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Sarkozy, papa heureux, président des Riches crispé

Nicolas Sarkozy n'est évidemment pas en campagne. Il a un G20 à organiser dans 10 jours, un budget à faire voter. Ce mercredi, il a même dû passer à la clinique, sa femme Carla allait accoucher d'une petite fille. C'était raté pour les primaires socialistes.

Pas candidat ? Nicolas Sarkozy a quand même déjeuné avec les députés du Nouveau Centre, histoire de se rabibocher avec ces centristes égarés avant la campagne.

Dans l'apprès-midi, il s'est montré quelques instants à Francfort, pour le départ de Jean-Claude Trichet de la direction de la BCE et « préparer » un futur inutile sommet européen. Après, il est vite reparti à Paris.

Carla accouchait.

Fichue campagne
Fort opportunément, un sondage Harris Interactive réalisé pour VSD donnait Nicolas Sarkozy largement vainqueur d'une hypothétique primaire à droite: 47% des intentions de vote contre 19% à son meilleur concurrent, Alain Juppé. Fichtre ! C'était quasiment un plébiscite. Mieux, ce sondage estimait à 14% des électeurs le nombre de Français intéressés à voter à ce type de consultation. On se souvient que des sondages similaires donnaient des scores faramineux de 30% d'intéressés à la primaire socialiste.

A l'heure du déjeuner, ce mercredi, Nicolas Sarkozy avait invité les députés du Nouveau Centre. La belle affaire ! L'ambiance fut « beaucoup plus détendue » qu'en juin dernier, d'après le député Jean-Christophe Lagarde. Le candidat Sarkozy a sorti les grands arguments: «On n'a jamais travaillé aussi bien avec le Nouveau Centre. J'ai toujours tenu à la diversité de la majorité. Il y a entre nous partenariat et respect.» Davantage d'efforts aurait été été indécent.

Ce n'est plus de la courbette mais de la lèche, et présidentielle s'il vous plaît. Au Figaro, on parle « d'amorcer la réconciliation entre le chef de l'État et son ancien ministre de la Défense, Hervé Morin ». Ce même Hervé Morin qui expliquait, le jour même, qu'il était difficile d'« expliquer à des cons » pourquoi la France devait être en Afghanistan...

Slurp !

Sarkozy cherche ses soutiens. Jean-Louis Borloo a été « débranché » en septembre dernier. Reste Hervé Morin, son ancien ministre de la Défense qui se croit un destin national. Sa candidature est un parfait contre-feu contre l'ancien trublion François Bayrou. Hervé Morin, au moins, se ralliera au second tour de la présidentielle. A l'UMP, Thierry Mariani, par ailleurs, a donné une interview au magazine Minute. On ratisse large...

On nous expliquera, via Henri Guaino ou tout autre bouffon de conseiller interposé, que Nicolas Sarkozy « travaille » à sa charge présidentielle. Quelqu'un pourrait-il nous expliquer ce qu'il faisait avec des députés du Nouveau Centre ce mercredi midi ? 

Un bonheur n'arrivant jamais seul, l'accouchement tant attendu de Carla Bruni-Sarkozy est enfin arrivé, à Paris. L'heureux père a passé trente minutes à la clinique de la Muette. Il avait fort à faire. Il est président et les nouvelles étaient graves.

Fichue diplomatie
Une otage française est morte. Marie Dedieu, 66 ans, atteinte d'un cancer, avait été enlevée le 30 septembre dernier. Mercredi 19 octobre, le gouvernement a confirmé son décès comme l'hypothèse «la plus vraisemblable ». L'action clandestine des services secrets français n'a pas permis de retrouver puis sauver l'otage française, qui avait été capturé au Kenya puis emmenée en Somalie. Un échec qui rappelle combien la tâche est difficile.

En France, Nicolas Sarkozy a préféré rapidement récupéré à son profit la libération du franco-israélien Gilad Shalit. Dès mardi soir, l'Elysée publiait une lettre du Monarque au jeune soldat, capturé sur son char il y a 5 ans par le Hamas: « La France ne vous a jamais oublié. Elle s'est jointe sans relâche, avec opiniâtreté aux efforts de vos parents pour que ce jour, celui de votre liberté retrouvée, devienne une réalité ». Le lendemain, Radio J diffusait une courte interview du Monarque, réalisée la veille.

L'otage a été échangé contre 1.000 détenus palestiniens, dont près de 500 ont été libérés dès mercredi. La diplomatie française n'y est pour rien dans cette tractation. Mais en ces temps pré-électoraux, le candidat Sarkozy a besoin de certaines cartouches électorales. Sur France Inter mercredi matin, son ministre de la Défense, Gérard Longuet, disait découvrir la situation de Salah Hamouri, un autre de nos compatriotes, mais franco-palestinien et cette fois-ci emprisonné par Israël. Salah Hamouri conteste les charges dont l'accuse la justice israélienne. Sarkozy, lui, a prévenu avoir demandé à Israël sa libération, sans obtenir aucune garantie.

En Afghanistan, l'armée française a entamé son retrait. Deux cent premiers soldats ont quitté le territoire. Dix ans quasiment jour pour jour après le début de l'intervention. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy a d'abord trahi sa promesse de retrait, faite pendant la campagne électorale. En 2008, il avait au contraire entamé un renforcement des équipes françaises sur place, corollaire malheureux de la réintégration de la France au sein du commandement militaire intégré de l'OTAN. Depuis 2001, 75 soldats français ont été tués là-bas, dont 80% depuis que Nicolas Sarkozy est président.

Fichu triple A
Ce weekend, Nicolas Sarkozy prolongera son actualité internationale, avec un sommet européen ce dimanche. Quelle chance ! Lors du premier tour des primaires socialistes, il était allé jusqu'à Berlin pour promettre des solutions à la crise de l'euro, en particulier la recapitalisation des banques et le défaut partiel de la Grèce. Nous y sommes. Mais, comme souvent, le temps des bourses et des agences n'est pas celui du nain européen.

Après les menaces de Moody's contre le Triple A français, la même agence a de nouveau dégradé l'Espagne. En Grèce, manifestations historiques, parfois violentes, et grève générale contre les plans d'austérité à répétition ont marqué le pays mercredi.

Mercredi après-midi, Nicolas Sarkozy a fait un aller-retour express à Francfort pour convaincre, en vain, Angela Merkel, de laisser le Fond européen de Stabilisation financière recapitaliser les banques européennes. D'après un quotidien britannique, Saerkozy et Merkel seraient tombés d'accord pour porter la capacité du FESF à 2.000 milliards d'euros. Qui paiera ?

Il est ensuite revenu à Paris. Carla avait accouché d'une petite fille, vers 19h.

A Paris, justement, les députés ont enfin commencé l'examen de la loi de finances pour 2012. La veille, l'UMP avait organisé une mascarade de convention pour critiquer la « gabegie » du programme socialiste. Mercredi lors de la séance des questions au gouvernement, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, a annoncé que ses députés proposaient 12 milliards d'euros de suppressions supplémentaires de niches fiscales pour l'an prochain. La ministre du budget, Valérie Pécresse, sur les bancs, souriait jaune. Elle croyait avoir donné suffisamment de gages pour rendre son projet de budget « juste dans la rigueur ».

Pensez-vous ! Elle avait accepté d'abaisser à 250.000 euros par part fiscale le seuil d'imposition et d'augmenter à 4% (versus 3%) le taux au-delà de 500.000 euros de revenu fiscal par part dont allaient être frappés quelques dizaines de milliers de très riches ( 26.000 à 27.000 foyers !).

Un député UMP dénommé Piron avait quand même déposé un amendement pour créer un une tranche d'impôt supplémentaire de 46% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part. Sacrilège ! Mardi puis mercredi, François Fillon, Jean-François Copé et Christian Jacob se sont démenés pour convaincre tous les députés UMP de refuser toute taxation des plus riches au-delà de l'alibi exceptionnel proposé par le gouvernement. Présidence des Riches, députés godillots. « On ne peut plus bouger sur ce sujet » a prévenu Fillon mardi matin. Qui a dit que Fillon incarnait la droite sociale-gaulliste ?

En commission des affaires sociales, un autre amendement sur le budget de la Sécu, soutenu par le gouvernement, relevait « le plafond de ressources de l'assurance complémentaire santé au niveau du plafond de ressources de la CMU complémentaire majoré de 35 % alors qu'il ne l'est que de 26 % aujourd'hui » pour « améliorer l'état de santé de nos concitoyens les plus modestes et lutter contre les renoncements aux soins ». Le coût de cet effort est chiffré à 56 millions d'euros. Il est censé réduire l'impact des hausses tarifaires des mutuelles l'an prochain.

56 millions d'euros ? C'est à peine un gros quart de ce que le gouvernement a prévu de reprendre d'une autre main sur les indemnités maladie. Le scandale, dénoncé par notre indispensable confrère Slovar, fait la une de certains journaux. Quelque 220 millions d'euros seront récupérés l'an prochain, grâce à un changement du mode de calcul de ces indemnités. Leur assiette de calcul, initialement le salaire brut, sera le salaire net à partir de 2012. Conséquence, pour les salariés d'entreprises incapables de compenser, les indemnités maladies baisseront...

La ministre Roselyne Bachelot-Narquin avait aussi préparé un joli rapport au Parlement dans lequel elle assénait cette nouvelle incroyable: la pauvreté aurait reculé en France entre 2007 et 2009: « La proportion de pauvres dans la population est passée de 13,1% en 2006 à 11,8% en 2009. » Le quotidien Libération a levé le lièvre. Le rapport n'est pas encore public. On rigole doucement. Sa seule vocation est de servir d'argumentaire électoral pour le candidat Sarkozy. Ce dernier nous avait promis de faire baisser d'un tiers le nombre de pauvres dans le pays en 5 ans. L'échéance approche, et l'INSEE a déjà, à de multiples reprises, chiffré la malheureuse aggravation de la pauvreté en France depuis 2002 comme depuis 2007.

L'association Emmaüs a rétorqué immédiatement: « Cette manipulation est dangereuse car elle prétend valider une politique qui pourtant n'aide en rien les plus démunis, bien au contraire... Pensons à la casse de tous les dispositifs sociaux (formation, santé, insertion), lesquels devraient au contraire permettre à la France d'amortir les effets de la crise... La politique menée aujourd'hui n'est pas favorable aux plus démunis : elle vise à combattre les pauvres et non les causes de la pauvreté. »


Ami sarkozyste, où es-tu ?

La dernière convention Ump contre les projets socialistes pourra nourrir les bêtisiers au moins jusqu'en 2030.
J'ai rarement entendu autant d'imbécilités sottes et de mensonges francs. J'ai rarement vu autant de niaiseries satisfaites et de malhonnêtetés concentrées en si peu de temps.

Le truc est tellement gros et caricatural que, s'il s'adresse aux électeurs Ump, on en vient à douter de leur intelligence.

JF Copé, beaucoup plus à l'aise lors de ses vacances payées par M. Tiakkedine ou pour amoindir les taxes des entreprises du Cac 40 chiffre les propositions socialistes:  "les dépenses publiques supplémentaires à 255 milliards d’euros, auxquels le maire de Meaux ajoute "126 milliards d'euros de hausse d'impôts"".


Pour Luc Chatel, sans rire, au sujet de la menace de rétrogradation de la note française par Moody "Ce n'est pas la note de la France qui est mise sous surveillance mais le programme de François Hollande".

Thierry Mariani lance une pétition contre le droit de vote des étrangers aux élections locales, qui est pourtant une position que N. Sarkozy, dans un accès de faiblesse certainement, avait approuvée il y a quelques années.

L'ex-Occident T. Novelli, lui calcule que: "Leur remise en cause de la retraite à 60 ans coûterait 48 milliards d'euros d'ici 2015. A l'issue d'un discours de politique générale, avec cette affirmation, la note serait immédiatement dégradée".

La palme à l'ex-flic sarkozyste pour lequel "avec "le vieux rêve soixante-huitard" du PS, "les dealers vont devenir d'aimables commerçants auxquels les policiers viendront rendre des visites de courtoisie". Alors que, sous Sarkozy et Guéant, les violences ont bondi et que les dealers des cités ont vu leurs affaires prospérer.

Ils me rendraient presque sympathique ces propositions molles.
  • "Le destin de l'Europe "se joue dans les dix jours"", Le Monde.
  • "Selon le gouvernement, la pauvreté baisse en France. Pas selon l'Insee", Rue 89.
  • "Une génération entière "traumatisée par la crise", prévient l'OIT", Le Monde.
  • "Eco-Vallée: la mobilisation des opposants monte d’un cran", Nice-Matin.
  • "Au théatre dimanche prochain", Blog de P. Jorion. ****
  • Malaise dans la police, Jacques Actus.
  • "Bayrou se dit proche des idées de Hollande, mais pas de celles du PS", Le Monde.

La cellule Riposte du clan Sarkozy

Elle a été créé, ou plutôt réactivée, en septembre, par Brice Hortefeux. La cellule Riposte du clan sarkozyste rassemble une vingtaine de responsables UMP et travaille aux argumentaires anti-Hollande. On l'a vue à l'oeuvre sur les plateaux de télévision dès dimanche soi, avec une rage rare dans ses premières attaques ad nominem contre le candidat socialiste.

Malheureusement, cette cellule a déjà fait preuve de son inefficacité. Ses sbires sont apparus enragés depuis bientôt trois jours. Et Sarkozy a déjà menacé de dissoudre les incompétents.

Qui sont de la Riposte ?
Jean-François Copé était sur le pont, évidemment. Il a presque tout donné, accusé François Hollande de couard et d'indécis. Le spectacle fut à son comble, mardi en fin de journée, quand l'UMP organisa une convention anti-PS, dans un villa de luxe, le Pavillon Gabriel, à Paris, exactement en face de l'Elysée. On imagine Sarkozy observer l'affaire de ses jumelles...

Pour l'occasion, ils avaient prévu un compteur des milliards que couteraient, sur 5 ans bien sûr, le programme du Parti Socialiste: « 255 milliards d'euros ! » nous a-t-on promis.... Quelle énergie, 8 mois trop tôt...

Depuis 2007 et bientôt 5 ans de mandat de Nicolas Sarkozy, la dette publique de la France a augmenté de plus de 400 milliards d'euros. On applaudit...

La cellule Riposte de l'UMP était bien dotée, riche en cumulards en tous genres. Notez les noms, vous comprendrez mieux le sens de leurs interventions publiques.
  • Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la Formation Professionnelle, et, accessoirement, déléguée générale aux élections à l'UMP.
  • Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement Supérieur
  • Thierry Mariani, ministre des Transports, et conseiller régional UMP de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 
  • Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé et conseillère régionale UMP de Rhône-Alpes;
  • Nathalie Kosciusko-Morizet,  ministre du Développement durable;
  • Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, président UMP du Conseil général des Alpes-Maritime, le Monsieur Sécurité du Parti;
  • Hervé Novelli, député UMP, ex-secrétaire d'Etat au Commerce (jusqu'en novembre 2010), Secrétaire général-adjoint de l'UMP, représentant de la frange libérale.
  • Axel Poniatowski, député UMP du Val d'Oise.
  • Franck Riester, député UMP de Seine et Marne,
  • Edouard Courtial, jeune poulain de Brice Hortefeux, maire, délégué général de l'UMP aux fédération, responsable de l'UMP de l'Oise
  • devenu secrétaire d'Etat aux Français de l'Etranger le mois dernier en remplacement de David Douillet.
  • Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, conseiller régional UMP d'Ile-de-France;
  • Bruno Beschizza, ancien flic devenu conseiller régional UMP
  • Alain Carignon, ancien ministre, ancien détenu (pour corruption), conseiller officieux de Nicolas Sarkozy (il organise des repas et contacts avec les milieux culturels).
  • proche du chef de l'Etat. 
Officiellement, cette cellule est à l'UMP. Brice Hortefeux, d'ailleurs, n'a aucun titre dans l'organigramme élyséen, il n'est que vice-président du Conseil national de l'UMP. Il attend toujours sa nomination comme directeur de campagne. Un temps, un jeune quadra a semblé lui piqué le poste, Olivier Biancarelli, conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Le Monarque lui a déjà promis un autre poste au chaud, en 2012, quoiqu'il arrive. Biancarelli deviendra secrétaire général adjoint de GDF Suez. A 40 ans tout juste, la promotion est bien belle.

La cellule Riposte déjà dissoute ?
Malgré son installation récente, cette cellule Riposte est déjà critiquée. Et par le « Patron » lui-même. Nicolas Sarkozy était paraît-il en rage, ce lundi. Il a sévèrement critiqué la façon dont son clan a « géré » les primaires socialistes. « Quelque chose se prépare ». On évoque déjà une nouvelle organisation, une « structure souple », « dont Alain Juppé serait l’un des pivots », d'après le Parisien.

Mardi, dans une autre réunion politique de l'UMP à l'Elysée, il s'est agacé qu'on le presse de se déclarer candidat: « Moi, je suis le calendrier des institutions. Ce n'est pas la presse ni les socialistes qui décideront de mon calendrier ». On reconnaît le « moi, je » si habituel en Sarkofrance. Tant qu'il se cache sous son costume de Président qui inaugure les écoles et caresse le cul des vaches, il est tranquille; son temps de parole ne sera pas décompté sur celui de l'UMP. Ce mardi, il était encore énervé: « Sur le débat des primaires, chacun sait ce que j'en pense. Ce ne sont pas les partis qui commandent ». Serait-ce le Monarque ?

Dans la réalité, la cellule Riposte dispose des moyens de l'Elysée. La présidence de la République ne s'en cache pas. Un conseiller de Sarkozy a confié au Figaro, lundi soir, comment l'Elysée avait commandé des études qualitatives sur François Hollande. Cet aveu ne surprend pas. Mais quand Henri Guaino rappelle que Nicolas Sarkozy préside et qu'il ne sera que le candidat de la France, on rigole doucement. Ces gens-là prennent l'électeur pour des aveugles ou des imbéciles.

Le flic de Sarko... inculpé
Mardi soir, Bernard Squarcini, le grand flic de Nicolas Sarkozy, est ressorti mis en examen de son audition chez la juge en charge de l'instruction sur l'espionnage de Gérard Davet, journaliste du Monde. Et les motifs n'étaient pas minces:  « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique », « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal ou illicite » et « recel de violation du secret professionnel ».

François Fillon, interrogé sur France 2 lundi soir, s'est ironiquement félicité de l'indépendance de la justice... On oublierait presque que Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir supprimer le juge d'instruction il y a deux ans...

Le patron de la DCRI est accusé d'avoir sciemment récupéré les factures téléphoniques détaillées du journaliste pour identifier l'origine des fuites dont ce dernier bénéficiait dans l'affaire Woerth/Bettencourt en juillet 2010. « j'avais un soupçon sur M. Sénat… » a-t-il expliqué à la juge ce mardi. David Sénat était ce conseiller de Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, viré sans ménagement quelques semaines plus tard.

Le même Squarcini n'avait bizarrement pas enquêté sur l'origine de la fuite qui avait permis au Figaro de publier quelques extraits d'un procès-verbal d'audition de Claire Thibout, ex-comptable de Liliane Bettencourt. « Je n'ai pas eu d'informations à ce sujet » a-t-il justifié.

Gérard Davet a son idée. Dans l'ouvrage qu'il a co-écrit, « Sarko m'a tuer », il confirme que la fuite venait de l'Elysée. Dans le Monde, Fabrice Lhomme répète: « tout semble indiquer que, sur ordre des autorités politiques, M. Squarcini a géré directement la procédure ».

Pour les mêmes faits (une fuite à la presse), Squarcini a adopté deux attitudes bien opposées: l'espionnage pour le Monde, la clémence pour le Figaro.

En février 2010 déjà, le patron de la DCRI avait privatisé les moyens de l'Etat. Il avait dépêché une enquête pour connaître l'origine des rumeurs d'adultère du couple Carla/Nicolas.

Bernard Squarcini est « l'officier traitant de la Sarkozie », comme l'écrivait Ariane Chemin dans le Monde. Mis en examen, il n'a pas démissionné, il n'a pas été non plus viré. « Présumé innocent » clame Claude Guéant. Bernard Squarcini n'a pas compris pourquoi il était mis en examen, il n'a fait qu'obéir aux ordres, en l'occurrence ceux de Frédéric Péchenard, le directeur général de la Police Nationale.

Sarkozy déblatère
Avant son intervention télévisée de lundi prochain, Nicolas Sarkozy aimerait que les Français s'intéressent un peu à la crise de la dette et ce G20 cannois (les 3 et 4 novembre) que l'on nous promet à nouveau comme décisif. Cela fait 3 ans que les G8 et G20 qui se succèdent nous sont présentés comme décisifs, malgré des communiqués de conclusion toujours lénifiants et similaires. Cela fait 2 ans que Nicolas Sarkozy tente de nous faire croire qu'il bosse.  

« Notre destin se joue dans les dix jours »

Roulement de tambours...

Le Grand Décompte aurait donc commencé, la fin du monde serait proche. Mais ... Sarkozy n'est pas téméraire. Il a quand même expliqué, mardi, qu'il ne parlerait à la télévision que s'il y avait des décisions. « Si nous prenons des décisions, j’irai expliquer aux Français ce que nous avons décidé »

http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/10/18/sarkozy-notre-destin-se-joue-dans-les-dix-jours/

Nicolas Sarkozy ne croyait pas si bien dire. La crise de la dette, la nôtre, risque fort d'être au coeur de l'actualité des prochaines semaines. Lundi, l'agence Moody's a annoncé mettre la France sous surveillance. L'agence s'est donnée trois mois pour juger si elle maintenait la note française au vu de la dégradation de la situation économique.. Au secours ! On risque de perdre notre Triple A... La perte d'un cran de crédit chez Moody's nous coûterait environ 2 milliards d'euros d'intérêts supplémentaires.

Valérie Pécresse, ministre du Budget mais porte-parole du gouvernement, a jugé bon, mardi, d'accuser le Parti Socialiste d'affoler l'agence Moody's. Triste Pécresse ou triste panique ? Si Moody's menace de dégrader la note du pays... dans les trois mois. L'agence voulait surtout empêcher le gouvernement français de recapitaliser ses banques. Sarkozy a raté son moment.

François Hollande n'y est pour rien.

L'annonce de la décision d'une des Agences de notation d'étudier la rétrogradation de la notation de la France n'est certainement pas une bonne nouvelle, quoiqu'on pense de ces Agences de notations qui, rappelons-le, avaient garanti les titrisations pourris qui avaient abouti à la crise de 2008.

Une dégradation signifie des taux d'intérêt de la dette française, du moins la part empruntée sur les marchés, en hausse, augmentant donc les remboursements, déséquilibrant le très fragile équilibre du budget 2012, déjà passablement insincère, actuellement en discussion.
Vu les recettes employées pour parvenir à cet équilibre apparent, c'est à dire, au delà de quelques mesures symboliques frappant les plus riches, un haro sur les classes moyennes et populaires par la hausse des taxes à la consommation et les prélèvements sur les Mutuelles de santé. 

Ce prélèvement sur les mutuelles, renchérissant, mécaniquement les cotisations et donc le nombre de français qui ne pourront plus se faire soigner est une mesure doublement abjecte:
- d'une part par sa conséquence sur la santé des moins aisés,
- de l'autre parce que cet argent, ces réserves sont à nous, les cotisants, puisque les Mutuelles ne font pas de profit et que ces réserves permettent de lisser les éventuelles augmentations, voire les annuler.

En attendant, N. Sarkozy continue sa campagne électorale, à nos frais, venant parler, hier, à Nice, de "formation professionnelle", celle qu'il continue de sacrifier, en bonne compagnie, celle de Mme Morano, qui entretiendrait avec l'élégance intellectuelle, selon de mauvaises langues, le même rapport que le hareng avec une boutique de mode.
  • Le site Nicolas Sarkozy 2012
  • "Eva Joly : "La gauche serait folle de ne pas sortir du nucléaire"", Le Monde.
  • "Budget des écoles : un écart de 1 à 10 !", Marianne.
  • "Algues vertes : l'Europe somme Paris de s'expliquer", Le Monde.
  • Un beau débat de l'Université Populaire 06, sur l'OIN Plaine du Var, avec, notamment, un comparatif avec les OIN de Bordeaux et de Rungis qui fonctionnent, eux, comme de vrais outils d'aménagement.
  • "Avec François Hollande, les vaches libérales seront bien gardées !", par Michel Onfray, Le Monde.

Quand Sarkozy raconte des bobards aux jeunes

Ce mardi 18 octobre, Nicolas Sarkozy file en province, comme chaque mardi. Le thème du jour est « la formation et l'insertion professionnelle des jeunes ». Il y a beaucoup à dire sur le bilan de Nicolas Sarkozy sur le sujet.

A Nice, Sarkozy n'évoquera pas la campagne électorale qui démarre, la désignation de François Hollande, les enquêtes qualitatives de son cabinet noir pour abattre l'adversaire, les manoeuvres de la cellule Riposte dirigée par Hortefeux.

Il ne parlera pas davantage du fiasco du RSA jeunes ni de la précarisation de la jeunesse.

Sarkozy n'évoquera pas son bilan. Pour 2012, il veut tuer son compétiteur. 


Saloperies de campagne
Lundi soir, le Monarque a reçu Brice Hortefeux à l'Elysée. L'ami de trente ans, sous le coup d'une enquête pour entrave à la justice, s'est auto-proclamé patron de la cellule Riposte de l'UMP.

Comme chaque mardi, il partira après son petit-déjeuner politique avec les principaux dirigeants de son clan. On peut ainsi caler les discours. Depuis la désignation de François Hollande comme candidat du PS et du PRG dimanche soir, Sarkozy a fixé l'angle d'attaque: critiquer le programme mais surtout fustiger la personne de François Hollande. Jean-François Copé a commencé dès lundi matin lors du point presse de l'UMP : « on ne dit pas de François Hollande qu'il est courageux ». Quelle hauteur !

« Toute la campagne va consister à débusquer François Hollande » a confirmé un conseiller élyséen. A l'Elysée, on a déjà déjà reçu les résultats des études « qualitatives » pour trouver comment dézinguer la personnalité de François Hollande. Le « travail de sape » a commencé. Franck Louvrier ou Brice Hortefeux en ont confié quelques-unes des conclusions à Charles Jaigu du Figaro.
L'Élysée a notamment décortiqué cet homme jugé «transparent» au travers de plusieurs enquêtes qualitatives. Il apparaît que François Hollande serait «beaucoup moins présidentiel que François Bayrou», notamment parce qu'il apparaît «peu capable de prendre des décisions qui peuvent être impopulaires», avance encore l'entourage élyséen. Et à la question: «Si Hollande était un film?», les Français interrogés répondent Le Corniaud ou Le bonheur est dans le pré, indiquent ces sondages. Deux films à succès dont les héros sont sympathiques mais peu présidentiels. S'il était une étape du Tour de France, Hollande serait «250 km de plat en Belgique», continue cette étude. Évidemment, le chef de l'État est plus facilement comparé à «l'étape du Galibier», ajoute l'Élysée, qui concède aussi que les films cités pour Sarkozy sont Marche ou crève ou 24 heures chrono. Le décor est donc planté.

Ces études ont été payées sur les fonds publics de la Présidence de la république. Le procédé est facile, la manoeuvre évidente. Ne sortez pas les poubelles, la cellule Riposte s'en est chargée.

Nicolas Sarkozy, lui, fera semblant de travailler. Ce mardi, accompagné de Luc Chatel (Education) et Nadine Morano (Apprentissage et formation professionnelle), il rencontrera à son ami Christian Estrosi, le député-maire de Nice évincé du gouvernement l'an dernier. Il visitera le Nice Stadium, « chantier sur lequel sont engagés des jeunes en contrat de professionnalisation, puis présidera une table ronde à l'Opéra de Nice ».

Attention, ne vous trompez pas. Nicolas Sarkozy n'est pas en campagne. Il n'est pas candidat. Et pour cause: quand Sarkozy parle, c'est hors plafond... 


De la jeunesse et de l'emploi, parlons-en justement. Le jeune était d'abord l'ennemi. Quand Nicolas Sarkozy fraîchement élu parlait de la jeunesse, cette dernière était d'abord délinquante. On se rappelait son décret anti-cagoule, ses peines planchers, l'abaissement à 16 ans de la majorité pénale, ou la loi « anti-bandes ».

Des promesses...
Dans son programme électoral, le jeune pouvait aussi être créateur: « Je vous propose des prêts aux jeunes créateurs à taux zéro, parce que l’intérêt c’est le prix du temps, parce qu’un taux zéro c’est un acte de foi dans l’avenir. » s'écriait le candidat Sarkozy en 2006. Formidable. En 2009, voici le prêt à taux zéro Nacre... un prêt effectivement à taux zéro pour les créateurs d'entreprises, mais pas spécialement les jeunes de moins de 25 ans. Et d'ailleurs, ce Nacre, plafonné à 10.000 euros, était réservé à celles et ceux qui pouvaient déjà obtenir des banques un prêt traditionnel.

A trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle de 2007, Sarkozy promettait aussi de mettre « en oeuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers ». Fadela Amara, débauchée de la « gauche » pour cela, comprit vite qu'elle ne servait à rien.

On ne sait pas non plus ce que penserait ce candidat de 2007 qui s'indignait de « la situation générale de notre école » qui laissait  « 20 % de nos jeunes quittent l’école sans qualification » de ce Monarque qui fait porter l'essentiel de ses suppressions de postes de fonctionnaires sur l'Education nationale, jusqu'au RASED.

En septembre 2009, Nicolas Sarkozy nous avait raconté n'importe quoi. Oui, n'importe quoi. Il avait grossièrement menti. Il savait, à l'époque, qu'il racontait n'importe quoi. En pleine crise, il avait promis d'étendre le bénéfice du Revenu de Solidarité Active (RSA) aux jeunes « travailleurs » de 18 à 25 ans. - ce qu'il a fait -, mais sous conditions - ce qu'il a fait. En présentant son RSA jeunes, il promit qu'il concernerait près de 120.000 jeunes.

L'idée venait de Martin Hirsch, présentée quelques semaines plus tôt, en juillet 2009, dans un « livre vert » sur la jeunesse rapidement oubliée. Le 29 septembre 2009, Sarkozy reprenait l'idée de son Haut Commissaire aux Solidarités Actives: «Qui peut comprendre que le travailleur de 25 ans d'une entreprise a le droit au RSA et que le même travailleur de 24 ans dans la même entreprise depuis six mois n'y aurait pas le droit ? »

Le Monarque proposait alors un grand plan pour la jeunesse, 460 millions d’euros débloqués, dont 250 millions d'euros pour cette extension du RSA. Les autres mesures étaient le versement d'un dixième mois de bourse (Sarkozy attendra deux ans pour mettre en place cette mesure juste avec les élections), l'augmentation du nombre d'apprentis dans les établissements publics (via les contrats CIVIS), et le doublement de l’aide à l’obtention d’une complémentaire santé (à 200 euros par mois).


... au bilan
« Mon projet pour la jeunesse, c'est l'autonomie » disait Nicolas Sarkozy.

A l'époque, certains observateurs furent surpris: parmi les conditions imposés aux futurs candidats, il fallait justifier de 2 années de travail salarié à temps complet sur les 3 dernières années. Autant dire, en cette période de chômage massif, que la mesure n'allait pas satisfaire grand monde. Les 40% d'étudiants contraints au travail partiel étaient exclus de facto de la mesure.

Deux ans plus tard, le bilan est là, et il est sans surprise, mauvais.

1. les frais de santé n'ont cessé d'augmenter: l'an prochain, les tarifs de mutuelle complémentaires devraient progresser de 8% en moyenne, à cause de la récente taxation supplémentaire prévue dans la loi de finances 2012.

2. 5.000 jeunes bénéficiaient du RSA en décembre dernier. Formidable ! A fin juin, le nombre de bénéficiaires serait monté à 10.000 d'après le Figaro. Formidable ! Pire, au sein du dispositif, les bénéficiaires du seul « RSA socle » (qui a pris le relais du RMI pour les sans-activités) ne sont que 2 000  jeunes.

Le fiasco est total, à tel point que Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités Actives, a promis d'annoncer une réforme lors d'une conférence d'évaluation du RSA qui se tiendrait le 15 décembre. Vu les délais et la fin de session parlementaire pour cause d'élections, cette réforme sera soit modeste soit pour après juin 2012.

Septembre 2009-mai 2012, deux ans et demi de mensonges et d'immobilité. 

3. A Nice, Nicolas Sarkozy veut aussi parler d'apprentissage. Là aussi, le Monarque parle beaucoup et agit peu. Sa ministre en charge du sujet, Nadine Morano, est plus à l'aise pour fustiger en rafales et sur commande l'opposition que pour bosser sa propre matière gouvernementale: à fin juin 2011, le pays comptait 400.000 jeunes en apprentissage et 169.000 contrats de professionnalisation. Depuis janvier, l'apprentissage a perdu 1.000 postes et les contrats de professionnalisation en ont gagné ... 2.000.

Quel bilan ridicule !

Et la crise ?
A Nice, Nicolas Sarkozy jouera aussi de l'argument habituel sur la reprise économique. La France, grâce à lui, aurait mieux résisté que d'autres; la France n'est pas la Grèce ni l'Espagne; etc.

Parlons reprise, justement. Dimanche dernier, Xavier Bertrand, le ministre du Travail, accusait la spéculation boursière d'être responsable du ralentissement économique. On croyait rêver. Le ministre du travail avait déjà été surpris en flagrant délit de saloperie sociale: il avait gli

Mais sur le fond, la situation de l'emploi reste désespérante. Que fait notre Monarque protecteur ?La hausse de l’emploi dans l’ensemble de l’économie s'est réduite au second trimestre: l'économie française avait créé 80.000 postes entre janvier et mars, elle n'en a créé que 35.000 au trimestre suivant. Le nombre d'emplois aidés avait été réduit par le gouvernement de 25.000 sur le semestre.

Dans sa dernière livraison sur les « mouvements de main d'oeuvre au second trimestre 2011 » publiée le 12 octobre, la Dares relevait combien les embauches restent essentiellement en CDD, qui représente 77% des embauches. Les CDI représentent 2,7% des embauches, comme il y a 10 ans.

Mensonges électoraux, promesses en l'air, résultats désastreux.

Qui débusquera Nicolas Sarkozy ?


Ami sarkozyste, où es-tu ?



Les Primaires socialistes sont terminées, passons à autre chose...

Faut-il, au nom d'une soi-disant efficacité anti-sarkozienne, tous nous convertir à la gauche molle, au socio-libéralisme dont on a vu, en Europe, après la capitulation des social-démocraties européennes, les résultats ?


Faut-il se contenter d'un taux d'imposition de la tranche marginale supérieure de 50% pour la taxation des revenus ? Et ce, d'autant que, pendant la crise, les inégalités continuent à s'envoler ?

Faut-il oublier les défis écologiques, le réchauffement climatique, la problématique de l'eau,  les graves atteintes à la santé par l'agro-industrie, le pourrissement de l'air, les risques du nucléaire, les pollutions par les schistes bitumineux ou les gaz de schistes qui se préparent ?

Faut-il abandonner l'idée, non pas d'une nationalisation des banques, mais de la création d'une banque publique qui permettrait de laisser crever les banques qui spéculent ?

Je suis en train de lire le dernier bouquin de Pierre Pean "La République des mallettes", et j'ai envie de vomir. Non pas des seules turpitudes des réseaux balladuriens, sarkoziens et chiraquiens, mais de l'interpénétration de nos élites politiques dans les coups tordus, des Amitiés franco-taïwanaises où l'on retrouve quelques noms actuels qu'on n'aurait pas espéré y voir.

Faut-il abandonner en rase campagne les Indignés du monde entier ? Faut-il accepter que la politique soit, irrémédiablement, au service d'une ploutocratie ?
 
Faut-il se résoudre à abandonner à leur triste sort les quartiers défavorisés, déjà cruellement absent de cette Primaire ?

Ce qu'annonce ce succès de la gauche molle et la capitulation de la baudruche Montebourg va augmenter les scores de JL Mélenchon et d'E. Joly en Mai 2007, et c'est une raison de ne pas encore désespérer.
  • Rappel. Université Populaire des Alpes Maritimes, ce soir, mardi 18/10, 19h-21h, Amphi 68, Campus de Carlone, Fabrice Decoupigny (Université de Nice) : "Les enjeux de l'OIN Plaine du Var"
  • "17 octobre 1961 : une nuit noire à Paris", NouvelObs.
  • "Affaire des fadettes : le patron du renseignement français mis en examen", NouvelObs.
  • "La Ville de Paris gèle les implantations d'antennes relais sur ses bâtiments", Le Monde.
  • "Les biocarburants dans le collimateur du Conseil de sécurité alimentaire", Le Monde. ****
  • "Fiscalité : quand Bercy veut étouffer le débat", Le Monde. ****

Primaires citoyennes

" Hollande, le candidat qui rassemble ! "
Avec 56,8% des suffrages François Hollande bénéficie d’une belle dynamique pour affronter Nicolas Sarkozy en mai 2012. Sa victoire de demain, le candidat du changement va maintenant la construire avec toutes celles et tous ceux, – au-delà des sympathisants de la gauche, – pour qui le quinquennat de l’actuel locataire de l’Elysée marque un échec. Sa force est d’être un rassembleur. Il l’a démontré au cours de cette primaire ouverte en fédérant autour de lui, d’abord un premier cercle de responsables politiques et d’acteurs de la société, puis l’ensemble des candidats ralliés à sa candidature au 2nd tour. A Lyon, l’appel que j’ai lancé avec beaucoup d’autres élus a été entendu puisque François Hollande arrive en tête dans notre ville, ce dont je suis très heureux. Ma volonté est de continuer à le conseiller, à faire en sorte qu’il soit à l’écoute de notre territoire et de ses habitants. Car le modèle lyonnais est un exemple dont peut s’inspirer François Hollande pour répondre à l’espérance d’une majorité des Françaises et des Français qui aspirent au changement !

Il en avait marre. Il voudrait qu'on parle de Lui. Depuis quelques jours que le succès populaire des primaires socialistes est confirmé, il a fait répété à droite combien il y avait des sujets plus importants. Il a raison. Social, dette, affaires, les thèmes ne manquent pas. Maintenant que le candidat socialiste est désigné, il est enfin temps de dresser le bilan de Nicolas Sarkozy.

On ne comprend pas pourquoi Nicolas Sarkozy s'est autant agacé de l'ampleur populaire et médiatique des primaires socialistes. Après tout, que d'autres fassent campagne ne devrait pas le déranger, lui qui n'est pas candidat.

Personne ne l'empêche de travailler.

Jalousie
Nicolas Sarkozy était resté presque tranquille. Point de déplacement intempestif le weekend pour tenter d'attirer l'attention médiatique à lui. La semaine dernière, l'opération berlinoise avait été un fiasco total. Samedi vers 17h30, Alain Minc, le conseiller du soir, a été vu se rendant au Palais.

Les primaires socialistes sont terminées. Elles ont dévoilé deux candidats. Le premier, François Hollande, représentera le Parti socialiste et le Parti Radical de Gauche dans 200 jours exactement. Compte tenu du succès électoral de dimanche, il est assez probable qu'il incarnera, sauf contre-tems ou coup de théâtre, la gauche au second tour. Mais ces primaires ont dévoilé un autre candidat, Nicolas Sarkozy. Hollande est le candidat  le Monarque craignait. Hollande connaît ses sujets et attire au centre. L'exaspération que l'Elysée a montré ces derniers jours révèle bien combien Sarkozy ne pense qu'à ça, sa campagne de réélection.

Dimanche, le Monarque a ainsi laissé entendre qu'il parlerait à la télévision dans 8 jours, sur France 2 et TF1. C'était le seul contre-feu du weekend. Il a déjà choisi ses intervieweurs, Yves Calvi (France 2) et Jean-Pierre Pernaut (TF1). Le tout sera réalisé à l’Élysée et pendant une heure ou plus, pour discuter de la crise. « La contre-offensive est prête » a expliqué un conseiller élyséen. « On va pouvoir entrer dans le match comparatif avec le candidat socialiste ».

Le match comparatif ? Il faudrait déjà que Nicolas Sarkozy ose reconnaître qu'il est candidat.

Samedi, un autre François, le premier collaborateur Fillon, a confirmé sa candidature aux élections législatives à Paris, en juin prochain. Dans la Sarthe, sa terre d'élection où il aimait tant faire des allers et retours à coup de jet gouvernemental depuis mai 2007, ses électeurs fidèles apprécieront: « J'ai dit que pour les législatives de 2012, je solliciterai la confiance des Parisiens. Je veux que vous sachiez que je suis fier de mes racines sarthoises. Je ne les romprai jamais car je les porte en moi. Après trente ans d'action publique dans ce département, je ressens la nécessité de passer la main.»

Impuissance
Samedi toujours, les ministres des finances du G20 clôturaient leurs rencontres. Christine Lagarde, directrice du FMI, retrouvait Bercy le temps d'une conférence de presse: « il est évident que les pays émergents seront amenés à jouer un rôle important dans les organes de décision ». Elle s'est aussi déclarée « très satisfaite de voir une prise de conscience au niveau européen sur la nécessité de renforcer le capital des banques ». Même au FMI, Lagarde reste une optimiste hors sol. Samedi, les ministres des finances du G20 ont majoritairement rejeté toute idée de taxe internationale sur les transactions financières. L'opposition à cette proposition un moment soutenue par Nicolas Sarkozy a été large, des délégations américaine, canadienne, et japonaise, à celles des pays dits émergents tels l'Inde ou le Brésil.

L'échec de la présidence française du G20, qui se clôt dans quelques semaines, est évident.

Depuis l'automne 2008, les dirigeants occidentaux se sont révélés impuissants à réguler comme promis la finance mondiale. Ils auraient dû. Ils avaient une occasion historique, des banques par dizaines menacées de faillites quémandaient l'aide des Etats. Elles l'ont obtenue mais sans renforcement de la régulation. Trois ans après, la crise de la dette a rattrapé les Etats. Ils sont à leur tour en position de faiblesse.

Certains, comme en France, ne se reconnaissent aucune erreur. Le bilan de notre Monarque serait ainsi exemplaire. « Les paradis fiscaux, c'est terminé » a expliqué, dimanche dernier, Xavier Bertrand. Il tentait de jouer sa petite partition de droite sociale. Interrogé sur Dimanche+ sur la prime de 200.000 euros accordée à Pierre Mariani, un proche de Sarkozy nommé à la tête de Dexia qui sera prochainement démantelée, il a commenté:  «Il aurait été anormal qu'il reçoive cette prime pour ses performances, non ?». Le ministre ne faisait pas dans l'humour.

D'autres font semblant d'avoir des remords. 

Le président de la Commission européenne a ainsi réclamé des « sanctions pénales » contre les établissements qui ne respecteraient pas la réglementation. « Ce sera une première dans la législation européenne et un signal fort ».  Jean-Claude Trichet, qui rend son poste de directeur de la BCE à la fin du mois, aimerait que les traités européens soient modifiés afin « d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres». C'est un remord de dernière minute.

Favoritisme
Un procès aura peut-être lieu, dans l'affaire des sondages élyséens où deux proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy sont accusés de favoritisme pour avoir avoir confié 1,5 million d'euros d'argent public à la société de Patrick Buisson, conseiller ès sondage du Monarque. Autre scandale en puissance, une nomination à l'un des plus hauts postes de la Justice, procureur de la République, en remplacement de de Jean-Claude Marin, devenu procureur général près la Cour de cassation.

Samedi, Syndicat de la Magistrature a lancé une violente charge contre la candidature de François Molins, au poste de procureur de laRépublique de Paris. M. Molins est le directeur de cabinet du ministre de la Justice. Le parquet de Paris est celui où se jugent les plus grosses scandales. Le procureur est hiérarchiquement aux ordres du garde des Sceaux.

Justement, ce dernier, Michel Mercier, voulait placer son poulain. La ficelle est bien grosse, mais si habituelle en Sarkofrance où tous les postes de responsabilité sont d'abord proposés aux proches du pouvoir.


Puisqu'il veut parle de lui, parlons-en.

Le bilan de Nicolas Sarkozy est disponible en ligne.

Ami sarkozyste, bonne lecture !


On peut analyser la victoire de F. Hollande de diverses manières, et les commentateurs officiels n'y manqueront pas.

Je sais que je ne vais pas être dans l'air d'"Embrassons-nous Folleville"  qui devrait prévaloir aujourd'hui. Mais je prends le risque.

En ce qui me concerne, je l'analyse comme le retour en force des élus et barons, des forces les plus rassies du PS,  qui n'ont pas apprécié le semblant d'ordre qu'a voulu instaurer M. Aubry depuis le Congrès de Reims et qui ont su mobiliser leurs clientèles, aidés par la droite sarko-compatible du PS, celle qui veut n'effacer que les aspects les plus caricaturaux de la politique du Président actuel.
Le choix de F. Hollande de prendre comme mandataire dans l'Hérault un ex- apparachik fréchiste exclu du PS, contre lequel le parti a même déposé plainte, et ses soutiens par JP Jouyet et JM Bockel, sont, de ce point de vue, emblématiques.

Qu'attendent ces gens-là ? 
- Surtout qu'on accentue la ligne social-libérale et que les singularités du PS français se fondent définitivement dans le social-libéralisme des PS européens
- Qu'on laisse faire aux barons ce qu'ils veulent chez eux, s'appuyant sur les obligés, les "cartes"  et les collaborateurs. 
- Qu'on affadisse  la future règle de non-cumul des mandats, et vous verrez ce qu'il en sortira si F. Hollande est élu Président,
- et que le PS ne soit plus qu'une machine électorale à faire réélire les sortants. Bonjour le renouveau et la "Nouvelle France" !
- Ils attendent aussi le retour des comportements hégémoniques réservant aux féaux et à ceux qui se couchent l'ensemble des candidatures, à l'exemple des dernières cantonales à Nice. Attendons-nous donc à ce que les manoeuvres et manipulations de toutes sortes reprennent avec force et vigueur contre Europe-Ecologie.

Bref, si j'éprouverais un immense plaisir à voir N. Sarkozy battu, mon déplaisir sera presque aussi important de le voir remplacé par un tel personnage, pour lequel j'aurai à  voter néanmoins, au second tour, en me bouchant le nez.

Enfin, statistiquement, j'ai trouvé un peu étonnant et bizarre que  les résultats des 40 000  premiers votants se retrouvent, tout au long de la soirée, avec des variations successives de plus ou moins 0,01%, jusqu'au résultat final. Mais, avec le PS, on en a vu d'autres...
  •  Les revues de blogs d'Olivier, les posts de Ruminances, le Collectif EELV Pays Niçois,
  • "Première journée planétaire des Indignés réussie malgré les violences", NouvelObs.
  • Rugby. Je vois difficilement comment les néo-zélandais pourraient être battus. Mais enfin, sait-on jamais..?
  • "Arnaud Montebourg, le turlupin inconsistant. Requiem pour un tocard", Les divagations NRV de Cui Cui l'oiseau
  • Rappel, Université Populaire des Alpes Maritimes, demain, mardi 18/10, Amphi 68, Campus de Carlone, Fabrice Decoupigny (Université de Nice) : "Les enjeux de l'OIN Plaine du Var"

Les primaires socialistes ont fait des ravages à l'UMP

En 2007, personne à l'UMP n'avait empêché Nicolas Sarkozy d'organiser une fausse primaire pour consacrer son investiture du 14 janvier 2007. A l'époque, Jacques Chirac n'avait pas encore confirmé qu'il ne se représentait pas. Bientôt cinq ans ont passé, et Nicolas Sarkozy s'est chiraquisé, la sympathie en moins, la nervosité en plus. Les primaires, surtout chez les autres, il déteste.

Dans les couloirs de l'Elysée, on murmure chaque semaine qu'il annoncera sa candidature au plus tôt fin janvier, idéalement en février. S'il n'était pas candidat, il serait pourtant trop tard pour organiser des primaires à droite. 

Impopularité
Il y a 8 jours, Jean-Pierre Raffarin, un temps brouillé avec Nicolas Sarkozy début septembre, réclamait « un Sarkozy nouveau », une « rupture dans la rupture ». L'ancien premier sinistre de Jacques Chirac a toujours la formule creuse ou ridicule: « Pour une France nouvelle, il faut un Sarkozy nouveau. Dans ce contexte, la continuité ne peut être victorieuse. Nicolas Sarkozy doit porter la rupture de la rupture. Il doit porter le changement. Il peut être la force qui protège ».
Mais ce « Sarkozy nouveau » peine à surgir. Les enquêtes se succèdent et se ressemblent. L'impopularité de Nicolas Sarkozy, malgré des mois et des mois de prises de distance, de fausse activité diplomatique et d'agitation provinciale, reste stable et énorme. Même chez  Opinionway, le sondeur du Figaro, on créditait Sarkozy de 66% de mécontents, soit 13 points de plus qu'en septembre 2009 ! A l'Elysée, où pourtant trois conseillers seniors et spécialistes des enquêtes d'opinion sont payés à temps plein sur le budget de l'Etat, on feint de ne pas s'en inquiéter.


Et voici que ces primaires tombent au pire moment.


Hypocrisie (1)
Mardi dernier, Sarkozy a donné une leçon de gaullisme, signe d'un énervement hors normes. «La Ve République ne peut être l'otage des partis politiques et le candidat  pris en otage par son parti. Le général de Gaulle a voulu une élection à deux tours, pas à quatre tours.» On oublierait presque qu'il avait défendu et installer le principe des primaires dans les statuts de l'UMP pour se faire sacrer candidat à 94% des suffrages le 14 janvier 2007. 

L'ex-sénateur mais toujours blogueur et centriste Alain Lambert eut la réplique cinglante: «L'idée du général de Gaulle, c'était d'instaurer une élection présidentielle à deux tours, pas à quatre tours, ni d'aller au Fouquet's le soir, ni sur un yatch le lendemain, ni d'emmener Bigard chez le Pape, ni de nommer son fils à la Défense, ni de "casser les pauvres cons".» 

Hypocrisie (2)
S'ils se déchirent allègrement sur la modernité du processus, tous les responsables de la majorité sont au moins d'accord pour répéter l'argumentaire présidentiel: il n'est pas question d'organiser de primaires à l'UMP puisque le président sortant est le candidat naturel. Jean-François Copé est même allé jusqu'à comparer la situation française avec l'exemple américain: là-bas, le parti démocrate n'a organisé aucune primaire.

Seulement voilà, aux Etats-Unis, Barack Obama est candidat. Il l'a dit même très tôt, dès le printemps dernier, pour lever des fonds en masse. Or en France, on nous répète à l'inverse que Nicolas Sarkozy n'a pas pris sa décision. On nous fait croire qu'il travaillera jusqu'à la dernière minute à son immense charge. On sait bien qu'il est en campagne, qu'il n'a quasiment jamais cessé de l'être depuis ses premiers échecs électoraux, au printemps 2008. Mais chut... Brice Hortefeux, son conseiller officieux qui se verrait bien directeur de campagne l'an prochain, expliquait ainsi mardi dernier dans le Grand Journal de CANAL+ que le Monarque devait se consacrer à sa tâche au moins jusqu'en janvier.

Et si Sarkozy ne se représentait pas... l'UMP aurait-elle le temps d'organiser des primaires que d'aucuns même à droite jugent moderne ? Evidemment non. La manoeuvre serait dangereuse - afficher des divisions internes à quelques semaines d'un scrutin.

Quelle hypocrisie.

Déchirements
A droite, on se déchire, un symptôme bien connus des fins de règne. Tout est prétexte, et même les primaires socialistes. François Fillon avait jugé le procédé « moderne », il y a 10 jours. Vendredi dernier, Chantal Jouano sénatrice UMP de Paris, avait renchéri: « C'est une bonne nouvelle de voir les Français s'intéresser à la politique, c'est une bonne nouvelle de voir des débats de fond ». La veille, Jean-François Copé avait raillé les propos de Fillon: « les primaires, c'est de gauche, donc c'est moderne ». Et paf ! On croyait pourtant que les frères ennemis Fillon/Copé avaient fait un pacte Paris : au premier, l'UMP au second. Et en 2017, primaires à droite !

Mardi, François Fillon a effectivement confirmé qu'il serait candidat aux élections législatives de juin prochain... à Paris. Rachida Dati n'a pas apprécié. Le premier ministre vise « sa » circonscription (ou plutôt, celle qu'elle ambitionne de conquérir), une zone sans risque au coeur de la bourgeoisie parisienne.

On se dispute aussi parce qu'il n'y a plus de leader. Depuis des mois, Sarkozy ne tient plus son camp. Il a toujours quelques ultra-fans, tels Nadine Morano ou Eric Besson, jamais  l'abri d'éloges caricaturales. Mais pour le reste, il n'y a plus aucun(e) candidat(e). Comme d'autres en leur temps, Nicolas Sarkozy a tué la concurrence. Il a « débranché » un à un ses rivaux potentiels ou avérés. Dominique de Villepin ne s'est pas remis par 4 ans de procès Clearstream. L'été dernier, il a jeté l'éponge et même son propre parti. Jean-Louis Borloo n'a pas eu le courage ni l'efficacité pour tenir son ambition présidentielle au-delà de septembre. François Fillon a préféré Matignon. Alain Juppé a été recruté à la Défense puis les Affaires Etrangères. Sarkozy a également calmé la jeune garde: Jean-François Copé a récupéré l'UMP. François Baroin et Bruno Le Maire sont devenus les chouchous du Palais.

Si Sarkozy n'est pas candidat, la droite perdra l'élection présidentielle de 2012.

Et le programme ?
Autre élément de langage préparé contre la primaire socialiste, le programme socialiste fut l'objet d'attaques bien concertées après le débat d'entre deux-tours, mercredi, entre Martine Aubry et François Hollande: « des idées des années 1990 » répétèrent successivement Bruno Le Maire, Xavier Bertrand et Jean-François Copé.

Mais à l'UMP, où est le programme ? Nicolas Sarkozy avait confié qu'il valait mieux faire campagne sur le caractère que les idées.

Il a tout fait pour retarder l'adoption du programme UMP pour les scrutins présidentiel et législatifs de l'an prochain. L'an dernier, Laurent Wauquiez et Nathalie Koscisuko-Morizet avaient été chargés d'y travailler. Sans attendre leur riche production, la tâche fut ensuite confiée à l'ancien villepiniste Bruno Le Maire. En août dernier, le Figaro nous dévoilait quelques propositions en avant-première. Des propositions que Sarkozy bloqua. Interdiction d'en parler lors du déchirant Campus UMP de septembre, à Marseille. Le projet est reporté aux calendes grecques, peut-être Noël. Et encore... Valérie Rosso-Debord, autre Sarkolâtre, avait confié qu'il n'engageait pas le président... Un projet... pour rien.

Un candidat qui se cache, un parti désorganisé, un programme ajourné... Quelle réussite !


Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans..., en fait simplement d'Art Blakey (1919-1990), un des grands batteurs de l'histoire, incontournable dans le bebop style, et qui, avec les Jazz Messengers, m'a fait passer de très bons moments.


- L'incontournable "Blues March":


- "No Problem":


- "Ginza":


- "One by one":


- "Caravan":


- "A Night in Tunisia":


Bon dimanche.
Son weekend avait été pourri par le premier tour des primaires citoyennes. Nicolas Sarkozy a multiplié les interventions « hors sol », les inaugurations en tous genres, les remises de décoration ou de rapports. Il est même à Berlin. Il aimerait que la presse en parle, que les télévisions montrent quelques images de ses déplacements à répétition au milieu de Français souriants et provinciaux.

Le comble fut atteint dimanche dernier. Nicolas Sarkozy s'était imposé à Berlin, chez Angela Merkel, pour une réunion sur la crise de la dette et de la Grèce. ll espérait que sa diversion médiatique fonctionnerait. La Commission européenne réclamait enfin une recapitalisation des banques avant un probable défaut de paiement de la Grèce, mais le président n'avait rien, rien fait, rien annoncé. Il se faisait applaudir dans le Caucase. Il pensait donc légitimement que son intervention berlinoise produirait quelque effet. Et bien, non. Rien, nada. Ce fut un fiasco total. Pas une chaîne de télévision ou de radio, fut-elle d'information, n'avait daigné montrer quelque image de la conférence de presse commune Sarkozy/Merkel.

A leur décharge, les journalistes n'avaient pas grand chose à apprendre de ce déplacement: les deux dirigeants annoncèrent qu'ils apporteraient « des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois ». Une visite pour rien, des médias qui s'en fichent... le fiasco était total.

Lundi matin, le Monarque bougonnait donc: « cela vous passionne, mais moi j’ai d’autres choses à faire ». Il demanda à ses ténors de réagir contre les primaires. L'argumentaire écrit à l'Elysée fut rapidement distribué. Il fallait répliquer. Dès dimanche soir, Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, avait étalé sa mauvaise foi. Il avait d'abord relativisé les 2,7 millions votants aux primaires: « ça fait 96% des Français qui pensent que l'élection, c'est l'année prochaine, voilà. Donc, je crois qu'il faut peut-être relativiser un peu tout ça ». Lundi matin, il continua: «L'UMP suivra de près les marchandages avec le faiseur de roi Montebourg ». C'était le second argument sarkozyen, dénoncer un prétendu glissement gauchiste du Parti Socialiste. Il fallait faire peur à l'électeur sarkozyste déçu. A l'UMP, on préfèrerait Aubry et on craint Hollande.

Mardi matin, Sarkozy lâcha de sales commentaires sur la primaire socialiste. Il la jugea contraire aux intentions institutionnelles du général de Gaulle. Fichtre ! Fallait-il qu'il soit énervé. Le Monarque fila ensuite dans la Creuse. Aubry était dans les parages. Sarkozy avait mobilisé un hélicoptère militaire et ses ministres Baroin (Finances), Le Maire (Agriculture), et Pécresse (Budget) pour rendre visite à un commerce « multi-services », un « très bel endroit » ! Sarkozy partit sans payer son café. Plus tard, devant 1.500 figurants locaux, il déclama de grandes vérités sur « la ruralité, (...) avenir de la France » à condition qu'elle « conjugue vos traditions et la modernité...». On avait dressé pour l'occasion une gigantesque tribune, avec projecteurs et caméras. Tout cela pour une petite heure de monologue, comme d'habitude. 

Sarkozy tacla, sans la nomer, la démondialisation chère à Arnaud Montebourg. Il railla ceux qui veulent « dépenser plus, avec l'argent des Français ». Lui, l'homme aux 400 milliards d'euros de dette publique supplémentaires en 5 ans de mandat ! Au passage, il promit un relèvement de la taxe soda pour financer un nouvel allègement de charges sociales en faveur des agriculteurs. C'est le temps de cadeaux bien ciblés !

Mercredi, pour son conseil des ministres, ses collaborateurs avaient le sourire forcé. Alain Juppé s'était indigné sur France info que les médias n'évoquent pas cette incroyable visite présidentielle dans la Creuse. Ziad Takieddine, l'ami de Jean-François Copé, passa encore 5 heures devant le juge van Ruymbeke à expliquer son rôle dans les ventes de frégates à l'Arabie Saoudite et ses commissions défiscalisées par Sarkozy ministre du budget. Dans un autre scandale, le parquet de Paris a réclamé l'élargissement de l'immunité présidentielle aux proches collaborateurs du Monarque dans l'affaire des sondages de l'Elysée. L'association Anticor avait porté plainte pour favoritisme contre deux anciens proches de Sarkozy qui avait recruté Patrick Buisson pour conduire des sondages occultes. L'argument du ministère de la Justice est délicieux et exemplaire de cette République si reprochable: «Il s’agit de permettre au président de la République de mener sa mission avec la sérénité nécessaire. Son immunité, sauf à en limiter la portée, doit prendre en compte l’intervention possible de collaborateurs.»

Mercredi soir, le dernier débat des primaires socialistes opposant Martine Aubry et François Hollande était un gros carton. Près de 6 millions de téléspectateurs. Le lendemain, les ténors du clan sarkozyen répètent le même message, que le programme socialiste serait donc « ringard ». Mais ce succès des primaires a réactivé la guerre Copé/Fillon. Le premier s'emballe contre ceux qui considère que les primaires sont modernes. C'est exactement ce qu'a dit Fillon la semaine précédente.

Sarkozy, lui, a filé en Haute-Marne, à Chaumont, la ville de son ministre Luc Chatel. En pleine crise financière, il voulait inaugurer un musée Pompidou mobile... Parce que la Culture, « c'est important ». Il était content: « On a parlé de tout ce qui n'est pas dans l'actualité, donc on a parlé de tout ce qui est important ».

Vendredi, Nicolas Sarkozy reçut José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Les autres dirigeants de la zone euro s'agacent du couple « Merkozy », accusé d'agir sans concertation. Le même jour, François Baroin a annoncé qu'un accord franco-allemand sur la recapitalisation de la zone euro avait été « formalisé », mais sans en dévoiler la teneur : « nous avons déjà contractualisé des accords qui seront très importants »... Quel suspense ... anti-démocratique !

Dans la semaine, la banque Dexia avait déjà été soldée. Son démantèlement a été décidé. Dexia, la banque au 100 milliards d'actifs toxiques, prétendument sauvée en 2008 par la brillante intervention de Nicolas Sarkozy qui y avait placé son ancien directeur de cabinet Thierry Mariani à sa tête. Dexia, la banque qui a tout raté, sauf les fameux stress-tests de l'été dernier censés mesurer la fragilité de nos établissements bancaires.

Des mois durant, le gouvernement français a refusé de voir l'inévitable, la nécessaire recapitalisation des banques européennes, et françaises, trop exposées au risque grec. Jeudi, le gouvernement slovaque « s'est fait hara-kiri », comme l'a dit François Baroin, en promettant des législatives anticipées à son opposition pour qu'elle ratifie le plan de sauvetage de la Grèce qu'elle avait rejetée deux jours avant. Mais la Grèce fera défaut, même partiellement. Pour éviter la catastrophe, il faudra recapitaliser.

Cette catastrophe, coûteuse pour les Etats et donc les citoyens, rappelle combien la vigoureuse et décisive action de Sarkozy et consorts à l'automne 2008 fut en réalité une gigantesque tartufferie.

Notre président protecteur était aux abonnés absents. Vendredi, on faisait mine de découvrir que les tarifs des mutuelles progresseraient de 4,7% l'an prochain. Une conséquence de la nouvelle taxation prévue par le gouvernement l'an prochain des contrats de mutuelles solidaires.

Claude Guéant a eu raison du site Copwatch, qui voulait recenser et dénoncer les policiers responsables de bavures. La justice a interdit le site. La situation est tristement cocasse. Quand il était directeur de cabinet du ministre de l'intérieur Sarkozy, il avait négocié, avec l'aide de l'intermédiaire et ami Ziad Takieddine, la vente d'un gigantesque système d'espionnage et de fichage à la dictature libyenne en 2005-2007. Sur ce coup, Guéant était moins regardant.

Cette semaine, on a découvert un autre fichage, en France cette fois-ci. Le ministère de Luc Chatel envisage une belle opération. Les enfants de grande section de maternelle seront triés par l'Education Nationale, en trois catégories: « rien à signaler », « à risques » et « à hauts risques ».

Jeudi, une professeur a tenté de s'immoler par le feu dans la cour de son lycée, à Béziers. Luc Chatel a déclaré son « émotion ». On a cherché, dans la longue liste des communiqués de presse sarkozyens, une attention à ce drame insoutenable.

On a cherché, sans trouver.

Nicolas Sarkozy a raison. Il faut que l'on cesse de parler des primaires socialistes. L'actualité n'attend plus: des scandales d'Etat à la faillite de la République, il est temps de s'intéresser à nouveau au bilan du Monarque élyséen.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


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