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Musique du dimanche

BlindFaith est un groupe anglais créé par Eric Clapton et Steve Winwood en 1968, qui n'a vécu quasiment qu'un an et sorti qu'un seul disque dont la pochette, ornée d'une fillette de 14 ans dénudée, fit scandale. Leur concert gratuit de Hyde Park à l'été 69 est resté dans les mémoires.

- "Can't Find My Way Home":



- "Well All Right":



- "Under My Thumb":



- "Do What You Like":



- Et enfin, le superbe, magnifique (les superlatifs me manquent...) "Sleeping in the Ground":



Bon dimanche.

Autre sujet, on connaît Playing for Change notamment depuis sa fabuleuse reprise de "Stand by me". Ils ont ouvert un école de musique au Mali, visitez-là.
  •  "L’espérance de vie peut-elle stagner en France à l’avenir ?", Blog de J. Gadrey (Alternatives Economiques) *****
Nicolas Sarkozy entame dans quelques jours sa dernière année à l'Elysée. Il travaille dur pour rallonger son bail. Son épouse maintient un (faux) suspense sur ce bébé qu'on nous annonce pour la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. D'un voyage express à Rome, le Monarque a théâtralisé sa détermination à agir contre l'immigration de quelques milliers de Tunisiens en Europe. Il s'est affiché aussi en Corrèze, terre chiraquienne, pour la première fois en 5 ans. Il a même caressé quelques patrons du Web français. Les manipulations sont nombreuses et, comme souvent, bien visibles.

Il aurait pu commenter la hausse des inscriptions à pôle emploi, ou le rapport de l'INSEE sur la précarité en Sarkofrance. Mais non, le Monarque vit dans une autre France.

Manipuler le système
A Londres, dans l'abbaye de Westminster, Kate et William se sont dits oui pour la vie, vendredi. La couronne britannique n'est plus qu'un show télévisé planétaire. En France, quelques jours auparavant, la Sarkofrance s'est emballée sur la rumeur, devenue information sérieuse, que Carla Bruni-Sarkozy était enceinte. Mardi matin, l'épouse fut même surprise dans un centre d'échographie dans un quartier chic de Paris. L'accouchement, « tellement désiré », est prévu pour la fin de l'année.

Le timing est politiquement parfait. Nicolas Sarkozy pourra se montrer attendri, heureux, humain. On croirait presque que cette naissance a été calée sur-mesure. Mercredi, Paris Match publiait une interview sans intérêt. Lundi 2 mai, le Parisien prendra le relais. Mais Carla ne parle pas d'une grossesse qui sera d'abord, et malheureusement, un évènement politique.

Mercredi, Nicolas Sarkozy s'est souvenu que sa loi Hadopi était mal goupillée. Le Monarque n'était pas forcément convaincu de l'argument. Avec Hadopi, il a préféré tacler les utilisateurs plutôt que les dealers du piratage. Il a d'ailleurs invité quelques-uns de ces derniers à participer à un fameux Conseil National du Numérique (CNN). Un « bouzin » qu'il a lui-même créé, lui-même nommé, et lui-même installé. Une sorte de « Medef du Net », a dénoncé un syndicat d'auteurs. Le candidat Sarkozy veut soudainement paraître gentil auprès du « monde de l'Internet ». 

Vendredi, certains comprenaient enfin que ce CNN ne serait pas consulté systématiquement par le gouvernement. Et d'ailleurs, quelle est sa légitimité ?

A tout juste un an de la présidentielle, il était temps de se réconcilier avec qui on peut. Les tentatives de l'UMP pour (re)conquérir l'opinion web 2.0., du fiasco des Créateurs de Possible au nouveau site d'Elysée.fr, une bible pour l'antisarkozysme blogosphérique, ont toutes échoué. Le candidat Sarkozy a quelques soucis à se faire. Il est au Web ce qu'un morceau de bidoche est à un lac de piranhas.

Une savoureuse aubaine .

Inquiéter le système
En Syrie, les massacres se succèdent et se ressemblent. Barack Obama s'est indigné. Nicolas Sarkozy aussi. Mais l'Occident ne fait pas grand chose. En Libye, on envoie les avions. En Syrie, on reste coi. Il paraît qu'il n'y a pas d'alternative politique au dictateur en place El Assad; On disait la même chose de Moubarak et Ben Ali.

Mardi, le président français rencontrait à Rome son homologue transalpin. Berlusconi fait davantage parler de lui par ses frasques sexuelles, y compris rémunérées et avec mineures. Mais Sarkozy devait se forcer à ce mini-sommet. Cela faisait partie d'une mise en scène concoctée à l'Elysée. Depuis des semaines, on a inquiété l'opinion en exagérant le danger d'une vague d'immigration arabe incontrôlée : la Tunisie (11 millions d'habitants) a reçu 300.000 réfugiés libyens. La Sarkofrance s'inquiète pour 20.000 tunisiens échoués sur les rives italiennes en 4 mois. Guéant a promis de renvoyer en Italie les clandestins tunisiens qui traverseraient la frontière. A Paris, quelques rafles ont eu lieu. Puis on a dénoncé l'Europe impuissante. Claude Guéant, puis Laurent Wauquiez et même Henri Guaino avaient ainsi réclamé la suspension des accords de Schengen.

Heureusement, Sarkozy est là, président protecteur et agissant ! Il faut montrer qu'on s'en occupe. En elle-même, la rencontre franco-italienne n'avait aucun autre intérêt que de théâtraliser la réaction élyséenne. Elle dura 2 heures, dont la moitié en monologue devant des journalistes. Berlu et Sarko annoncèrent qu'ils avaient écrit à José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne qu'il conforte les mécanismes de solidarité financière à l’égard de ces États, propose la création d'un régime d’asile européen commun, et travaille à une plus grande harmonisation des politiques d'accueil et un renforcement de l'agence Frontex. Tout ça pour ça...

Sucer le système
Christine Lagarde est empêtrée dans une gentille affaire de conflits d'intérêt. François Fillon avait cru bien faire en publiant une (micro)-déclaration d'intérêt sur le site du gouvernement, pour chacun de ses ministres. Et voici qu'un journaliste curieux a débusqué l'affaire : Lagarde a placé quelques dizaines de milliers d'euros dans la jeune entreprise du fils du patron d'OSEO. Cet établissement public dépend directement d'elle. Vendredi, le site acteurspublics.com l'accusait de n'avoir pas respecté une circulaire du premier ministre qui enjoignait ses ministres de recourir à des tiers indépendants pour la gestion de leurs placements. « La ministre ne partage par l'analyse du journal », a-t-on simplement réagi à Bercy. Ben voyons.

Les ministres de Sarkofrance ont toujours l'éthique en toc. Rappelez vous Eric Woerth. A-t-il menti sur le départ de son épouse du groupe Bettencourt ? Notre confrère Menilmuche s'interroge. En juin dernier, le ministre du budget expliquait que sa femme avait démissionné de Clymène, la société de gestion de fortune de la milliardaire Bettencourt où elle travaillait. Mais finalement, Florence Woerth « a engagé une procédure pour licenciement abusif après son départ de Clymène d'où elle était partie sans aucune indemnité», selon son avocat. Cette propension à sucer le système de la part de nos plus riches est simplement exécrable.

Casser le système
Luc Chatel, ministre de l'Education, a confirmé que 1.500 classes de primaire et secondaire seraient supprimées à la rentrée prochaine. Dimanche, George Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a aussi expliqué qu'on pouvait « encore réduire le nombre de fonctionnaires », même si le nombre d'élèves en classes augmenterait «de 4.500 à 5.000 élèves de plus à la prochaine rentrée ». Tristes sires...

Mercredi, les statistiques du chômage à fin mars laissaient croire qu'on avait moins de demandeurs d'emploi. En fait, c'est faux : la diminution ne concerne que les sans-emplois (catégorie A). Mais le nombre global d'inscrits à Pôle emploi augmente encore. Autrement dit, les emplois créés sont précaires ou intermittents.

Les chômeurs sous contrats aidés (catégorie D) sont aussi moins nombreux, un effet de la réduction des moyens de la politique de l'emploi décidée à l'automne dernier par Nicolas Sarkozy. Enfin, la baisse du chômage des jeunes en mars est due à un recul plus important encore de leurs taux d'activité, comme le note Alternatives Economiques : « la proportion des 15-24 ans qui a ou cherche un emploi a diminué en un an et demi de 1,7 points de pourcentage.»

Lundi, un millier de médicaments supplémentaires seront moins bien remboursés.

Souffrir du système
Jeudi, le candidat était en campagne en Corrèze. Il préférait faire semblant de s'intéresser à la filière bois plutôt qu'à la précarité et aux inégalité de revenus. Il a même trouvé le temps, cette semaine, pour recevoir des présidents d'université. Pourquoi n'a-t-il pas organisé à l'Elysée la remise officielle du dernier rapport, dense et très complet, de l'INSEE sur les inégalités de revenus en France depuis 10 ans ?  Les auteurs de ce dernier livrent pourtant de captivantes conclusions sur l'ampleur de la précarité dans ce pays. 

Les Français ne sont pas riches. Ils sont même nombreux à ne pas être riches. Si la pauvreté globale est stable (8 millions de personnes), la part des très pauvres a augmenté de 28% entre 2000 et 2008. Une famille sur dix souffre de privations basiques; 2,2 millions de ménages vivent avec les minima sociaux. Les très fortunés sont nombreux et leurs revenus s'envolent : +33% depuis 2004 pour les 0,1% supérieurs; les revenus du patrimoine des 10% les plus riches ont progressé de 11% par an en moyenne depuis 2004.

On comprend l'urgence toute sarkozyenne à alléger cette fameuse fiscalité du patrimoine. Dans le feuillet d'auto-satisfaction publié la semaine dernière sur les 4 années de Sarkofrance, les services du Monarque expliquaient sans rire que « les principales mesures fiscales adoptées depuis quatre ans ont été ciblées sur les classes moyennes et populaires.». Mardi, François Baroin a dû concéder, sur CANAL+, que la future réforme fiscale réservait un sacré nouveau cadeau aux plus riches : le bouclier fiscal (700 millions d'euros) ne sera abrogé qu'en 2012, mais l'ISF sera assouplit dès 2011 (1,3 milliard d'allègements). Vous avez bien lu, 700 millions + 1300 millions = 2 milliards d'euros de « bonus » électoral de fin de mandat !  Et  560 millions d'euros du bouclier fiscal ont d'ores et déjà été remboursés en 2011.

Le 30 avril, c'était la fête des précaires. Nicolas et Carla n'étaient pas de la partie.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


Explications

Pour ceux qui ne l'auraient pas su, les raisons de cette absence de 3 jours sont ici et .
Ce blog reprendra sa vie ordinaire lundi prochain.

Le candidat Sarkozy n'aime pas la précarité

La précarité n'intéresse plus Nicolas Sarkozy. Le candidat est en campagne. Il préfère s'attacher les faveurs des Corréziens. Une envie soudaine... Il n'avait pas visité la région depuis ... la campagne de 2007.

Pourtant, l'INSEE venait de livrer un fabuleux bilan, une cartographie des inégalités de revenus. Un sujet pourtant en or pour le candidat du pouvoir d'achat... de 2007.

Nous sommes en 2011.


C'est un salon de beauté tout à fait ordinaire, installé dans un quartier qui a davantage fait parler de lui par ses prières de rue ou autres provocations « saucisson/pinard». Ce salon de beauté est réservé aux femmes en situation de précarité. Son ambition ? « Rendre la beauté accessible aux femmes les plus démunies, afin qu'elles s'engagent dans la relation aux autres avec une meilleure estime d'elles-mêmes.» Le Salon Joséphine est une initiative symbole de son temps.

En Alsace, on s'inquiète d'une « forte précarisation de la région », commentait un quotidien local. Le nombre de chômeurs de plus d'un an inscrits à pôle emploi a bondi de 17,8%. L'Alsace est à l'image du pays : le chômage officiel a baissé de 0,8% en mars. Mais la précarité croissante « gagne du terrain ».

Justement, l'INSEE a livré sa dernière étude des revenus et patrimoines des ménages en France. C'est un support d'analyse précieux, tant l'information sur ces sujets fait souvent défaut.

On est d'abord frappé par les inégalités de revenus. On y lit également la confirmation de quelques constats évidents.

1. Les Français ne sont pas très riches. 50% d'entre eux gagnaient annuellement moins de 26.900 euros en 2000, et moins de 29.000 euros en 2008 (revenu disponible par ménage). La moyenne n'est pas non plus fameuse : 32.000 euros en 2000, 34.450 euros en 2008. Les progressions sont tristement modestes.

2. La France des très riches se porte bien : plus on est riche, plus les revenus ont progressé depuis 2004 : les 0,1% les plus riches (i.e. qui bénéficient d'un niveau de vie supérieur à de 732.000 euros) ont connu la plus forte progression de revenus du pays depuis 2004 (+18,8%), et même sur la seule année 2008 (+2,6%). On applaudit ! Pour les 0,01% les plus riches, la progression a été encore plus importante : +3,3% en 2008 (versus 2007), et +32,6% par rapport à 2004.

3. Les très riches tirent près d'un tiers de leurs revenus de leur patrimoine. Les revenus du patrimoine représentent 12,5% des revenus moyens des ménages français. Mais pour les 10% plus riches, cette proportion est de ... 29%. On mesure mieux l'importance politique et sociale de la récente réforme de la fiscalité du patrimoine promise par Nicolas Sarkozy d'ici la fin de l'année. L'ampleur du cadeau n'en est que plus choquante.  Dans leur document de défense publié à l'occasion du 4ème anniversaire du Monarque à l'Elysée, ses services de communication expliquent que « les principales mesures fiscales adoptées depuis quatre ans ont été ciblées sur les classes moyennes et populaires.» Vraiment ? Le bilan de l'INSEE s'arrête, pour l'essentiel, aux années 2008 ou 2009. Pour preuve, les droits de succession « n'ont été conservés que pour les 5 % des Français les plus fortunés », et l'imposition des plus riches ou des revenus du patrimoine a été augmenté à l'occasion de la réforme des retraites. On se souvient de l'effort... quelques centaines de millions d'euros.

Jeudi, on apprenait d'ailleurs que 560 millions d'euros du bouclier fiscal avaient d'ores et déjà été remboursés en 2011.

4. La rente des 10% de Français les plus riches, c'est-à-dire leurs revenus du patrimoine, a progressé de ... +11% par an en moyenne entre 2004 et 2008. Rien que ça !

Cette étude fournit aussi quelques indicateurs d'une précarité croissante, depuis 10 ans mais aussi depuis 2007 :

1. La pauvreté reste massive : en 2008, 13% de la population, soit 7,8 millions de personnes, vivaient avec moins de 949 euros par mois, et 7% avec moins de 791 euros par mois (soit 50% de la médiane). Sur ces 7,8 millions, quelque 2,3 millions sont des enfants (dont 776 000 de moins de 6 ans), et un million sont âgés de plus de 64 ans.

2. Les seniors sont sur-représentés dans les 5% des Français les plus riches... et dans les 50% les plus modestes : « bien que moins fréquemment pauvres que la moyenne, les personnes âgées sont relativement plus nombreuses dans la moitié de population la plus modeste en termes de niveau de vie. » La pauvreté progresse aussi avec l'âge.

3. La pauvreté est stable globalement, mais les très pauvres sont plus nombreux. L'INSEE rappelle qu'entre «  1970 et 1984, le taux de pauvreté décroît fortement, de l’ordre de 25 %. » Mais, après une période de stabilité jusqu'en 1996, la pauvreté est repartie à la baisse jusqu'en 2004, d'environ 800.000 personnes. Depuis, la pauvreté s'est stabilisée : « le niveau de vie médian des personnes pauvres a augmenté plus vite que le seuil de pauvreté.» En revanche, la part des « très pauvres » (i.e. vivant avec moins de 40% de la médiane), a cru de 2,5% en 2004 à 3,2% en 2008.

4. Plus d'une famille sur dix souffre de privations basiques. L'iNSEE relève que 12% des ménages sont soumis à « au moins 8 privations ou difficultés parmi un ensemble de 27 pris comme référence et sont ainsi considérés comme pauvres en conditions de vie. » Ce niveau a baissé depuis 2004 (14,6%) ou 2007 (12,4%). Mais pas pour tout le monde : les familles ont davantage souffert : en 2009, 17,4% des couples avec au moins 3 enfants sont pauvres en conditions de vie, contre 15% en 2007.

5. Les chômeurs sont plus pauvres que les actifs. A celles et ceux qui, régulièrement, critiquent le niveau prétendument trop élevé des allocations notamment chômage, l'INSEE rappelle qu'en 2008, « le niveau de vie moyen d’un chômeur est ainsi inférieur de 34,8 % à celui d’un actif occupé et de 27,0 % à celui d’un inactif. » Mais 9,5% des actifs ont quand même un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.

6. Cherchez l'erreur : certaines prestations sociales sont forfaitaires et sans lien avec le niveau de revenus des bénéficiaires. Ainsi, le décile le plus riche des ménages français tire 0,4% de ses revenus d'allocations sociales... Au total, 41 % des ménages perçoivent au moins une prestation sociale en 2008. Ces dernières représentent 35% des revenus des 10% des Français les moins riches. 7 millions de ménages touchent une prestation familiale, d’un montant moyen de 3 180 euros annuels.

7. Quelque 2,2 millions de ménages vivent avec les minima sociaux. Ils perçoivent, en 2008, au moins l'un des 4 minima sociaux, pour 4.700 euros par an en moyenne et par ménage (revenu minimum d’insertion, allocation de parent isolé, allocation aux adultes handicapés, minimum vieillesse ou allocation de solidarité aux personnes âgées).

Un sénateur centriste, Jean Arthuis, confie qu'il faudrait économiser 6 à 10 milliards d'euros de plus sur le budget de l'Etat. Et il a ses idées.


Jeudi, Nicolas Sarkozy n'avait cure de ces chiffres. Il était en Corrèze. Un déplacement sans aucun autre intérêt qu'électoral. En Corrèze, Sarkozy jetait un joli clin d'oeil à François Hollande, le candidat socialiste du coin qui tenait son premier meeting la veille. Hollande est devenu une pièce maîtresse dans le dispositif anti-DSK. En Corrèze, Sarkozy faisait un autre énorme clin d'oeil au clan chiraquien. Ou ce qu'il en reste. Mais officiellement, le candidat Sarkozy préférait parler... reforestation...

Sans blague ?

Cet homme se fiche du monde et de la France précaire.


Sarkozy découvre l'Internet gentil. Une volte-face parmi d'autres.

Il poursuit sa campagne, indifférent aux sondages présidentiels qui le donnent perdant dans tous les cas de figure. Il déploie une attention hors normes pour des sujets inattendus, comme, ce jeudi, la filière bois. Le chômage officiel est annoncé en baisse symbolique, mais le surendettement en hausse. Mercredi, il découvrait l'internet gentil. Quelques (jeunes) entrepreneurs politiquement débauchés pour un Conseil numérique chargé d'éclairer le gouvernement.

Ce dernier a bien besoin de lumière. Il semble tout aussi perdu.

Sarkozy, candidat Internet
Son destin ne passionne pas les foules. Mardi soir vers 23H, France 2 diffusait un portrait presque testamentaire et intime de Nicolas Sarkozy, «Un jour, un destin ». Un million et trois cent mille personnes seulement sont restées le regarder. 85% des téléspectateurs ce soir-là préférèrent un autre programme. Pour un « enfant de la télé » comme notre Monarque, c'est un désaveu cinglant et dur à avaler.

Nicolas Sarkozy file ce jeudi en Corrèze. Ne dites pas qu'il est candidat. Il va simplement parler de la filière bois... « Il est ravi d’y retourner, c’était dans l’air depuis un moment, on cherchait la bonne occasion », a confié un conseiller. Bernadette Chirac est du voyage. Il l'a rapatrié illico presto de ses vacances à Saint-Tropez et l'a fait revenir à Paris pour prendre un Falcon présidentiel... Quel joli bilan carbone !

La veille, Nicolas Sarkozy a reconnu s'être trompé sur Hadopi, le dispositif anti-piratage numérique : « Je prends d'ailleurs ma part de l'erreur (...) L'intuition que j'avais, c'est qu'on ne pouvait pas (abandonner) les créateurs. Peut-être que la maladresse a été de donner le sentiment que vous étiez attaqués » Les créateurs apprécieront. Nicolas Sarkozy est en guerre larvée avec son propre ministre de la culture, Frédérique Mitterrand. L'éviction/nomination d'Olivier Py, le patron du théâtre de la Ville, en fut l'une des récentes illustrations. Pour l'heure, après avoir fustigé le Web, directement ou par suppôt interposé, le voici si conciliant que l'évidence s'impose. Le candidat flatte l'Internet.

Le Monarque « installait » d'ailleurs un Conseil national du numérique, un nouveau machin administratif de « dialogue » au sein de la filière. Il est chargé « d'éclairer le Gouvernement sur les questions touchant au numérique. » Quelle mission ! On nage en pleine monarchie. Le Palais se créé ses propres corps intermédiaires, sans se soucier de leurs représentativité. Sarkozy est même parvenu à séduire l'un des farouches opposants à Hadopi. Une ouverture toute numérique, à quelques mois d'un scrutin ! Bravo !

Comme souvent, le Monarque en personne a choisi les membres de ce « Medef du Net » et son fonctionnement. Pas question d'y voir trop de têtes critiques. Point de blogueurs ni de Mediapart ou autres sites d'information. Il fallait l'écouter, pendant ses 35 minutes d'intervention publique à l'Elysée. Il lisait surtout son texte. L'aventure numérique est un terrain qu'il maîtrise encore mal.

De l'actualité du moment, comme souvent, Sarkozy n'en a cure. Son propre gouvernement patauge en pleine contradiction.

Gouvernement contradictoire
Prenez Luc Chatel, le ministre de l'Education. Il y a deux ans, il n'avait pas de mots assez durs pour critiquer l'initiative de Ségolène Royal en région Poitou Charente d'offrir des pass-contraceptions dans les lycées. Scandale ! Lundi dernier, le même Luc Chatel était aux côtés de Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France qui présentait les kits contraceptifs que sa région allait offrir... aux lycées. Allez comprendre ...

Pour qui sait attendre, les contradictions ou les tartufferies se dévoilent d'elles-mêmes. Ainsi sur la question de l'impôt de solidarité sur la Fortune. François Baroin a dû confirmer, mardi soir sur Canal+, que l'allègement de l'ISF serait effectif dès 2011. On n'allait pas gâcher une année pré-électorale ! En revanche, « tout le reste, c’est pour 2012 », c'est-à-dire la suppression du bouclier fiscal. Résumons-nous : pour ces heureux bénéficiaires de l'ISF, le cadeau est pour tout de suite, mais l'effort pour plus tard... Selon le gouvernement, l'ISF rapportera au moins 2,8 milliards d'euros. Pour mémoire, il comptait pour 4,1 milliards d'euros de recettes en 2010, soit 1,3 milliard d'euros de perte fiscale. Le bouclier fiscal se chiffrant à 700 millions d'euros (679 millions en 2009), le cadeau net est de 600 millions d'euros (et 1,3 milliards pour la seule année 2011 !). Et hop ! En ces temps de restrictions budgétaires, le gouvernement a décidément une curieuse conception du partage des efforts...

Il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Que n'a-t-on entendu cette maxime depuis 2007 ? D'ailleurs, le nombre de titulaires aura bien été réduit de 100.000 pendant la mandature. En parallèle, le nombre de précaires en CDD a déjà augmenté de 100.000 depuis 2007. Mieux, si on ferme des classes, on va quand même embaucher des citoyens assesseurs pour un résultat plus que contestable.

En effet, 1.500 classes seront bel et bien supprimées à la rentrée prochaine dans les établissements primaires et secondaires, malgré 5.000 élèves supplémentaires attendus. Le ministère de l'Education nationale a dû confirmer l'information en début de semaine. La qualité n'est pas une question de moyens, nous répète-on. A l'inverse, le gouvernement envisage, pour des raisons aussi démagogiques qu'électorales, de doter les tribunaux correctionnels de citoyens assesseurs.

L'ancien Garde des Sceaux Robert Badinter exposait, mardi 26 avril, six arguments pour dénoncer l'entreprise : (1) c'est un coup médiatique, demandé par personne (ni parti, ni association, ni organisation professionnelle); (2) ces assesseurs (deux aux côtés de 3 magistrats) ne seront jamais majoritaires dans les décisions; (3) pour parvenir à ses fins, le gouvernement va au contraire réduire le pouvoir des jurys populaires en créant une procédure d'assises « allégée »; (4) le projet créé une justice à deux vitesses où seules les atteintes aux personnes seront soumises à ces tribunaux mixtes; en revanche, « les infractions aux conséquences les plus graves pour la société, délinquance organisée, financière, fiscale, environnementale, corruption, etc. demeureront l'apanage des seuls magistrats. » (5) C'est la preuve d'une défiance contre les magistrats professionnels; (6) enfin, la réforme va ralentir les jugements.


La plupart des analystes financiers sont maintenant d'accord sur le fait que la dette grecque sera irrémédiablement restructurée. Les seules questions à se poser sont: Quand ? Et Comment ?

Le "Comment ?" est critique. Sera-t-il simplement question d'un ré-échelonnement allongeant les délais de remboursement ? Ou d'une annulation pure et simple de tout ou partie  de cette dette ?
Les deux vraisemblablement, démarrant d'un rééchelonnement d'ici l'été avant, quelques mois après, une annulation partielle qui risque d'enclencher quelques conséquences préoccupantes.

- La première est que la Grèce ne pourra plus, avant de nombreuses années, emprunter sur le marché mondial, ou alors à des taux prohibitifs. Ce qui lui impose d'annuler une partie importante de sa dette pour conserver des finances lui permettant de fonctionner.

- La deuxième est que les banques allemandes et françaises sont, dans l'ordre, les plus exposées à la dette grecque. Ce qui signifie vraisemblablement, pour les contribuables allemands et français de nouvelles mises à contribution pour sauver leurs banques. Ce qui amènera aussi une nouvelle perte de confiance dans les relations inter-bancaires et le risque d'un retour à une période comparable à 2008.

- La troisième est dans le risque, crédible, de contagion au Portugal, à l'Irlande et même à l'Espagne malgré les déclarations optimistes de son 1er Ministre, occasionnant des secousses telles que l'Euro pourrait y succomber et risquant de relancer, dans un contexte de finances publiques fragiles, une nouvelle crise économique mondiale.

Bref, attendons-nous à une campagne présidentielle sur fond de crise financière aigüe ou simplement tendue et des promesses électorales qui n'engageront que ceux qui y auront cru...
  • "Nice : les gaullistes quittent de Gaulle pour une statue !", Le Ficanas.
  • "Sondage: Borloo menace plus la gauche que Sarkozy", Marianne.
  • "L'éducation, nouvelle bulle spéculative aux Etats-Unis", Rue 89. ****
  • "Attention, un deuxième Fukushima n'est pas exclu", Le Monde.

Sarkozy-Berlusconi : le sommet des Monarques boiteux

Mardi 26 avril, Nicolas Sarkozy a rencontré son vieil ami Silvio Berlusconi. Son confrère transalpin lui cause quelques soucis depuis la révolution tunisienne. Les autorités italiennes ont préféré attribuer un visa touristique de quelques mois aux quelques 20.000 immigrés tunisiens débarqués sur leurs côtes depuis janvier. La France voisine tente, depuis, de tout faire pour empêcher les dits Tunisiens d'arriver sur son sol, malgré la soudaine légalité de leur situation.

Le sommet a duré moins de deux heures. Il fallait cette mise en scène pour insister sur l'importance d'un courrier adressé le jour même à l'Union européenne.

Souci franco-italien ?
La presse italienne évoque aussi des problèmes d'égo transalpin. Certaines acquisitions par des groupes français de joyaux italiens auraient durci le contexte. Berlusconi apprécierait peu la légèreté avec laquelle il est considéré dans la conduite des affaires européennes. Depuis la crise financière de l'automne 2008, le couple franco-allemand s'est ressoudé. Et les mésaventures extra-conjugales et autres scandales sexuels du premier italien ne font pas envie.

Mais la grande affaire était migratoire. Il fallait faire mousser l'opération.

L'attitude italienne était initialement mesquine. La réaction française fut incompréhensible. Silvio Berlusconi, grand ami du colonel Kadhafi, n'avait sans doute pas apprécié la riposte occidentale contre les massacres de civils. Or , justement, quelques 300.000 Libyens se sont réfugiés dans la Tunisie voisine. Et quelques dizaines de milliers de Tunisiens sont partis à leur tour pour les côtes européennes...

L'Europe ne s'est pas beaucoup bougée pour seconder l'Italie. Mais l'Allemagne, rappelait pourtant le Figaro, a connu bien pire afflux soudain. Pour Berlusconi, l'occasion était trop belle. Avec ses visas, il se débarrasse d'un problème. Lundi, quelques heures avant le sommet, le gouvernement italien annonçait qu'il participerait à son tour aux attaques aériennes contre la Libye.

Politique intérieure française
En France, le gouvernement Sarkozy est tout entier concentré à instrumentaliser au mieux la question migratoire. Candidat à sa réélection, Nicolas Sarkozy cherche à contrer la résurgence du Front national, boosté par l'image prétendument sociale de sa nouvelle présidente.

Après le débat sur l'identité nationale (novembre 2009), puis le discours de Grenoble (juillet 2010), la chasse aux Roms (été 2010), le débat UMP sur l'islam (mars 2011), Claude Guéant devenu ministre immigration/sécurité fait feu de tout bois. Quelque 20.000 clandestins tunisiens en rade italienne suffisent à de belles déclaration anxiogènes. Guéant s'était rendu à Rome la semaine dernière. Il avait fait bloquer quelques heures un train de Vintimille aux frontières françaises.

Depuis 4 jours, la Sarkofrance a également repris un refrain entonné voici 3 semaines par Marine Le Pen : il faut suspendre les accords de Schengen. La situation serait grave. Dimanche, Laurent Wauquiez puis Henri Guaino ont clarifié les propos.

Mardi, le terrain était donc propice au retentissement maximal de la rencontre Sarkozy-Berlusconi. On nous annonçait même une initiative commune. Tout était prêt. Même le courrier tant promis à l'adresse des autorités européennes avait été préparé à l'avance. Mais le Monarque Nicolas se devait de prendre son Airbus national pour rejoindre son homologue Silvio. Il fallait un peu de cérémonial pour se donner de l'importance... Les deux « boiteux », comme les qualifia le journaliste italien Alberto Toscano mardi matin sur France Inter, avaient bien besoin de cela.

Un sommet fantoche
A l'issue de leur entretien de quelques minutes, les deux hommes ont publiquement proposé une révision de la procédure de sauvegarde. Sans en dévoiler trop précisément la teneur, ils ont annoncé avoir écrit au Président de la Commission Européenne, José-Manuel Barroso en ce sens. Les deux hommes, Monarques affaiblis, chacun « boiteux » dans leur propre pays, s'affichèrent côte à côte, pendant 47 minutes de conférence de presse commune.

« Je peux le dire sans crainte... Il s'est agit d'un sommet très positif » a commencé Berlusconi. Il a relativisé son « revirement » libyen, rappelant que l'Italie fournissait déjà ses bases aériennes pour les attaques occidentales. Sarkozy avait le visage crispé, les yeux souvent fermés pendant les 10 premières minutes de monologue de son voisin. Le séducteur italien a surtout insisté sur la situation migratoire: « les pays de la rive Sud de l'Europe ne doivent pas être laissés seuls quand des phénomènes d'immigration massive se produisent.»

Sarkozy s'est voulu conciliant : « on a évoqué les problèmes qu'il y a entre nous. Et qu'est-ce qu'on a constaté ? Qu'il y a des des solutions à tous ces problèmes.» La vie est belle ! Les solutions, les deux boiteux les ont trouvé sur le dos de l'Europe. Facile, non ? « D'abord sur la Libye... nous nous réjouissons de la décision de l'Italie d'envoyer ses avions. Nous avons besoin de la participation de l'Italie. » Sur les révolutions arabes, qui patinent en Syrie comme en Libye, le ralliement, tardif, de l'occident européen, est « historique » a insisté Sarkozy. « C'est un tournant majeur de la politique étrangère de notre pays. » Il a raison. C'est peu de le dire. Il y a 3 mois, la Sarkofrance proposait encore ses bombes lacrymogènes au régime Ben Ali en Tunisie...

« Qui gère Schengen? » s'est aussi exclamé le Monarque français devant les journalistes. « Les ministres de l'Intérieur ? Pardon de poser cette question... » Il a réclamé « une évaluation commune de la situation, le renforcement de Frontex, l'échange de bonnes pratiques.» L'échange de bonnes pratiques ? On se souvient du savoir-faire français, proposé par Michèle Alliot-Marie en Tunisie.

Quelques heures plus tard, la fameuse lettre adressée à Barroso et Van Rompuy était enfin dévoilée. Les diplomates français et italiens étaient à l'oeuvre depuis des jours.

Qu'y lit-on ? Pas grand chose de concret mais beaucoup de belles déclarations. Les deux réclament ainsi (1) de conforter les mécanismes de solidarité financière à l’égard de ces Etats, (2) la création d'un régime d’asile européen commun, (3) une harmonisation des politiques d'accueil, (4) un renforcement de l'agence Frontex afin qu'elle puisse ouvrir un bureau en Méditerranée et qu'elle devienne « le noyau d’un système européen de garde-frontières ».

Sur la révision des accords de Schengen, les deux présidents usent d'une formulation bien technocratique. Lisez plutôt : « elle doit être fondée sur des exigences plus strictes et des outils plus efficaces afin de parvenir à davantage de discipline collective et de cohésion dans les niveaux de protection des frontières extérieures communes, y compris en vue de l’élargissement de l'espace Schengen. »

Italie à domicile
Autre actualité franco-italienne, Carla Bruni-Sarkozy s'exprime dans les colonnes de Paris Match, daté du 28 avril. Elle n'accompagnait pas son époux de président à Rome. Selon le nouveau site d'information Atlantico, elle était restée à Paris pour passer une échographie: « Est-ce déjà l'échographie des trois mois ? Carla Bruni-Sarkozy, l'épouse du président de la République, a en tout cas été vue mardi matin à Paris, boulevard Saint Germain, dans l'un des centres d'échographie et d'imagerie médicale les plus réputés de la capitale.»

Pour Paris Match, elle ne parle pas de sa grossesse, mais seulement de son « mari » :  « Peut-être qu'il sera un jour en période électorale. Et là, je roulerai évidemment pour lui. Cela doit être clair. Et je suis contente qu'on en parle maintenant.»

Comme un clin d'oeil de l'actualité, les producteurs du film La Conquête, réalisé par Xavier Durringer, sur l'ascension de Nicolas Sarkozy vers l'Elysée entre 2005 et 2007, ont justement choisi ce mardi pour dévoiler l'affiche du film. Coïncidence, l'agence anglaise qui a été choisie pour cette réalisation a confié s'être inspirée de celle du film Le Caïman de Nanni Morretti, un film de 2006 sur ... Silvio Berlusconi.





Sans être expert en oenologie, je me pique d'avoir une culture es-vins un peu au dessus de la moyenne. Non que j'en fasse une consommation effrénée et outrancière (je n'en bois qu'invité ou ayant des invités), mais j'apprécie ce breuvage, surtout quand il est bien marié avec ce que je mange.

Me servant, de temps à autres, chez un petit marchand situé sur la place de la Libération, face aux étals de poissons du marché, lui demandant un "petit" vin blanc qui puisse autant se boire en apéritif qu'avec un filet mignon de porc aux cèpes et à la crème, il m'a proposé un "Viognier" des coteaux de l'Ardèche, vin de région produit par les Vignerons Ardéchois, appellation dont je n'avais jamais entendu parler.

Ayant, d'expérience, pris l'habitude de lui faire confiance, j'ai donc acheté deux bouteilles de ce vin qui s'est révélée une merveille, ne dépassant pourtant qu'à peine les 6 €.
C'est un vin qui tape à 14°, à boire jeune. La robe, jaune pâle est élégante. Le nez est frais et délicat. Long en bouche, c'est un vin original, sec tout en étant finement fruité, et le palais fait là une très heureuse découverte.

Aimant depuis toujours approfondir mes connaissances, j'ai ainsi appris que le Viognier était le cépage unique des prestigieux Condrieu blancs et du Château-Grillet, à des prix nettement plus élevés. Ce cépage, issu de vignes sauvages de la vallée du Rhône, avait failli disparaître avant de s'exporter essentiellement en Californie, Australie et Afrique du sud et d'y occuper de grandes surfaces. J'avais d'ailleurs eu l'occasion,  d'apprécier, sur place, des blancs australiens et les avais trouvé à mon goût, à l'opposé de la plupart des rouges.

J'en ai, depuis, commandé 2 caisses...
  • "Heurs et malheurs du capitalisme", Blog de P. Jorion. *****
  • "La fermeture de classes n'est que la partie visible de l'iceberg", NouvelObs. "9.000 postes d'enseignants doivent être supprimés à la rentrée prochaine, alors que le France est déjà sous dotée de 15% par rapport aux autres pays de l'OCDE".
  • "A Nice, une statue du général de Gaulle indigne les pieds-noirs", Le Monde. Par contre, les mêmes célèbrent, toujours à Nice, les officiers putschistes avec la participation d'anciens de l'OAS, Nice-Matin.
  • "Nationaliser EDF !", Le Monde.
Le démenti fut mou : Carla serait enceinte de 3 mois mais sa propre mère n'est pas au courant. A Paris, un transfuge de la Villepinie expliqua qu'on pouvait encore réduire le nombre de fonctionnaires. Et un conseiller justifia l'inquiétude française face aux immigrés tunisiens.

Nicolas et Carla, eux, étaient encore en vacances. Pour le troisième weekend d'avril consécutifs. 

Curieux lundi de Pâques.

Nicolas et Carla, en campagne
Madame Bruni-mère n'était sans doute pas au courant de la grossesse de sa fille épouse de Monarque. Elle a démenti; l'intéressée s'exprimera dans les colonnes du Parisien vendredi. Elle en serait à son troisième mois.  « C’est un sujet qui ne me regarde pas » a expliqué Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy.

On s'amuserait presque de cette pudeur retrouvée. Il y a peu, l'épouse Carla faisait encore la publicité de la gymnastique « périnée-compatible » de sa coach Julie Imperiali.

Sarkozy, président absent
En Libye, la coalition onusienne a détruit le bureau du colonel Kadhafi. Les autorités libyennes parlent de 45 blessés dans l'attaque, dont 15 grièvement.

Au Yemen, le président Saleh promet de partir.
En Syrie, la répression est montée d'un cran. Le dictateur Bachar El-Hassad a envoyé les blindés, ce weekend, à Deraa, dans le sud du pays. La France s'est contentée d'un communiqué de presse d'Alain Juppé, samedi. Ce fut tout. Pas de réaction présidentielle. Depuis la mi-mars, on dénombre environ 400 morts civils.

En France, Nicolas se repose avec Carla. Mardi, il file en Italie, rencontrer son ami Silvio.

Sarkozy, injusticiable
Ce serait une grande décision. Pénalement intouchable, le Monarque devrait calmer ses propres ardeurs judiciaire... Vendredi dernier, Gérard Davet et Fabrice Lhomme révélaient dans le Monde que l'avocat général Xavier Salvat refusait au Président de la République la faculté de se porter partie civile pendant l'exercice de son mandat. Cette réquisition, délivrée le 14 mars dernier dans le cadre d'une affaire de comptes bancaires piratés, avait été tenue secrète jusqu'à lors. Il reste à la Cour de Cassation de la suivre, ou pas. L'avocat général argumente que « l'exercice de l'action civile par le président de la République devant une juridiction pénale [...] paraît incompatible avec l'exercice de ses pouvoirs institutionnels.» Xavier Salvat propose simplement une suspension des procédures.

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy n'a jamais hésité à porter plainte (affaire Clearstream, piratage de ses comptes, etc. L'argument avancé fut toujours le même : pourquoi aurait-il moins de droit qu'un simple citoyen ? La réponse, jamais verbalisée explicitement quand le Monarque s'exprimait sur le sujet, est pourtant tout aussi simple : grâce à Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat est au-dessus des lois pendant l'exercice de son mandat. Puisqu'il est intouchable, pourquoi pourrait-il attaquer ?

Lagarde, irréprochable ?
« Rien d'illégal », a expliqué le cabinet de Christine Lagarde vendredi. Il répondait à une interrogation légitime : suite à la publication, la veille, des déclarations d'intérêt, des journalistes curieux ont remarqué que la ministre de l'économie et des finances avait investi ses deniers personnels dans Applicatour, une société dirigée par Stanislas, fils de François Drouin, patron d'Oseo, l'établissement bancaire parapublic en charge du soutien aux PME de croissance.

Le monde est petit. Une précision, OSEO est un opérateur de l'Etat placé sous la responsabilité ... de Christine Lagarde.

Tron, inclassable ?
George Tron était villepiniste jusqu'au novembre 2010. Ce fut l'une des dernières prises politiques, à droite, de Nicolas Sarkozy. Depuis, l'ancien fidèle de Villepin, s'est fondu dans la Sarko-langue avec délectation. Il n'a pas eu à assumer la réforme des retraites, adoptée le 27 ocotbre, une quinzaine de jours avant son ralliement. Mais depuis, il s'est rattrapé.

Dimanche, George Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a ainsi expliqué qu'on pouvait « encore réduire le nombre de fonctionnaires ». Il a pourtant reconnu que le nombre d'élèves en classes augmenterait à la rentrée prochaine. « Il va y avoir 4 500 à 5 000 élèves de plus à la prochaine rentrée et si on voit que ça pose des problèmes dans tel ou tel secteur, il faudra sans doute ajuster mais le principe n'est pas remis en cause. ( ...) Dans la police, il y aura une réflexion très précise à mener pour adoucir ce principe du un sur deux.»

Tron s'est aussi attaqué aux opérateurs :  « l'effort de réduction des effectifs a essentiellement porté sur l'administration centrale et déconcentrée et pas sur les opérateurs. (...) Donc, on peut parfaitement maintenir la règle du un sur deux et l'élargir aux opérateurs.» 

Guaino, injustifiable
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy s'est encore exprimé, dimanche, dans les médias. Il eut droit à une pleine émission, sur i-télé et France inter. Chaque fois que son patron est en congé - troisième weekend de 3 jours pour le couple Sarkozy en avril ! - Henri Guaino sort s'exprimer. L'ancien gaulliste justifia les atermoiements de son Monarque et de Claude Guéant à l'encontre de quelques milliers d'immigrés tunisiens : « l'enjeu c'est de les aider sur le chemin de la démocratie, pas de les aider à se vider de leurs forces vives ». Ou encore : « C'est une position raisonnable, qui n'a rien d'anti-européen » L'homme redevient souverainiste... Ben voyons... Un récent sondage crédite Marine Le Pen d'un carton plein auprès de l'électorat ouvrier...

Henri Guaino répéta les éléments de langage déjà servi par le ministre des affaires européennes un peu plus tôt : « la France ne veut pas suspendre Schengen. (...) Il y a déjà dans Schengen des clauses de sauvegarde qui ne s'appliquent pas toujours très bien à toutes les situations. Ce que demande la France, c'est qu'on revoie les clauses de sauvegarde de façon à ce qu'on puisse, dans des situations particulières, établir des contrôles aux frontières nationales un peu plus importants. »

Laurent Wauquiez, le même jour dans les colonnes du Journal du Dimanche, expliquait : « Il ne s’agit pas de se retirer de Schengen, cela n’aurait pas de sens, mais de travailler avec nos partenaires sur une nouvelle clause. La France veut étudier la possibilité de pouvoir rétablir les contrôles aux frontières en cas d’afflux majeur aux portes de l’Union.»

La Sarkofrance navigue à vue. La suspension des accords de Shengen est, rappelons-le encore une fois, déjà prévue en cas d'urgence..



En logique, une analogie étend la structure ou la trajectoire propres d'un fait particulier à un autre, tout aussi particulier. P. Bourdieu, quant à lui, décrit la métaphore comme l'attribut, ou la structure de la mécanique, ou de la trajectoire, d'un individu dans un champ d'activité transposée à un autre champ, y compris par d'autres individus. Par exemple, si je fais partie de la "jet set", mes chaussures (ou mes vêtements) seront une métaphore de mes sorties, des lieux que je fréquente, de ce que je mange, de ce que j'écoute, ...

Ce sont des figures que l'on retrouve aussi dans le champ politique. 

Par exemple, François Hollande dont la trajectoire à la tête du Parti Socialiste s'est terminée, après la catastrophe du 21Avril 2002, par le calamiteux Congrès de Reims, se présente maintenant, après une forte cure d'amaigrissement, spectacle oblige, aux plus hautes fonctions de l'état. Ses résultats plaident pour lui...

Changeons de dimension et de lieu. A Nice, Patrick Allemand, à la tête de la fédération 06 du Parti Socialiste, a perdu nombre d'élus depuis sa prise de pouvoir, et obtenu des résultats calamiteux aux dernières cantonales. Malgré cela, il se félicite d'une "stratégie payante" et entend bien représenter la gauche comme tête de liste aux prochaines Municipales et voire, pourquoi pas, être candidat aux prochaines Législatives. Ses résultats plaident pour lui...

Une métaphore, une analogie de parcours et deux trajectoires parallèles qui, là, se sont rencontrées puisque le second a décidé de soutenir le premier pour les primaires socialistes de la fin de l'été. 
Loosers de tous les pays, unissez-vous...
  • "De l'aspiration à la réalisation démocratique", par E. Morin, Le Monde.
  • "Hulot: «Sortir du nucléaire est un objectif prioritaire»", Libération.
  • "Bienvenue à Segonzac, en Charente, première «ville lente» de France", Libération.

L'enfant « marketing » du couple Sarkozy

C'est la rumeur qui « passionne » la toile. Carla Bruni-Sarkozy serait enceinte. Cela fait deux ans qu'on nous le promet, qu'on nous l'annonce. Cette fois-ci, l'affaire est sortie par le magazine Closer, une référence en la matière. A quelques jours du mariage du prince Williams avec Kate, la nouvelle ne pouvait pas mieux tomber pour enrichir une semaine déjà bien chargée.

Politiquement, le timing de cette grossesse, « fragile mais tellement désirée » nous explique-t-on, est parfait. L'enfant-marketing naîtra à l'automne, juste à temps pour les derniers mois de la campagne présidentielle. A l'Elysée, on ne dément pas. On se réfugie derrière la « vie privée ».

Quelle vie privée ? Celle exhibée par Nicolas et Carla Sarkozy ?

« T'as vu ma femme comme elle est belle ? » C'est une réflexion, profonde, que Nicolas Sarkozy faisait habituellement à ses visiteurs en 2008. Il venait de se mettre en couple, légitime, avec Carla Bruni, quelques semaines après son divorce avec Cécilia. L'anecdote a notamment été relatée par Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier ouvrage «M. le Président ». Depuis plus de 3 ans, Nicolas met en scène son idylle avec Carla. Qu'il soit remarié et heureux, c'est son droit et son plaisir les plus légitimes. Mais puisqu'il nous agace et instrumentalise ce bonheur de papier glacé, il s'expose à toutes sortes de commentaires intrusifs sur sa vie privée. C'est bien la moindre des répliques.

Depuis l'arrivée de Carla Bruni à l'Elysée, rien ne nous a été épargné.

En décembre 2007, la belle et la bête n'étaient en couple que depuis quelques jours qu'ils se montrent à Disneyland Paris. Il y a des endroits plus discrets...  Ils sont ensuite suivis par une meute de journalistes et photographes officiels pour des vacances de Noël.

En février 2008, quelques photos dénudées de l'ex-mannequin étaient publiées par un magazine espagnol. Sans protestation ni plainte de la nouvelle épouse du Monarque.  En août, Sarkozy envoie Bruni rencontrer le Dalaï Lama, en visite en France. C'est un geste éminemment politique. En septembre,  elle participe à une émission de télévision de la BBC, en marge d'un déplacement pourtant officiel, pour faire le promotion de son dernier album.

En décembre 2008, Nicolas et Carla Sarkozy partent passer une semaine de vacances au Brésil. Depuis un an, on commence à réaliser que Nicolas Sarkozy ne travaille pas tant que cela. Il multiplie les escapades touristiques en marge de ces déplacements officiels, histoire de faire payer le voyage sur les comptes de l'Elysée. Il adore aussi ces weekends hebdomadaires au Cap Nègre.

En mars 2009, Nicolas et Carla Sarkozy vont se reposer trois jours au Mexique. Ils sont hébergés, gracieusement, dans la villa d'un riche homme d'affaires local soupçonné d'être un narco-banquier. Rien que ça...  Carla créé une fondation pour « faciliter l'accès à la culture et à l'éducation afin de lutter contre les inégalités sociales ».

Au printemps 2009,  Carla Bruni est bien installée. Elle devient l'icône glamour de cette présidence Bling Bling. Cécilia avait la carte bleue, Carla est déjà millionnaire. Elle dort toujours chez elle, dans un quartier fermé aux passants du 16ème arrondissement de Paris. Mais elle s'active en coulisses. On la soupçonne de placer quelques amis à d'éminentes fonctions.

En août 2009, comme l'année précédente, le Cap Nègre est fermé aux paparazzi. On découvre quand même Nicolas en maillot de bain, avec Carla, quelques jours après son malaise vagal. Le Cap Nègre devient une destination fréquente du couple élyséen. Chaque mois ou presque, ils font l'aller-et-retour pour le weekend, avion présidentiel à l'appui.

En février 2010, c'est la grande affaire de la « rumeur » adultère réciproque, services secrets mobilisés pour débusquer les auteurs des fuites ou des propos. Deux salariés du Journal du Dimanche sont virés/démissionnés. Rachida Dati, soupçonnée par Carla, perd sa voiture de fonction et son garde du corps. Explication de texte en public par radio interposée. Ce vaudeville présidentiel mérite un film.

En mai 2010, on filme Carla ébahie devant le pavillon français à l'exposition universelle de Shanghaï. La fanfare de l’Armée Populaire de la plus grande dictature du monde a même joué deux de ses chansons. En novembre, elle est en Inde, visite des installations nucléaires ou touristiques, et confie qu'elle « prie pour avoir un garçon.» 

En décembre 2010, l'épouse du Monarque l'accompagne, avec les caméras d'Elysée.fr pour rencontrer un panel d'infirmières dans une clinique d'Avignon. Sarkozy reconnaît que « Carla la première » lui rappelle que « les hôpitaux manquent de personnel.»

En janvier dernier, Carla Bruni confie qu'elle ne « se sent plus vraiment de gauche.» Qu'elle fasse corps avec son « mari » est bien normal. Avait-elle besoin de cette confidence ? Le même mois, Nicolas l'emmène aux Antilles. C'est le quatrième déplacement de terrain auquel elle participe. Sarkozy a besoin de son épouse pour redorer son blason. Il oublie qu'il est en France. Il se croit comme Obama. On nous explique que l'Elysée « teste » l'impact de Carla sur les foules.

Vers la Toussaint prochaine, Carla accouchera donc d'un nouvel enfant.

A six mois du scrutin présidentiel. On se souvient qu'en mai 2007, Nicolas Sarkozy aimait confier à des journalistes combien sa famille ressemblait tant à celle des Kennedy. Le scenario tomba avec le divorce, quelques mois plus tard. Pour 2012, c'est donc re-belote.


Le week-end de Pâques se surajoutant aux vacances du même nom crée le vide en matière d'informations. 

Pourtant un sondage IFOP pour le JDD, rapporté par le NouvelObs, concordant avec beaucoup des précédents, avec toutes les précautions qui doivent entourer les commentaires qui lui sont consacrés, rompt cette trêve et me renforce dans l'idée que la représentation politique française est à la veille d'un tsunami. Ceci dit, cette veille-là n'est pas pour demain, mais vraisemblablement dans la décade.
"Marine Le Pen, présidente du Front national, récolterait 36% des voix de l'électorat populaire, soit 4 points de plus que l'UMP et le PS réunis, puisque les intentions de vote sont de 17% pour Dominique Strauss-Kahn et 15% pour Nicolas Sarkozy".

Quand on sait que, parallèlement, les classes moyennes, qui représentent 80% de la population devraient tomber au dessous des 65% en 2030 selon un économiste sérieux et plutôt libéral ("Le Chagrin des classes moyennes", Nicolas Bouzou, JC Lattès), on se dit que nous avons des lendemains qui ne chanteront pas très harmonieusement.

Si, comme moi, on pense que ce vote représente essentiellement un vote de rejet des deux grandes forces politiques dominantes, dont les propositions se ressemblent beaucoup trop dans le sens d'une Europe toujours plus libérale... Si on y rajoute ceux qui refusent de choisir dans un jeu qui n'a plus de démocratique que le nom, dont on a vu aux dernières cantonales qu'ils étaient largement majoritaires... 
Si l'on y rajoute encore les votes de la gauche de la gauche et ceux des écologistes "nouvelle moûture" succédant aux Verts, en train de se structurer,  on se dit que les deux partis dominants ne représentent, ensemble, aujourd'hui, que moins de 20% des électeurs potentiels et que les règles antidémocratiques qui s'exercent font que l'alternance ne peut pourtant se produire qu'entre eux.

Les partis politiques obéissent aux lois de la sélection naturelle et on a déjà vu, dans notre histoire la quasi-disparition des radicaux, des démocrates-chrétiens, des communistes, incapables de proposer des réponses adaptées à un environnement géo-socio-economico-politique évoluant, la plupart du temps du fait de l'hypertrophie d'un appareil faisant passer ses intérêts avant ceux des gens dont ils quêtaient les suffrages. 

La résistance populaire à la ploutocratie actuelle prend, avec le vote FN des formes que j'exècre certes, mais, du fait de la conjonction des crises sociales, économiques et écologiques actuelles et qui se préparent, il faut les analyser, séparer ce qui, dans ces choix est un réel vote d'extrême-droite de ce qui est un cri de protestation. Ce n'est pas en criant au fascisme qu'on le fera et les moyens de la reconquête sont à notre portée.
Aux Etats-Unis, Barack Obama a confirmé sa candidature à sa réélection le 4 avril dernier. Cette annonce lui permet d'entamer la collecte de fond pour sa campagne. On évoque le milliard d'euros visé pour les 18 mois à venir.

En France, Nicolas Sarkozy est également candidat. Dans un an, les électeurs voteront pour le premier tour du scrutin présidentiel. En publiant un court livret sur son « excellent » bilan à l'Elysée depuis 4 ans, Nicolas Sarkozy rappelle qu'il est bien candidat.

Et pour cela, il utilise des moyens présidentiels.

Communiquer
Pour les besoins de campagne, on communique. Vendredi 22 avril, les communicants de l'Elysée ont mis en ligne un bilan des 4 premières années de la mandature Sarkozy. 78 pages, pour défendre l'action du Monarque. Evidemment, il n'est officiellement pas candidat. On ne se souvient pas que François Mitterrand ni même Jacques Chirac aient procédé de la sorte, avant autant d'avance sur le scrutin suivant. Dans cette brochure, on y lit que Sarkozy, son gouvernement et ses députés ont « concentré leur action sur les sujets fondamentaux de l'emploi, de la sécurité, de l'autorité et du pouvoir d'achat ».

Comme pour un programme de campagne qui se cherche encore, les auteurs ont déroulé les cinq acquis de la Présidence Sarkozy : « protéger les Français », « bâtir une France plus juste », « construire une France plus moderne », « préparer l'avenir », « faire respecter la voix de la France ». Le tirage du livret est annoncé modeste (5.000 exemplaires, pour 8.400 euros). Mais il est lancé en pleine page d'accueil sur le site de l'Elysée, et également relayé sur le site de l'UMP. Confusion des genres ?

Promettre
Evidemment, il y a aussi, et surtout, les cadeaux de campagne. Plus on approche de l'élection, moins le candidat sortant est avare. Nicolas Sarkozy n'est pas très original : mardi, il a promis une prime aux salariés d'entreprises de plus de 50 salariés qui augmenteraient leurs dividendes. A peine 20% des salariés du secteur privé (donc 50% des ceux des sociétés du CAC 40 seront concernés. Quel effort ! Jeudi, Eric Besson a expliqué que les tarifs d'EDF n'augmenteraient pas massivement si Sarkozy était réélu.

Parfois, le Monarque est contraint aux cadeaux ... oraux. Les finances publiques sont dans un état désastreux, surveillées de près par les agences de notation. Vendredi, il a ainsi promis un TGV  à la Normandie en 2017. Que n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Des élus socialistes locaux lui ont écrit pour demander le soutien de l'Etat. Mais Sarkozy n'a plus d'argent. Il venait de rendre un beau milliard d'euros aux bénéficiaires de l'ISF. « Je ne suis pas venu avec un chèque » a-t-il reconnu. Il a simplement promis de lancer « une mission de financement de la Ligne nouvelle Paris-Normandie ».

La vraie originalité de Nicolas Sarkozy par rapport à ses prédécesseurs est l'ampleur des moyens qu'il utilise pour faire campagne. Il n'a sans doute jamais cessé d'être candidat, même après son élection. Mais depuis un an qu'il a calmé son omni-présence pour se donner un air présidentiel, il voyage et invite aux frais de l'Elysée comme personne avant lui.

Voyager

Par ailleurs, le candidat prend soin de garder ses annonces pour ses déplacements de terrain. Et il se déplace beaucoup, le Monarque. Il espère compenser la médiocrité de ses résultats par ce tourisme électoraliste. Depuis 2007, il aurait réalisé 141 déplacements « de terrain » depuis son élection en mai 2007, dont 45 depuis un an.

Pour chacun de ses voyages, on mobilise des centaines de gendarmes et CRS; on boucle des quartiers entiers; on voyage en Falcon puis hélicoptère, parfois même en Airbus A330. Et dans ce cas, on envoie par la route l'escalier présidentiel car nombre d'aéroports de province ne sont pas équipés. Pour chaque table ronde, on installe une estrade ou un plateau de télévision, avec ses projecteurs perchés sur une structure métallique apportée pour l'occasion. On film à plusieurs caméras. Quand il n'y a qu'un discours sans débat, on amène un fond de scène pour décorer l'arrière-plan.


Chaque voyage provincial coûte en moyenne 94.000 euros pièce, soit plus de 13 millions d'euros en 4 ans !
Inviter
Chaque mois, Nicolas Sarkozy invite des centaines de députés et de sénateurs de son camp, et de son camp uniquement, à l'Elysée, pour des petits-déjeuners ou des déjeuners. De petits fours en viennoiseries, de jus d'orange en coupes de champagne, le Monarque rince à l'oeil pour promouvoir sa cause et rassurer ses élus.

Ces meetings électoraux, dans l'enceinte même du Palais présidentiel, ont réellement pris de l'ampleur après la débâcle du printemps 2010 aux élections régionales. Ils ne semblent choquer personne.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait dépensé 21 millions d'euros pour sa campagne. Pour 2012, le chiffrage sera malaisé. Il faudra s'adresser aux services de l'Elysée.


Musique du dimanche

On ne présente pas les Beatles. Bornons-nous à écouter quelques-unes de leurs chansons, celles que je préfère.

- "Yellow submarine":


- "With a little help from my friends":


- "Penny Lane":


- "Get Back":


- "For you blue":


Bon dimanche.
  • "Manger bio, pas cher et pour tous, une utopie ?", Planète 89.
  • "Aujourd'hui, c'est simple : tout système économique , toute promesse politique reposant sur la croissance est une chimère, et celui ou celle qui la profère est un escroc". Marianne.
  • "Le Web, miroir déformant de la contestation populaire?", Marianne.

207ème semaine de Sarkofrance : le prochain 21 avril de Sarkozy

Il ira à Benghazi, c'est promis. Quand ? Plus tard. Il « ne cèdera pas » sur la prime des salariés d'entreprises à dividendes. Combien ? A voir. Quand ? Si les dividendes progressent. Il « veut » un TGV en Normandie dès 2017. Avec quel argent ? Pas le sien. Plus que jamais, Nicolas Sarkozy abuse de ce volontarisme verbeux qu'il aimerait faire passer pour de l'action.

Pour cette semaine anniversaire d'un sinistre 21 avril 2002, le candidat a publié son bilan, avec un an d'avance, voulu jouer social devant des ouvriers boudeurs, et toujours chef de guerre devant une situation libyenne qui s'enlise.

Inquiétude électorale
Marine Le Pen entre dans le classement iconoclaste du Time Magazine des 100 personnalités les plus influentes du globe. Elle caracole dans tous les sondages d'intentions de vote aux premier tour. Cette semaine, le 9ème anniversaire du 21 avril 2002, a suscité quelques pétitions, à gauche, et déclarations, à droite. Les uns voudraient un rassemblement de l'opposition. Les autres s'inquiètent de l'impopularité du Monarque. Un ancien ténor centriste, Alain Lamassoure, a publiquement réclamé des primaires à droite. Le député UMP Hervé Mariton a confié qu'il y a « une inquiétude croissante dans la majorité ». Un autre parle de « vrai malaise au sein du groupe et même au sein du parti ». D'autres préfèrent rester anonymes pour exprimer leur stress.

A l'Elysée, Sarkozy sur-joue, comme toujours, la confiance. La semaine dernière, il disait « bien sentir » cette campagne aux députés UMP invités à l'Elysée. Il promet d'« exploser » son futur concurrent socialiste. Est-il si zen que cela ?

Vendredi, l'Elysée a publié un livret de 78 pages sur le mirifique bilan des 4 années de présidence Sarkozy. 5.000 exemplaires pour les leaders d'opinion. Pour qui se prend-t-il ? Et pourquoi donc faire le bilan ... un an avant l'élection ? Pour évacuer les critiques suffisamment tôt dans la campagne et libérer l'agenda politique des prochains mois. C'est une belle arnaque. Conservons donc ce curieux livret pour plus tard. Il sera toujours temps, en janvier prochain, de rappeler un à un les échecs du Monarque.

Bluff social
La semaine devait être sociale. Lundi, Nicolas se reposait encore, avec Carla. Mais dès mardi, le candidat visitait une fonderie puis des maires UMP, au nord de Charleville-Mézières, dans les Ardennes. Le symbole se voulait fort, un retour sur les terres de cette France ouvrière qui « travaille ». 

Le 18 décembre 2006, le candidat Nicolas avait célébré, pas très loin de là, la France qui souffre, « celle des travailleurs pauvres », « la France qui croit au mérite et à l’effort .» Il avait promis le « Travailler plus pour gagner plus », la suppression des exonérations de charges sociales pour les entreprises profitables, la fin des décès de SDF « dans les deux ans », et plein de choses encore. Pauvre Sarkozy, plus personne ne le croit. Sur toutes les ondes, tous les médias, même chez ceux qui relayaient complaisamment les slogans creux du candidat d'alors, on rappela le chômage de masse, le pouvoir d'achat en berne, la plus faible progression des salaires depuis 10 ans, l'échec écologique, et l'inflation qui redémarre.

Lundi, les Echos dévoilèrent les orientations qui prévaudront à l'élaboration du dernier budget public de Nicolas Sarkozy avant le scrutin de 2012. Le document officiel, préparé par les services de François Baroin, devait rassurer les marchés et les agences de notations. On y lit donc que Sarkozy croit au père Noël : selon lui, les tarifs du pétrole vont baisser dès le mois prochain, et pour les 3 prochaines années. On se retient de rire. On nous promet une croissance à 2,5% en 2012. Côté rigueur, rien de nouveau : le salaire des fonctionnaires sera gelé également l'an prochain.

Un autre plan d'économies et de déremboursement sera mis en oeuvre l'an prochain pour contenir la progression des dépenses de santé. Le coût de l'indemnisation du chômage baissera en 2012. A la Vrigne-aux-Bois, le candidat parla 25 minutes à peine, devant des ouvriers en bleu de travail. 600 d'entre eux (sur 800) avaient boudé sa venue. Sarkozy était inspiré : «D'abord une usine, c'est beau.»  Ou encore : « Dans une usine, on peut pas tricher, on peut pas s'enfermer dans son bureau ». Il testa quelques slogans de pré-campagne, comme « travailler 35 heures sans être respecté, c'est un enfer. » Sarko-le-touriste cherchait ses formules. Aucune ne fit mouche.

Il fustigea les 35 heures du siècle d'avant, se félicita de la suppression de la taxe professionnelle et sa fameuse réforme des retraites. A propos, le document gouvernemental de cadrage budgétaire rappelait que cette dernière réforme était sans impact sur le déficit budgétaire à compter de ... 2015.

Surtout, le candidat s'expliqua sur le fameux dossier de la prime de 1.000 euros. Quelle affaire ! Il y a deux ans, le Monarque promettait le partage de la valeur ajoutée en trois tiers (actionnaires, salariés et entreprises), quitte à légiférer dans les trois mois. Evidemment, il n'en fut rien. Cette fois-ci, il a lancé un « faux » débat sur une hypothétique prime sociale en cas de dividendes. Et écoutez-le bien ! Il ne cèdera pas sur cette prime qui sera (1) facultative et partiellement payée par l'Etat pour les sociétés de moins de 50 salariés, (2) négociable pour les autres, (3) uniquement si les dividendes progressent d'une année sur l'autre... Une vraie tartufferie. A peine 20% des salariés du secteur privé seront concernés. 

Obsession sécuritaire
Les thèmes sécuritaire et migratoire ne furent pas oubliés. Dimanche Mardi, le ministre du Travail Xavier Bertrand souhaitait réduire la liste des métiers ouverts à l'immigration professionnelle, à cause des « tensions » actuelles du marché de l'emploi. Faire croire que 30.000 immigrés légaux pour motif professionnel chaque année ont un quelconque rapport avec l'ampleur du chômage est une belle et ignoble supercherie.

Vendredi, l'Elysée reprend une idée de Marine Le Pen. Pour 20 ou 30.000 immigrés tunisiens, il faudrait suspendre l'accord de Shengen  : « il faut réfléchir à un mécanisme qui permette, lorsqu'il y a une défaillance systémique à une frontière extérieure de l'UE, d'intervenir en prévoyant une suspension provisoire, le temps que la défaillance soit réglée ». Le 17 avril, la France avait stoppé quelques heures durant des trains en provenance d'Italie. Ni Le Pen ni Guéant n'expliquèrent comment la Tunisie devait gérer l'arrivée de 300.000 réfugiés de la Libye voisine. Le ministre des affaires étrangères Alain Juppé s'est rendu mercredi à Tunis, avec une belle enveloppe de 350 millions d'euros, sur 2 ans, pour aider la jeune démocratie à son redressement. Mais rien n'est prévu pour les tensions frontalières. Quant à la suspension des accords de Shengen, c'est déjà possible, mais sous conditions d'urgence. Et à écouter les cris d'orfraie des Sarkozy et Guéant, on pourrait penser que ces dernières sont largement remplies !

Officiellement, le Monarque s'affiche toujours très volontaire pour soutenir les insurgés de Benghazi. Sur la Syrie, où encore 70 personnes ont été tuées en une seule journée par les forces de répression du dictateur Al-Assad, il ne dit rien. Juppé s'en inquiète... oralement. Mais pour les Libyens, le Monarque est actif. Il a même promis de venir à Benghazi, sans préciser d'échéance. La France envisage également une intervention militaire pour soutenir une action humanitaire dans les villes rebelles. Mais l'ONU n'en veut pas. Une dizaine de conseillers militaires ont été envoyés, après que le Royaume Uni ait fait de même lundi dernier. Sarkozy craint l'enlisement. Il a raison. Vendredi, le chef d'état major interarmes américain s'est montré très pessimiste sur la situation libyenne : « nous nous dirigeons certainement vers une impasse.»

Jeudi, Claude Guéant a ressorti la police de proximité - pardon - les « patrouilleurs ». Il veut répondre à l'une des grosses critiques contre la politique sécuritaire du Monarque anciennement Premier Flic de France : Sarkozy a vidé les quartiers et les rues de présence policière, pour lui préférer des BAC, GIR et autres brigades d'intervention musclée qui débarquent sans connaître.Voici qu'il redéploie, enfin, quelques forces de police dans nos rues.

Affaires secrètes
Jeudi, Fillon faisait publier sur le site internet du gouvernement les déclarations d'intérêts de ses ministres. Il l'avait promis au plus fort des affres tunisiens de Michèle Alliot-Marie. En fait, le périmètre des informations publiées est si restreint que l'exercice n'a pas servi à grand chose : même les fonctions et postes des conjoints et proches des membres du gouvernement ne sont pas mentionnés ! Brigitte longuet, Jérôme Pécresse, et Michèle Alliot-Marie peuvent dormir tranquille...

En fin de semaine, pourtant, il fallait se rappeler de quelques sales affaires et mauvaises histoires de Sarkofrance. La réforme fiscale d'abord. Un article dans le Canard Enchaîné a semé le trouble chez celles et ceux, malheureusement encore nombreux, qui avaient trop rapidement lu la réforme de la fiscalité du patrimoine brièvement présentée la semaine précédente. Le gouvernement va bien supprimer le bouclier fiscal... mais plutôt en 2012. En revanche, l'allègement parallèle de l'ISF est bien prévu dès 2011... C'est une question de « visibilité politique », a expliqué le sénateur UMP Philippe Marini. Ben voyons ! C'est surtout le plus gros cadeau fiscal offert aux plus riches de tout le quinquenat, s'est indigné l'économiste Thomas Piketty.

Aux Etats-Unis, une journaliste persévérante publie un long article sur les affaires affectant Guy Wildenstein. Cet ami du président, représentant de l'UMP pour la Côte Est des Etats-Unis, grand collectionneur et marchand d'art, est au centre de plusieurs polémique. Sa belle-mère (décédée l'an dernier) puis sa belle-soeur ont porté plainte contre lui pour détournement d'héritage. Quand les enquêteurs l'ont perquisitionné ses bureaux parisiens en janvier dernier, ils ont saisi une trentaine d'oeuvres portées disparues depuis la Seconde guerre mondiale. Eric Woerth puis François Baroin sont soupçonnés, par les avocats des plaignantes, d'avoir protégé l'ami Guy de toute enquête fiscale.

Sur l'affaire Karachi, l'enquête est freinée par François Baroin. Près de 800 liasses fiscales, relative à un autre contrat de ventes d'armes qui mentionnait les mêmes deux intermédiaires pro-Balladuriens que dans la vente des sous-marins au Pakistan, ont été classées secret défense. Et cette semaine, François Baroin, ministre du Budget, qui promettait pourtant la plus grande transparence, a refusé de lever cette protection. Mais les juges van Ruymbeke et Le Loire sont têtus.


Sur Twitter, vendredi soir, le magazine Closer annonçait que Carla Bruni était enceinte. Quand la nouvelle sera confirmée, on se dira que le timing est parfait. Un bébé, juste quelques mois avant le scrutin, quelle maîtrise !

Pour la campagne.

On y est.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


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