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Beauté

Je reposte une chronique de mon ancien blog, du 9/10/08, souvent recherchée par Google.

Je suis en train de lire “Histoire de la beauté” de G. Vigarello (Points Seuil, 2004). C’est là un concept qui m’intrigue depuis longtemps, voire depuis toujours, en ce sens que si mes critères la concernant ont relativement peu varié, je m’étonne quelquefois, comme beaucoup d’entre vous je suppose, de ceux des autres.


C’est un concept à spectre large. La beauté concerne autant un morceau de musique  qu’un coucher de soleil, les plumes d’un paon qu’un tableau ou une sculpture, un paysage, une fleur, un roman, une poésie, une femme, un enfant, une démonstration, ….


L’ouvrage traite, lui, de la beauté humaine et, surtout de celle de la femme. Les critères de sa beauté commencent à émerger autour de la renaissance et, à l’époque, ne concernent que le “haut”: taille, cou, teint, visage, front, bouche, yeux. Le corset à baleine et les robes “qui s’échappent à l’horizontale” au dessous de la taille, dessinant le socle d’un “haut”, unique réceptacle de la beauté féminine. Je me régale des descriptions de l’époque: “seins blanchoissant comme albâtre et tes yeux deux soleils”, “large front d’yvoire poli”, et des recommandations d’Henry VIII à ses émissaires chargés de lui choisir une femme: “Ils verront sa main nue et remarqueront bien exactement comment elle est faite, si elle est épaisse ou mince, si elle est grasse ou maigre, longue ou courte…”. Les yeux sont “saphirs radieux”, “étoiles étincelantes”, … Les critères de la beauté, y compris chez Léonard de Vinci sont alors chrétiens (le haut et le bas) et en référence à un modèle parfait.


Au XVII ème siècle, la beauté prend en compte les attitudes, mouvements, gestes et expressions: les “manières”, “l’air et la grâce”, “la grâce et la modestie”


Le XVIIIème  découvre le pied, la jambe, la chute de reins et s’applique alors au corps dans son entier. Le corset e fait plus souple. Les miroirs, de petits et réservés au “haut”, deviennent psychés permettant à la femme de “se considérer à loisir des pieds à la tête”


C’est vers la fin du 19 ème siècle que la beauté s’intéresse aux hanches, parallèlement à une mode où la robe se fait “collante”. C’est à cette époque que ces dames se commencent à se préoccuper “d’amincir le bas”… Il faudra attendre le début du XX ème siècle et l’apparition des exercices physiques pour voir le corset disparaître, mais “… le corps “embelli” n’est plus seulement soumis aux soins du visage, ou aux mouvements physiques génériques, ou encore aux bains amincissants, il est soumis à des applications correctives précises, à des massages, à des interventions topologiqes variées”.


J’arrête là la description d’un ouvrage à la fois savant et agréable à lire qui se poursuit en montrant notamment  comment la beauté devient synonyme de minceur et où les critères de la beauté traduisent les oppositions entre les groupes sociaux, les genres et les générations.

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