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"Vrais Finlandais"

Il y a plusieurs hypothèses à cette montée, qui semble inexorable, d'une extrême droite populiste, xénophobe quand elle n'est pas ouvertement raciste, eurosceptique et nationaliste telle que l'explosion récente électorale des "Vrais Finlandais". Ces différentes hypothèses ne s'excluent pas mais, au contraire, s'additionnent et se renforcent.

- Une première examinera l'accélération des changements qui caractérise nos sociétés, créant des réflexes de blocage, d'autant plus que le poids des personnes âgées, statistiquement plus réfractaires au changement, s'accroît.

- D'autres mettront en cause le poids d'une immigration de tradition non-chrétienne, venant "manger le pain (et le travail) des français", créant des réactions de rejet. En oubliant que, hors toute considération morale, cette immigration a été amorcée et est maintenue, première forme de la mondialisation du travail, dès les années 50, par les milieux économiques et la droite afin de peser sur les salaires.

- Certains parleront  de la perte d'autonomie et de poids du politique face à une mondialisation financière pouvant peser sur les monnaies nationales si les politiques mises en oeuvre ne lui plaisent pas.

- Pour d'autres encore, et j'en fait partie, le virage de la construction européenne au cours des années 80, passant d'une Europe protectrice de ses emplois et de ses modes de vie à une institution, pointe avancée de la mondialisation financière, avec la complicité des socio-démocraties européennes, garantissant la libre circulation des capitaux et une Banque Centrale au service de la finance, amenuisant encore le pouvoir des politiques démocratiquement élus, porte une lourde part de responsabilité dans cette montée des droites extrêmes, d'autant qu'elle s'est accompagnée, en France du déni de démocratie du "Traité simplifié".

- La crise financière de 2008, et ses conséquences économiques et sociales dont les retombées se feront sentir au moins, sauf rechute, jusqu'aux environs de 2020,  qui a vu tous les gouvernements hormis l'Islande, renflouer généreusement les banques et autres institutions financières en reportant  l'effort sur les contribuables tandis que les cadres dirigeants et actionnaires continuent de se sucrer de manière indécente, n'a certainement pas arrangé les choses.

- La montée inexorable des inégalités atteignant, là encore des niveaux indécents, conjointe à la baisse des niveaux de vie, depuis les années 90, des moins favorisés et des classes moyennes n'a pu que renforcer, au delà d'un sentiment d'indignation, une délinquance qui exige des mesures martiales. Plus généralement, la montée des autres  insécurités: sociales et professionnelles, de prise en charge des problèmes de santé, corrélativement à un urbanisme de ghetto, favorise les opinions simplistes et démagogiques et les votes qui vont avec.

- La sensation, partout en Europe,  qu'une ploutocratie s'installe, avec des champs politiques, médiatiques et financiers se renvoyant, en permanence, mutuellement l'ascenseur ne contribue certainement pas à apaiser les opinions.

Cela annonce, dans les années qui viennent, la disparition de la droite classique, une partie, majoritaire, faisant alliance avec les droites extrêmes et l'autre se ralliant à un centre-gauche social-libéral... Cela pourrait alors permettre un développement significatif soit des écologistes, soit d'une gauche de la gauche, fonction de la justesse des stratégies que les uns et les autres mettront en oeuvre.

L'approfondissement, en partie prévisible, des conséquences de la crise financière ne rend donc pas forcément optimiste.
  • "Cinq ans après, que reste-t-il du "discours à la France qui souffre" de Nicolas Sarkozy?", Le Monde.
  • "Des produits cancérigènes utilisés pour l'extraction de gaz de schiste aux Etats-Unis", Le Monde.
  • "Sawari II: Baroin oppose le secret-défense aux juges", L'Express.
  • "Zone euro : restructurer la dette grecque, la seule solution ou un pari trop risqué ?", Le Monde. Voir aussi le blog de P. Jorion.
  • Pour les anglophones, transmis par Bertrand, "The Power of words".
  • "Une auto, des totaux (L’automobile en France, banale et coûteuse)", Géographe du monde
  • "Il manque 250.000 places en BTS", Histoires d'Universités.

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