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Au Japon, Sarkozy confond sang-froid et inconscience.

Nicolas Sarkozy fut le premier chef d'Etat étranger à se rendre au Japon depuis le tremblement de terre du 11 mars dernier, pour y célébrer la solidité de la filière nucléaire. Faut-il s'en réjouir ? Sur place, le Monarque français a joué à l'autruche. Sans surprise, il expliqua à la communauté française du Japon qu'il n'y avait aucun problème de contamination radioactive à Tokyo. Au premier ministre japonais, il lâche une proposition sans conséquence ni intérêt : la création de normes internationales de sûreté nucléaire. Comme si la catastrophe de Fukushima provenait d'un manque de normes. 

En France, voici que débute, ce 1er avril, la 9ème semaine du développement durable, pour encourager « les Français à adopter les bons réflexes pour soutenir, au quotidien, le développement durable. » Cela ne s'invente pas. La ministre de l'Ecologie n'est d'ailleurs pas là. NKM s'est incrustée dans le voyage présidentiel, pour profiter, à la dernière minute, de l'Airbus Air Sarko One.

A Tokyo, Sarkozy prit quelques minutes pour s'adresser à la communauté française expatriée au Japon. Il lisait un texte qui se voulait émouvant, levant rarement les yeux. L'émotion se prépare. « Mes premiers mots en arrivant au Japon seront pour adresser toutes mes pensées à ces familles décimées, à ces villages rayés de la carte, à ces paysages dévastés, à ces populations déplacées (...). Je pense à ceux qui ont tout perdu.» Il évoqua « ces images stupéfiantes » du tsunami, ces « quartiers en ruines », ces « bateaux éventrés », ces « objets familiers devenus la relique d'un monde disparu », cette « violence inconcevable ». On attend l'essentiel. Comment parlera-t-il de la catastrophe nucléaire qui ne fait que débuter depuis 3 semaines ? Sarkozy insiste sur le « séisme du 11 mars » qui fut « l'un des plus graves qu'ait connu le Japon », « un pays tout entier plongé dans le malheur ». Il évoque les « millions de blessés », lapsus, il se reprend, les « milliers de blessés », les « 240.000 déplacés », les « millions » de personnes affectées.

« Face à la catastrophe il reste peu de mots, et pourtant il faut trouver les mots pour conforter ceux qui souffrent. A tous, je suis venu donc dire le soutien de la France, au nom de tous les Français, au nom de l'Europe, et au nom de tous les pays du G20 puisque la France préside aujourd'hui le G20.»

Les Etats participants au G20 n'ont rien demandé au Monarque français. Le G20 n'est d'ailleurs pas une organisation institutionnalisée comme l'Europe, avec une « présidence ». La France organise simplement sur son sol et toute l'année les débats de l'agenda convenu. Mais il fallait à Sarkozy cette touche personnelle et narcissique pour que son discours soit complet.  Aux expatriés, il lance un « sachez que la France est à vos côtés.» Au bout de trois minutes et trente secondes, on arrive à l'essentiel. Fukushima, 6 réacteurs incontrôlées, une pollution radioactive pour une petite centaine d'années, un océan voisin contaminé. Quels seront les mots du VRP du nucléaire français ?

« Aujourd'hui même, alors que l'ampleur de la catastrophe se dévoile peu à peu, un nouveau danger menace, le danger de l'accident nucléaire. » Notez le terme employé : le tsunami fut une catastrophe. Mais l'explosion puis les fuites incontrôlées de radioactivité à Fukushima ne sont qu'un « accident.» Et d'ailleurs, Sarkozy se veut rassurant.  « Face à cette situation, nous devons faire preuve d'un grand sens de la responsabilité. Pour aider les techniciens japonais qui travaillent jour et nuit dans la centrale de Fukushima, la France avec le CEA et les entreprises françaises a d'ores et déjà fourni du matériel technique, des équipements de protection. » Serait-ce tout ? Non, le Monarque embraye sur les consignes de départ dans l'urgence des premières menaces radioactives voici deux semaines.

« Je sais que la rapidité avec laquelle la communauté française a réagi a suscité certaines réserves. Je le dis sans hésitation. Il était du devoir des autorités françaises d'appliquer ce principe de précaution. Et j'assume la recommandation aux Français que rien ne retenait à Tokyo de quitter la région. Mon devoir est de protéger les Français.» Le devoir, toujours le devoir ! Sarkozy évoque ensuite, « en toute transparence », la situation du nucléaire au Japon. « Cette situation est critique, très instable et malheureusement durable.» Oh ! Le monarque reconnaîtrait-il la gravité de la catastrophe ? Que nenni ! Il précise aussitôt : « vous devez accepter de vivre avec cette situation pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.» Plusieurs mois ? La catastrophe de Fukushima a des conséquences séculaires sur l'environnement de la région.

Le même jour, on apprenait que de l'iode radioactif 131 avait été découvert dans une nappe d'eau à 15 mètres sous la centrale nucléaire de Fukushima. Plus les réacteurs sont arrosés pour être refroidis, plus les nappes et l'océan sont pollués. On se rassure en expliquant que l'iode n'a qu'une durée de vie de 8 jours. Il y a quelques jours déjà, le premier ministre japonais avait expliqué que l'évolution de ces réacteurs était désormais « imprévisible.» La zone de radiation déborde les 40 kilomètres au-delà de la centrale. Seuls les 20 premiers kilomètres ont été évacués. Il y a 8 jours, les habitants de Tokyo ne devaient pas faire boire de l'eau du robinet à leurs nourrissons.

« Que devez-vous faire ? » s'interroge le Monarque. Et que répond-t-il ? Rien : « Ce n'est pas à moi de vous le dire. Chacun de vous doit décider en son âme et conscience selon sa situation familiale et sa situa professionnelle. Pour éclairer votre décision, sachez que les autorités françaises sont là, aux côtés des autorités japonaises, pour donner des informations fiables. » Quelle curieuse position ! Le Monarque nous explique que la France est là, qu'elle maîtrise, qu'elle conseille, qu'il s'agit d'un accident. Mais... mais .... ne paniquez pas. Faites vos choix. On vous informera des pollutions en cours. Il y en a pour quelques semaines.

Ce jeudi à Tokyo, Sarkozy représentait la filière nucléaire française. Il était comme un représentant de commerce désolé de son produit défectueux. Surtout, Areva a prévu de se coter en Bourse sous peu. Pour rassurer , il ajoute : « j'ai sollicité l'expertise scientifique du CEA, de l'Autorité de Sûreté Nucléaire et de l'Institut de Protection Nucléaire. On est tranquille. » Pour résoudre la rivalité entre EDF et Areva sur les marchés internationaux, Nicolas Sarkozy a confié au CEA, en février dernier, le soin d'exporter, notamment en Chine, la technologie française. Le CEA est actionnaire à 72% d'Areva. Juge et partie. La veille, en France, un rapport de l'ASN critiquait la sûreté de 4 centrales françaises d'EDF. Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n'exclait même plus un moratoire sur la construction de l'EPR de Flamanville : « C'est un questionnement, une réflexion. On n'est pas sûr. Ca fait partie du champ des hypothèses. » Au Japon, Nicolas Sarkozy était ailleurs. Hors sol.

« Tous, je dis tous, s'accordent à dire que dans la situation actuelle, résider à Tokyo ne constitue pas un danger réel pour la santé des population. Bien entendu, nous maintenons notre vigilance, en accord avec les autorités japonaises. Et nous vous alerterons s'il existe un risque. Je vous dois la transparence. » Vraiment ? Nicolas Sarkozy est juge et partie. Il vend, à tour de bras, des centrales et la technologie nucléaire française depuis 2007. Pour le risque nucléaire, il n'avait pas grand chose de plus à dire. Sarkozy nous préviendra. Il enchaîne aussitôt sur l'installation d'un nouveau lycée français à Tokyo, « symbole du lien qui unit nos deux pays.» Sarkozy ajoute : « la vie doit reprendre son cours mais nous devons aussi prendre en compte ce qui s'est passé et en tirer tous les enseignements. La situation de Fukushima suscite de très nombreux débats. »  Mais, précise-t-il, « l'heure n'est pas aux polémiques, elle n'est pas aux anathèmes, l'heure n'est pas aux choix précipités, qui ne marquent qu'une seule chose, le manque de sang-froid. Dans ces situations, il faut faire preuve de sang-froid.» L'homme qui parle ainsi n'a cessé d'instrumentaliser les faits divers les plus sordides et les plus anecdotiques pour créer toutes sortes de lois inutiles et mal ficelées en matière de lutte contre la délinquance. Et voici qu'un accident, une catastrophe nucléaire ne mériterait ... aucun débat.

On croit rêver. Sarkozy s'obstine sur cette ligne de défense depuis 3 semaines. Et Sarkozy sort l'argument économique, incroyable en ces temps de catastrophe : « Pour la France, le nucléaire civil est un élément essentiel de son indépendance énergétique et de la lutte contre les gaz à effet de serre.»

Il annonce ainsi qu'il veut réunir les autorités nucléaires des Etats du G20, « à Paris », pour définir une norme internationale en matière nucléaire. « Il est absolument anormal que ces normes de sûreté internationale n'existent pas. »

C'était la grande idée du moment. Quelques heures plus tard, Nicolas Sarkozy répéta son propos : « Il faut remédier à cette incongruité qui fait qu'il n'existe pas de norme internationale pour le nucléaire.» Il noit le poisson et joue l'hypocrite. Quelles normes a-t-il imposé quand il a vendu le nucléaire français à la Libye ?

« Le problème est un problème de norme de sûreté plus que de choix de l'énergie nucléaire, pour laquelle il n'y a pas d'alternative à l'heure actuelle, poursuit le locataire de l'Elysée, appelant à la mise en place de règlements internationaux. Il est absolument anormal que ces normes de sûreté internationales n'existent pas (...) ce qui compte, c'est qu'avant la fin de l'année il y ait des normes internationales. Le nucléaire n'est possible qu'avec des normes de sûreté exceptionnelles. »

Ces propos sont indécents. Une représentante de Greenpeace rappelait, jeudi soir sur Canal+, que la France a vendu deux EPR à l'Inde, en décembre dernier, qui doivent être construits sur une zone à fort risque sismique.

Le cauchemar reste français, et l'inconscience sarkozyenne.



C'est fait! Après quelques nuits sans sommeil, taraudé du remord d'avoir imposé une stratégie perdant-perdant (hormis pour Patrick Mottard) à ces dernières cantonales niçoises, le 1er fédéral du PS a décidé de démissionner de cette responsabilité, dans un communiqué publié au petit matin, trop tard pour figurer dans le journal local. Il reste néanmoins 1er vice-Président du Conseil Régional Paca et élu à la ville et à la Cunca.

S'attendant à un soutien, massif et enthousiaste, des militants lors de la dernière Commission Exécutive Fédérale, l'atmosphère mitigée, certaines réactions d'ingratitude, voire des critiques voilées, l'avaient peiné, surtout venant après la question d'un journaliste de Radio Bleue dimanche soir sur Fr3, lui demandant s'il comptait démissionner après ces résultats.

Depuis un certain temps déjà, il s'interrogeait sur la pertinence du cumul des fonctions d'élu et de patron de sa fédération. On le sentait déstabilisé par l'hémorragie d'adhérents de sa fédération et la baisse continue, depuis quelques années, du nombre d'élus socialistes dans le département. Homme intelligent et tout dévoué aux masses populaires, démocrate exigeant, ce décalage entre ses valeurs et les résultats obtenus ne pouvait que l'affecter, comme le montre son autocritique sur son blog.

Dans le même temps, on apprenait très tôt ce matin, que Jean-Noël Guérini, lassé des critiques et soupçons injustifiés à son égard, avait décidé, sitôt élu hier, de démissionner de la Présidence du Conseil Général des Bouches du Rhône, dans la soirée.

Le Parti Socialiste perd ainsi deux grands dirigeants, deux immenses bâtisseurs, qui auront néanmoins réussi, dans l'adversité et malgré les turbulences, à mener la gauche de leurs départements là où elle est actuellement.
" Le Génie de l’Orient "

A partir de samedi le public pourra découvrir au Musée des Beaux-Arts de Lyon "Le Génie de l’Orient", une très belle exposition qui démontre, encore une fois, la capacité de nos grandes institutions à créer l’évènement. C’est la première fois en effet qu’une manifestation de cette envergure est consacrée dans notre pays à l’influence des arts islamiques sur la création européenne moderne. Le parti-pris original de ce travail, c’est de monter les deux facettes de la fascination des occidentaux pour les cultures orientales : tantôt exotisme, tantôt volonté de s’approprier ces codes visuels pour renouveler les formes de la création européenne. A travers cette exposition, les équipes du Musée des Beaux-Arts reviennent sur l’histoire de notre ville placée dès la Renaissance au carrefour entre Orient et Occident. 

C'est évidemment le passé des soyeux qui dans cet univers puisaient de nouvelles sources d'inspiration pour leurs créations. C'est également nombre de négociants, historiens de l'art ou encore collectionneurs qui, en toile de fond, nourrissaient la même fascination pour ces motifs, ornements et autres impressions d'Orient. C'est tout cela que dévoile cette exposition en montrant la richesse et la complexité des relations économiques, culturelles ou intellectuelles, entre Europe et monde islamique autour de la Méditerranée. 

Hier, lors du vernissage en présence de Georges Képénékian et de nos partenaires, je rappelais ces mots d’un spécialiste du Moyen-Orient, que j’ai découvert au hasard de mes lectures. Il écrivait que l’histoire de la Méditerranée a fait de nous "Les dépositaires d’un héritage où l’alphabet fut phénicien, le concept grec, le droit romain, la munificence byzantine, la science arabe, la puissance ottomane et la coexistence andalouse". C’est la pluralité de cet héritage que nous offre de la plus belle des manières "Le Génie de l’Orient". J’espère qu’à la lecture de ce message, vous aurez le désir de partir à la découverte de cet évènement exceptionnel.

Sarkozy fait le VRP du nucléaire en Asie.

Depuis mercredi, Nicolas Sarkozy est en déplacement en Chine. Il s'éloignait ainsi du tumulte franco-UMP. En France, la droite classique est en émoi. Le spectre d'une déroute annoncée en 2012 stresse les plus coriaces. A Pékin, le Monarque fut reçu par le président de la plus grande dictature du monde. Pas question de parler droits de l'homme. Mais la Chine ose désapprouver l'intervention occidentale en Libye. Pas rancunier, Sarkozy voulait surtout conforter le sort de la filière nucléaire française, à quelques heures d'une visite expresse ... au Japon voisin.

Le rebond ou le big bang
Le désaccord stratégique au sommet de l'UMP est donc majeur. Pour ou contre le débat sur l'Islam - pardon - la laïcité ? Surenchère sécuritaire ou agenda social et économique ? Rapprochement sémantique puis politique avec le FN ou rassemblement de la droite plurielle ? Les questions sont nombreuses, et clivent le camp présidentiel. Certains font semblant, aujourd'hui, de découvrir que nombre de digues ont sauté. La Sarkofrance ne s'est pas berlusconisée en quelques jours.  Mercredi, les représentants des 6 grandes religions de France, rassemblées au sein de la Conférence des responsables de culte en France (juif, musulman, catholique, protestant, bouddhiste et orthodoxes), ont désapprouvé, dans une tribune, l'organisation du débat sur la laïcité par l'UMP. Le coup est symbolique mais rude pour un Monarque qui ne cesse de faire ostensiblement le signe de croix quand il visite une église.

Il paraît que l'après-Sarkozy a commencé. C'est sans doute vrai. Les lionceaux quinquagénaires Copé et Fillon se disputent déjà le territoire du Monarque. Mais ce dernier bouge encore. Il lui reste treize mois de campagne. Depuis plus d'un an déjà, le candidat Sarkozy a dynamité son propre camp, rétréci l'UMP à une caricature bourgeoise et raciste. Olivier Ferrand, de Terra Nova, rappelait mercredi, comme d'autres, combien Nicolas Sarkozy a choisi de mettre « en œuvre une rupture anti-humaniste », par le biais de stigmatisations répétées.

Près de 10 ans après sa création, on s'interroge désormais sur les chances de survie politique de l'UMP. Cette évolution est d'autant plus étonnante que Nicolas Sarkozy, tout au long des 4 premières années de son mandat a pu tour à tour jouer de tous les registres : libéral en 2007, interventionniste en 2008, sécuritaire depuis 2009, monarchique tout le temps.

Il est pourtant fort probable que d'ici quelques mois, quand les principaux candidats de l'opposition seront connus (socialiste, écologiste, centriste, etc), le Monarque change de posture. Les candidatures écolo et socialiste, si elles apparaissent suffisamment centristes, bloqueront ou, à défaut, gêneront les velléités des Borloo, Bayrou, Villepin et autres Morin. Le Monarque aura alors le temps d'agréger d'autres arguments plus sociaux-centristes à son porte-feuille de promesses.

Libye contre droits de l'homme
Pour l'heure, il a filé en Chine. Et vendredi, il sera le premier chef d'Etat étranger à se rendre au Japon depuis le tremblement de terre du 11 mars dernier. Ce déplacement chinois était prévu de longue date, mais son agenda a été modifié par l'actualité.

On avait fini par oublier que le Monarque présidait l'organisation des G20 et G8 cette année. Depuis novembre dernier, les résultats ont été minces. Il reste à peine six semaines, avant la tenue du G8 français à Deauville, les 26 et 27 mai prochain. Pour cette visite, Sarkozy ouvrira, ce jeudi à Nankin, un séminaire des ministres des finances du G20 sur la réforme du système monétaire international, « autrement dit de l'ensemble des mécanismes et des institutions qui visent à organiser et à réguler les échanges monétaires internationaux, ainsi que l'organisation des régimes de change. » La veille, il rencontrait son homologue chinois Hu Jintao, accueilli en France en grandes pompes et multiples courbettes en novembre dernier. Ils ne parlèrent pas droits de l'homme ni démocratie. Hu Jintao avait parfaitement lu la grande et belle déclaration franco-britannique de lundi dernier, qui se concluait par cette maxime bien légitime de Tripoli à Pékin : « Comme tout autre peuple, il a le droit de choisir librement ceux qui le dirigeront. »

La Libye  s'est évidemment incrustée dans les débats. Au grand dam du président français, les médias officiels chinois relayèrent les critiques de leur autocrate local à l'encontre de l'intervention onusienne en Libye : « L'histoire a, à plusieurs reprises, prouvé que l'utilisation de la force n'était pas la solution appropriée pour résoudre les problèmes, et qu'elle les rendait même plus compliqués » a déclaré Hu Jintao. « Le dialogue et d'autres moyens pacifiques sont les solutions les plus adéquates pour résoudre les problèmes. (...) Si l'action militaire engendre des catastrophes pour les civils et provoque une crise humanitaire, alors elle va à l'encontre de l'objectif initial de la résolution des Nations unies. (...) Nous avons remarqué que certains pays et organisations régionales avaient donné des propositions et suggestions pour essayer de résoudre la crise en Libye, et ils ne manquent pas d'idées constructives.»

Aussitôt, l'entourage du président français minimisa le désaccord. Il n'y aurait qu'une « nuance » entre les positions françaises et chinoises.

Nucléaire à vendre
A Pékin, Sarkozy voulait surtout vendre, encore et toujours, un peu de nucléaire français. Il paraît même que la catastrophe nucléaire de Fukushima fut l'un des « sujets prioritaires » du tête-à-tête entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, au Grand Palais du peuple mercredi soir. L'un des diplomates présents à ce dîner de travail confirme : « Les deux présidents ont convenu qu’il était très important de garder son sang froid, tout en prenant compte des difficultés de Fukushima.» A l'Elysée, on veut toujours croire au futur atomique : « Fukushima n'invalide pas la pertinence du nucléaire civil » avait confié un conseiller présidentiel au Figaro.

La Chine est un (futur) gros client pour la filière française : 27 réacteurs sont en chantier pour porter la flotte atomique chinoise à 66 réacteurs d'ici 2020. Deux EPR sont en construction. Qu'importe si, à quelques centaines de kilomètres de là, le Japon découvre jour après jour les affres d'une catastrophe nucléaire grandeur nature. Nathalie Kosciusko-Morizet, la silencieuse ministre de l'Ecologie s'est inscrutée à la dernière minute dans le voyage. Elle a annulé une rencontre, à Paris, avec son homologue suisse.

Vendre du nucléaire quelques semaines après une catastrophe atomique ? Tout est possible avec notre Monarque.


Comme beaucoup d'entre nous je suppose, je m'interroge depuis longtemps sur l'effet placebo, mais aussi sur les "miracles", revenus dans l'actualité récente, et dont certains semblent bien réels, du moins en termes d'effets à défaut d'explications. La différence essentielle entre les deux est que les premiers sont donnés comme provenant de "causes" internes au sujet et les seconds de "causes" externes.

Je me suis, comme d'autres, fabriqué mes explications, à une époque tenant à des rapports sinon inexpliqués, au moins encore largement mystérieux entre le corps et l'esprit, ce qui me ramenait à un dualisme inscrit dans le moyen-âge de la pensée. Corps et esprit ne font en réalité qu'un avec, au niveau organisationnel, des hiérarchies multiples et enchevêtrées dotées de boucles rétroactives étranges et donc du "giga-causal".

Figurez-vous que je viens de terminer un petit bijou de culture et d'intelligence, "Le vivant post-génomique ou qu'est-ce que l'auto-organisation", d'Henri Atlan (Ed. Odile Jacob, 2011), et, au milieu d'un tas de choses fort intéressantes, d'y trouver une explication qui me convient.  S'appuyant sur la complexité intrinsèque des phénomènes biologiques où "le nombre de modèles différents pouvant prédire les mêmes observations peut être de l'ordre de plusieurs centaines ou milliers", il en déduit que "Le principal intérêt des modèles théoriques, ..., est justement de suggérer de nouvelles expérimentations quand c'est possible. ..., tout en sachant que l' "expérience cruciale" capable de trancher entre deux théories concurrentes est ici en général inaccessible".

" C'est ce qui explique le retard de la théorie biologique sur les performances des biotechnologies; et aussi le succès relatif de médecines parallèles qui ne prouvent en rien la valeur de vérité des théories ou pseudo-théories sur lesquelles elles se fondent. Car la complexité et la singularité de la pathologie humaine créent un domaine de sous - détermination par excellence; les raisons pour lesquelles telle ou telle technique magique ou pseudo-scientifique réussit sont tellement sous-déterminées qu'à la limite on peut considérer que tout marche, bien qu'avec des probabilités différentes!".

Et c'est peut-être là la revanche des sciences de l'homme, dites "molles", qui pour étudier des phénomènes sociaux complexes, privilégient les outils statistiques et le "significatif".
  •  L'ex - Biscarra Enchaîné, le retour.
  • Après Marine Le Pen, C. Estrosi devient plus  "social", s'en prend au Cac 40 et dénonce le "copéïsme". Nice-Matin. Voir aussi NouvelObs. Je peux maintenant mourir tranquille, j'aurais tout vu...
  • "Fukushima: inquiétante élévation du taux d'iode radioactif", NouvelObs.
  • "La religion n’est pas un service public", par H. Pena-Ruiz, Libération.
  • "Réflexions sur la marginalisation des enseignants au sein des sociétés démocratiques ‘développées", Géographedumonde.
  • "Quand l’économie devient complexe", InternetActu.
  • Repéré sur Ruminances, "La science du harcèlement".****
  • Les curieux comptes de la Fédération PS de l'Hérault. L'Express.

Sarkozy préfère un sommet de l'UMP au sommet de Londres

Nicolas Sarkozy a séché le sommet de Londres, organisé par David Cameron avec une quarantaine de chefs d'Etat ou leurs représentants, à propos de la situation en Libye. Pas question de quitter la Sarkofrance. Copé et Fillon s'écharpent. Une majorité de parlementaires doute de l'efficacité du Monarque. L'heure était grave. Surtout, Nicolas Sarkozy devait recevoir les ténors de l'UMP à l'Elysée pour une rencontre électorale plus importante que tout. Qui a dit que le printemps arabe était cet évènement incroyable qui méritait toutes les attentions, y compris un remaniement gouvernemental en février dernier ?

Absent du Sommet de Londres
Voici 10 jours, le premier ministre britannique avait pourtant assisté au sommet de Paris, qui déclencha l'intervention occidentale en Libye. Le président français avait donc décidé de ne pas lui retourner la politesse. Son absence est curieuse et troublante. Depuis 3 semaines, le Monarque s'est placé en première ligne sur l'affaire libyenne. il fut le premier à reconnaître le Conseil national de transition libyenne dès le 10 mars, suivant les conseils du philosophe Bernard-Henri Lévy. La France insista pour une intervention armée en Libye, a minima aérienne. Vendredi 18 mars, les médias (français) unanimes célébraient la force de persuasion d'Alain Juppé, qui avaient permis d'emporter la décision du Conseil de Sécurité la veille. Ce samedi 19 mars, Nicolas Sarkozy jouait enfin au chef de guerre.

Lundi 28, alors que l'UMP se déchirait sur la débâcle électorale cantonale, Nicolas Sarkozy co-signait une grande et étrange déclaration en préparation du sommet londonien. Le soir, on apprenait qu'il s'était entretenu en visio-conférence avec Obama, Cameron et Merkel. Mais motus et bouche cousue sur le contenu de cet échange. On eut droit à des photographies, publiées sur le site de l'Elysée. Il faut mettre en scène le Monarque quand il travaille...

Puis, ce mardi... rien. Sarkozy sèche. Il laisse Laurent Wauquiez, son jeune ministre des affaires européennes, et Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, se débrouiller tous seuls.

Lors du sommet, tous les participants tombèrent d'accord pour exiger le départ de Kadhafi. Mais, a expliqué le conciliant ministre italien des affaires étrangères, « pour le reste, ça dépend du pays qui peut-être va proposer d'accueillir Kadhafi.» Ce serviteur de Berlusconi, autre vrai proche du colonel, ajouta : « Il doit être obligé à l'exil, ce n'est pas une concession qu'on va lui faire, c'est une obligation. Il doit comprendre à la fin que franchement, il n'a pas d'autres options, si on trouve un pays prêt à l'accepter

En Libye, le colonel sanguinaire a repris la main, après trois jours de repli face à une offensive des révolutionnaires libyens.  Ces derniers manquent d'armes. La résolution onusienne empêche tout soutien logistique aux insurgés. Sarkozy, en France, répète qu'il ne respectera les consignes onusiennes, toutes les consignes onusiennes, que les consignes onusiennes. En fait, il faudrait quand même se débarrasser du dictateur libyen, l'ancien ami de Sarkofrance, futur client de nos armements et centrales nucléaires. Juppé, à Londres, confirma que la Sarkofrance était prête à livrer des armes aux opposants anti-Kadhafi : « nous sommes prêts à en discuter avec nos partenaires. »

A Londres, les participants décidèrent de constituer un « Groupe de contact » politique sur la Libye, à présidence tournante. Il faut faire oublier que l'OTAN est désormais en charge des opérations militaires. Une prochaine réunion aura lieu au Qatar. Pourtant, l'Union africaine n'avait envoyé personne. Et la Ligue arabe, réticente dès les premières heures de l'intervention occidentale, n'avait envoyé qu'un simple ambassadeur.

Présent au Sommet de l'UMP
Les mauvaises langues diront que le Monarque avait fort à faire à Paris. L'UMP est en ébullition. Lundi soir, Jean-François Copé a accusé François Fillon de ne pas jouer suffisamment collectif. Bisbilles au sommet de l'Etat-UMP ! Le secrétaire général du Parti attaque le premier ministre ! Cette dispute de deux marionnettes sarkozystes prête à sourire. Les deux rivaux pensent à 2017.

Mardi matin, juste avant de recevoir les dirigeants de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait convoqué Fillon et Copé dans son bureau, à 8 heures, pour une explication de texte. Un petit déjeuner à trois qui s'annonçait explosif. Une demi-heure plus tard, les trois retrouvaient quelques ténors de l'UMP. Le candidat Sarkozy confond l'Elysée avec un bureau de campagne. « Sarko a été impeccable. » a confié Copé en sortant. Pourtant, le cessez-le-feu semblait aussi fragile qu'à Benghazi. Le Monarque Nicolas avait à peine fini son introduction, que Copé répéta « ce qu’il avait dit la veille, maintenu ses critiques et assuré qu’il ne les redirait pas. » Fillon répliqua qu'il « n’est pas possible d’exposer ses différends avec le Premier ministre ainsi à la télévision.» 


Copé, si soupçonné d'espérer secrètement l'échec de la candidature Sarkozy en 2012 pour préserver ses propres chances en 2017, surjoue sa fidélité au Monarque. Fillon, potentiel recours si Sarkozy sombrait avant l'ouverture de la campagne officielle, a une identité à défendre, malmenée depuis 2007.

Ces péripéties de l'UMP sont sans conteste sans importance eu égard à l'actualité du monde « réel.» Même sur le terrain international, le Monarque élyséen, trop occupé à s'activer comme candidat à sa succession, en a oublié les autres troubles du monde. Ainsi en Côte d'Ivoire, le président contesté Gbagbo s'accroche à son poste, 4 mois après sa réélection dénoncée par la communauté internationale. Le pays a plongé depuis dans la guerre civile. En Sarkofrance, on s'en fiche.

Qui parlera donc des vrais sujets ? Du vrai bilan ? Même la gauche semble tétanisée et amusée par ses disputes d'appareils sarkozyens. Mardi, il fallait lire le compte-rendu enthousiaste du Figaro sur les « ruptures conventionnelles » de contrat de travail. A fin janvier 2011, le cap des 500.000 depuis l'entrée en vigueur du dispositif était quasiment franchi : « Après trente mois d'existence, le succès de ces séparations à l'amiable, introduites dans le Code du travail en août 2008 suite à un accord entre les partenaires sociaux (à l'exception de la CGT), ne se dément donc pas.» Xavier Bertrand, le ministre du Travail, est ravi. Ces séparations à l'amiable homologuées par l'administration représentent désormais 11 % des motifs de rupture de CDI.

Le nombre de ces divorces à l'amiable a-t-il baissé de 17% en janvier 2011 versus décembre 2010 ? Ne vous inquiétez pas ! « Il n'y a aucune raison de s'inquiéter », a confirmé un conseiller du ministre au Figaro. « On est toujours sur une montée en puissance du dispositif, selon une saisonnalité identique à celle des années précédentes.» Ouf ! On est rassuré ! En période de crise, la nouvelle est pourtant terrifiante. Et le Figaro reconnaît des abus : « les séparations à l'amiable semblent être utilisées par certaines entreprises comme un système de préretraite collectif financé par l'Unedic. » Pour preuve, un chômeur sur cinq qui entre à Pôle emploi suite à une rupture convention­nelle a plus de 50 ans, et surtout plus de 58 ans... Bref, le dispositif sert de pré-retraites déguisés...  Depuis 2003, le nombre de pré-retraites financées par l'Etat a fondu (30.000 en 2003, moins de 8.000 actuellement).

Autre thème du moment, l'avenir nucléaire du pays. Nicolas Sarkozy fera un crochet par le Japon, vendredi, lors de son périple en Chine. En France, sa ministre de l'Ecologie Kosciusko-Morizet ne fit que répéter qu'un « audit des installations nucléaires » aurait lieu ... d'ici la fin de l'année. Chaque jour, la catastrophe de Fukushima rappelle le caractère irrémédiable des dégâts atomiques.

Chômage, précarité, santé, environnement, les sujets ne manquent pourtant pas. Mais le candidat Sarkozy reste tout occupé à sa propre survie.

Ami sarkozyste, où es-tu ?





Le journal d'hier titre, au sujet des cantonales: "L’échec du Parti socialiste azuréen remet en selle Patrick Mottard".  Nous le rejoignons sur la totalité du titre: l'échec et la remise en selle...
Nice-Matin illustre cet article d'une photo de la CEF de lundi soir accompagnée de cette légende: 
 "Ambiance tendue hier soir au conseil fédéral du PS 06"

Le journal, qui décidément, dès qu'il s'agit de la gauche, ne manque pas d'humour explique encore: "Patrick Allemand n’évoquait, dès dimanche soir, qu’un «accident de parcours» à propos de la défaite de Paul Cuturello, son allié à la tête du PS azuréen et se félicitait d’une «stratégie d’union payante» dans le département",  discours comparable dans la perspicacité à celui de JF Copé qui, au sujet de la déculottée nationale de l'Ump n'avançait qu'une légère déception...

Centrant tout sur les 12 et 14 ème cantons où il avait obtenu l'absence de candidature du PCF (présent partout ailleurs) avec dans un cas, une erreur de casting flagrante et dans l'autre un manque de renouvellement tout aussi flagrant, le moins que l'on puisse dire est que les résultats n'ont pas été à la hauteur. Il se dit même que le dimanche matin du 1er tour, il voyait sa candidate à 35% des suffrages... A ce stade, peut-on encore parler d'une simple erreur de stratégie, surtout quand dans le même temps il vendait, lors des négociations avec EELV, le 8ème canton comme étant gagnable par une candidature d'union PS-EELV ?

Il lui était difficile, lundi soir, à la CEF de la Fédération 06 du PS, face aux militants déçus, d'imputer ce fiasco à la désunion et aux diktats qu'il avait imposé, tuant dès lors toute dynamique. Il s'était vanté d'avoir travaillé, pendant des mois à un "rassemblement (qui) était très large même s’il était à geométrie variable", très variable même, reconnaissons-le, la responsabilité de l'échec étant dû à la "faute politique" des "états majors locaux", hormis le sien, bien entendu. 

Non, lundi soir, face à ses militants, la faute était au "pas de chance"...
Enfin, par rapport à l'explosion actuelle de la droite,  tout ça n'est pas grand chose.
  • "Fukushima : le Japon en "alerte maximum"", NouvelObs.
  • "La fronde anti gaz de schiste s’étend", Libération.
  • "Un volcan islandais, Fukushima, la révolution", Blog de P. Jorion.
  • "2012 : pour perdre, le PS n'a qu'à suivre la recette du Val-d'Oise", Rue 89.
" Entretiens... "

Cela va faire un mois que mon livre "Et si la France s'éveillait..." est sorti en librairie. Un véritable marathon qui m'amène à rencontrer beaucoup de monde lors de conférences, échanges informels, séances de dédicaces un peu partout. C'était en début d'après-midi le cas avec les Franciliens au Drugstore Publicis de l'avenue des Champs Elysées. Dès la parution de mon ouvrage, j'ai souhaité mettre à contribution internet. D'abord pour communiquer bien sûr, et toucher le plus large public. Mais au-delà de cet impératif, ma volonté a été dès le départ de partager mes réflexions avec les internautes. Ce fut, par exemple, ces interrogations recueillies au hasard des rues de Lyon et diffusées sur le site du livre dans un "teaser" original. C'est maintenant une série d'entretiens que je vous invite à découvrir à travers 8 séquences mises en ligne progressivement. Ce mardi, c'est le 3e volet de ces vidéos qui vous est ainsi proposé. Ecologie, retraites, Europe, social-démocratie, décentralisation, Solférino... ces entretiens m'ont semblé une manière intéressante de prolonger la pensée et les idées que je développe au fil des pages de mon livre. A tous je souhaite bonne navigation !

Libye ou cantonales : Sarkozy s'égare tout seul

Qui reste-t-il ? Un quarteron de fidèles logés dans le Palais, trop habitués aux sondages concordants, aux débats sans contradicteurs ni contradictions. Il y a aussi quelques soutiens réticents qui n'osent franchir le Rubicon de la défiance autrement que par petites phrases rapidement démenties. Au lendemain d'un scrutin une nouvelle fois désastreux, Nicolas Sarkozy tente d'affirmer son autorité. Sur le plan international, il co-signe une déclaration avec le Britannique Cameron incompréhensible et approximative.

Chef de guerre ?
Officiellement, Nicolas Sarkozy a des sujets plus sérieux à traiter que ce scrutin strictement « local ». Pensez-vous ! Il est le « président de la 5ème économie du monde » ! Tout le weekend, les médias français s'étonnaient et se félicitaient de la fulgurante progression des forces rebelles en Libye. Les bombardements occidentaux affaiblissent évidemment les forces libyennes, même si l'alliance occidentale déborde ainsi de son mandat onusien initial. Lundi, après le scrutin cantonal, on apprenait que l'avancée des révolutionnaires libyens était moins importante que prévue. Ce même lundi 28 mars, lendemain électoral, Nicolas Sarkozy et son collègue David Cameron publiaient un étrange communiqué commun, truffé d'approximations et de réécritures historiques. Dix jours après le début de l'offensive occidentale contre les forces de Kadhafi en Libye, et à la veille d'un sommet international à Londres, les deux compères encouragent les proches du dictateur libyen à changer de camp. Mais l'étrange est ailleurs.

Sarkozy et Cameron expliquent que leur intervention dès le 20 mars a sauvé « des centaines de milliers de personnes » « d'une catastrophe humanitaire annoncée.» On ne sait pas d'où ils sortent cette estimation ? Ils se réfugient derrière un mandat onusien qui n'autorise qu'une protection des civils (« Nos pays sont résolus à continuer à appliquer la résolution n°1973 du Conseil de sécurité afin de protéger le peuple libyen  »)  pour réclamer le départ de Kadhafi (« Kadhafi doit donc partir immédiatement »). Ils évoquent une initiative de la Ligue arabe à l'origine de la résolution du Conseil de Sécurité : « Suite à l'appel lancé par la Ligue arabe en faveur de la protection de la population libyenne, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté, le 17 mars, une résolution historique visant à protéger les civils de la violence qu'a déchaînée sur eux la machine de guerre de Kadhafi. » Sarkozy avait-il peur de paraître seul en première ligne ?

Pour conclure, les deux espèrent que « lors de la conférence de Londres, la communauté internationale tout entière aura l'occasion d'exprimer son soutien au peuple libyen dans sa lutte visant à faire tomber une dictature violente et à créer les conditions propices qui lui permettront de décider de son avenir.» On applaudit ! On espère que Nicolas Sarkozy affirmera le même préalable démocratique à l'encontre de son ami syrien Al Hassad : « Comme tout autre peuple, il a le droit de choisir librement ceux qui le dirigeront. » Fichtre ! Quelle déclaration ! Nicolas Sarkozy s'envole pour la Chine, ce mercredi. Gageons qu'il aura l'occasion de demander à son hôte, président de la plus grande dictature du globe, de laisser son peuple «  choisir librement ceux qui le dirigeront. »


Sarkozy et Cameron mesurent-ils la portée de leurs propos ? la démarche, non concertée évidemment, avait quelque chose de triste et pitoyable. La France aurait pu déclarer la guerre à la Libye pour des motifs humanitaires et démocratiques. C'eut été courageux, gonflé et dangereux.

Le Nouvel Obs avançait une explication pour cette déclaration franco-britannique inattendue. L'Allemagne et l'Italie envisageaient de proposer un cessez-le-feu immédiat en Libye lors de cette même réunion de Londres.

Chef d'un clan !
Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a perdu toutes les élections intermédiaires, sans exception : municipales au printemps 2008 (avant la crise); européennes un an plus tard; régionales en 2010, et cantonales de mars 2011. Un sans-faute qui, aggravé par des sondages de popularité calamiteux depuis l'automne 2007, a peu à peu miné l'autorité de l'omni-président. Au printemps 2010, il avait du concéder un mini-remaniement, secoué par une bronca antisarkozyste au coeur de ses groupes parlementaires.

Chaque lundi, Nicolas Sarkozy débute la semaine par une réunion avec quelques dirigeants de l'UMP. Il faut caler les messages, et tenir les troupes. Participent habituellement à ce premier rendez-vous, Jean-François Copé le secrétaire général de l'UMP ; Brice Hortefeux, futur conseiller politique et actuellement en charge des investitures à l'UMP; Franck Louvrier, le conseiller en communication; Patrick Buisson, le gourou des études; Pierre Giacometti, son autre conseiller ès sondages ; François Fillon, et, parfois, Henri Guaino.

Le mardi, les dirigeants de l'UMP avaient coutume de relayer la bonne parole présidentielle. Depuis quelques mois, il y a friture sur la ligne, parasite dans les rouages, dissidence dans les rangs. Le signe, évident, d'un affaiblissement de l'autorité de Nicolas Sarkozy.  Le 21 mars, lendemain du premier tour des élections cantonales, le Monarque avait réaffirmé ses consignes : ni Front national, ni Parti socialiste.  On se souvint du cafouillage cantonal le lendemain. Fillon contredit Sarkozy, avant de se rétracter quelques heures plus tard.

Toute la semaine, les supporteurs du Monarque répétèrent qu'il valait mieux l'abstention que le front républicain en cas de duel FN/gauche au second tour du scrutin. Dimanche soir, Jean-François Copé, le faux patron de l'UMP, sortait ses larmes de crocodiles pour regretter la fameuse abstention. Le ridicule n'a plus de limites. 

Ce 28 mars, Sarkozy s'énerva contre les velléités séparatistes des centristes et notamment de Jean-Louis Borloo : « Ceux qui mettent en cause la famille politique sont ceux qui ne se battent pas pour elle, et ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille ne le feront pas avec notre complicité ». Ces propos ont « extrêmement peiné » l'ancien porte-parole de l'UMP Dominique Paillé. La débâcle au second tour des cantonales a ravivé les critiques contre la stratégie présidentielle et l'hôte de l'Elysée lui-même. Sarkozy insiste à nouveau pour que le débat sur l'Islam et la laïcité ait lieu, le 5 avril prochain, au sein de l'UMP.

La veille, le jeune Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, s'inquiétait sur i-Télé qu'on ne parle que de ça. Quelques heures plus tard, François Baroin, pourtant porte-parole du gouvernement, contredit également son patron, en suggérant de « certainement mettre un terme à tous ces débats. » . « Je crois qu'il faut s'écarter de tout ce qui peut, de près ou de loin, donner l'impression de stigmatiser » a-t-il précisé. Comme à chaque couac intra-UMP, un responsable du clan précise rapidement que « François Baroin devrait rectifier ses propos dans la journée ». Le soir même sur CANAL+, le secrétaire Copé a même taclé son rival Fillon. Ce dernier apprécie peur qu'on agite les peurs pour faire le jeu, in fine, du Front National. Même Jean-Michel Apathie s'en agace.

Une fois par mois, Nicolas Sarkozy reçoit des sénateurs UMP (comme le 9 mars dernier) ou des députés UMP (le 16 février). Le Monarque a laissé fuiter qu'il régalerait tous les députés UMP à l'Elysée le 13 avril prochain. De temps à autre, le Monarque rencontre des « intellectuelsLe 23 mars dernier, entre les deux tours du scrutin - accrochez-vous - il a invité à déjeuner Denis Tillinac, l'ancien écrivain chiraquien, Eric Zemmour, le journaliste nouveau condamné, et Yann Moix, un temps cinéaste. Ce trio est exemplaire d'un troisième cercle des sarkozystes disparus : aux côtés des fidèles et des résignés, voici les illuminés de la dernière heure !

Dans son ancien fief des Hauts-de-Seine, le traumatisme est plus intime. Il y a quelques mois, quelques conseillers et proches sarkozystes avaient appelé un à un les représentants de l'UMP locale pour évincer Patrick Devedjian au profit de l'inexistant Guillet maire de Chaville. Sur toutes les ondes, le couple Balkany répétait combien Devedjian était usé et méritait une raclée. Or voici qu'au second tour de ces sinistres cantonales, Isabelle Balkany, la « marraine politique » du Prince Jean S., fut défaite à Levallois-Perret par un candidat « divers droite » choqué par le népotisme Bling-Bling du Monarque. La chasse au Sarkophile est-elle ouverte dans les Hauts-de-Seine ? Le 2 mars dernier, Patrick Devedjian confiait que « Les Hauts-de-Seine sont en France, ils subissent exactement le même climat que le reste du pays ». Fidèle à la tradition paternelle, le fils Jean déclara aussitôt sa flamme et son soutien à ... Patrick Devedjian, l'ancien ennemi.




Dimanche soir, soirée électorale. Comme à chaque fois, débarquent successivement à la maison, certains ayant prévenu longtemps avant, d'autres ayant téléphoné dans la soirée, un autre à l'improviste, 1, puis 2, puis... Nous nous retrouvons finalement à 8 autour de la table, de 30 à 66 ans (moi), sans avoir lancé la moindre invitation, zappant sur les chaînes télés où l'on parle des cantonales, tout en recevant, par téléphone, les résultats niçois au fur et à mesure.

Certes, nous sommes tous de gauche, presque tous avec un passé militant, mais certains sont au PS, d'autres chez EELV, d'autres nulle part. Certains ont voté PS, d'autres EELV, d'autres encore pour le Front de gauche ou, comme moi, n'ont pas voté, au premier tour ou au second, ou aux deux... Certains plus "politisés" que d'autres...

Ceux qui ont faim se remplissent la panse de ce qui reste d'un risotto que j'avais, connaissant les rites, prévu large, les autres passent directement à la bière, au café et au "Cannes Bleues". Les commentaires commentent ceux des télévisions, les plaisanteries et les vannes mutuelles fleurissent. Nous sommes tous à la fois heureux, très heureux, de la déculottée sarkozienne, de la défaite de Mme Balkany qui provoque l'hilarité, et désolés  que la gauche n'en profite que très peu. Malgré quelques propos rassurants, on sent que les scores du FN inquiètent et que ce taux d'abstention est l'indice d'un vrai malaise démocratique et social d'où tout peut sortir.

Un énorme éclat de rire secoue la pièce quand, sur Fr3, le 1er fédéral du PS 06 estime que sa stratégie a été "payante" en réponse à la question d'un journaliste lui demandant s'il comptait démissionner du fait de ce fiasco... Puis les choses se calment et les discussions s'orientent vers ce qu'il conviendrait de faire à Nice pour éviter, à l'avenir, de telles déconfitures.

Qu'est ce qui nous rassemble ? Avant tout le fait de ne pas être des professionnels de la politique, ayant, dans ce domaine, des ambitions modestes, d'avoir des valeurs démocratiques et sociales communes et d'être d'incurables humanistes, pensant que les hommes sont perfectibles et que le leur fond est généralement bon. 
Le tout fait que malgré des appartenances, des analyses et des propositions sensiblement divergentes, nous sommes contents d'être ensemble et nous pouvons échanger, à la fois raisonnablement, joyeusement, vigoureusement, et en toute gentillesse. 

Dans la période actuelle, cela n'a pas de prix.
  • Oxygène dans les Hauts de Seine..., NouvelObs.
  • "L'UFC-Que Choisir publie une liste de 31 médicaments à éviter", Libération.
  • "Le "livre blanc" du tribunal de grande instance de Paris", NouvelObs.
  • "Fukushima : la contamination va "s'étendre sur des zones considérables"", NouvelObs.
  • "Le prix du gaz va augmenter de 5,2% à partir du 1er avril. En un an, les tarifs dits régulés ont augmenté de 21%. En cinq ans, depuis la cotation de GDF, l'addition s'élève à plus de 60%. Ces hausses interviennent alors que le marché du gaz est en pleine surproduction et que les cours s'effondrent". Mediapart (abonnés).
" Les sciences du vivant se retrouvent à Lyon "



On se battait en Libye. Nicolas Sarkozy aurait aimé qu'on se félicite des progrès de la rébellion contre les forces du colonel Kadhafi. Mais ce weekend, il pensait à autre chose. On votait en Sarkofrance, pour un scrutin cantonal méprisé. Ce fut un mauvais résultat de plus pour le Monarque. Un sujet d'inquiétude pour le candidat. Coûte que coûte, il faut  faire oublier le bilan, surtout qu'il y avait des élections ce dimanche. A droite, on doute de lui. Dans le pays, on n'y croit plus depuis longtemps. Et ce ne sont pas les derniers bilans du chômage et de l'insécurité qui vont l'aider.

Elections
Toute la semaine, l'UMP a douté. Nicolas Sarkozy a tenté d'imposer le Ni FN/Ni PS. Sa stratégie de rapprochement sémantique et politique vers l'extrême droite a démobilisé une belle partie du camp sarkozyste.

Le résultat définitif des élections cantonales fut sans surprise : il n'est pas fameux pour la « majorité » présidentielle. L'UMP a totalisé 19% des suffrages. Avec ce score, quelques centaines de députés UMP perdront leur siège l'an prochain. Il faudrait y ajouter les « divers droites » pour parvenir à un petit 30% coalisé. La gauche, rassemblée ou divisée, a attiré quelques 46%. Le Front national de Marine Le Pen environ 10% nationalement, mais près de 40% dans les 400 cantons (sur 1.500) où il était au second tour. L'abstention fut également importante, si importante qu'il est improbable de tirer de quelconques conclusions politiques sauf une : Sarkozy a démobilisé son camp. Sur les 19,9 millions d'inscrits, seuls 46% se sont déplacés. Quelques défaites furent symboliques : Isabelle Balkany, la grande conseillère de l'ombre, avec son mari, du Monarque, fut battue dans les Hauts-de-Seine à Levallois-Perret. Marine Le Pen triomphait : « l'espoir aujourd'hui c'est le Front national ! (...) C'est une révolution bleu-marine ! »

Les commentaires officiels furent éparses. François Fillon ne réagit que par communiqué, vers 20h15. La désertion L'ineffable Jean-François avait du mal à cacher sa déception : « Dès demain, on repart à la conquête, ou à la reconquête, de celles et ceux qui ne sont pas allés voter ou sont sont allés voter pour le Front national.» et il ajoute, plus tard : « Nous avons reçu 5 sur 5 le message qu'ils nous ont adressé.» Son secrétaire adjoint Hervé Novelli concéda : « il y a une forte interrogation aujourd'hui.» Rachida Dati fut à son habitude, incompréhensible et mauvaise perdante : « Pour l'UMP, c'est pas une victoire. Mais le Parti socialiste, c'est pas mieux.» Nanananèère !

Au final, il n'est pas sûr, bien au contraire, que Nicolas Sarkozy changera de stratégie. Mais il paraît évident qu'une fraction plus importante du corps UMP s'interrogera sur sa compétence politique. « Ce serait une pure folie d'avoir un autre candidat que Nicolas Sarkozy ! » s'exclama François Baroin, l'ancien chiraquien et désormais porte-parole de la Sarkofrance vieillissante. L'inquiétude est donc là.

Il y avait d'autres bilans, moins glorieux et peu présents dans ce débat politique.

Insécurité
Depuis 10 jours, Claude Guéant ne s'est pas épargné sur le front électoral, de petites phrases en grosses provocations aux relents frontistes. Il collait à la culotte, et sur ordre, la présidente Marine. Pourtant, il avait fort à faire sur son périmètre ministériel. En matière de lutte contre la délinquance, le ministre Guéant s'est bien gardé de commenter le bilan du mois de février, publié ce mois-ci par l’Observatoire national de délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Sur 12 mois glissants (i.e. de mars 2010 à février 2011), les résultats sont mauvais. Sarkozy est un incompétent sécuritaire :

- Le nombre de vols est globalement stable (1,807 millions), mais les cambriolages ont progressé de 3,6% (à 320.000 au total), dont 15.000 supplémentaires contre les résidences principales. Les vols avec violences ont même explosé (+7,9%, soit 9.000 de plus en un an), pour atteindre 121.000 actes sur un an. cette progression provient pour l'essentiel des « vols violents sans arme contre des femmes sur voie publique ou autre lieu public. »

- Les destructions et dégradations de biens ont fortement baissé (-34.000 actes en un an), ce qui permet d'afficher une légère baisse des atteintes aux biens, au global. 

- Les atteintes à l'intégrité physique poursuivent leur progression, ... comme depuis 2002. 15.000 agressions supplémentaires sur un an, soit 469.000 faits à fin février. Plus précisément, la plus forte hausse vient des violences crapuleuses (+8.000).

Dans son bilan, l'ONDPR s'essaye, comme à chaque fois, à mesurer les affrontements entre bandes. C'était le grand cheval de bataille de Nicolas Sarkozy au printemps 2009, puis à nouveau l'été dernier, une vraie diversion pour masquer l'échec plus global d'une politique : « la définition d’un « affrontement entre bandes » souffre de certaines imprécisions » rappelle l'ONDPR. Mais l'observatoire livre quelques chiffres : 33 affrontements relevés en février dernier, moins de 400 sur l'année. Le chiffre reste ridicule comparé au près de 500.000 violences physiques enregistrées chaque année.

Chômage
Côté chômage, d'autres chiffres furent publiés, mais il était impossible de s'en servir. Xavier Bertrand, resta modeste. Le chômage avait « encore » baissé, mais d'un minable 0,1% de sans-emploi en moins en février... En fait, le ministre du travail s'est caché. Pas de quoi pavoiser, même quelques jours avant une élection. Il n'est pas allé fanfaronner, la veille de l'annonce des résultats, comme il l'avait fait le mois dernier. On objectera que le mois de février est court, froid et peu comparable. Xavier Bertrand avait choisi d'attendre la publication des dernières statistiques du chômage pour les commenter. Il les trouva « encourageants » . Au total, Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi toutes catégories s’établissait à 4,9 millions à fin février 2011, dont 2,9 millions sans aucun emploi. Formidable ! Le nombre de seniors au chômage a explosé : +13% sur un an, dont encore 1,4% supplémentaires en février. Il faudrait faire le lien avec l'envolée des ruptures de contrats de travail à l'amiable, qui concerne nombre de plus de 50 ans.

Dimanche soir, Nicolas Sarkozy se fichait bien de tous ses chiffres. Il pense toujours à 2012. Sa nouvelle feuille de route, pour l'instant, est déjà écrite. Faire peur à l'électorat, agiter les clivages, déplacer l'agenda politique le plus loin possible de son échec social et économique.


Un dimanche niçois comparable à un jour d'hiver écossais, un taux d'abstention aux cantonales comparable à celui du 1er tour, ce qui montre bien que l'épouvantail Front National n'a pas fonctionné cette fois. Au refus de la politique sarkozienne, mesurable au fiasco de l'Ump et la défaite de Mme Balkany, se rajoute le refus d'une représentation politique majoritaire, quasi- hégémonique et, de cette élection, les cantonales, sans grand sens, dans l'attente de la disparition espérée des Conseils Généraux.

A Nice, la stratégie du 1er fédéral socialiste aura été d'une efficacité redoutable, "payante" comme il l'a déclaré hier soir sur FR3, perdant le dernier conseiller général socialiste qui restait sur la ville hors le 1er canton et plaçant P. Mottard (Radical de gauche, réélu) en leader de la gauche niçoise. Bien entendu, pour le démobilisateur de la gauche niçoise, looser assumé, tout cela sera, encore une fois la faute aux autres et à ces couches populaires qui ne veulent pas reconnaître la valeur de ses brillantes intuitions. Pourtant, il avait réussi, avec quelques complicités, à imposer exactement ce qu'il voulait sur le département et sur Nice, pour ces Cantonales...
Encore un éclat de rire en regardant FR 3 hier soir, P. Mottard qui déplorait la division de la gauche niçoise qui avait, selon  lui, coûté la victoire à son épouse,... Lui qui s'était présenté , au 1er tour des Municipales de 2008, contre la liste de la gauche unie.

Nationalement, même s'il gagne quelques départements, et accroît son score, le PS aura du mal à présenter les résultats de cette élection comme une grande victoire. Et, encore une fois le PS aura progressé dans toute la France sauf dans le 06.

Côté Front National, les cris de victoire ne doivent pas cacher qu'il dépasse simplement de peu son score de 2004, perdant néanmoins plus d'un million de voix. Tout prépare l'alliance avec la droite classique qui risque de se produire dès les Présidentielles. Je pense qu'en outre il faut cesser de crier au fascisme en ce qui le concerne mais, ce qui vaut guère mieux me direz-vous, à une droite populiste et xénophobe à la Jorg Haider ou à la Geert Wilders et réfléchir, comme le fait Coralie Delaume sur Marianne, à ce qu'il est réellement afin de le combattre autrement que par des incantations et des cris d'orfraie.

De toute manière, triste dimanche...
Une semaine après l'intervention française et les premiers raids occidentaux en Libye, quel bilan peut-on dresser ? La semaine dernière, le président français semblait le grand gagnant politique de cette opération. Huit jours plus tard, rien n'est moins sûr. Cette affaire libyenne donne la nausée.

1. Samedi 19 mars, les premiers raids français ont stoppé la progression de l'armée Kadhafi à Bengahzi. Il s'en est fallu de peu. Nicolas Sarkozy a tardé à changer de cap. Mais il fut quand même le premier. Les rebelles de Benghazi lui doivent la vie sauve. Passés cette brillante victoire, on s'interroge sur la suite. Les forces occidentales attaquent l'armée libyenne. Cette dernière est mieux équipée que les rebelles. La coalition franco-britannique et américaine fait-elle la guerre au service des révolutionnaires ? Nicolas Sarkozy s'en défend. Il joue avec les mots : « toute la résolution et rien que la résolution » a-t-il rappelé vendredi. La résolution prévoyait-elle d'engager de prendre partie ? Jeudi 24 mars, un Rafale français a détruit un avion libyen. C'est bon pour la pub du Rafale. On ne sait pas si l'aéronef kadhafien était un appareil français. La situation eut été cocasse. Mais au moins, cela ressemble au cadre de l'intervention onusienne. Mais Vendredi 25, d'autres raids ont détruit des unités blindées de Mouammar Kadhafi pour permettre aux rebelles de prendre le contrôle d'Ajdabiah, à l'Est du pays. Et le porte-parole des rebelles de Benghazi, Moustapha Gheriania, a confirmé : « Les frappes aériennes de la nuit dernière vont fragiliser les forces de Kadhafi et plus que tout leur moral. Nous nous sentons en sécurité sous leur protection.» La France est en guerre, ... sans que ces dirigeants le reconnaissent.

2. L'Amérique est restée plus prudente. Barack Obama, plus actif sur les révolutions tunisiennes et surtout égyptiennes, avait changé d'avis à la dernière minute, juste à temps pour emporter un vote positif au Conseil de Sécurité en faveur d'une intervention occidentale en Libye. Samedi 19 mars, il dépêcha sa Secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, pour le fameux sommet de Paris. L'Amérique a joué sa partition, mais Barack Obama veut rapidement sortir du terrain libyen. Il était prêt à sauver Benghazi d'un massacre annoncé. Mais il souhaite de quitter ce bourbier naissant au plus vite. Pas question de devenir partie prenante d'une guerre civile.

3. La France n'a pas réussi à convaincre les Etats arabes d'intervenir en Libye. Pour cette première semaine, la coalition est restée occidentale. Tout juste pouvait-on compter le Qatar (avec deux chasseurs et deux avions de transport de troupes) et les Emirats arabes unis (avec six F-16 et six Mirage). Sarkozy ressemblait, en miniature, au George W. Bush de 2003 et sa coalition de pacotille. Vendredi, l'Union africaine a à nouveau réclamé un cessez-le-feu immédiat, en début d'après-midi. Kadhafi l'a à nuveau accepté, sans le respecter. La coalition occidentale l'a ignoré.

4.  La situation militaire en Libye semble dans l'impasse. Les forces de Kadhafi n'ont cessé d'attaquer les révolutionnaires toute la semaine. Et ces derniers n'ont pas les ressources pour riposter. Le risque d'enlisement est réel. Vendredi, un porte-parole de l'OTAN prédisait que les opérations militaires pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen « pourraient durer trois mois.» Il fallut le soutien actif et militaire des occidentaux pour parvenir à libérer la voile d'Ajdabiya. Mais le ministre Longuet prévoyait, vendredi,  « une mission de longue haleine.»

5.  Après quelques jours d'hésitations, l'OTAN va donc assurer le pilotage opérationnel de toute l'intervention occidentale en Libye, sous la direction du général canadien Charles Bouchard. On est à peine surpris. Alain Juppé expliquait voici 15 jours que l'OTAN n'était pas le véhicule approprié pour attaquer un pays arabe. Depuis, on tente, en Sarkofrance, d'établir la subtile distinction entre pilotage politique et soutien opérationnel...

6. A l'étranger, la posture française finit par être raillée. Si l'on tente une comparaison, George W. Bush, en 2003, avait conservé un soutien national et international plus durable en faveur de son intervention irakienne que Nicolas Sarkozy et ses raids en Libye. Si la classe politique française, à l'exception des communistes et du Front national, a approuvé a posteriori l'opération, les doutes s'accumulent à l'étranger. Dès dimanche, la Ligue arabe puis la quasi-totalité des puissances dotes émergentes (Inde, Chine, Russie) ont protesté.

7. L'hypocrisie française était flagrante. Tandis que Nicolas Sarkozy se concentrait sur son ancien allié libyen, son ami syrien Bachar al Assad réprimait des manifestations à Damas depuis le 15 mars dernier. Vendredi, on parlait de dizaines de morts. L'administration américaine avait réagi dès le 16 mars: « Nous sommes préoccupés par les nouvelles faisant état de manifestants blessés et arrêtés en Syrie » avait déclaré le porte-parole du Département d'Etat. Dix jours plus tard, son collège de la Maison Blanche complète : « Nous condamnons fermement les tentatives du gouvernement syrien pour réprimer et intimider les manifestants.» Nicolas Sarkozy, vendredi, fut enfin contraint à l'indignation : il se déclara préoccupé. « Nous disons notre plus grande préoccupation sur la montée de la violence. Chaque dirigeant, et notamment (chaque) dirigeant arabe, doit comprendre que la réaction de la communauté internationale et de l'Europe sera désormais chaque fois la même. Dans toute démocratie il y a des manifestations et il peut y avoir des violences. Mais dans aucune démocratie on ne peut accepter que l'armée soit engagée à tirer à balles réelles sur des manifestants. Cette position ne variera pas quels que soient les pays concernés. » On attend avec impatience une résolution du Conseil de Sécurité.

7. Vendredi 25 mars, les dirigeants européens se sont encore écharpés sur la conduite des opérations militaires en Libye. L'Allemagne refuse de participer aux interventions militaires. A l'inverse de l'Italie berlusconienne, elle n'a pas d'intérêt économique majeur en Libye. C'est un point rarement relevé en Sarkofrance. Bien au contraire. Les ministres insistent pour enfoncer l'ancienne meilleure amie de Nicolas Sarkozy. La Sarkofrance découvre que l'Europe politique n'existe pas. Quelle surprise ! Depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy a misé sur les relations bilatérales et les Etats aux détriments de l'union politique. Trop inquiet pour sa propre stature, il n'a jamais placé le collectif européen au-dessus des intérêts particuliers. Et voici qu'il fait semblant de regretter la dispersion actuelle. « C'est une vraie souffrance pour moi qui suis très européen, je me rends compte que l'Angleterre et la France ont la même vision assez responsable et parfois tragique du monde, les autres pays ont perdu l'idée d'être responsables du large environnement » a commenté Gérard Longuet ce vendredi. L'Europe ne sert à rien.

8. Sarkozy a conscience de l'impasse militaire. Ce même vendredi, il tenait une courte conférence de presse, après ses premières réunions du Conseil européen. « Vous savez bien que la défense européenne repose sur un couple, le couple franco-britannique.» Il nous promit une « initiative politique franco-britannique », qui serait détaillée mardi prochain. « Il y a des défections mais c'est tout le problème: dans le système Kadhafi, nous avons bien du mal à savoir ce qui se passe à l'intérieur.» Si Kadhafi s'entête, le cow-boy Sarkozy est prêt à déposer son colt, et à beaucoup de concessions, comme pardonner à Saïf al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi. Où se trouve la morale dans de telles déclarations ? 

9. Le Monarque Nicolas aimerait que le régime Kadhafi s'effondre. « Naturellement, nous lançons un appel à tous les Libyens de bonne volonté qui auraient compris que M. Kadhafi conduit la Libye à une impasse et à un drame. Et donc tous ceux qui veulent abandonner M. Kadhafi dans ses projets fous et meurtriers peuvent participer à la reconstruction d'une nouvelle Libye démocratique (...) Nous ne jetons aucune exclusive
10. Le passé rattrapera-t-il notre Monarque élyséen ?  Vendredi, Mediapart révélait la signature d'une formidable concession portuaire signée quelques semaines à peine avant le déclenchement des émeutes par ... le groupe Bolloré. Le même avait récupéré, début mars, la concession du port de Conakry, en Guinée, dont le président fut curieusement reçu en grandes pompes par Nicolas Sarkozy mercredi dernier. 


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