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Le jour où Sarkozy s'est arrêté de gouverner

Nicolas Sarkozy se veut plus discret, plus bosseur, « au travail ». C'est le message qu'on nous rabâche depuis ce 28 octobre au matin, au lendemain de l'adoption de la réforme des retraites. Depuis, quelle immobilité !

Ce mardi 31 mai, il était parti pour son pèlerinage annuel aux Glières, le quatrième depuis son élection en 2007. Une pure opération de communication sans aucun rapport avec les urgences du moment.

Son gouvernement est tout autant immobile, comme figé avant la bataille électorale. Fillon fait le SAV des réformes, les ministres meublent l'actualité. Tout le monde parle mais personne n'agit.

Discret Narcisse
C'est un peu sa roche de Solutré, « une façon efficace de montrer par l'image qu'il sait prendre de la hauteur » commentait Charles Jaigu, l'envoyé spécial du Figaro en Sarkofrance. François Mitterrand aimait marcher accompagné de ses proches et courtisans, une fois l'an. Sarkozy préfère la fausse sobriété solitaire et narcissique sur le plateau des Glières (Haute Savoie), haut lieu de résistance. « sobre », « discret », il vient toujours accompagné d'une centaine de journalistes, caméramans et photographes. Il commence toujours par serrer quelques mains devant la nécropole de Morette, où sont inhumés les résistants tués pendant les combats de janvier à mars 1944. Une centaine de militants UMP l'ont salué à la mairie voisine du Petit-Bornand où, à la différence de l'an passé, il n'a pas prononcé de discours. Il a ensuite filé en hélico sur le plateau des Glières, pour aller déposer une gerbe devant l'immense monument blanc dressé en l'honneur des résistants du maquis.

L’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » a dénoncé la mascarade médiatique. Le 15 mai dernier, 3 à 5.000 manifestants étaient présents sur les lieux pour dénoncer, par avance, la récupération sarkozyenne.

Sarkozy n'a pu s'empêcher de penser à cette fichue interview de son « ami » Jean-Louis Borloo, dans les colonnes de la Voix du Nord. Son ancien ministre du développement durable annonçait qu'il se préparait à la présidentielle, et qu'il comptait bien gagner la course (« Je me prépare pour gagner  »). Sa candidature sera officiellement annoncée après l'été. Borloo vise large : « je suis pour une nouvelle majorité que je veux incarner. Elle ira des socialistes déçus à une partie de l'UMP ».

Et pour le moment, il ne se prive pas de petites phrases assassines à l'encontre de son ancien Monarque : « Je vais présenter un projet pour une France juste. » Ou encore : «Le président, n'est pas un super premier ministre » ; « Pour moi, équipe de campagne devra rimer avec éthique de campagne.» Après l'affaire Tron, les déboires de Lagarde, voici le troisième pépin qui vient ternir cette séquence enchantée ouverte par l'arrestation de DSK le 14 mai dernier. C'est agaçant. Sa côte de popularité venait justement de reprendre 4 points ...

Gouvernement immobile
François Fillon meuble. Depuis l'automne dernier, rares ont été les réformes ou les programmes d'importance. Les sujets ne manquent pourtant pas (chômage de masse, précarité croissante, désordres financiers, inflation). A l'agitation communicante des deux premières années du quinquennat Sarkozy a succédé une immobilité préélectorale qui a débuté au lendemain de l'adoption de la réforme des retraites. Depuis début novembre, François Fillon et son gouvernement tentent donc de meubler l'espace politique, en recyclant notamment de vieilles décisions.

Christine Lagarde, pas encore partie au FMI, a encore une fois sermonné les pétroliers. Il paraît qu'ils ne répercutent pas suffisamment la baisse (provisoire) des cours du pétrole. Bruno Le Maire, à l'Agriculture, est obligé de bosser, rattrapé qu'il est par l'actualité de son secteur, de la sécheresse qui menace aux concombres espagnols empoisonnés.

Claude Guéant, à l'Intérieur, inaugure des « radars pédagogiques ». François Baroin, au Budget, a répété que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite serait respecté jusqu'au dernier budget du quinquennat. Il devait faire face à une nouvelle grogne dans la Fonction publique, un périmètre qu'il a repris au démissionnaire George Tron.

Grande innovation, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, a décidé de communiquer sur les 17.000 embauches plutôt que les 16.000 suppressions de postes de son ministère. Son collègue de l'Emploi, Xavier Bertrand, préfère critiquer l'éventuelle candidature de Borloo ou commenter le départ de Tron. Pour la journée mondiale sans tabac, mardi 31 mai, il a bien annoncé le déremboursement total du Champix. Il n'a même pas voulu commenter la récente livraison statistiques de ses services sur le chômage des 15-29 ans : 17% étaient au chômage en 2010 et le sous-emploi progresse.

A l'Assemblée, les députés planchent depuis hier sur le durcissement des conditions d'internements en psychiatrie, un texte qui fait frémir personnel médical et parents de patients. Fort opportunément, l'IGAS a publié ce même mardi 31 un rapport sur la situation des HP. Quelque 10.000 patients fugueraient chaque année. L'IGAS n'a relevé que 19 homicides en cinq ans. C'est trop, mais sans doute sans mesure avec le tableau apocalyptique dressé par Nicolas Sarkozy l'an dernier quand il promettait de transformer les HP en prisons de Haute sécurité. A la lecture du rapport de l'IGAS, d'aucuns pourraient conclure que ces hôpitaux manquent de moyens. Comme souvent, le gouvernement Sarkozy a avancé une autre réponse : la video-surveillance.

Fillon en SAV
François Fillon, lui, sillonne la France pour faire le Service Après-Vente des réformes sarkozyennes. Il ne s'en cache même pas. Fillon n'existait pas quand Sarkozy jouait à l'omniprésident. Le voici qu'il n'agit pas davantage maintenant que son Monarque tente de se faire oublier.

Lundi 30 mai, le premier ministre était ainsi à Strasbourg pour annoncer « 2,4 milliards d'euros d'investissement dans la santé ». Il visitait l'Institut de recherche contre le cancer des maladies digestives, qui avait reçu 67 millions de subventions publiques pour un investissement global de 215 millions d'euros en matériel d'imagerie médicale.

Fichtre ! On croyait que les caisses étaient vides. Rassurez-vous. Ces nouveaux milliards viennent d'une enveloppe déjà ancienne, le grand emprunt de janvier 2010, réservé à ces « investissements d'avenir » : « notre démarche, c'est celle de la modernisation, c'est celle de l'innovation. C'est également l'objectif du programme Investissements d'avenir, qui consacre environ 2,4 milliards d'euros à des projets ciblés sur la santé. Ce que nous pouvons voir ici, c’est la pertinence du programme d’investissements d’avenir de 35 milliards d’euros que nous avons engagé avec le Président de la République.»

L'exercice, depuis les premiers jours de ce Grand Emprunt, est sémantique. Il s'agit d'illustrer, exemples à l'appui, combien notre Monarque investit avec efficience l'argent public pour le bien commun. Chaque année, d'autres dizaines de milliards d'euros non étiquetés « d'avenir » mais tout aussi indispensable (comme le renouvellement des matériels de sécurité ou des équipements de l'Education nationale), sont réalisés sans tout ce foin médiatique pré-électoral. Et ces « investissements  d'avenir » font même parfois l'objet d'une attribution par des jurys internationaux, et non pas seulement pour des critères politiques, un processus que Fillon, ce lundi encore, qualifiait de « révolution culturelle ».


Je suis souvent interpelé, sur ce blog, ou par des amis et connaissances lors de conversations, sur le fait que les écologistes se trompent de combat, que leurs solutions sont incompatibles avec le capitalisme et le libéralisme financier et que ce sont ces derniers, et eux seuls, qu'il faut dénoncer et combattre.

Je réponds généralement que je suis entièrement d'accord avec la première partie de leur thèse mais que ces hydres assoiffées de fric ne se développent, la plupart du temps, qu'appuyées sur le mythe d'une croissance infinie (dans un monde pourtant fini), sur une sur-consommation confinant au gaspillage, y compris pour une partie des plus pauvres, du fait  notamment du parasitisme publicitaire, lui-même étroitement lié aux monde médiatique et aux principaux appareils politiques actuels, liaisons qui mettent en cause la démocratie même.
Les propositions écologistes, dénonçant ces faits, insistant sur une indispensable réduction des inégalités pour, qu'à côté des mesures caractérisant cette autre politique, les comportements individuels puissent évoluer en douceur, mettent en cause le capitalisme dans ses aspects inévitablement productivistes dans une critique autrement radicale que celle des revendications sur la propriété collective des moyens de production ou d'une régulation simplement sociale. Et ce, sans parler de tous les défis de moyen terme auxquels nos sociétés sont confrontées: eau, air, énergies, matières premières, réchauffement, toxicité des produits et aliments, ... Et sur lesquels il devient urgent d'agir.

Je suis partisan d'une écologie sociale, intégrant les luttes du XIX ème siècle pour les libertés, celles du XXème pour la justice sociale et une juste répartition des richesses. Et les points de clivage avec la gauche traditionnelle, portant essentiellement sur le mythe de la croissance et la logique productiviste ne doivent pas, ne peuvent pas nous empêcher de travailler ensemble pour affaiblir les tentacules de la mondialisation financière. Le point de clivage, pour moi, se situe là, même si cela ne doit pas nous empêcher, chaque fois que nécessaire de rejeter les ukases de certains baronnets locaux du PS.

Ps- Si vous avez 15 mn, jetez un coup d'oeil sur cette vidéo "The story of Stuff", avec sous-titres en français.
  • "La vidéoprotection, une gabegie", Le Monde.
  • Le climat s'emballe, la finance nous prépare une nouvelle crise... Et le G8 ne se préoccupe que de la protection des droits d'auteurs, la plupart du temps au mains de grands trusts. Ecrans.
  • "Le contentieux s'alourdit entre l'Etat et les départements", Le Monde.
  • "Climat : le cri d'alarme lancé par les experts", Edito le Monde.
  • "Ile-de-France : 406 000 demandeurs de logements sociaux à l'été 2010", Le Monde.
  • "PS: le gênant Monsieur Zapatero", Marianne.
  • "Du discours de Benjamin Netanyahu devant le Congrès des Etats-Unis le 24 mai 2011", Géographe du monde.
" Prendre de la hauteur... " 
Mag2lyon publie dans son numéro de juin un sondage exclusif que je vous livre sur mon blog avec le commentaire que ces résultats m’inspirent. Dans le droit fil de mon intervention ce week-end à la Convention nationale sur le projet, je réaffirme la nécessité du rassemblement.



Sarkozy est prêt à sacrifier les siens pour sauver sa pomme

Nicolas Sarkozy a fait le ménage ce weekend, rapidement. Très rapidement. George Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction Publique adepte du léchage de voute plantaire, a été démissionné en quelques heures. Deux plaintes pour agression sexuelle à son encontre risquaient de salir la nouvelle virginité morale du Monarque élyséen.

Car il veut rester « serein », « présidentiable ». Jusqu'au bout.

Mais à quel prix ?

Le camp sarkozyste dédouané ?
Ils ont chanté la Marseillaise, debout sur leur estrade, côte à côte malgré les inimitiés réelles et les coups bas de coulisses. Ils ont fait assaut d'amabilités au point d'en amuser l'envoyé spécial du Figaro. Fillon, Raffarin, Lefebvre, Copé se sont montrés samedi 28 mai en clôture d'un conseil national de l'UMP. On aurait dit un lancement de campagne, mais sans candidat.

Le premier ministre, toujours en campagne contre la gauche, s'est lâché contre le parti socialiste. Peu avare en amalgame depuis le déclenchement de l'affaire Strauss-Kahn, le premier collaborateur de Nicolas Sarkozy a sonné la charge : « A l'heure où les socialistes se trouvent dans l'obligation de ravaler toutes les leçons de morale qu'ils n'ont cessé de nous adresser, l'UMP débat, l'UMP réfléchit, l'UMP concentre ses forces

Jean-François Copé a considéré que la présomption d'innocence « est à mes yeux un principe essentiel, qu'il s'agisse d'un directeur général du FMI, d'un ministre du gouvernement comme de n'importe quel citoyen. (...) Les socialistes le défendent avec force lorsqu'il s'agit de Dominique Strauss-Kahn. Nous l'avons fait aussi d'ailleurs. Mais pourquoi alors ont-ils jeté aux chiens l'honneur d'Eric Wœrth et de Michèle Alliot-Marie ? » Comme dirait Jean-François Kahn, s'il y a présomption d'innocence d'un côté, c'est qu'il y a présomption de culpabilité de l'autre ? Et d'ailleurs, quel est le rapport entre les accusations de conflits d'intérêts adressées à l'encontre de MAM et Woerth, et celles d'agression sexuelle contre DSK et le secrétaire Tron ? Aucun.

Affaires à l'UMP
Le lendemain, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique George Tron démissionnait justement. Il est le 6ème ministre en moins d'un an à quitter précipitamment le gouvernement pour cause d'affaires. Une commissaire de police, « fort jolie » détaillait le Journal du Dimanche, aurait été mutée loin de Draveil, la commune dont George Tron est le maire. Deux employées municipales s'étaient décidées par ailleurs à porter plainte pour agression sexuelle.

Tron n'est toujours pas mis en examen. A New-York, il l'aurait été et serait déjà incarcéré dans la prison de Rikers Island. En France, Fillon « salue le courage et le sens des responsabilités de Georges Tron, qui a ainsi fait prévaloir l’intérêt général. Cette décision lui permettra d’assurer désormais sa défense en toute liberté. » Bizarrement, le ministre n'a pas démissionné de sa mairie de Draveil où il est pourtant justement mis en cause...

Tout présumé innocent qu'il est.

Une autre présumée innocente s'appelle Christine Lagarde. La ministre des Finances a entamé sa propre campagne, lundi 30 mai, pour prendre la direction générale du FMI. Elle a filé au Brésil. Dimanche, elle a tenté de s'attaquer, frontalement, au soupçon d'abus d'autorité soulevé par le procureur Jean-Louis Nadal dans l'affaire Tapie, qui a déposé le dossier à la Cour de Justice de la République. Et quelle plus belle attaque que de stigmatiser ... le procureur lui-même ?

Mais ce n'est pas tout. Lundi 30 mai, Jean-Marie Kuhn attaque Christine Lagarde. Cet homme d'affaires avait déjà porté plainte contre la Caisse des Dépôts pour son rachat jugée complaisant des parts du restaurateur Quick récemment racheté à Albert Frère, permettant à ce dernier de concrétiser une jolie plus-value. Cette fois-ci, M. Kuhn accuse Lagarde d'avoir autorisé le rachat par la même Caisse des Dépôts de 25% de la filiale de transport de gaz GRTgaz auprès de GDF Suez.

Lundi 30 mai, le site des Inrocks lâchait une autre bombinette, sur un autre ministre : Gérard Longuet, actuel ministre de la Défense (pour combien de temps ?) a été invité deux nuités dans un prestigieux palace, par le régime Ben Ali, en 2006. 2006 ? C'était il y a une éternité.

Le même lundi, Rue89 révélait que le grand magasin le Printemps de Nancy avait licencié pour faute grave une vendeuse qui avait plaisanté sur la présence d'un garde du corps aux côtés de Nadine Morano et de sa fille qui y faisaient leurs emplettes. Voici l'anecdote :
Albane, 36 ans, responsable du stand Kookaï, raconte :
« En plaisantant, un de mes collègues a affirmé qu'il pourrait le mettre en deux temps, trois mouvements par terre.
On arrivait alors devant la porte de service qui mène aux coursives du Printemps. J'ai répondu que pour se mesurer à lui, il fallait d'abord casser la gueule à Mme Morano. »
La ministre se trouvait juste derrière à ce moment-là. Albane et ses collègues restent interdits :
« On ne l'avait pas vue, elle n'a entendu que la fin de la discussion. Elle s'est énervée et a rétorqué : “Allez-y si vous voulez me casser la gueule, je vous en prie, je suis là.” »
 La jeune vendeuse s'excusant, à deux reprises, la ministre Morano répliqua : « Je n'en ai rien à foutre mademoiselle ! Vous n'aviez qu'à mesurer vos propos. Si j'avais été votre employeur vous auriez été licenciée sur-le-champ ! »

On croit rêver. Ou cauchemarder.



Stratégie de communication
Qui a dit que Nicolas Sarkozy était le meilleur DRH politique de France ? Ce weekend, l'Elysée a fait pression sur le ministre pour qu'il quitte au plus vite l'équipe gouvernementale. Il ne fallait pas « polluer » l'excellente séquence DSK par une minable affaire au sein de l'exécutif sarkozyen. Nicolas Sarkozy a donc sacrifié très rapidement George Tron. Lundi matin, ses sbires (Xavier Bertrand, Jean-François Copé) se répandaient sur les ondes pour expliquer que George Tron avait pris « la bonne décision ». La bonne décision pour qui ? Pour lui-même ou plutôt... pour Nicolas Sarkozy ? La réponse est dans la question.

Depuis novembre dernier, Nicolas Sarkozy peaufine son image de président travailleur, responsable et à l'écoute. Il prend de la hauteur. Qu'importent les sondages et son bilan, quasi-unanimement jugé détestable ou insuffisant ! On nous explique qu'il veut « montrer sans dire », une consigne publicitaire de partenaire de Rolex, Jacques Séguéla.

Pourtant, à chaque intervention publique, qu'elle soit provinciale ou internationale, Nicolas Sarkozy est bien en peine d'expliquer son bilan autrement que par une étrange répétition des quelques exemples soigneusement choisi : plutôt la suppression de la taxe professionnelle que l'allègement de l'ISF ou l'échec du paquet fiscal; plutôt la réforme(tte) des retraites que l'envolée de la dette ou l'échec sécuritaire.

Sarkozy ménagerait sa parole. Il est vrai qu'il est moins omni-présent sur les ondes. Mais le silencieux reste bien bavard et voyageur ; il engloutit des sommes folles pour servir sa cause électorale. On compte chaque semaine deux déplacements « de terrain », avec Falcon ou hélicoptère. Chaque corporation y a droit. Prenez ce mois de mai : le candidat prétendument discret qui laisserait la réalité parler pour lui est allé rencontrer des ouvriers (le 16), des employés EDF (le 2 mai), des Bretons (pour le 8 mai), des « net-entrepreneurs » (pour son e-G8, le 24), des agriculteurs (le 12), des gendarmes (le 19), des policiers (le 16). Chaque mois, il invite des centaines de parlementaires UMP aux frais des contribuables à l'Elysée. Sarkozy préfère aussi convier sa femme à un G8 - à moins que cela ne soit l'inverse.

Revirement allemand
Mais le vrai coup dur, ce lundi, est venu d'Allemagne. Angela Merkel, la nouvelle meilleure amie de Nicolas Sarkozy depuis la Grande Crise de l'automne 2008, n'a pas attendu bien longtemps, en rentrant à Berlin après le sommet de Deauville, pour annoncer que son pays sortira du nucléaire en 2022. En fait, une précédente coalition rose/verte avait déjà programmé cette sortie pour 2020. Une fois sortie de sa coalition avec le SPD, Angela Merkel avait suspendu le processus. «L'unité, c'est notre force et c'est la condition de notre victoire» s'écriait Copé. Le secrétaire de l'UMP veut y croire. Il s'adressait au dernier carré des fidèles du clan. Jean-Louis Borloo, justement, devrait se déclarer candidat cette semaine. Fichue semaine !

La catastrophe de Fukushima a eu raison du revirement allemand. A l'UMP, on se lâche et on dénonce la « folie verte » (dixit Claude Gatignol député et coprésident UMP du groupe d'études « énergies » de l'Assemblée nationale). Le directeur de la communication d'Areva a dénoncé une décision « hypocrite » de la chancelière allemande. Il y a pourtant quelques écologistes « centristes » pour se féliciter de cette décision : « la sortie du nucléaire en France est plus que souhaitable mais il n'y a aucune volonté politique » a ainsi commenté Corinne Lepage.

Cette décision affaiblit la position atomiste française.

Enervés, ils sont tous. 




EELV Pays niçois sort renforcé du Congrès régional. 
Parce qu'il a su réagir par un front largement rassemblé aux mesquineries qu'il a subi, rassemblant même, au delà, très largement les militants des Alpes Maritimes ainsi que quelques autres, d'autres départements.

La motion régionale "Pour une écologie sociale", déclinaison de la motion nationale "Maintenant", malgré les pressions et quelques procédés peu élégants a su atteindre un score très honorable pour une initiative décidée ex-abrupto, en très peu de temps, et ne disposant pas, contrairement à d'autres, du fichier régional.
Nous avons su, avec d'autres composantes du Congrès, éliminer les principaux aspects rappelant par trop le "centralisme démocratique" contenus dans la proposition de statuts. Le combat n'est pas terminé en ce qui concerne le Règlement Intérieur qui entendait donner le pouvoir au CPR pour les élections municipales des villes de plus de 40 000 habitants.

Reste maintenant à nous organiser à Nice.
- En regroupant cette division artificielle des groupes locaux en un véritable collectif qui sache créer les groupes de travail nécessaires.
- En mettant en place, au plus tôt, des groupes de travail par communes, dans la perspective des Municipales de 2014 dont nous sortirons, j'espère, autonomes tant en ce qui concerne un PS local à la direction décrépie, que de la gestion estrosiste de la ville.
- En militant sur le terrain, au plus près des besoins de la population, à travers des comités de lutte et de défense des habitants, sur l'ensemble des désagréments qu'ils subissent.
- En approfondissant notre travail et nos réflexions sur les grands dossiers: Grand Stade, OIN, Tunnel de Tende, qualité de l'air, gestion de l'eau, économies d'énergie,  mobilités,  agriculture de proximité, certes, mais aussi logement, création d'emplois,  écoles, sécurité, ...
- En rassemblant, le plus largement possible, sur nos propositions. 

Bref, enfin sortis de ces entraves bureaucratico- copinesques, tout simplement en remplissant notre mission première: militer, sans nous laisser distraire par les divergences qui naîtront lors des primaires, et tout en consacrant l'énergie nécessaire aux échéances électorales  de 2012.
  • "Les émissions de CO2 ont atteint un niveau record en 2010", Le Monde. Vanité des G8 et autres G20 au service du fric.
  • "L'Allemagne officialise sa sortie du nucléaire", Le Monde.
  • "La baisse du pétrole répercutée en partie seulement à la pompe", Le Monde.
  • "Georges Tron rejoint Christian Blanc, Alain Joyandet, Eric Woerth, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux dans la liste des ministres qui ont fait scandale", NouvelObs.
  • "Les "indignés" français évacués par la police à la Bastille", NouvelObs.
  • "Roland-Garros: belle perf' des exilés fiscaux !"Résultat d'exploitation (s).
  • "Le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini mis en examen", Le Monde.
" The best European rock and pop festivals "
Est-il besoin de traduire ? Ce titre est celui de l'envoyée du Daily Telegraph pour son article consacré à la 9e édition des Nuits Sonores. Jolie reconnaissance pour ce festival 100% lyonnais et 100% européen ! Autre preuve éclatante de cette notoriété : le soutien financier que l'Union Européenne vient d'apporter pour la première fois à un festival de ce genre. En sélectionnant ce rendez-vous dans le cadre de son programme de coopération culturelle parmi 5 lauréats, l'UE en fait le seul festival des cultures électroniques primé devant les réputés Sonar de Barcelone, Melt Festival de Berlin ou Bloc Week-End de Londres. Mon adjoint à la culture Georges Kepenekian a félicité les organisateurs des Nuits Sonores, et son équipe Arty Farty, à la fois pour l’ampleur du travail accompli et la qualité de ce festival, référence internationale dans l'univers des musiques actuelles, des cultures électroniques et numériques.
Bravo à Vincent Carry ! Il était venu me présenter son projet en 2001. Dix ans plus tard c'est largement à lui que nous devons le beau succès de cette manifestation qui, avec d'autres, contribue à l'aura culturelle de notre métropole. J'entends certains se plaindre que Lyon ne serait pas assez rayonnante. Qu'ils lisent un peu la presse nationale et internationale. Ils verront qu'on parle énormément de Lyon ! De l'Olympique Lyonnais Féminin, bien sûr, au sommet de l'Europe, ou des garçons qui pour la 13e fois consécutive décrochent le podium de Ligue 1 (et au passage un billet qualificatif pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions). Ils verront aussi qu'on parle beaucoup de Lyon pour la qualité et l'envergure de ses évènements culturels : des 5e Assises Internationales du Roman qui viennent de s'achever. De ces Nuits Sonores qui à partir de mercredi vont attirer des dizaine de milliers de visiteurs. De la 11e Biennale d'Art Contemporain qui se tiendra du 15 septembre au 31 décembre autour de 70 artistes venus d'Europe, d'Afrique, d'Amérique latine... Cette vitalité s'exprime dans tous les domaines. Elle est au centre de ce modèle lyonnais dont je parle souvent et qui est de plus en plus entendu à Lyon, en France, et allez, - disons-le sans fausse modestie ! - en Europe et dans le monde. Excellent festival à toutes à à tous !


"Fiels of Experiments", un film sur les Nuits Sonores du réalisateur Madjid Al Ayari, présenté en avant-première jeudi 2 juin au Mac. 
Soundtrack by Sptizer : facebook.com/therealspitzer

G8 : 93 incantations, zéro décision et la finance oubliée.

Sur le coup, on n'y a pas cru. Comment un sommet du G8 aussi préparé a-t-il pu déboucher sur aussi peu de décisions concrètes ?

Rappelez-vous. Depuis le début de la présidence française des G8 et G20, Nicolas Sarkozy et ses proches n'ont cessé d'en rappeler les enjeux, tout en concédant, dès le départ, que les désaccords intra-G8 ou intra-G20 étaient excessivement nombreux : stabilité des monnaies, équilibres des échanges commerciaux, régulation des marchés de matières premières, les sujets, depuis novembre, ne manquaient pas. Et pourtant, ce G8 de Deauville les a à peine effleuré. Pire, la régulation de la finance mondiale a été complètement évacuée !

Incroyable...

Le communiqué final qui clôtura le G8 comprenait 93 points. Une liste à la Prévert qu'il convient d'étudier pour comprendre, une succession d'incantations à peine lyriques, souvent verbeuses qui n'engagent rien ni personne. On se félicite, on encourage, on souhaite, on promet, on exige, mais, au final, on ne décide de rien. Tel est le G8, un grand spectacle médiatique. Celui-là n'a coûté « que » 60 millions d'euros...

Avant de partir en weekend, Nicolas Sarkozy surjouait l'effort fourni dans deux conférences de presse, l'une jeudi, l'autre vendredi. Il ne lui restait que cela. Ce G8 de Deauville ne restera pas dans les anales de la diplomatie mondiale. Peut-être faudra-t-il le comptabiliser, a minima, dans les dépenses de campagne du candidat Sarkozy.

Préambule
« Nous, chefs d'État et de gouvernement du Groupe des Huit, (...) avons réaffirmé notre profond engagement en faveur de la liberté et de la démocratie ». Le préambule commence fort. Quand on pense que ce brillant communiqué a été signé par le président russe... on se régale. « Prenant la mesure des évolutions récentes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu'en Afrique sub-saharienne, nous avons renouvelé notre engagement à soutenir les réformes démocratiques partout dans le monde, et à répondre aux aspirations des citoyens à la liberté, y compris à la liberté religieuse, et à l'émancipation, en particulier des femmes et des jeunes » Etc, etc, etc. Les 8 se félicitent de la démocratie qui est « la meilleure voie pour accéder à la paix », de « l'implication des citoyens », et, grande décision, les 8 ont « adopté une déclaration sur les printemps arabes ».

À Deauville, les Grands 8 se sont promis de « faire preuve, à l'avenir, d'encore plus de transparence dans le suivi de nos engagements respectifs en faveur du développement, de la paix et de la sécurité ». Et, gros effort, « pour la première fois dans l'histoire du G8 », ils ont « adopté une déclaration conjointe avec des chefs d'État et de gouvernement africains ».

A l'égard du Japon, les autres 7 ont « témoigné » leur « profonde compassion aux victimes ». Ils ont aussi découvert l'internet, « un outil unique d'information et d'éducation » qui « contribue ainsi à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme ».  « Pour la première fois au niveau des chefs d'État et de gouvernement », le G8 s'est entendu « sur plusieurs principes fondamentaux, tels que la liberté, le respect de la vie privée et de la propriété intellectuelle, la gouvernance multi-acteurs, la cyber-sécurité et la protection contre la criminalité ». Les 8 sont même parvenus à trouver que le Forum e-G8, qui s'est déroulé à Paris les 24 et 25 mai, avait apporté une « précieuse contribution à ces débats ». Samedi matin, le tout nouveau président du Conseil national du numérique nommé par Sarkozy, ce nouveau Medef de l'e-économie, expliquait qu'il n'était pas sorti grand chose de ce forum.

Les 8 souhaitaient aussi « une croissance forte, durable et équilibrée ».Les imaginait-on désirer publiquement une bonne grosse dépression ? Ils se sont engagés « à accorder la priorité aux politiques publiques qui renforcent la croissance, telles que la recherche, l'éducation et l'innovation », mais aussi à encourager « la croissance verte ». Evidemment, ils voulaient  « tirer toutes les leçons de l'accident nucléaire survenu au Japon », il aiment « la paix et la sécurité internationales », exigent  « l'arrêt immédiat de l'usage de la force contre les civils par les forces du régime libyen ». Et appellent Israéliens et palestiniens à « conclure un accord-cadre sur l'ensemble des questions relatives au statut final ».

Paroles, paroles...

Voilà pour le préambule. Place aux 93 « décisions ».

Solidarité avec le Japon
La solidarité avec le Japon constitue premier chapitre du relevé de décisions. Les 8 ont rappelé la catastrophe du 11 mars, leurs « condoléances pour toutes les victimes de cette tragédie » , loué le « courage et la dignité dont a fait preuve la population japonaise », apporté leur « admiration et respect ». Ils se sont déclarés confiants dans « la résilience de l'économie japonaise » et sont d'accord pour offrir « aide et coopération », ni chiffrées ni planifiées.

C'est plutôt le Japon qui semblait redevable, puisque le Premier ministre du Japon a promis « tous les efforts nécessaires pour réduire les incertitudes que la catastrophe pourrait engendrer dans l'économie mondiale, en raison notamment de l'accident nucléaire » et « de fournir de manière régulière toutes les informations pertinentes concernant l'urgence nucléaire ». Il a même « assuré que les produits d'exportation japonais étaient sûrs ». S'il le dit...

Les 8 sont « déterminés à tirer tous les enseignements nécessaires de cette catastrophe, dont en particulier la nécessité de promouvoir, dans le monde entier, les plus hauts niveaux de sûreté nucléaire ». Justement, très discrètement, l'Europe (dont 6 de ses membres sur 27 sont au G8), s'est entendue sur des « stress tests » a minima de ses centrales nucléaires, lundi dernier.

Internet, enfin.
Le second chapitre est pour l'internet. Fichtre ! Il manquait la Chine pour signer la déclaration. Lisez plutôt.

 « Partout dans le monde, l'Internet est désormais un élément essentiel pour nos sociétés, nos économies et leur croissance.» (point N°4). L'eau mouille et le feu brûle. Autre chose ?

Les 8 étaient heureux de constater qu'Internet « représente un moyen unique d'information et d'éducation et peut par là-même contribuer utilement à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme » (point N°5). En revanche, pour les entreprises, « l'Internet est devenu un outil essentiel et irremplaçable » (point N°6). Sans blague ? Pour les États, « l'Internet est un instrument permettant de renforcer l'efficacité de l'administration.» En France, Internet a surgi dans notre régulation via les lois Loppsi I puis II qui autorisent tous les fichages, tous les espionnages, toutes les coupures. Encore une fois, on regrette que la Chine ne soit pas membre du G8 pour signer un tel texte. Les 8 ont aussi souhaité rappeler qu'il fallait assurer au Web « la non-discrimination et de la concurrence équitable » pour « guider et inspirer son développement » (point N°9).

Petits clins d'oeil aux droits de l'homme ou jolie déclaration d'intention : le développement d'internet doit s'inscrire dans le cadre « du respect de l'état de droit, des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de la protection des droits de propriété intellectuelle, valeurs qui guident la vie de toute société démocratique, dans l'intérêt de tous les citoyens » (point N°10). Enfonçons les portes ouvertes !

Aux Etats-Unis, le Patriot Act vient d'être reconduit par une Chambre républicaine pour 4 années consécutives. En Russie, 24 heures plus tard, une trentaine de personnes étaient arrêtées en marge de la Gay Pride. Les 8 souhaitent quand même créer « un cadre favorable, transparent, stable et prévisible » pour le développement d'internet - langue de bois, quand tu nous tiens - et « encourager l'utilisation de l'Internet comme instrument de promotion des droits de l'homme ».

Sujet important mais maintes fois rebattu, les  8 défendent les droits d'auteur, les brevets, les « marques déposées » et les « secrets commerciaux ». L'enjeu est « l'application effective des règles en matière de propriété intellectuelle ». La Chine n'était pas là pour signer. On regrette.  Les 8 aimeraient améliorer la « protection effective des données à caractère personnel et de la vie privée sur l'Internet ». Le patron de Facebook, le premier «user-generated » Big Brother n'a pas été convié à Deauville. Les voilà qui planchent sur une charte version condition d'utilisation de Facebook : « les utilisateurs qui doivent être mieux informés de leur responsabilité lorsqu'ils introduisent des données personnelles sur l'Internet, les fournisseurs d'accès qui stockent et traitent ces données, et les États et les instances de régulation auxquels il revient d'assurer le respect effectif de cette protection ».

Sur la sécurité des réseaux, les 8 veulent contenir les « menaces terroristes et criminelles ». Et pour ce, ils souhaitent « contribuer à la définition d'approches communes et de règles pour l'utilisation du cyberespace » (point N°17). Comprenez, harmoniser les mécanismes de contrôle international. Et les 8 sont évidemment hostiles à la pédophilie sur Internet (point N°18). Ils aimeraient aussi « améliorer l'accès à l'Internet dans les pays en développement ». Ils préfèrent que les États jouent « un rôle-clé » dans « la gouvernance de l'Internet pour lui permettre de s'adapter au rythme rapide des évolutions et des nouvelles utilisations technologiques et commerciales ». Comme en Russie ? Nous sommes prévenus.

Economie et finance
Chapitre trois, l'économie mondiale, le gros morceau...  croyait-on.

« La reprise mondiale gagne de la vigueur et devient plus auto-entretenue » (point N°23). Ah... encore un constat.  « Toutefois, des risques baissiers subsistent et les déséquilibres internes et externes » préoccupent les Grands 8. Ils se sont promis de rester concentrés sur la réduction des déficits publics, et une « croissance économique saine ». La quadrature du cercle ...

Sur la régulation des marchés financiers ou des matières premières, les engagements sont modestes (point N°24). Les 8 ont simplement « exprimé » leur « attachement aux processus engagés au sein du G20 afin d'élargir le dialogue et la coopération », concernant notamment le  « programme de réforme du secteur financier, l'atténuation de la volatilité des prix des matières premières, le renforcement du système monétaire international, ainsi que les évaluations en profondeur des causes de la persistance d'importants déséquilibres extérieurs et de l'éventail complet des politiques de soutien à une croissance forte, durable et équilibrée, dans le cadre du Processus d'évaluation mutuelle.» Tout est dit. C'est-à-dire rien. Aucun engagement. Sujet suivant.

25. Le G8 réaffirme « son engagement durable en faveur de marchés libres et ouverts », à travers l'OMC et contre le protectionnisme. Les 8 plus riches se sont déclarés préoccupés « que les négociations dans le cadre du programme de Doha pour le développement ne progressent pas de manière satisfaisante ».

Sur l'innovation et la connaissance, les 8 continuent d'enfoncer les portes ouvertes avec un lyrisme à peine dissimulé : « L'innovation est essentielle pour la croissance, la prospérité et les emplois dans l'économie de la connaissance ». Les platitudes se succèdent. Les 8 évoquent les « nombreux défis mondiaux clés de notre époque », « de l'éradication de la pauvreté, du renforcement de la santé publique, de la prise en compte de l'évolution démographique » (point N°26). Ils insistent sur « l'innovation, la croissance verte et l'Internet », qui seront « tous déterminants » pour sauver la planète et la croissance. Ils attendent « avec intérêt » les résultats des travaux de l'OCDE sur « le recensement des bonnes pratiques en matière de mesures concrètes appliquées dans le monde entier » en matière d'innovation (N°27). Ils soulignent « l'importance de la coopération » entre secteur public et secteur privé (point N°28), et invitent l'OCDE « à développer une analyse globale sur la manière de faciliter l'intégration des PME dans les chaines mondiales de création de valeur ». Sans proposer, ils aimeraient qu'il existe des « règles du jeu communes dans le domaine de l'innovation, notamment un système de propriété intellectuelle solide et robuste à titre d'incitation à l'innovation et de catalyseur de croissance » (point N°29). Ils insistent sur le rôle de l'Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle (OMPI), le principe des brevets, la transparence sur les marchés de technologies. Ils voudraient davantage de coopération internationale en matière de recherche, « en mobilisant des ressources et des talents pour relever les défis communs » (point N°30).

Sur la croissance verte, toujours autant de platitudes et aussi peu de décisions. Les Grands 8 sont « fermement convaincus » que « la croissance verte » est « indispensable » pour la croissance mondiale, et la création d'emplois (point N°31). Dans la foulée d'un rapport stratégique de l'OCDE, ils appellent « tous les acteurs », publics comme privés, à chercher une croissance verte (point N°32). À cette fin, ils promettent de mettre en oeuvre « un large éventail d'actions comportant des dispositifs fondés sur des mécanismes de marché, des dispositifs réglementaires et des mesures volontaires » (point N°33)... en coordination avec les les instances internationales compétentes (point n°34), visant au développement de l'emploi (point N°35), notamment vert, et à la coopération internationale (point N°36).

Evidemment, les 8 affirment leur soutien à « une utilisation efficace et durable des ressources par les acteurs nationaux et d'autres acteurs », notamment en recourant aux énergies renouvelables (point N°37)

Le chapitre 4 est consacré à la sûreté nucléaire. La catastrophe de Fukushima est dans tous les esprits. Les 8 rappellent « l'importance vitale de la sûreté nucléaire » (point N°38). Mais il n'est pas question de remettre en cause l'énergie atomique : « nous reconnaissons que les pays qui ont choisi d'avoir recours à l'énergie nucléaire accordent d'ores et déjà l'attention nécessaire à la sûreté de l'exploitation de leurs installations nucléaires » (point N°39), et que chacun est libre de ses propres choix « quant à l'utilisation de l'énergie nucléaire ».

Compte tenu des événements survenus au Japon, les 8 Grands invitent « tous les autres pays exploitant des centrales nucléaires à mener des évaluations [ de leurs équipements ] dans les meilleurs délais », sur la prévention des accidents, la préparation des interventions d'urgence, la gestion et l'atténuation des crises et la gestion post-accidentelle (point N°40).

Les 8 insistent sur la nécessité d'un « examen périodique des évaluations de la sûreté », et « à tous les stades de la durée de vie d'une installation nucléaire » (point N°41). Une lapalissade ? Pas sûr...Ils promeuvent « la coopération internationale dans le domaine de la sûreté nucléaire » (point N°42), le rôle de l'AIEA pour son renforcement, et demande aux pays qui ne l'ont pas encore fait, « de ratifier les conventions internationales pertinentes adoptées sous l'égide de l'AIEA » (point N°43). Concernant la Convention sur la sûreté nucléaire, une réunion extraordinaire des parties contractantes sera organisée en août 2012 (point N°44).

Aux pays en phase d'équipement nucléaire, les 8 conseillent « de mettre en place des infrastructures adaptées, dotées de ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant » (point N°45). On se pince pour le croire.... Sans blague !?!

A minima, les 8 concèdent qu'ils « étudieront » un éventuel renforcement des normes internationales actuelles (point N°46). Rien de plus.Mais rassurez-vous, ils sont « déterminés à promouvoir les plus hauts niveaux de sûreté partout dans le monde » (point N°47) !

A Deauville, les 8 ont pu se féliciter que les derniers investissements requis pour la sécurisation du site de Tchernobyl aient pu être mobilisés ces derniers mois... 25 ans après la catastrophe (point N°47) !

Et le climat ?
Chapitre V, le changement climatique et la biodiversité, gros sujets !

Les 8 enfonçaient une nouvelle porte, ouverte bien sûr : « la lutte contre les changements climatiques est une priorité mondiale », et il faut faire des « efforts de long terme » pour «  limiter effectivement la hausse globale des températures à 2 degrés Celsius au-dessus du niveau préindustriel, dans le respect de la science » (point N°49). Ils répétaient leur « volonté de partager avec tous les pays du monde l'objectif de réduire d'au moins 50 % les émissions mondiales d'ici 2050 » (point N°50). Dans cette optique, ils veulent « une réduction cumulée des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés d'au moins 80 % d'ici 2050 par rapport à 1990 ou à des années plus récentes ». Ils étaient évidemment « déterminés » à remplir leur « rôle » pour atteindre ces objectifs et « passer rapidement à une économie sobre en carbone »...

En France, Nicolas Sarkozy, depuis sa débâcle aux élections régionales du printemps 2010, répète tant qu'il le peut que « l'environnement, ça suffit » (point N°51). En quelques phrases, ils se félicitent de « l'issue fructueuse de la Conférence de Cancun » (point N°52). Le compromis adopté en décembre dernier était pourtant modeste.

En fin d'année, la Conférence de Durban constituera « une nouvelle avancée importante », promettent les 8. On se croirait revenu à Copenhague, en décembre 2009 : cette réunion de Durban, expliquaient-ils, « permettra de travailler en faveur d'un accord global, ambitieux, équitable, efficace et juridiquement contraignant impliquant tous les pays et incluant les responsabilités respectives de toutes les grandes économies dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre » (point N°53). Les 8 s'indignèrent du «rythme actuel de perte de la biodiversité » qui est « inacceptable » (point N°54), se félicitèrent, encore, d'une réunion récente sur la diversité biologique à Nagoya, et d'une étude sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité (point N°55). On est content pour eux.

Développement
Pour les pays pauvres, « le développement est un défi que nous devons relever ensemble » (point N°56). Quel engagement ! Les 8 plus grosses dettes occidentales promettaient donc de surveiller la mise en œuvre de leurs engagements en la matière, « de manière totalement transparente et cohérente » (point N°57). Ils ont même signé un rapport à Deauville, baptisé « Engagements du G8 pour la santé et la sécurité alimentaire - bilan et résultats », pour se féliciter du document final sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) intitulé « Tenir les promesses » (point N°58). Les 8 ont dû reconnaître que l'aide publique au développement (APD) promise pour la période 2004-2010 n'avait pas été versée comme prév (point N°59). Damned ! « Tous les engagements n'ont pas été totalement honorés, mais nous nous efforcerons, avec d'autres donateurs, de maintenir nos efforts ».

On a cru qu'il y aurait quelques décisions. Dans leur point N°60, les 8 promettent de « soutenir le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme », « d'améliorer la santé maternelle et de réduire la mortalité infantile », de verser les sommes qu'ils ont promises en 2009 pour la sécurité alimentaire. Pour le reste, ils se félicitent (de l'alliance GAVI pour la vaccination), ils reconnaissent, ils encouragent (« une réponse bilatérale et multilatérale globale et forte pour améliorer la sécurité alimentaire ») ils applaudissent, ils recommandent ( « l'éradication de la poliomyélite » ou « la facilitation des brevets pour faciliter la production de médicaments génériques »).

Les 8 aimeraient que la prochaine réunion du Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide à Pusan en Corée du Sud fin 2011 soit l'occasion « de revoir le programme en matière d'efficacité de l'aide » (point N°61), promettent d'améliorer la transparence de l'information sur l'aide versée par le G8.

On se souvient que la Sarkofrance a assez rapidement ajouté les prêts bilatéraux aux sommes de l'APD pour gonfler les chiffres. Mais les membres du G8 aimeraient que « les pays partenaires eux aussi améliorent la transparence ». En Sarkofrance, les enquêtes sur les détournements d'aide publique par quelques dirigeants africains sont découragées par le parquet, c'est-à-dire le gouvernement, avec une agilité et une obstination déconcertantes. Le G8 ose même déclarer soutenir la transparence dans le secteur des Industries extractives.

Paix et sécurité
En matière de paix et de sécurité, le G8 avait beaucoup à dire, beaucoup plus qu'en matière de régulation internationale. Ils exigèrent « l'arrêt immédiat de l'usage de la force contre les civils par les forces du régime libyen, ainsi que la cessation de toute incitation à l'hostilité et à la violence contre les populations civiles ». La nouveauté du sommet fut le ralliement de la Russie, qui s'était abstenue lors de l'adoption des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité en mars dernier, à l'intervention militaire (point N°64). Pour le colonel Kadhafi, la messe est dite : « M. Kadhafi et le gouvernement libyen ont failli à leur responsabilité de protéger la population libyenne et ont perdu toute légitimité. Il n'a aucun avenir dans une Libye démocratique et libre. Il doit partir.» Les 8 veulent soutenir « une transition politique qui reflète la volonté du peuple libyen » (point N°65), et accueillent favorablement  la « feuille de route sur la Libye » du Conseil national de transition.

En Syrie, les 8 sont « consternés par la mort d'un si grand nombre de manifestants pacifiques due à l'emploi massif de la violence » (point N°66), mais l'indignation s'arrête là. Ni la Russie ni la France ne souhaitent le départ du dictateur El-Hassad. Les 8 se contentent d'un appel aux « dirigeants syriens » (notez le pluriel) « à cesser immédiatement de recourir à la force et à l'intimidation contre leur peuple et à répondre à ses exigences légitimes de liberté d'expression, de droits et d'aspirations universels ». A l'égard des Israéliens et des Palestiniens, les 8 demandent de « reprendre le processus de paix » (point N°67), affirment leur soutien « à la conception de la paix israélo-palestinienne énoncée par le Président Obama le 19 mai 2011 » (c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967). Les 8 demandent aussi un assouplissement du blocus de Gaza et la libération inconditionnelle et sans délai du soldat Gilad Shalit.

Ils s'inquiètent aussi de la situation au Yémen (et condamnent « l'usage de la violence en réponse aux manifestations pacifiques partout au Yémen », point N°68) ou en Iran (et sa « répression actuelle des droits démocratiques », point N°69). Justement, quarante-huit heures plus tard, l'administration américaine demandait à ses ressortissants de quitter le pays.

Le climat international stresse les 8 Grands, au point qu'ils dénoncent « la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs » (point N°70), promettent de renforcer « l'architecture internationale de non-prolifération » (point N°71), et s'inquiètent des agissements de l'Iran (point N°72), de la Corée du Nord (point °73), et même de la Syrie (point N°74). Ils se félicitèrent d'un nouvel accord de dénucléarisation signé entre la Russie et les USA (point N°77), affirment lutter contre la prolifération, mais souhaitent « étudier des possibilités d'assurer un accès équitable et responsable aux bénéfices des utilisations pacifiques des technologies.» Pompiers pyromanes ? Ils aimeraient la tenue en 2012 d'une conférence sur une zone exempte d'armes de destruction massive au Moyen-Orient (point N°80), rappellent combien le terrorisme, c'est mal (point N°81), pointent le Pakistan, le Yémen, la Somalie et le Sahel comme des zones dangereuses, et réaffirment leur attachement à « un Afghanistan stable, pacifique et souverain » (points N°85 à 89).

Enfin, les 8 aimeraient que « le Pakistan remédie lui-même à ses problèmes sociaux, économiques et politiques en entreprenant les réformes nécessaires de toute urgence avec l'appui de la communauté internationale » (Amis pakistanais, démerdez-vous !), se préoccupent « vivement » de « la montée récente des tensions politiques et de la culture d'impunité au Zimbabwe », se félicitent du renforcement de la lutte contre le piratage maritime (point N°92), et encouragent la mutualisation de leurs opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU (point N°93).


Cette (trop) longue énumération ne révèle qu'une chose, l'incapacité des dirigeants de 8 vieilles économies à décider quoique ce soit de concret en matière de régulation, mais leur tout aussi grande détermination à faire croire de l'inverse.

Et à ce petit jeu, Nicolas Sarkozy est très doué.




Terminé ce 1er congrès EELV. Mieux qu'il n'a été entamé.

Samedi, journée de débat et d'élection du Conseil Politique Régional (CPR). Nous avions été quelques uns à l'origine d'une liste contre une motion dite de "rassemblement" (celle qui a obtenu près de 60% des voix et 10 élus) qui, bien que disposant (et abondamment) du fichier régional et de facilités téléphoniques n'a pu nous empêcher d'arriver, sans grands moyens autres que la bonne volonté d'un petit noyau, à 14,5% des suffrages et 2 élus au dit CPR, à la surprise générale. La liste  de DCB régionale en obtenant 6. Nous avons eu le plaisir supplémentaire de voir qu'une des personnes qui nous avait pourri la vie à Nice était du coup éliminée et que l'autre ne la ramenait pas trop.

Avec la seconde moitié du CPR, désigné par les Groupes Locaux, nous aurons certainement la possibilité de mettre en difficulté les tendances centralistes-démocratique de la majorité régionale si d'ordinaires elles avaient résisté à ce qui s'est dit samedi lors de ce Congrès.

Dimanche, journée apaisée, avec le vote des motions nationales, le combat (politique) se centrant sur l'opposition de la motion Duflot-Meirieu et celle de DCB, nettement remporté par les premiers (45% contre 29%), conformément aux résultats nationaux.

Que retenir de ces deux jours de congrès proprement dit ? Pour quelqu'un de mon âge et de ma culture politique, une ambiance particulière, des fonctionnements réellement démocratiques, des particularités de la culture écolo, notamment le souci des "doublettes", pas d'attaques frontales ni de mots et expressions trop dures et, dans l'ensemble, une ambiance bon enfant qui n'empêche pas que les choses soient dites.
Il a enfin parlé. Ou plutôt suggéré. A Deauville, Nicolas Sarkozy a évidemment tenu une conférence de presse en marge de « son » G8. Et il a dû répondre, pour la première fois publiquement, à une question sur l'affaire Strauss-Kahn. Sur ses propres affaires en revanche, point de questions.

DSK, si loin, si présent.
La défense de l'ancien patron du FMI s'organise. Ses avocats ont annoncé disposer d'éléments pouvant « ébranler sérieusement » le dossier d'accusation.

A Deauville, Nicolas Sarkozy a dû livrer son premier commentaire public en marge du G8. D'abord un gros demi-mensonge : « Vraiment, je me suis abstenu de prendre parti sur cette question, parce que vous savez parfaitement bien tous les procès qui me seraient faits quoique je dise. » Ou encore : « Certains commentaires que j’ai entendus me confortent dans ma décision de me tenir éloigné. » On sait bien que notre Monarque a multiplié les recommandations à ses troupes et les commentaires officieux satisfaits. Samedi dernier, dans l'avion qui l'amenait en Côte d'Ivoire pour l'intronisation d'Alassane Ouattara à la présidence, Sarkozy avait confié qu'il lui fallait fournir « beaucoup d’efforts pour contenir sa jubilation ». Le double discours est total.

Mercredi soir, dans un troublant article publié dans le Monde, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirmaient avoir la preuve de l'existence d'une « note rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base. Quelques lignes signalant la présence de Dominique Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture à l'ouest de Paris.» Et cette note, expliquaient les deux journalistes, avaient été fuitées « ces derniers mois » auprès du journal Le Monde par des « proches de Nicolas Sarkozy ».

A Deauville, Nicolas Sarkozy préférait se draper dans une fausse distance toute présidentielle : « Tout ceci est suffisamment triste pour que l’ensemble des responsables politiques essaient de garder de la hauteur de vue et de la dignité. Parce que devant tous ces événements, y’a des sentiments mêlés qui peuvent être contradictoires, et qui font partie de l’intime de chacun, et donc je en crois pas qu’en tant que chef de l’Etat, j’ai à prendre partie. Vous me dites ça porte atteinte à l’image de la France ? mais je ne savais pas que monsieur Strauss-Kahn représentait la France, et donc je veux m’en finir à cette position de recul et je l’espère, je l’espère, de hauteur de vue. »

Karachigate, si proche, si présent.
Ce n'est pas encore un coup dur, mais très certainement une première victoire, le prélude à une révision de la loi Sarkozy sur le secret défense de juillet 2009 qui bloque les enquêtes sur le Karachigate.

Vendredi 27 mai, la Cour d'appel de Paris a accepté de transmettre à la Cour de Cassation une question prioritaire de constitutionnalité sur la loi du 29 juillet 2009. Cette dernière élargi le secret défense, initialement opposable sur de simples documents, à une vingtaine de lieux sélectionnés par le gouvernement. Un véritable coffre-fort ! Tout juge d'instruction doit solliciter l'autorisation préalable du pouvoir exécutif avant d'effectuer des perquisitions dans des locaux soumis au secret défense. Le parquet de Paris, aux ordres du ministre de la Justice, s'était prononcé contre cette question de constitutionnalité. Sans surprise...

La Cour de Cassation pourrait à son tour transmettre la question au Conseil constitutionnel qui pourrait ensuite annuler ou pas la loi.

Le 27 avril dernier, la plainte a été déposée par l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi qui coûta la vie à 15 personnes, dont 11 Français, le 8 mai 2002. Comme le rappelle Mediapart, sept demandes de déclassification de documents ont été déposées par les deux juges, Marc Trévidic qui enquête sur le volet attentat de l'affaire et Renaud van Ruymbeke, en charge du volet corruption. Et, contrairement aux belles promesses de transparence de Nicolas Sarkozy, puis François Fillon et Alain Juppé en novembre dernier, les deux juges reçurent « presque autant de refus du premier ministre, des ministres de la défense et du budget ».

En novembre 2010, François Fillon a refusé au juge van Ruymbeke la perquisition du siège de la DGSE. En décembre, l'Assemblée nationale oppose à son tour un refus de communiquer les enregistrements des auditions réalisées par la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi en 2002. En avril 2011, François Baroin a opposé le secret au juge van Ruymbeke le secret défense sur le contrat de vente des frégates Sawari 2 à l'Arabie Saoudite saisis au ministère du budget.

La semaine dernière, on apprenait que le juge Trévidic avait reçu un rapport d'experts qui ruinait la thèse de l'attentat suicide. Le 15ème mort n'était pas un kamikaze. Et son rapport d'autopsie avait disparu du dossier de l'instruction ! Le juge Trévidic avait été surpris d'apprendre que cette piste, finalement validée, avait été émise dès les premières semaines suivants l'attentat, mais qu'elle avait été évacuée par son prédécesseur le Jean-Louis Bruguière, depuis rallié à l'UMP.




Opérette du dimanche

"La Belle Hélène", de Jacques Offenbach a été le premier disque qu'a acheté mon père, avec "Le gorille" de G. Brassens, en 1952, pour écouter sur le "tourne-disque" tout neuf qu'il venait d'acquérir. Inutile de vous dire donc, que ces microsillons ont tourné, tourné, tourné..., faisant les délices de ma soeur et les miens.
Et je reconnais que, depuis, je prends un certain plaisir à écouter des extraits de cette opérette de temps à autre.


- "L'aria final de Pâris":


- "Le trio patriotique":


- "La Marche des Rois":


- "Au mont Ida":


- "Amours divins":


Bon dimanche.

212ème semaine de Sarkofrance : un G8 pour une grossesse

Cette semaine, le G8 à Deauville tant attendu en Sarkofrance s'est achevé avec deux annonces majeures : Egypte et Tunisie recevront 40 milliards de dollars d'aides et de prêts. Et Carla Bruni-Sarkozy est enceinte.

Le spectacle était bien rodé, avec son décor de rêve dans l'une des plus Bling Bling station balnéaire de France. Sarkozy était partout, maître du monde, hôte sérieux et souriant, agité-branché de l'e-G8. Cette rencontre, que l'on croyait consacré à la régulation des marchés, fut en fait dédiée au printemps arabe. La régulation attendra encore quelques décennies. 

Une fois de plus, il y avait un profond décalage, cette semaine, la 212ème depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, entre les images officielles et la réalité de Sarkofrance.

Inutiles G8
Mardi, Sarkozy avait convié quelques stars de l'e-économie et des médias pour un « e-G8». Sur le site elysée.fr, cela fait chic, moderne, branché. Internet à l'Elysée, une appli iPad lancée le même jour pour tout suivre sur sa tablette. Dans les faits, puisqu'il y avait aussi le représentant de la plus grande dictature du Monde - la Chine - et Ruppert Murdoch, la magnat australien fidèle soutier de la droite américaine, on parla libéralisme mais pas liberté. La question de l'expression libre sur Internet n'était surtout pas à l'ordre du jour de ce coup de communicants. Mais Sarkozy fut d'un lyrisme inédit et pompeux : «Les rêves d’hier sont devenus réalités et l’univers des possibles s’agrandit chaque jour devant nous.» 


Sans DSK dans les pattes, notre Monarque devenait le très Grand Homme, le maître du Monde médiatique. Qu'importe le printemps arabe que la France a loupé, le chômage de masse qui perdure, la croissance qui reste molle, c'est le printemps de Sarkozy !

Communication indécente
Plus tard, jeudi, à Deauville, Nicolas Sarkozy avait invité ses 7 homologues du G8 dans l'une des stations balnéaires les plus Bling Bling du pays. A l'entendre parler de cette présidence française du G8 et du G20 depuis novembre dernier, on croyait que de grandes régulations nouvelles de la finance mondiale et des marchés de matières premières allaient émerger. En fait, comme le rappelait Jean Quatremer pour Libération, le printemps arabe a sauvé ce G8 d'un vide sidéral.

L'opération n'était qu'une farce grotesque, une opération de communication narcissique et préélectorale manifeste. Pour preuve, la place toute spéciale accordée à Carla Bruni-Sarkozy dans l'agenda officiel, distribué par les services de la Présidence. L'épouse exhibait son ventre arrondi aux côtés de quelques conjointes. Sarkozy avait convié 1.500 journalistes pour annoncer la grossesse de sa femme, photos du ventre à l'appui. Le plus drôle, c'est qu'il n'a pas l'assurance suffisante, à la différence de son ami Berlusconi, pour assumer cette intrusion de la vie privée.

A Deauville, le show était presque parfait, c'est-à-dire indécent. A leur arrivée, Sarkozy fit défiler les chefs d'Etat quelques mètres sur la croisette deauvilloise devant quelques centaines de militants et sympathisants UMP sélectionnés par le parti. Il y eut ensuite un « déjeuner de travail » sur la solidarité avec le Japon, puis une après-midi au centre de conférence situé en face du casino, puis à nouveau un « dîner de travail », mais avec conjoints, sur le printemps arabe et la Libye. . Le lendemain matin, les 8 devaient déjà passer la matinée à rédiger ... leur communiqué de presse de clôture : « Un nouvel élan pour la liberté et la démocratie » ! Fichtre, quelle emphase !

Sarkozy maître du monde
Sans surprise, le président français se livra enfin à l'exercice tant attendu de la conférence de presse, dès jeudi soir. Emprunt de sérieux, il put expliquer combien il voulait conserver tout le recul nécessaire pour éviter de commenter l'affaire DSK. Deux jours avant, le Monde avait révélé que ses proches faisaient circuler une ancienne note des RG prétendument compromettante pour DSK. Et samedi dernier dans son avion vers la Côte d'Ivoire, le Monarque avait confié à quelques journalistes, en « off » bien sûr, combien il jubilait de la disparition politique de Dominique Strauss-Kahn.

Ce jeudi, Sarkozy put également exprimer son soutien à la candidature de Christine Lagarde à la tête du FMI, « une femme de grande qualité, dont la personnalité est assez prévisible » . Sa ministre des Finances, peu inquiète que sa mise en cause dans l'affaire Tapie puisse la gêner, avait déclaré ses intention la veille. Mediapart a pourtant livré quelques pièces à charge contre la ministre, comme ce rapport du procureur Nadal adressé aux enquêteurs de la Cour de Justice de la République. Christine Lagarde, si l'enquête confirme, risque la mise en examen.

Petite estrade
Vendredi, re-belote. Nicolas Sarkozy remonta sur sa petite estrade deauvilloise, pour la clôture de ce G8. Il donna quelques leçons : pas question de restructurer la dette grecque. Nos amis les Grecs continueront de boire leur potion de rigueur : « Si la restructuration signifie qu'un pays ne rembourse pas ses dettes, c'est non. C'est clair et précis ». Mais pour l'essentiel, notre Monarque paraissait suiveur. Sur la Syrie, il s'est résolu à suivre Barack Obama pour « retirer notre confiance » au dictateur syrien et demander son départ. Sur le conflit israelo-palestinien, il a félicité la prise de position publique de Barack Obama qui, sans attendre le G8, avait livré un discours le 19 mai dernier réclamant la création d'un Etat palestinien. A l'Elysée, on avait serré les dents de rage et de jalousie. Une fois de plus, le président américain faisait de l'ombre au Monarque.

La seule grande annonce de ce G8 fut que Tunisie et Egypte recevront 40 milliards d'euros d'aide : 20 milliards des banques multilatérales de développement, 10 milliards des pays du Golfe et 10 milliards des membres du G8. Au passage, la Russie a officialisé son revirement à l'égard de Kadhafi, acceptant de signer une déclaration commune qui exige le départ du dictateur. Sur ces 40 milliards, l'aide française sera modeste: un milliard pour les deux pays. Un journaliste tunisien s'est demandé pourquoi le G8 n'avait pas plutôt décidé d'annuler la dette de son pays.

Scandales d'Etat
A Paris, l'un des ministres sarkozyens, George Tron, est à son tour accusé d'agression sexuelle par deux ex-employées municipales de  la commune de Draveil dont il était le maure; samedi, il s'interroge sur sa prochaine démission. Les dérapages sont nombreux. Quand l'Assemblée nationale étudie une proposition de loi légalisant le mariage homosexuel, une députée UMP croit faire un bon mot en lançant « Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? ». Claude Guéant, le ministre de l'intérieur, expliquait dimanche que « les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés », puis, mercredi, que les deux tiers des enfants d'immigrés quittaient le système scolaire sans diplôme. L'homme ne sait pas de quoi il parleVendredi, Thierry Mariani, secrétaire d'Etat aux Transports, renchérit : « une bonne partie des jeunes qui ont des problèmes sont issus de l'immigration ».

Mercredi matin, Xavier Bertrand commente les derniers chiffres du chômage qu'il était seul à connaître. C'est plus simple. Le nombre de sans-emploi baisse. Mais le nombre de petits boulots s'envole (+6%), tout comme la durée moyenne d'inscription. Le nombre de sorties du chômage pour cause de reprise d'emploi stagne.  Jeudi, quelques caméras de télévision filent filmer la grande opération de recrutement de professeurs sans diplômes d'enseignants organisé par Pôle emploi : l'Education nationale manque de remplaçants...

Vendredi après-midi, vers 15 heures, le G8 était terminé. Nicolas pouvait repartir en weekend avec Carla. Son Falcon 7X était cloué au sol pour un problème technique. Pas de problème, on lui envoya un autre appareil.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


Week-end de Congrès régional à EELV. A Fréjus en ce qui nous concerne. Aujourd'hui pour les votes régionaux, dimanche pour les nationaux.
Si, pour le National, au delà des piques habituelles auxquelles nous a habitué DCB, les choses se passent à peu près sereinement, en ce qui concerne le régional, cela aura été animé, comme vous avez pu le voir sur ce blog.
Après les pressions ("Vous n'avez pas le droit..."), intimidations ("Vous allez faire 30 voix"), et un racolage indécent de mandats annonçant mensongèrement que nous avions fusionné, nous avons eu droit à des tentatives de négociations ("On vous garantit telle et telle places au CPR..."). Finalement, hier soir, à l'unanimité  moins une voix, des signataires, de la motion, nous avons décidé de nous maintenir, d'autant plus qu'étant certains de dépasser les 30 voix et d'éviter le ridicule, nous n'avions rien à perdre.  

La ligne politique que nous défendons: non à un Conseil Politique régional (CPR) "usine à gaz", une structure régionale au service des Groupes Locaux, une méthodologie pour construire la "Coopérative", une autonomie des GL,... , a eu plus d'impact  que prévu, malgré les méthodes employées. Certes, nous ferons un score modeste mais vraisemblablement honorable et pèserons dans les débats futurs.

Mais surtout nous aurons montré que certaines méthodes ne passeront plus sans entraîner des réactions de la base. L'éthique y aura gagné et cela devrait nous permettre d'envisager un militantisme énergique sur Nice, déjà dans la perspective des Municipales (2014, c'est demain).

Donc, ne vous attendez pas à beaucoup de commentaires sur ce blog de ma part durant ce week-end, et n'en profitez pas lâchement :-) .
  • Arès le "Concombre masqué", le "Concombre tueur", espagnol de surcroît, Le Monde. Je ne risque rien, détestant le concombre.
  • "Des idées-force pour éviter les impasses de la globalisation", Le Monde. ****
  • Dans les heures qui ont suivi leur expulsion par la police, des milliers de barcelonais ont repris le contrôle de la place qu'ils occupaient.
  • "La sociologie, de Charybde en Scylla", Histoires d'universités.
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