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Libéralisme


L'humanité a d'abord été menée uniquement par la force. Les chefs de bande se sont fait seigneurs féodaux et monarques, prélevant sur les populations soumises de quoi entretenir de très confortables niveaux de vie pour eux, leurs proches et leurs domestiques. Il en subsiste quelque-uns, notamment dans les royaumes d'Arabie. 
D'autres, ailleurs, plus tard, se sont fait empereurs, caudillos, guides, juntes, … Leur principale revendication était, et est toujours, qu'on leur laisse la liberté de faire, avec milices, polices et armées, ce qu'il veulent chez eux pour préserver leurs prébendes... En fait, ce sont de vrais libéraux...
Les choses ont évolué à partir des années 20, jusque vers les années 70, où, à l'issue de luttes sociales larges et continues, quelquefois saignantes, dans ce qu'on a appelé le capitalisme «fordiste», la richesse produite était en partie redistribuée, parallèlement à l'approfondissement des mécanismes démocratiques garantissant alors des redistributions.
Avec la mondialisation financière, dès les années 80, les "libéraux" renouent avec ceux de mon premier paragraphe: laissez-moi faire ce que je veux, profiter de mes positions dominantes pour accroître encore ces dominations, mettre les gouvernements à ma botte soit directement en les faisant élire, soit en établissant des rapports de force, soit en les achetant... Spéculations effrénées, paradis fiscaux, combines financières tordues, fiscalités à leur entier avantage, au détriment de l'économie réelle, causant d'immenses dégâts sociaux, corruption directe ou indirecte (alors baptisée lobbying), s'annexant les médias, et mettant à bas la démocratie…
Mais surtout, refusant, comme les premiers, toute régulation et toute contrainte à leur droit du plus fort, usant de presque tous les moyens, légaux et illégaux pour ce faire.
Certes, de temps à autre, un malade sexo-maniaque, comme en Italie, où, chez nous, atteint d'une autre pathologie, en font trop et, malgré l'immensité des moyens mis à leur disposition, atteignent des records d'impopularité.
Lénine, si ma mémoire est bonne, disait qu'en dernier ressort, l'état se réduisait au policier (aujourd'hui, on parlerait du tank). L'état domestiqué par la finance a trouvé un intermédiaire moins voyant: mobiliser les mécontentements sur des boucs émissaires, variables selon les époques et les lieux.
C'est là l'abject brouet que nous servent les sarkozystes actuellement, pour réparer les échecs et les fautes présidentielles, mieux servir leurs patrons et essayer de respecter les apparences démocratiques. Car, comme je le disais hier sur FaceBook: "Dans notre pays, le nombre de cons pose davantage de problèmes que celui des musulmans".
Crise financière et économique, crise géo-politique, crise climatique, crise énergétique, crise démocratique... Cinq des crises des plus visibles ces derniers temps, sans parler de celles qui sont plus discrètes mais non moins puissantes. Elles annoncent des bouleversements incertains, imprévisibles, dont l'issue, hélas, ne sera pas forcément favorable sans mobilisations populaires et citoyennes.

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