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Clearstream : étouffer Villepin ?

Lundi, un second procès Clearstream débute, presque trop tôt. Dominique de Villepin a démarré sa campagne, sans l'avouer complètement. Nicolas Sarkozy, candidat lui-même, l'a dépouillé peu à peu de ses proches et de ses arguments. L'enjeu était simple, décourager toute candidature à droite. Ce procès était une pierre de plus et encombrante dans le jardin de l'opposant à droite.

En juillet 2007, Dominique de Villepin avait été mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance. En septembre 2009, il est passé au tribunal. « Je suis ici par la volonté d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.» avait déclaré l'ancien premier ministre au premier jour de son procès, le 21 septembre 2009. Il n'avait finalement pas tort.

Un documentaire, diffusé une première fois en salle de cinéma, puis, dans une version plus longue, de plus de deux heures, sur CANAL+ un mois plus tard, relatait le déroulement du procès. Témoignages des principaux protagonistes à l'appui, l'auteur Daniel Leconte y laissait entendre, sans trop l'affirmer non plus, une thèse bien crédible et tristement troublante : Dominique de Villepin aurait été à l'origine de la machination - i.e. la création de faux listings de comptes secrets avec notamment Nicolas Sarkozy -. Secundo, Nicolas Sarkozy l'a su dès le début et a laissé l'affaire se développer pour mieux crier à l'imposture. Le titre du documentaire était éloquent : « le Bal des menteurs ».

Quand Dominique de Villepin fut finalement acquitté fin janvier 2010, Nicolas Sarkozy, partie civile, annonça qu'il ne ferait pas appel. Et quelques heures plus tard, l'hypocrite Monarque laissait son procureur Jean-Claude Marin faire lui-même appel au nom du parquet. Il a promis qu'il accrocherait ses calomniateurs à des crocs de boucher. A l'époque, ce vendredi 29 janvier 2010, Villepin était fumasse, dénonçant la tenue d'« une réunion à la Présidence » pour orchestrer la riposte. Le même procureur Marin fut celui qui, plus tard, se chargea de saucissonner l'affaire Karachi.

Depuis, Dominique de Villepin l'opposant s'est largement calmé. Sarkozy a négocié avec Chirac quelques arrangements pour son propre procès, finalement reporté en juin. François Baroin, l'ancien fidèle chiraquien, a été débauché en 2009, comme George Tron, le député villepiniste. En novembre, c'est carrément la porte-parole de République Solidaire, Marie-Anne Montchamp, qui rejoint le gouvernement Sarkozy. La députée craignait pour sa circonscription. C'est aussi simple que cela.

Même dans l'affaire Karachi, Dominique de Villepin avait beaucoup à dire. Ancien secrétaire général de l'Elysée de Jacques Chirac, l'homme a failli tout balancé devant le juge renaud Van Ruymbeke, en décembre 2010. Il s'est ravisé. Il a simplement témoigné que Jacques Chirac et lui avaient, en 1995,l'« intime conviction » de l'existence de rétrocommissions dans le cadre de la vente des sous-marins au Pakistan, une conviction suffisante tout de même pour vouloir annuler plus de 200 millions d'euros de commissions.

En début d'année, quand notre Monarque préparait son G20, Dominique de Villepin eut l'immense honneur d'être reçu à deux reprises à l'Elysée. Les photographes attendaient devant le perron du Palais.

Dominique de Villepin est encore capable de mots durs contre le Monarque.

Mais on sent que l'homme a peur.

Il sourit souvent, masque tout le temps.



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