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On avance

La lecture des médias d'hier m'a amené à la conclusion que les choses, du moins certaines, avancent.

Qui aurait dit qu'un jour, même le groupe socialiste, radical et citoyen de l'Assemblée Nationale proposerait, après S. Gatignon, une "légalisation contrôlée du cannabis" ? Chose que je réclame, bien que je n'en sois pas consommateur, depuis des année. (Le Monde). Et ce bien que ni F. Hollande ni S. Royal n'aient appuyé cette revendication et si les autres candidats à la primaire socialiste sont bien silencieux sur le sujet.

La législation française dans ce domaine est une des plus dures au plan européen. Pourtant, les études montrent que que le durcissement des lois en sert à rien et que, chez nous, 4 millions de consommateurs peuvent s'en procurer fort facilement, quasiment au grand jour.

J'en ai quelques-uns dans mon entourage, la plupart citoyens honorables et bien insérés dans la société, de tous âges qui en consomment modérément mais régulièrement, sans pour autant y être accro. De la même manière qu'on peut, comme moi, apprécier l'alcool dans certaines circonstances sans être alcoolique et pouvoir s'en passer de longues périodes.

Les études montrent que pour 100 qui boivent un verre d'alcool, 5 à 10% risquent de devenir alcooliques à un degré plus ou moins abouti. Il en est de même pour les fumeurs de cannabis et, sur ces 5 à 10%, une fraction seulement passera aux drogues dures. Pourquoi? Parce qu'ils ont un mal de vivre et que, à défaut d'alcool ou de haschich, ils iront vers autre chose s'ils ne sont pas pris en charge: anorexie, dépression, ... ou somatisations diverses.

Pourquoi une légalisation contrôlée comme pour l'alcool et le tabac ? Pour casser à la base les trafics et une économie parallèle qui gangrène certains quartiers, mène à une délinquance dure beaucoup de jeunes et commence à faire beaucoup de morts.

Toutes les sociétés ont régulé leurs fonctionnements avec des substances hallucinogènes. Elles les réservaient, aux temps anciens, aux périodes de fêtes et on le retrouve y compris dans le "vin de messe". Les fêtes traditionnelles s 'étant profanées, envahissant la vie de tous les jours, il était inévitable que ces substance fassent de même. Chez nous l'alcool d'abord puis, mondialisation et voyages obligent, d'autres substances, qui sont, au départ, des avant tout conviviales font partie, au départ, de modes de sociabilité des jeunes. N'oublions pas que l'alcoolique est d'abord quelqu'un qui boit seul et c'est aussi ce qui caractérise le "drogué".

Ces phénomènes nous montrent avant tout que le rêve d'un consommateur "rationnel" régulé par la "main invisible du marché" est une escroquerie intellectuelle, celui d'une société transparente aussi. Hormis les inadaptés, la masse des "gens normaux" (si tant est qu'ils existent) a besoin d'adjuvants à la sociabilité. C'est ce qui me mène à affirmer que le social prime sur l'économique et que plus nous irons vers la société atomisée de consommateurs dans laquelle entendent nous faire entrer la finance et ses domestiques, plus la consommation de ces adjuvants s'étendra, par tous les moyens, permettant, notamment du fait des droites au pouvoir, des avancées vers Big Brother.

Allez, pour le plaisir plutôt que pour justifier le titre du post, la chanson d'A. Souchon: "On avance":

  • "Grèce: la foule affronte les forces de l'ordre à Athènes", Libération.
  • "Le modèle chinois de contrôle social est en crise", Le Monde. Voir aussi "En Chine, la révolte violente des travailleurs migrants du sud", Rue 89.
  • "L'ex-juge Bruguière visé par une plainte pour "faux témoignage"", Le Monde.
  • "La prohibition des drogues douces, facteur d'insécurité", Le Monde et "L'interdiction engendre la société de la peur", Le Monde.
  • "Moody's menace de dégrader certaines banques françaises", Le Monde.

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