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Prisons

La prison, dans une société à peu près civilisée comme la notre, doit remplir trois grandes fonctions: neutraliser certains individus, punir afin de responsabiliser et ré-insérer. Si cette troisième fonction n'est pas remplie, la prison devient une école du crime et de la récidive, enclenchant un "feed-back positif"', cercle vicieux des délinquants endurcis. Si j'admets des peines de prison pour des délits lourds, pour des gens à "neutraliser", il est nécessaire de multiplier les alternatives et les dispositifs de réinsertion pour les peines légères.


 Outre les conditions d'hébergement la plupart du temps lamentables (la plupart des prisons puent, sont abominablement sales, promiscuité et  sur-effectifs atteignent des sommets, ...), outre la rareté des formations accessibles et des rares travaux possibles chichement indemnisés, on estime que plus de 50% des détenus (pas seulement pour délits sexuels) ont des problèmes psychiatriques et sont laissés quasiment sans soins. Les autres maladies étant à peine mieux prises en charge. Tout semble fait, notamment concernant les peines légères, pour  fabriquer des récidivistes.


Wikipedia affirme: En France, les dépenses de l'État pour les prisons sont passées de 1,2 milliard en 2000 à 2,7 milliards en 2010. Un détenu y coûte, en moyenne, à la société 3 700 €/mois (2010). Le taux de récidive en sortie est supérieur que pour toutes les peines alternatives. Et, pour les courtes peines,  il s'agit de la formule qui "désocialise le plus les individus au lieu de permettre leur réinsertion".

Un "Rapport public thématique, Le service public pénitentiaire : « Prévenir la récidive, gérer la vie carcérale »" de la Cour des Comptes est à lire pour tous ceux qui s'intéressent à ce problème. Il permet de mesurer l'étendue des démagogies ciottesques, estrosistes, sarkozyste et guéannesques qui accompagnent les diarrhées législatives répressives de ces gouvernements et, non seulement leur inutilité, mais leur effet inverse.

Le modèle sécuritaire de ces gens-là est l'Amérique de GW Bush. Or, nous avons, actuellement, un peu plus de 63 000 personnes en prison, soit environ 0,1% de la population. Si le pourcentage des emprisonnés en France était le même qu'aux USA, il nous en faudrait plus du triple, avec un climat social très détérioré et un pourcentage de meurtres et assassinats sans commune mesure. 

Et pourtant au lieu d'analyser la situation, réfléchir, expérimenter, le discours sécuritaro-repressif continue de gagner du terrain.

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