qui dit mieux ?

La mise en scène
Cette fois-ci, il faudrait croire que la même Cour des Comptes qui fut accusée, il y a à peine 14 jours, de la pire partialité quand elle fustigea la déplorable gestion des forces de sécurité et les piètres résultats de la lutte contre la délinquance, soit aujourd'hui confortée dans son action par les mêmes zélateurs sarkozystes quand il s'agit de louer la maîtrise des dépenses publiques.

Soyons d'abord clairs dans la critique : Nicolas Sarkozy a rendu une relative transparence à la gestion des frais de l'Elysée. Mais nous avons pu tous ainsi constaté combien le Monarque usait et abusait de sa charge aux frais du contribuable.

Cette fois-ci, la mise en scène était facile : la Cour avait rendu son rapport le 22 juillet, c'est-à-dire trois avant. L'Elysée avait le temps de préparer ses arguments. L'an dernier, il n'y avait eu aucun cérémonial ni photo avec Sarkozy pour la remise du même rapport.

Pour la bonne forme, les conseillers de la Cour ne lésinèrent pas sur les compliments: « La fréquence des investigations ainsi menées auprès des services de l'Elysée, relayées par la vigueur de l'action conduite par votre directeur de cabinet et ses collaborateurs afin de parvenir, selon les instructions que vous leur aviez données, à une gestion attentive de la règle de droit, soucieuse d'efficacité et économe des deniers publics, est à l'origine des progrès accomplis depuis 2008 ».

La Cour conclue sans conteste que « l'évolution des comptes des services de la Présidence de la République atteste d'une réduction des coûts de fonctionnement de ces services. » Mais elle note que « des améliorations devront continuer à être recherchées tant du côté de l'allègement des charges que de la transparence des coûts ».

Autrement dit, Sarkozy coûte toujours trop cher aux contribuables.

Sarkozy a moins dérapé que par le passé
Il faut lire, comprendre, puis s'amuser ou s'inquiéter des conclusions écrites de la Cour des Comptes. Le langage administratif couve quelques surprises, quelques indélicatesses, quelques vacheries savoureuses. Ainsi, dès la page 3 du rapport, on peut lire le commentaire suivant sur l'excellente maîtrise des dépenses élyséennes : « de 2008 à 2010, les dotations budgétaires couvrant les charges dont, après vote d'une loi de finances rectificative pour l'exercice 2008, a disposé l'Elysée, sont passées de 110,4 M€ à 111 M€, soit une augmentation de 0,6%. Sur ces crédits, la consommation a diminué de 0,3%, passant de 112,6M€ à 112,2 M€ ». Autrement dit, cela fait trois ans que Nicolas Sarkozy ne respecte pas le budget qui lui est alloué ; et, en 2010, il a moins dérapé qu'en 2008 ! Fantastique !

L'Elysée refacture davantage. 
Quelle économie ! La Cour livre une belle explication à « l'excellente maîtrise » de ses comptes : les « ressources propres » ont fortement augmenté en 2010 car, « pour l'essentiel », « à dater de 2009, la totalité de la dépense budgétaire de l'Elysée lui a été versée au 1er janvier de l'exercice et (...) les dépôts des fonds correspondants à la direction régionale des finances publiques, rémunérés au taux de 1%, ont dégagé des intérêts d'un montant de 911.165 en 2010 » (contre 267 000 € en 2008).

L'Elysée change le périmètre de ses dépenses...
En 2010, l'Elysée affiche une jolie baisse de ses charges de fonctionnement: -11,3% versus 2009 ! Mais la Cour note que l'Elysée a en fait transféré au ministère de la Culture la charge des résidences de la Présidence de la République dont elle n'a pas l'usage. La seconde source d'économie provient de l'abandon des chasses présidentielles. La troisième est l'arrêt de la Garden Party du 14 juillet.


Plan social à l'Elysée ?
La Cour note que les effectifs de l'Elysée ont été fortement réduits : de 1031 agents au 31 décembre 2009 à 904 agents un an plus tard. Auprès de Sarkozy lui-même, le nombre de conseillers a été réduit de 82 à 46. La Cour, gentiment, omet de préciser que la quasi-totalité de ces effectifs réduits sont des fonctionnaires réalloués à d'autres ministères.

Déplacements excessifs
La Cour a souligné qu'en 2010, les déplacements élyséens ont coûté 11% de moins qu'en 2009. U,e belle performance ! Mais, relèvent aussi les Sages, le poste reste 30% plus cher qu'en 2008, année pourtant particulièrement dispendieuse à cause de la présidence française de l'union européenne.

Sarkozy fait enfin des appels d'offre
On n'ose imaginer comment les dépenses élyséennes étaient gérées précédemment (y compris sous Jacques Chirac). « La mise en concurrence des fournisseurs, à peu près inexistante jusqu'en 2008, est devenue la règle. » Pourtant, relève la Cour, ces appels d'offres recouvrent une part minoritaires des dépenses élyséennes (14 millions d'euros en 2010, sur 111 millions d'euros de budget total...).

La com' de l'Elysée a été transférée à Matignon
Certains, à l'Elysée, pensent nous prendre pour des cons. La Cour des Comptes note ainsi que les prestations fournies en matière de communication ont été réduites de 3,3 millions en 2008 à 1,45 millions d'euros en 2010, mais « une partie des commandes de l'Elysée a été exécutée par l'intermédiaire du service d'information du gouvernement. »

Sondages toujours opaques
Les contrôleurs ont aussi relevé que les deux prestataires sondagiers, Patrick Buisson (via sa société Publifact) et Pierre Giacometti ont signé de nouveaux contrats le 25 novembre 2010 : « la rémunération est désormais forfaitisée sur une base mensuelle de 18.538 euros pour l'une et 7.176 euros pour l'autres, soit un coût global annuel de 308.568 euros, plus élevé que ce que prévoyaient les dispositions antérieures mais avec un contrôle plus resserré des frais annexes (déplacements et restauration) ».

On sourit : malgré le scandale des sondages élyséens, Buisson et Giacometti sont parvenus à facturer plus cher leurs prestations ! Pire, la Cour s'inquiète de l'impossibilité de mesurer « l'adéquation » des prestations fournies « avec leur rémunération ».

Sarkozy fait payer les accompagnants
Pour la seconde année consécutive, la Cour est satisfaite de la mise aux normes des procédures : désormais, « toute commande, de quelque nature qu'elle soit, y compris dans les cas d'urgence, est désormais précédée d'un engagement ». On sourit encore... C'est habituelle la norme dans n'importe quelle entreprise un tant soit peu correctement gérée.

Sur quelques exemples, la Cour note que le nombre de membres de la délégation l'accompagnant lors de ses déplacements étrangers a été réduit significativement : 76 personnes pour 780.000 euros de coût total pour la dernière participation à l'assemblée générale de l'ONU en 2010, contre 132 personnes et 1,3 million d'euros l'année précédente.

La Cour, ne s'intéressant qu'aux dépenses de l'Elysée dans ce rapport, ne s'est concentrée que sur les déplacements payés par l'Elysée. En fait, le nombre d'accompagnants « payants » n'a pas diminué, loin de là. Sauf à croire que l'Airbus présidentiel, utilisé pour des vols moyens ou longs courriers, volerait à moitié vide. Un journaliste du Monde avait rappelé, en décembre dernier, combien l'Elysée facturait aux médias pour accompagner les voyages officiels.

La Cour des Comptes note d'ailleurs que les ministres accompagnant Sarkozy payent désormais leur voyage sur le budget de leur ministère, ce qui fait artificiellement baisser le coût de fonctionnement de l'Elysée.

Sarkozy voyage toujours beaucoup
Les déplacements présidentiels ont englouti 18,8 millions d'euros en 2010, contre 19,7 millions l'année précédentes. Le nombre de déplacements fut plutôt stable : 99 en 2010 contre 102 en 2009, soit environ deux par semaine. Sarkozy est allé moins loin (10 voyages hors d'Europe contre 20 l'année précédente), mais le nombre de sommets hors d'Europe (plus coûteux) « est passé de deux à cinq, générant une dépense de 4,12 millions d'euros contre 1,74 millions d'euros en 2009 ».

La Cour s'interroge également sur le coût trop élevé des voyages en métropole : « il apparaît cependant que le coût de certains voyages de très courte durée sur le territoire se révèle parfois élevé. » Et de citer quelques exemples : une demi-journée en Haute-Marne aura coûté 121.289 euros. Il a fallu aménagé une voie d'accès et louer un chapiteau ; un autre en Dordogne a coûté 130.000 euros.

« Air Sarko One », un gouffre
La Cour des Comptes, lucide ou cynique, relève que l'urgence décrétée par Sarkozy à renouveler sa flotte aérienne dans les plus brefs délais (10 mois entre le lancement de l'appel d'offre et la livraison des appareils) a fortement contraint la bonne mise en concurrence des fournisseurs sur un tel contrat : « dans la mesure où les délais étaient très contraints, la date de livraison de l'avion ayant fait l'objet d'une décision politique, la procédure ne pouvait se dérouler autrement. » Surcoût total : 33 millions d'euros ! Le monarque le voulait pour 2010, il pu l'étrenner pour son G20 de novembre dernier.

C'est une entreprise privée, Sabena Technics, qui a emporté le marché, Airbus et Air France s 'étant désisté un mois après le lancement de l'appel d'offre. Il n'y eut donc aucune concurrence réelle. Le coût total du renouvellement de la flotte, dont l'acquisition et l'aménagement de l'Airbus A330-200 s'est chiffré à 259 millions d'euros.

Dans le détail, on découvre que Sabena Technics a acquis l'avion pour 48M d'euros à une Air Caraïbes qui l'avait acheté le jour même à son bailleur ILFC pour 45M d'euros, pour le revendre à l'Etat … 50M d'euros. Soit une plus-value globale, sur le dos des contribuables, de … 5M d'euros en quelques heures. Cette arnaque grossière – comment la qualifier autrement – est d'autant plus grave que la Cour rappelle que l'un des concurrents, Air France, avait proposé un appareil plus récent, de même modèle, dans la même fourchette de prix : « le prix payé par l'Etat a donc correspondu à la limite haute d'une fourchette applicable à un avion plus récent de 5 ans et ayant trois fois moins d'heures de vol. »

L'autre cause de « renchérissement du marché » résulte de trois demandes particulières de Nicolas Sarkozy : le remplacement de deux fours pour réchauffer suivant la norme des transports aériens mais aussi de « griller les aliments ». Sarkozy voulait se faire des grillades au sein de son nouveau joujou !

Second caprice, « la mise en place d'une motorisation des rideaux d'occultation des hublots en zone privative et collaborative ». En d'autres termes, Sarkozy avait besoin de volets électriques dans sa zone personnelle de l'avion...

Troisième caprice, la condamnation d'une porte intérieure de l'appareil pour la transformer en placard de rangement (avec isolation phonique et thermique). En y ajoutant les études de conformité, le coût de ces trois bêtises a atteint 2,24 millions d'euros, dont, relève la Cour, quelques 694.312 euros de « frais d'étude pour les fours et la motorisation des rideaux », 75.243 euros de fours, 310.245 euros de rideaux motorisés, et … 1.161.500 euros de porte aménagée.

De qui se moque-t-on ?

Mais à peine acheté, l'Airbus tombe en panne, à deux reprises (septembre 2008 puis mars 2009). Pour 50 millions d'euros, un prix trop cher payé, la mésaventure devient pitoyable. Il fallut donc remplacer les moteurs par des neufs, pour un coût additionnel et imprévu de … 23,4 millions d'euros.

Pour financer cet investissement, l'Elysée avait concédé de vendre l'un des deux Airbus A319 dont elle disposait. En juin 2010, vu les dérapages, elle accepta de céder le second. Les deux ventes ont rapporté 62 millions d'euros. A comparer avec les 259 millions d'euros d'investissement total.

On vole à prix discount
Les heures de vol de Sarkozy et ses troupes sont facturés grosso modo 30% moins cher que leur coût réel. « Alors qu'au coût réel, les prestations facturées à votre administration auraient du s'élever à 11.313.007,83 euros, la facturation effective s'est élevée à 7.766.624,71 euros ».

L'écart grève le budget de la Défense.

On mange moins cher à l'Elysée
L'effort est modeste, mais la Cour s'en félicite : les dépenses de restauration ont très légèrement baissé (8 millions d'euros en 2010). En fait les économies ont porté sur la suppression de 3 postes (sur 28), une augmentation de 4% de la prise en charge des repas par les autres services, et une baisse du coût des denrées alimentaires de 500.000 euros en 2010 (3,7 millions d'euros contre 4,2 millions l'an passé).

Les autres surprises
Le rapport livre aussi d'autres conclusions sur la piètre gestion de l'Elysée depuis des lustres.

- Ainsi, sur 8.352 objets de mobilier recensés, quelques « 721 n'ont pu être localisés », dont « 223 ayant disparu après 1995 ». Qui s'est donc barré avec les meubles ?

- Le bâtiment de l'Elysée tombe en ruine. La Cour mentionne un rapport sanitaire effectué en février 2008. Le chantier de rénovation coûtera 24 millions d'euros, sur 3 ans, dont une quinzaine imputé sur le budget du ministère de la Culture. On se souvient pourtant que Sarkozy avait rapidement décidé quelque 500.000 euros d'aménagement de confort une fois élu.

- L'un des deux Airbus A319 cédés par la Présidence a été vendu à l'Etat du Sénégal, pour 32 millions d'euros. La Françafrique se porte bien.

Blues du dimanche

Surnommée la "Diva de Chicago", lointaine cousine d'Howlin' Wolf, Zora Young se fait connaître au début des années 70 et se produit fréquemment en France.
Vous trouverez sa discographie .

- La voici dans "Daughter of A Son of A Gun":


- "Blues Fallin' Down Like Rain":


- "I Feel Good":


- Dans un morceau dont j'ignore le titre:


Bon dimanche.
  • Pour les amateurs: "Les pieds-paquets de Cigalon", Le Monde. Une merveille..!
  • "Nicolas Hulot envisagerait de quitter Europe Ecologie-Les Verts", Le Monde.
Dernière semaine avant les vacances. Quoiqu'en disent ses supporteurs transis d'admiration, Nicolas Sarkozy se reposait déjà depuis un mois, à coup de weekends prolongés au Fort de Brégançon. Mais cette semaine, le Monarque s'est fait rattrapé par l'actualité. Non pas qu'il y ait réagi. Mais il a parlé dans le vide, sur les vignes ou la fiscalité. Il s'est fait railler, voire ignorer. La confirmation d'une aggravation du chômage et de la crise de l'euro a plombé ces derniers jours avant les baignades au Cap Nègre.
Lundi, quelques ministres faisaient encore le service après-vente du sauvetage de l'euro par notre immense président. Laurent Wauquiez, toujours fidèle, jamais critique, nous livrait quelques périphrases dignes d'un culte inédit de la personnalité. Le quotidien Le Monde tentait de retracer ces quelques dizaines d'heures si décisives pour la monnaie unique. Qu'apprenait-on ? Qu'Angela Merkel est parvenue à convaincre Nicolas Sarkozy d'abandonner trois de ses réticences : la possibilité d'un défaut même partiel de la Grèce, le concours même facultatif des institutions financières privées, et le durcissement des engagements de retour aux 3% de PIB de déficit budgétaire pour l'ensemble de la zone euro.
Lundi, Nicola Sarkozy recevait un rapport sur ses propres dépenses de la Cour des Comptes. Immédiatement, l'AFP et quelques autres publiaient un satisfecit. Il fallait pourtant prendre le temps de lire le dit rapport. On y découvrait, assez facilement, que Nicolas Sarkozy avait dépensé 33 millions d'euros de trop pour son bel Airbus, à force d'insistance à le recevoir bien vite et d'aménagements si spécifiques (fours à grillade, rideaux électriques, espace de rangement)... La rigueur n'est pas pour tous en Sarkofrance. La Cour des Comptes confirmait aussi que Nicolas Sarkozy voyage beaucoup (99 déplacements en 2010), cher (19 millions d'euros par an; entre 100 et 200.000 euros pour une visite de province), et accompagnés. Et deux conseillers, Patrick Buisson et Pierre Giacometti, continuent d'être grassement payés pour livrer des analyses électorales pour la campagne de 2012.
Lundi, on attendait une réaction officielle et un peu ferme de l'Elysée sur l'incroyable massacre d'Oslo, où un malade revendiqué chrétien et effrayé par le multi-culturalisme et l'islam a tué près d'une centaine de personnes pour l'essentiel lors d'un rassemblement de jeunes travaillistes. La réaction de Sarkofrance fut incroyablement timide. Cet attentat-là ne servait à rien dans l'entreprise de reconquête électorale du candidat Sarkozy.
Lundi, Nicolas Sarkozy publiait une missive grandiloquente adressée aux parlementaires de gauche comme de droite. Il leur promettait de nouvelles initiatives, d'ici la fin de l'été, avec la chancelière allemande, et leur demandait instamment d'abandonner toute logique partisane pour sauver nos comptes. Dans l'opposition, on a bien rigolé. Notre Monarque était tel un proxénète nous donnant, sur le tard, quelques conseils d'abstinence sexuelle... Depuis qu'il est élu, la dette publique a cru de 250 milliards d'euros. Et lui-même annonça la même semaine qu'il s'obstinait à maintenir quelques-uns de ces cadeaux fiscaux...
Mardi, Nicolas Sarkozy était en visite au Cap d'Adge, l'occasion de quelques photos et d'une table ronde sur l'avenir du tourisme. Et de confirmer qu'il ne toucherait pas, s'il était réélu en 2012, à la baisse du taux de TVA dans la restauration qui nous coûte 2,5 milliards d'euros.
Mardi, on attendait, en vain, une réaction officielle de Nicolas Sarkozy sur la famine qui menace 12 millions de personnes dans la corne de l'Afrique. La Somalie crève de faim, mais la Sarkofrance ne fait rien. Sarkozy laissa l'un de ses nouveaux chouchous, Bruno Le Maire, expliquer que la France doublerait son aide alimentaire, à 10 millions d'euros au total. Moins que l'Espagne, la Norvège ou même l'Irlande. Nous sommes minables, radins, ignobles.
Jeudi, le chômage était le sujet à traiter, sauf pour Sarkozy. Les statistiques à fin juin venaient d'être publiées, et elles étaient encore une fois sacrément mauvaises. 33.000 personnes sont venues grossir les rangs des sans-emplois. Le baromètre de Marianne, qui réintègre les dispensés de recherche d'emploi, chiffre à 4,7 millions le nombre de chômeurs. Sarkozy, en début de semaine, confiait qu'il voulait « laisser les autres batailler ». Il pensait à la campagne pour 2012, qu'il ne cesse de faire. C'est aussi vrai pour la gestion des affaires courantes. Xavier Bertrand, ministre du Travail ou du Chômage, fut donc envoyé sur les ondes expliquer qu'il était « convaincu » que de faire baisser le taux de chômage sous la barre des 9% d'ici décembre même si la croissance « est en train de baisser considérablement ». Cela fait bientôt 5 ans que Sarkozy se plante sur le chômage. Bientôt cinq ans.
Ce jeudi, le candidat Sarkozy était dans le Vaucluse. Il avait de graves annonces à faire à la filière viticole : primo, il ne supprimera pas les niches fiscales qui aident l'emploi des saisonniers. Secundo, il veut que la France conserve la maîtrise de son droit de plantation de vignes. Ah... C'est tout ? Et le chômage de masse ? Rien à dire ni à commenter ? On aurait aimé connaître sa réaction sur la progression de près de 15% en « un an de reprise » du chômage des plus de 50 ans...
Vendredi, l'agence Moody's plaçait l'Espagne sous surveillance. Elle considère que le plan de sauvetage de la Grèce, qui prévoit un défaut potentiel du pays, créé un précédent fâcheux pour le crédit des autres Etats, dont l'Espagne, à l'endettement trop important. Que va faire SuperSarko ? On apprenait aussi que la Commission européenne avait adopté une directive pour accélérer la mise en oeuvre des programmes d’enfouissement de déchets radioactifs en profondeur. En France, le site de Bure dans la Meuse devrait accueillir des déchets des pays voisins. Pas de commentaires au gouvernement.
Plus près de nous, en France, le ministère de la Justice s'énervait contre l'initiative d'un procureur, à Dunkerque. Lundi dernier, ce dernier demandait aux juges de son tribunal de cesser les emprisonnements, faute de place. Il faut avouer que le taux de surpopulation carcérale atteignait 115 % à fin juin, avec 64 726 personnes incarcérées en France pour 56 081 places ouvertes. C'est l'un des autres gros échecs de Nicolas Sarkozy. Mais chut...
Vendredi, Nicolas Sarkozy aurait pu faire commenter, ou critiquer la dernière révélation de Mediapart sur ses relations avec Ziad Takieddine. L'intermédiaire a été rémunéré au titre de son rôle, pourtant flou, dans la vente de sous-marins français au Pakistan en 1994 puis de frégates à l'Arabie Saoudite. Mediapart a révélé combien l'homme était proche de Nicolas Sarkozy et de son premier cercle. Jeudi 28 juillet, la nouvelle information était une bombe : selon Mediapart, Claude Guéant a été « le pivot des deals financiers de la France avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, de 2005 à 2007 » pour des affaires aussi variées que une livraison occulte de matériel de guerre électronique en avril 2007 à la Libye, des visites répétées à Tripoli depuis 2005, et des négociations de contrats, niées sous serment devant l'Assemblée nationale par Guéant lui-même.
Il y a un an, jour pour jour, notre Monarque prononçait aussi son grave discours de Grenoble, mêlant insécurité et immigration, déchéance de nationalité, voile et sécurité. 365 jours plus tard, on attend, comme depuis 2002, les résultats. L'échec fut complet, patent. Avec ce discours puis sa chasse aux Roms, Sarkozy s'était mis à dos l'Europe, l'ONU, les centristes de sa propre équipe, sans gagner un point dans les sondages. Un fiasco total, preuve que le « Patron » avait sans doute perdu la main. Sarkozy, depuis, se cache de toute polémique. Il laisse les autres « batailler ». Claude Guéant, son nouveau ministre de l'intérieur, est revenu en fonction, après 10 jours d'arrêt maladie pour cause d'intervention chirurgicale.
Ami sarkozyste, où es-tu ?



P.S. : Cette semaine, un confrère blogueur est décédé. Il s'appelait Le Coucou, et animait un blog clavésien dont la maxime était « la démocratie est notre affaire ». Son dernier billet datait de dimanche 24 juillet. Hommage lui soit rendu. Ces billets resteront sur la Toile.
Je n'avais, avant sa candidature, pas grande sympathie pour Nicolas Hulot, l'animateur de TF1, compagnon de route de quelques multinationales peu suspectes d'écologie, et ami de J. Chirac.

Je reconnais cependant que sa déclaration de candidature m'a heureusement surpris, comme je l'exprimais sur ce blog le 14 avril, légèrement tempéré par sa déclaration d'anciens contacts avec JL Borloo dont la réalité du contenu a été, à mon avis, gonflée par les médias et ses adversaires.


Bien qu'ayant finalement choisi Henri Stoll, je me suis bien gardé de toute attaque contre aucun des quatre candidats, ni au premier ni au second tour (où je me suis abstenu).

Alors qu'il déclarait le 4 juillet: "A l'instant où le candidat ou la candidate sera choisi, je serai dans le constructif et le positif", je trouve maintenant, à la fois très "petit bras" la déclaration de N. Hulot (Le Monde), et un peu mégalo lorsqu'il évoque un "immense gâchis" du simple fait que, démocratiquement, sa candidature ait été refusée par les électeurs de la primaire EELV.  Il la joue très mauvais perdant en se présentant presque comme l'homme providentiel qui nous aurait fait l'aumône de sa candidature et qui est mortifié qu'un ramassis de crétins ne l'aient pas choisi: "... Et plus que les électeurs, les militants. Ils aiment les formules, ils aiment les ennemis désignés. Prononcez cinq fois le mot Sarkozy dans un discours : vous provoquez des orgasmes..".

Quoiqu'il en dise, il a bénéficié du soutien d'une bonne partie de la direction d'EELV et ce ne sont pas les quelques piques (pas d'ailleurs forcément du meilleur goût) de N. Mamère qui ont pu changer les choses. Je crois plutôt que la propagande surabondante et répétitive de ses groupies sur l'ensemble des listes de diffusion internes a vraisemblablement été contreproductive avec des arguments largement éculés. "Votez N. Hulot sinon nous ferons 3% aux Présidentielles": dit une fois ça peut porter, répété des dizaines, ça lasse.

Il faut s'y faire, l'immense majorité des adhérents et coopérateurs EELV ne sont pas, comme chez certains ailleurs, les obligés de barons. Ils choisissent leur candidat en fonction de leurs opinions et non pas de leurs intérêts. Et c'est là, à mon avis, une excellente chose.

Espérons qu'il se reprenne et que, les cicatrices à son égo un peu refermées, il s'engage dans la campagne aux côtés de la candidate démocratiquement désignée. Or, ce n'est pas l'impression que donne sa rectification dans Libération.

A moins que sa déclaration sur JL Borloo n'ait été prémonitoire...
  • Primaires socialistes: si JN Guérini soutient M. Aubry, R. Navarro (ex-premier soutien de G. Frèche et contre lequel le PS a porté plainte pour "abus de confiance"), exclu du PS soutient F. Hollande (MédiaPart): "Robert Navarro est «mandaté pour coordonner la campagne de François Hollande pour les primaires dans le département de l'Hérault». La décision lui a été notifiée par Stéphane Le Foll, président de «Répondre à gauche», le courant de l'ancien premier secrétaire, dans un courrier daté du 21 juillet que Navarro a montré à Mediapart". Ah, que c'est beau le renouveau...
  • "Non, la situation militaire ne s'améliore pas en Afghanistan !", Le Monde.
  • "Bernard Tapie cherche-t-il à échapper au fisc français ?", Rue 89.
  • "Le chômage explose, surtout dans l'industrie", Marianne.
  • ""Nice nous demande 1.000€ par bureau de vote pour organiser les primaires", s'indigne Harlem Désir", Nice-Matin.
  • "L'agence de notation Moody's, qui vient de rétrograder 6 régions espagnoles, menace le pays entier de subir le même sort. Un effet domino pas étranger au sommet européen de sauvetage de la Grèce", NouvelObs. Après la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Irlande...
  • Comme chaque été, une ciottise, plagiat de S. Royal: "Eric Ciotti propose une loi pour un encadrement militaire des jeunes déliquants", Libération
  • "Guéant et Sarkozy mis en cause pour des contrats avec la Libye en 2007", Le Monde.

Chômage : ce sujet que le candidat Sarkozy veut éviter

Le chômage remonte. Ou plutôt : le chômage continue de progresser. Depuis janvier 2010, et une curieuse émission télévisées, Nicolas Sarkozy nous promet qu'il va baisser.

« Je veux être tranquille, comme je le suis maintenant, faire mon travail, et les autres batailler. » Cette confidence de Nicolas Sarkozy rapportée par le Canard Enchaîné (27 juillet) et Le Parisien-Aujourd'hui en France (23 juillet) paraît bien symbolique de la part d'un président qui fait très attention, depuis 18 mois déjà, à éviter de parler du chômage. Car ce président, qui est candidat, a bel et bien choisi de laisser le sujet à d'autres.

Stratégie d'évitement
L'ex-candidat du Travailler Plus se refuse à organiser des tables rondes sur le sujet. Tout au plus l'évoque-t-il au détour d'une phrase, ou bien sous un angle particulièrement ciblé (comme l'emploi des médecins en zone rurale, ou l'emploi agricole). Mais du chômage de masse, rien, jamais.

Mardi, il visitait le le chantier du centre aquatique de l'Archipel du Cap d'Agde, puis parlait ainsi tourisme, nous lançant d'impérieuses maximes comme « la bataille du tourisme se gagnera sur la qualité ». Jeudi, il s'attardait dans un vignoble, à Châteauneuf-du-Pape. Il voulait évoquer, a-t-il expliqué, « les perspectives d'avenir de la viticulture, à la croisée l'identité culturelle du pays».

Qu'avons nous retenu ? Qu'il maintiendrait la réduction de TVA pour la restauration (2,5 à 3,0 milliards d'euros de coût budgétaire par an), alors que la veille, il écrivait aux parlementaires pour que « la France, tout le monde le comprendra, doit être exemplaire dans la remise en ordre de ses comptes publics et de son économie.»

Jeudi, il en rajoute une couche : « ce qu'on doit supprimer, c'est les niches fiscales inutiles. (…) les niches au service de l'emploi, celles-là je n'ai pas du tout l'intention de les supprimer ». Il pensait … à l'exonération de charges pour les travailleurs saisonniers agricoles, soit 700 millions d'euros de coût par an pour le budget de l'Etat : «notre déficit de compétitivité tient à notre modèle social. » Pour le reste, il veut surtout limiter l'ouverture de vignes car, « si on laisse planter la vigne partout où cela est possible, on va laisser exploser l'offre, sans que la demande suive. Il y aura donc une baisse massive des prix et à terme la disparition de la viticulture.»

On a même compris qu'il était presque officiellement candidat. Incroyable !
«Vous en entendrez des gens qui vous diront des choses, vous en entendrez des gens qui vous promettront des choses, leur caractéristique, c'est qu'on ne les revoit pas. Ça permet de dire une fois quelque chose et puis après de partir. Moi j'ai l'intention de revenir

Douche estivale
A fin juin 2011, le nombre officiel de sans emploi a bondi de 1,3% en juin par rapport à mai, (soit 33 600 personnes supplémentaires) et 4% sur 12 mois glissants. Le nombre total de chômeurs enregistrés à Pôle Emploi a augmenté de de 0,6%, pour atteindre 4 368 200 personnes en France sur les trois principales catégories. Un chiffre que Marianne réhausse à 4,7 millions en ajoutant les 589.000 dispensés de recherche d'emploi (qui ont tout de même progressé de 1,6% sur un mois).

Heureusement que Nicolas Sarkozy n'avait pas choisi de visiter, cette semaine, des ouvriers casqués. L'emploi industriel est toujours particulièrement touché.

Sarkozy laisse donc les autres « batailler ». En l'occurence, son ministre du Travail. Xavier Bertrand a donc tenté de positiver par un joli mensonge, ce jeudi 27 juillet sur Europe1 : « Nous avons eu quatre mois de baisse et là nous avons eu deux mois de hausse ont effacé les premiers mois ».

C'est faux. Le chômage n'a pas cessé de progressé, tandis que le gouvernement ne cessait de communiquer sur une seule et maigre catégorie, la première (« A ») qui ne regroupe que les demandeurs inscrits sans aucune activité. Bertrand a tenté l'optimisme : « je maintiens l'objectif que j'ai fixé de repasser en dessous des 9% à la fin de l'année ». Mais il a concédé que les prévisions de croissance économique se sont gravement détériorées : ont-elles un jour été bonnes ? La croissance, a-t-il expliqué, « est en train de baisser considérablement ». Et comme il fallait bien dire qu'il faisait quelque chose alors que le journaliste insistait... et bien le ministre a trouvé la parade habituelle : « Cet après-midi nous avons une réunion sur l'emploi. Il est important de veiller à ce que tout soit mis en oeuvre sur le terrain ». Le chômage monte-t-il ? Et hop ! Une réunion !

Toutes les catégories sont concernées par la hausse du chômage. Comme le rappelle notre confrère Slovar, les seniors, hommes et femmes, sont particulièrement touchés. Sur un an, leur nombre inscrit au chômage a augmenté de … 14% !
 « les seniors sans travail de catégorie A sont de plus en plus nombreux. Les plus de 50 ans étaient 544 300 en juin 2011, soit une progression de 2% en un mois et de 13% en un an. Si l'on réunit les trois catégories A, B et C, le nombre de chômeurs seniors s'élève à 797 800, soit un accroissement mensuel de 1,5% et annuel de 14,3%.  »
Pour le candidat Sarkozy, cette hausse continue et régulière est une sacrée mauvaise nouvelle. Il espère que la tendance se retournera avant l'élection de l'an prochain. A défaut, il mise sur une comparaison internationale qu'il juge flatteuse. Pourtant, comme le rappelait notre confrère Nicolas, notre taux de chômage est plus élevé qu'aux Etats-Unis de Barack Obama, à qui Nicolas Sarkozy a demandé, samedi dernier, de tout faire pour éviter le défaut de paiement le 2 août prochain. Pire, à en croire un récent graphique publié par le Figaro, seuls les pays européens plus mal en point que nous sont l'Espagne (21%), la Grèce (15%), le Portugal (12%), l'Irlande (14%), la Slovaquie (13%), et la Bulgarie (11%).

Alors, cher ami sarkozyste, heureux d'être en si bonne compagnie ?

Jeudi soir, Sarkozy était reparti en weekend.
Je mets le blog en vacances pour quelques jours. 
Les posts seront irréguliers et non plus quotidiens, au gré de ce que l'actualité m'inspirera ou de ce que j'aurai envie de vous raconter.

Bonnes vacances à tous et prenez des forces pour une rentrée électorale qui risque d'être chaude.
  • "Quand Borloo et Estrosi étaient prêts à s'allier au FN", L'Express.
  • Inspirations architecturales, ArkhenSpaces.
  • Décevant: N. Hulot règle ses comptes, NouvelObs.

Wauquiez, : plus c'est gros, mieux ça passe

Incompétent ? Trop ambitieux ? Franchement branquignole ? Laurent Wauquiez ne surprend plus à chacune de ses interventions publiques. Pour quelqu'un qui espère un jour concourir à la magistrature suprême et incarner, en attendant, un certain renouveau, c'est bien dommage.

Il a été porte-parole du gouvernement, secrétaire d'Etat à l'emploi puis ministre des affaires européennes, et maintenant ministre de l'Enseignement supérieur. Laurent Wauquiez est l'un des grands promus de la génération Sarkozy. Et il sait remercier. Alors qu'il défendait une droite sociale, il a fustigé l'assistanat, réclamé le plafonnement des minima sociaux (comme s'ils étaient déplafonnés !) et le durcissement de l'accès à la Sécu aux étrangers qui cotisent.

Lundi dernier, il parlait au Figaro, non pas pour dresser un bilan de ses premiers à l'Enseignement supérieur, mais pour déclarer tout le bien qu'il pense de son patron.

1. Il fait parler les Français
Presque tous les politiques font cela. Cette bêtise n'est pas une exclusivité Wauquiez. Le garçon est simplement très vieux. Il pratique la langue de bois avec une assurance digne des plus grand. Tout récemment, il nous livrait ainsi ses grandes conclusions sur les « pôles d'excellence universitaire » qui, selon lui, devaient être aidés pour « affronter la concurrence du XXIème siècle ». Fichtre ! Qui aurait cru l'inverse ? :
« Les Français ont pris du recul. Ils ont réalisé que le monde dans lequel la France évolue est difficile. Ils ont pris conscience des risques terroristes, de guerre et des risques financiers autour de l'euro. »
2. Sarkozy est notre sauveur.
On va dire que j'exagère, que je caricature les propos de Laurent Wauquiez. et bien non ! Wauquiez concourt pour le titre chéri de premier des supporteurs. Il n'a peur ni des superlatifs ni des accusations de culte de la personnalité. Il ne craint même plus le ridicule. Le voici qu'il livre l'une de ses phrases qui nous rapproche de propagande nord-coréenne : « Au terme d'une nuit de négociations, (Sarkozy) est parvenu à sauver l'euro. Le président est le garant de l'unité nationale. » Sarkozy sauveur de l'euro et garant de l'unité nationale ? Un an quasiment jour pour jour après le discours de Grenoble sur l'immigration et la chasse aux Roms, l'unité nationale en a prit un coup. Sarkozy, depuis l'automne 2007, nage dans les basses eaux de l'impopularité. Quand au sauvetage de l'euro, il suffit de lire le compte-rendu des décisions prises la semaine passée à Bruxelles pour comprendre : si Sarkozy a sauvé l'euro, c'est parce qu'il s'est couché : il a accepté le défaut potentiel de la Grèce, la participation du secteur privé, l'élargissement du rôle du FESF pour emprunter sur les marchés, et le durcissement des critères de retour à l'équilibre (2013 au plus tard). Des points qu'il refusait jusqu'à lors !

3. Sarkozy ne penserait qu'à son travail.
On se pince de rire. Même au Figaro, Charles Jaigu reconnaissait publiquement la semaine dernière combien l'Elysée déploie d'énergie pour la cause électorale de son Monarque. Mais pour Wauquiez, Sarkozy ne pense à rien d'autres qu'à son « job ». Fichtre ! Pourquoi Sarkozy s'obstine-t-il à ne jamais réagir à l'actualité chaude ou tiède ? Pourquoi évacuer de ses interventions des sujets aussi essentiels que la progression de la pauvreté, la précarisation des classes moyennes, l'envolée du chômage ? Pourquoi préférer l'élevage de poulets,
« Il ne se laisse pas distraire quand sa cote de popularité remonte et n'est pas affecté quand elle recule »

4. Les promesses auraient été tenues
En quelques mots, trois phrases au plus, Wauquiez oublie le fiasco et érige son mentor en héritier direct de … Pompidou. Giscard, Mitterrand et Chirac peuvent repasser.
« Figaro :  Les promesses de 2007 ont-elles été tenues ?
L. Wauquiez : Oui. En outre, beaucoup a été fait dans des domaines où l'on n'attendait pas forcément la droite : l'enseignement supérieur, l'environnement, la culture. Surtout, les impôts pour les classes moyennes n'ont pas augmenté. C'est la première fois depuis Georges Pompidou. »
5. L'UMP ne serait pas un parti egotique
Sans complexe, malgré la guerre des sous-chefs qui a encore opposé récemment les quadra du gouvernement (Baroin, Pécresse, Le Maire, etc), Wauquiez préfère tacler le PS. C'est de bonne guerre.
« Le PS est un parti égotique, obsédé par lui-même. Ses leaders donnent l'image de politiques qui se préoccupent davantage d'eux que des problèmes des Français. »
Finalement, on comprend la démarche. Laurent Wauquiez est de ses (presque) quadra qui détestent Jean-François Copé presque autant qu'il adore Nicolas Sarkozy. La guerre, pour 2017 et après, est ouverte.

Ces gens-là s'imaginent rester dans le paysage politique pour encore quelques décennies.

Au secours !
Numéricable me fournit l'accès au bouquet Télé et à Internet, avec en prime, au téléphone fixe.
Hier, vers 2h du matin, panne complète, qui n'a été résolue que tout à l'heure, vers 23h30...

Vous allez me dire que j'ai du vivre un cauchemar ! Eh bien pas du tout. Cela m'a évité de dire du mal de Sarkozy et des soc-dem. Pas de journaux en-ligne (les seuls que je lise à part le Canard) et donc pas d'actualités. Je suis sorti, promenant abondamment mon chien, j'ai lu, bu quelques coups avec des copains, .. Bref une journée tranquille, mon épouse étant dans sa famille pour quelques jours.

Cela m'a amené aussi à réfléchir sur ce que j'écris sur mon blog, après certains commentaires peu amènes de ces derniers jours.

En fait, ce blog me sert à réfléchir tout haut, exprimant ce que je pense, à tort ou  à raison, et ce plus qu'à exprimer des position mûrement établies. Les réactions des commentateurs m'amènent d'ailleurs souvent à affiner ces premières réflexions. Et puis, que voulez-vous, j'aime discuter, de préférence avec des gens qui ne sont pas d'accord avec moi pour ne pas m'ennuyer.

Alors, ne craignez rien, à plus forte raison en cette année électorale qui va s'ouvrir, je vous proposerai encore des posts aussi provocateurs, voire davantage, du moins dans leur forme et hormis quelques abrutis pour lesquels l'insulte tient lieu de raisonnement, je continuerai à être ravi d'étaler mes raisonnements, certains diront ma mauvaise foi, de répondre aux commentaires, sur ce blog.
Prive d'accès a internet du fait d'une panne de Numericable, veuillez excuser l'absence post ce jour.
Poste,très mal, de mon IPhone
A demain si Numericable le permet.

On crève en Somalie, que fait Sarkozy ?

C'est un billet que d'aucuns jugeront de mauvaise foi. Un coup de gueule issu d'une coulisse blogosphérique. Il y a à l'Elysée et quelque part ailleurs, des gens dans les médias qui nous font la leçon sur ce Monarque qui bosse, travaille et nous protège. La preuve, même pendant un juillet pluvieux, ce président si dévoué file au Cap d'Agde ou dans une région viticole parler agriculture et équilibre budgétaire.

Ce mercredi s'ouvre la Conférence des donateurs, à Nairobi au Kenya, pour décider du montant et des modalités de l'aide internationale à l'égard de l'Afrique.

Depuis des lustres, c'est-à-dire des mois et des années, Nicolas Sarkozy n'a pas eu un mot, une phrase, une allusion pour une catastrophe humanitaire qui frappe l'Afrique, et la Somalie en particulier. Nous avons du attendre jeudi 21 juillet pour que son ministre de l'agriculture, le nouveau Sarkoboy Bruno Le Maire, communique sur une réunion d'urgence avec des ONG à Paris pour préparer la réunion du 27. Mais l'information fut complètement occultée par les débats sur le sauvetage de l'euro et de la Grèce à Berlin puis Bruxelles.

Mardi 26 juillet 2011, Bruno Le Maire intervenait à nouveau, cette fois-ci à la radio, pour expliquer que son Monarque avait fait de l'agriculture l'une de ses priorités alimentaires. Or le G20 ne se réunit pour décider qu'en novembre prochain. Après combien de milliers de morts ?

Bruno Le Maire a aussi promis un « doublement » de l'aide humanitaire à la Somalie... soit 10 millions d'euros au total. Vous avez bien lu : la « cinquième économie du Monde », comme nous le rabâche régulièrement Nicolas Sarkozy, va donner... 10 millions d'euros. L'Espagne voisine, prétendument au bord de la faillite (dixit Sarkozy), a proposé 25 millions. Et la petite Norvège 50 millions. La Sarkofrance est un nain quand il s'agit de donation désintéressée.

On se souvient, comparaison obscène, du coût des cérémonies du sommet pour l'Union pour la Méditerranée, en juillet 2008 à Paris : 16 millions pour 4 heures de discussions. « La communauté internationale a échoué à lutter contre la famine en Afrique et doit réagir par un investissement massif dans l'agriculture des pays concernés » a déclaré l'inutile ministre, ce mardi. « La seule façon d'éviter ces épisodes de famine, de voir encore ces milliers d'enfants qui meurent de faim à la frontière entre la Somalie et le Kenya, c'est que nous fassions un investissement massif dans l'agriculture locale des pays en développement ». On applaudit devant de telles déclarations d'intentions... Mais qu'attendait-il pour agir ?

Ce combat-là, la famine en Afrique, ne servait à rien pour la campagne de 2012. Notre Napoléon de pacotille, l'air si sérieux, le ton si grave, choisit lui-même, avec ses conseillers dans son bureau de l'Elysée, ce qui importe et ce qui n'importe pas, ce qui nécessite une intervention présidentielle et ce que la Sarkofrance toute entière peut ignorer sans risquer de choquer l'électeur.

La famine, immense, qui frappe la Somalie fait partie de ces sujets que la Sarkofrance a bien fait d'ignorer. Il y a peu, sur un autre blog, j'ai mentionné, tardivement, cette catastrophe humanitaire. En 2011, en Afrique, la sécheresse frappe, tue et dévaste, comme en 1984, à l'époque du Band Aid de Bob Geldoff. 28 années plus tard, l’histoire se répète. En Somalie, l’une des plus grosse famine du siècle se déroule sous nos yeux. Elle est niée par quelques milices islamistes qui refusent toute éventuelle ingérence humanitaire internationale.

En Afrique, 12 millions de personnes sont concernées.

En France, le mot Somalie n'est pas référencé sur le site Internet de l'Elysée. Le black-out est officiel et total. On peut assumer que le site élyséen rassemble périodiquement ce que les communicants et leur Monarque souhaitent que le bon peuple retienne de l'action présidentielle. Et bien, depuis un mois, les déclarations officielles de la Présidence de la République n'ont jamais mentionné la crise alimentaire en Afrique. On a préféré parler anniversaire de la naissance de Pompidou, Tour de France, plan pour la Grèce et l'euro, élevage de poulets dans le Gers.

A l'inverse, sans réaliser l'indécence de ses déclarations, Nicolas Sarkozy ce mardi 26 juillet a confirmé qu'il ne toucherait pas à la baisse de la TVA dans la restauration. Une mesure qui plombe les comptes de quelque 3 milliards d'euros par an, sans effet ni sur l'emploi, ni sur les salaires, ni sur les prix des plats. Ce 26 juillet, Sarkozy avait aussi envie d'écrire aux parlementaires français qu'il fallait inscrire très rapidement l'équilibre budgétaire au rang des maximes de la République dans notre constitution, et que chacun s'élève au dessus des intérêts partisans. L'homme du paquet fiscal de 2007 donne des leçons comme un proxénète des conseils en virginité. L'indécence et l'anachronisme n'ont plus de limite au coeur de l'Elysée. Il n'était pas difficile, pour ses concurrents de gauche ou de droite, de rappeler que Nicolas Sarkozy fut celui qui dégrada d'environ 300 milliards notre endettement public en moins de 4 ans, et doubla notre déficit budgétaire.

En France, Sarkozy joue donc l'union nationale contre la dette, sans transiger aucunement sur ses propres cadeaux fiscaux. En Afrique, des millions de personnes sont menacées de famine, mais la Sarkofrance ne sait quoi proposer.

C'est une question de priorité, électorale.
 Quelques éléments relevés dans la presse en-ligne hier ... 

Norvège: "Norvège: y-a-t-il vraiment une explication politique?", Marianne. Et si ce n'était qu'un '"fait divers tristement tragique et rien d'autre"? "Attentats d'Oslo : les extrêmes droites européennes craignent "l'amalgame"", Le Monde. "Attentats en Norvège : le jeu vidéo, éternel bouc émissaire des tueries", Le Monde. "La leçon norvégienne", Blog de J. Attali: "un pays ne peut rester durablement sans un projet politique, lui donnant un sens dépassant sa réalité matérielle, l’inscrivant dans l’Histoire. Et si les hommes politiques sont incapables d’en proposer un, exaltant, des fous s’en chargeront".
Le communiqué du Mrap. J'en partage l'analyse mais pas les conclusions: ce n'est pas en critiquant ou en manifestant contre les thèses racistes ou anti-immigrés qu'on fera avancer les choses, mais en proposant une politique en rupture, axée sur la justice sociale et les vrais défis auxquels nous sommes confrontés.

Lybie: "L'OTAN est dans une "impasse" en Libye, selon le plus haut gradé américain", Le Monde.

Japon: "Vivant à Tokyo, je dénonce ce gouvernement irresponsable", Rue 89.

En vrac: "La Droite populaire, beaucoup de bruit pour pas grand-chose", Rue 89. "Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des «dark pools»", Marianne *****. "Comment Guéant s'est mis les commissaires à dos", Marianne. "Négociation autour de la gratuité de l'autoroute", Nice-Matin, sauf que Nice-Matin attribue à C. Estrosi un problème soulevé par un conseiller municipal d'opposition. "Dette américaine : les fonctionnaires ne sont plus payés dans 35 états"WikiStrike. "Mauritanie : halte à la confiscation des terres !", Peuples Solidaires. "Algues vertes : hécatombe de sangliers sur les plages bretonnes", Le Monde. "Nicolas Sarkozy, son avion, et ses deux fours à 75.000 euros", NouvelObs. "Sarkozy veut capitaliser politiquement sur le déficit", Le Monde. "Le changement climatique augmente les rejets toxiques en Arctique", Eco(lo). "Le fichage des binationaux se met en place", LDH Toulon.

La campagne secrète de Sarkozy porterait-elle ses fruits ?

Il remonte dans les sondages, il se plaît à re-croire en sa bonne étoile. Ses fidèles soutiers se prennent à rêver d'une victoire l'an prochain. Les Français comprendraient enfin que le gouvernement travaille et que Nicolas Sarkozy est le président désintéressé et protecteur qu'il leur faut en ces temps troublés. Ces « éléments de langage » nous sont servis avec une régularité hors normes depuis bientôt 6 mois.

A huit mois de l'élection présidentielle, rien n'est perdu, rien n'est gagné. Mais Nicolas Sarkozy, le candidat secret, a mis en place une stratégie très simple qu'il suffit de décrypter, contrer, et moquer : contrôler les médias, maîtriser l'agenda national, choisir l'agenda international, fragiliser la concurrence interne, et déstabiliser l'opposition.

Qui à gauche ou ailleurs saura dézinguer le court Monarque élyséen ? Pour l'instant, préparez-vous à un second mandat.

Contrôler les médias
Une bonne campagne, c'est d'abord un story-telling efficace. Et pour cela, il faut de bons relais, c'est-à-dire des journalistes complices ou, à défaut silencieux. Le Figaro lui est acquis. Il n'y a qu'à constater l'exaspération de quelques journalistes de bonne foi, fatigué d'avoir à servir la soupe du Monarque à longueur d'articles. Du côté des télévisions, on a vite dit que l'éviction de Nauleau, Zemmour, Giesberg, ou Durand était la preuve d'une normalisation du débat télévisuel. Les pressions sont plus discrètes.

Contrôler les médias, ce n'est pas les asservir. Nous sommes en 2011. On donne des hochets, des «licences». Que penser d'autres de ce Conseil du Numérique ? Que penser de cette quatrième licence de téléphonie mobile accordée à Free, le groupe de Xavier Niel ? Ces décisions normalisent quelques pontes potentiellement incroyables.
Au plus près du terrain, les journalistes qui suivent la campagne de Sarkozy ne sont plus ceux de 2007. des plus jeunes, sans mémoire ni souvenir, les ont remplacés.

Maîtriser l'agenda national
Jusqu'en avril dernier, Nicolas Sarkozy semblait hors sol et incapable de maîtriser l'agenda médiatique national. L'affaire Woerth/Bettencourt, la réforme des retraites, le printemps arabe, les ministres « reprochables », l'actualité ne lui souriait jamais. Evidemment, l'antisarkozysme était généralisé.

Evidemment, quelques billets ici ou là (dont sur ce blog) pouvaient agacer, soulever, énerver. Sarkofrance fait assurément partie de la galaxie anti-sarkozyienne dans la mesure où Nicolas Sarkozy, depuis 2007 ou avant, ne laisse que peu de place à la mesure. Vous êtes avec lui ou vous vous êtes contre lui.

Certains peuvent être choqués de la violence de certaines attaques. A droite, on s'est habitué à l'idée qu'il leur faudra à nouveau voter pour le Monarque. Même les plus critiques n'ont rien fait pour soutenir, développer, encourager une candidature alternative. En octobre, une fois les sénatoriales passées, Borloo sera peut être ce candidat. Mais sa fidélité sarkozyenne jusqu'en novembre dernier rend la démarche peu crédible.

Fragiliser la concurrence interne
Pour des raisons de politique interne, le camp Borloo préfère attendre l'automne, ne pas partir trop vite, laisser filer les sénatoriales. Il lui manquera, de toute façon, un bon million d'euros pour fonctionner, ancienne subside de l'UMP désormais remise en cause. Sarkozy a aussi allégé son agenda présidentiel pour pouvoir mieux terroriser ou rallier les centristes de l'opposant. Il épargne enfin François Bayrou, qu'il espère voir grimper et handicaper son ancien ministre Jean-Louis.

Enfin, et surtout, il use et abuse de tous les hochets que la République lui a donné : postes ministériels, missions parlementaires, légions ou rétributions, soutien sénatorial ou subventions du Grand Emprunt.

Ensemble, tout est possible.

Choisir l'agenda international
La politique étrangère était son domaine réservé, le terrain de jeu idéal pour sa représidentialisation. D'abord, il y a toujours une crise à instrumentaliser. Créer et entretenir un climat anxiogène dont on ne saurait être tenu pour responsable, c'est une situation idéale pour un Monarque par ailleurs bien incapable d'anticiper ce qui nous arrive.

Ensuite, l'international lui a permis quelques prises de guerre : Bernard-Henri Levy, opposant tenace en 2007, est complètement sous le charme de Sarkozy depuis que ce dernier a envoyé des troupes en Libye.

Enfin, la politique étrangère permet de se donner de la hauteur. Evidemment, il faut choisir ses sujets. Préférer l'Afghanistan à la Norvège, ou la Grèce à la Corne de l'Afrique.Mais ça, c'est facile. Les Français se fichent pas mal de l'international.

Fragiliser l'opposition
Contre lui, il a tout le monde. Le Front National de Marine Le Pen est monté très haut, trop vite. Les sondages donnant Sarkozy absent du second tour ont produit les effets escomptés. Il fallait faire peur au centre-droit à un moment clé où l'opposition socialiste ne s'était pas encore cristallisé sur un leader.

Second facteur favorable, l'absence de rassemblement. Les quelques tentatives d'unité pour 2012 n'ont pas produit d'effet. A gauche, chacun prend toujours le premier tour de la présidentielle pour des primaires. Dix ans après un funeste 21 avril, ces gens-là n'ont rien compris.

Troisième facteur, et pas le moindre, l'affaire DSK. Le scandale du Sofitel n'a fait que griller trop tôt quelques cartouches scabreuses que le clan Sarkozy se gardait pour plus tard. Désormais il faut tenir. L'insistance du Figaro, par exemple, à tenir en haleine son lecteur en affichant François Hollande et Tristane Banon illustrait récemment comment les forces de Sarkofrance sont toutes entières dévouées à mouiller la quasi-totalité du parti socialiste dans ce sinistre fait divers.

Depuis la mi-mai, le clan Sarkozy a objectivement choisi d'instrumentaliser toutes les facettes de l'affaire DSK.
Je ne sais pourquoi, l'assassinat de masse norvégien me mène à penser que, de la même manière qu'avec le 11 septembre, nous avons franchi un cap supplémentaire vers la barbarie et que cela n'annonce rien de bon.

J'ai essayé, hier,  à chaud, d'expliquer pourquoi j'en arrivais à cette conclusion, mais sans, semble-t-il arriver à me faire comprendre, du fait vraisemblablement d'une argumentation faible et confuse.

Trois choses me troublent dans ce drame:
- le fait que ce massacre soit le fait d'un homme seul, psychopathe déséquilibré certes pour commettre un tel acte, mais intelligent et rationnel, prenant le temps d'expliquer en 1 500 pages les raisons d'un acte minutieusement préparé depuis des années.
- qu'un homme seul réussisse à tuer une centaine de personnes et à en blesser autant en une seule journée en deux endroits différents, tuant pendant près de deux heures, un par un, 80 personnes. Et pas dans une région perdue d'Afrique, mais à côté de la capitale, Oslo, d'un pays européen absolument développé.
- Qu'au delà de ses multiples appartenances successives, son fonds de commerce, son terreau fertile, reste celui de la haine de la gauche, de l'islam et des immigrés, du "multiculturalisme" et cela peut être suffisant pour l'avoir amené à un tel degré de monstruosité.

Reste que ce fonds de commerce est maintenant celui de nombreuses droites européennes, dont la notre plus particulièrement, alors qu'il était cantonné, jusqu'en 2007 à l'extrême-droite et une petite minorité (les "pizzaiolos") de députés Ump et que cela n'annonce rien de bon tant que la gauche n'aura pas rompu avec un socio-libéralisme mettant à mal l'ensemble du socle social de notre république, et sera capable de proposer des alternatives motivantes à tous ceux que le descenseur social sarkozien met à mal: une réelle politique de civilisation remplaçant celle du bouc émissaire.
  • "Qui a inspiré le tueur de Norvège ?", NouvelObs.
  • "Lu sur Fdesouche : le tueur d'Utoya «a des arguments cohérents»", Libération. 
  • "L'islamophobie, une idéologie de masse qui imprègne la société", Libération.
  • "Valls rêve d'une "majorité" élargie à Villepin et Bayrou", Le Monde.
  • "La mort de huit sangliers près d'une plage bretonne relance le débat sur les algues vertes", Le Monde.
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