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Fiscalité : le story-telling « historique » de Nicolas Sarkozy

François Baroin, le ministre du budget, et Christine Lagarde, sa collègue de l'Economie, n'avaient pas de mots assez forts pour qualifier le projet de budget présenté en conseil des ministres mercredi : « historique » dit l'un, « hors normes » rajouta l'autre. Sur le terrain budgétaire, Nicolas Sarkozy espère prouver sa rigueur, au moins vis-à-vis des marchés, et son sérieux, au moins vis-à-vis de son électorat. Le story-telling officiel masque une réalité bien différente : le coût des niches fiscales augmentera, et, plus grave, l'effort de rigueur est injustement réparti.


Les mauvais comptes de Baroin
Comme promis, François Baroin a présenté son projet de budget 2011 au conseil des ministres mercredi dernier. L'essentiel des mesures étant déjà connu, nous lirons avec attention le texte complet de ce projet de loi de finances. Mercredi, François Baroin s'est démultiplié dans les médias pour expliquer que l'effort de réduction des dépenses était  « historique ».

En fait, les déficits ET le story-telling pour habiller les mesures gouvernementales sont historiques : selon Baroin, Lagarde, Chatel et consorts, le redressement partiel des comptes publics serait dû à des recettes fiscales supplémentaires grâce à la reprise économique, aux 10 milliards de réduction du coût des niches fiscales et sociales, à une quinzaine de milliards d'euros via l'arrêt des mesures du plan de relance, aux 5% de réduction des dépenses de l'Etat et de ses opérateurs, au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (31 000 postes supprimés en 2011, pour quelques 500 millions d'euros d'effet sur le budget) et au gel des dotations aux collectivités locales pour 3 ans (53 milliards d'euros par an).

A la lecture du document remis à la presse mercredi 29 septembre, on comprend que l'histoire est bien différente.

Certes, les dépenses publiques, hors dettes et pensions, sont prévues stables, à 275 milliards d'euros (comme en 2010). Le service de la dette (45 milliards l'an prochain) et les pensions de retraite (36 milliards) augmenteront de 4 milliards.

Mais les recettes fiscales, elles, sont prévues en baisse (sic!) : 900 millions d'euros de moins en 2011 ( 254,7 milliards contre 255,3 milliards en 2010) : où est passée la reprise ?? Dans son texte de présentation médiatique, le gouvernement commente pourtant: « le retour attendu de la croissance se traduira par une augmentation des recettes fiscales de l’État de l’ordre de 12 milliards d’euros en 2011.» Ne cherchez pas d'erreur : si les recettes fiscales de l'Etat liées à l'activité économique du pays augmentent, alors que leur produit global est in fine en baisse, c'est que le coût des exonérations fiscales, les fameuses « niches », progresse.

Mercredi, Baroin disait ... l'inverse : « les niches fiscales, c'est une dépense de l'Etat. Quand on les réduit de dix milliards, on réduit de dix milliards les dépenses de l'Etat ». Quel fabuleux story-telling ! Aux marchés et aux Français, on explique quasiment l'inverse. Si le gouvernement a bien trouvé 10 milliards d'euros de réduction de certaines niches, il n'a pas réduit le coût global des niches fiscales en 2011.

- les recettes non fiscales (ventes de biens et participations, dividendes, etc) progresseraient de 800 millions (pour atteindre 16,9 milliards d'euros).

D'où vient donc le miracle d'une réduction drastique du déficit budgétaire de quelques 60 milliards d'euros ? De 70 milliards d'euros de dépenses « exceptionnelles » de 2010 qui chutent à 3 milliards en 2011. Les explications de Bercy sont limpides : 8 milliards d'euros de mesures de relance non reconduites, 5 milliards d'euros de transition fiscale en provenance des collectivités locales (après la suppression de la taxe professionnelle en 2010), et ... 40 milliards d'euros « d'investissements d'avenir » réalisés en 2010 et non renouvelés en 2011 (rappelez-vous le Grand Emprunt).

En d'autres termes, Baroin tente de faire passer des vessies pour des lanternes, l'arrêt de certains investissements, décidés par Sarkozy au pire de la crise, pour une réduction incroyable des dépenses courantes de l'Etat.

Les ménages paieront
Dans le détail, on constate assez facilement que l'effort de rigueur sera bien réel pour les ménages, alors que la rente, le patrimoine et les classes aisées échappent à l'essentiel des rabots annoncés.

1. Les prévisions de croissance sont jugées optimistes voire fantaisistes par les analystes financiers. « Sur la prévision de croissance à 2% l'année prochaine, on est vraiment relativement confiant » a pourtant répété Christine Lagarde lors de sa conférence de presse mercredi. Pourtant, comme le rappelait le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée lundi dernier, Christine Lagarde s'est systématiquement trompée sur le sujet depuis qu'elle est entrée au gouvernement.

2. Dans ses annonces, Baroin recycle les mesures d'économies sur les classes aisées déjà annoncées (et critiquées pour leur modestie) lors de l'examen de la réforme des retraites.

2. Les ménages paieront l'essentiel de l'addition. Baroin avait pris quelques précautions : 60% des réductions de dépenses, y compris fiscales, seraient supportées par les entreprises. C'est une première arnaque sémantique : les entreprises affectées répercuteront ces hausses de charges - ou pertes d'avantages fiscaux - sur leurs clients. Ainsi, France Télécom comme Free ont déjà annoncé une augmentation de leur tarifs « triple play » (internet, téléphone, télévision). L'alignement de la TVA à 19,6% sur ces offres concernent 20 millions de foyers. L'économie attendue est de 1,1 milliard d'euros, une somme qui sera donc in fine payée par les ménages.

Parmi les mesures annoncées qui frapperont directement les ménages, citons:
  • la suppression de l'abattement de 15% sur les cotisations patronales des ménages déclarant leur employé au salaire réel ; 
  • la fin du crédit d'impôt sur les dividendes,
  • le relèvement du forfait social sur l'intéressement et la participation (de 4 à 6%).
  • la suppression de la rétroactivité de 3 mois précédent la demande d'aide au logement ; 
  • la fin des déclarations fiscales séparées pour les jeunes mariés ;
  • la réduction de 75 à 50% de l'exonération fiscale pour l'installation de panneaux solaires (avec un nouveau plafond de 8 000 euros par individu ou 16 000 euros par couple) ;
  • la réduction de 25 à 22,5% du crédit d'impôt pour l'installation d'appareils de régulation de chauffage
  • la réduction de 40 à 36% du crédit d'impôt pour l'installation de chaudière à bois
  • une taxation supplémentaire de l'assurance vie de 3,5%.
  • le ciblage (non détaillé) des investissements éligibles aux réductions d’impôt sur le revenu et d’impôt sur la fortune pour souscription au capital de PME ;
3. La taxe bancaire est très modeste : une taxe « systémique » visant les placements risqués des banques est instaurée. Son produit sera modeste : 504 millions d'euros l'an prochain. Et il servira à éponger les déficits publics, contrairement au modèle allemand, qui affectera le produit de sa taxe à un fond prudentiel.

4. Les ménages aisés restent protégés de l'effort national. Les mesures les visant directement sont le relèvement de 4% des prélèvements sociaux sur les stock-options, la limitation de la déduction de 3% de CSG aux salaires inférieurs à 4 fois le plafond de la Sécu (11 450 euros), la hausse (modeste) des prélèvements sur les retraites chapeaux, le relèvement de 1 point de la tranche supérieur de l'impôt sur le revenu (déjà annoncé) et l'abaissement de 10% du plafond global des niches fiscales par foyer (hors soutien à l’emploi et au logement social outre-mer).

5. La fiscalité de la rente et du patrimoine est peu concernée. A montant égal, un revenu du travail restera toujours davantage taxé en impôts et cotisations qu'une rente. L'exonération quasi-totale des droits de succession, le maintien du bouclier fiscal (qui protège le patrimoine), le maintien de la totalité des niches fiscales les plus avantageuses le concernant font perdurer un système fiscal injuste.

6. Le bouclier fiscal est maintenu. Il faut noter qu'un seul prélèvement nouveau, la hausse d'un point de la tranche supérieure de l'IR, échappera au bouclier fiscal. Les bénéficiaires du bouclier fiscal, qui, par définition, ne parviennent pas à réduire leur impôt global suffisamment pour éviter de bénéficier dudit bouclier, ne sont pas concernés par les différents rabots de niches avancés par le gouvernement. Ces dernières mesures sont pour eux a priori indolores. Au passage, François Baroin a rappelé, mercredi dans les colonnes du Monde, qu'il lui semblait impossible de supprimer l'ISF en échange de la création d'une nouvelle tranche supérieure d'impôt sur le revenu. Il rejoint, sur ce sujet seulement, les conclusions de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires. Selon cette dernière, l'ISF rapportant 3 milliards d'euros par an, il manquerait « entre 1,7 et 2 milliards d’euros pour le bouclage budgétaire de cette réforme .»


7. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l'un des rares totems sarkozyens ayant survécu à l'épreuve de la réalité, concernera essentiellement l'Education nationale (16 000 postes supprimés), la Défense (8000 postes), le fisc (3000 postes) et ... le ministère de l'Intérieur (1600 postes).

8.  La rigueur frappera également l'assurance maladie. Les 2,5 milliards d'euros d'économies dévoilées par la presse la semaine dernière se confirment.

Au final, le gouvernement table sur un déficit budgétaire ramené à 92 milliards d'euros, soit 6% du PIB l'an prochain, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014, mais une dette publique qui continuerait de s'envoler bien au-delà des 60% du PIB requis par le Traité de Maastricht : 82,9% fin 2010; 86,2% fin 2011; 87,4% en 2012. La décrue n'est attendue que pour 2013, avec 86,8%, puis 85,3% fin 2014.

On comprend mieux l'urgence à ce story-telling fallacieux. Pour endormir l'opinion, Sarkozy, caché derrière son Baroin de service, ne touche pas à la fiscalité de son coeur de cible électoral. Vis-à-vis de l'opinion, il met en avant le rabot sur les niches fiscales et le maintien des dispositifs de soutien aux plus fragiles. Pour les marchés, il vante une réduction du déficit qui masque  en fait le simple arrêt d'investissements anachroniques, et sa reprise économique, dont les maigres gains fiscaux sont pourtant intégralement absorbés par les défiscalisations multiples qu'il protège.

Jusqu'à quand tiendra-t-il ?







Immigration : Eric Besson, et l'échec d'une caricature

En mars dernier, Eric Besson a présenté une première version de son projet de loi « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité » en conseil des ministres. A l'époque, la polémique sécuritaire de l'été n'avait pas démarré. Le ministre sortait tout juste d'un éprouvant débat sur l'identité nationale, qui s'était soldé par une débâcle électorale au scrutin régional. Depuis, le ministre a ajusté certaines de ces dispositions pour tenir compte du discours de Grenoble et des demandes de Nicolas Sarkozy relatives à la déchéance de la nationalité. Ce projet arrive donc à l'Assemblée, déjà couvert de polémiques.

Mardi, dans un entretien publié par le Parisien, le ministre de l'identité nationale a parfaitement joué la provocation qu'on attendait de lui: « Si cela vous choque que des étrangers deviennent de "bons petits Français", moi je trouve que c'est une excellente nouvelle ». Pourtant, au final, il ne s'agit que d'une nième loi sans contour, ni moyens, qui cherche plutôt les mesures d'affichage qu'autre chose. Le gouvernement espère divertir le débat avec ces nouvelles mesures des difficultés du moment. Cliver le pays sur ses immigrés est la pitoyable stratégie de la dernière chance choisie par l'Elysée.

Sous l'apparence de la normalité
Eric Besson, mardi, a voulu inaugurer le débat sur sa loi avec fracas : « Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux ». Cette outrance, sur laquelle il est revenu - pour mieux réinsister - mercredi matin sur France Inter, ne surprend plus. Pourtant, dans son texte, il prenait quelques précautions. La France, depuis des semaines, est suspectée de politique discriminatoire à l'encontre des migrants, qu'ils soient clandestins ou légaux, par l'ONU, le Conseil de l'Europe et la Commission européenne. Sarkozy et Besson marche sur des oeufs. La Commission européenne a annoncé hier, le lendemain de la présentation du projet de loi à l'Assemblée, qu'elle attendait un mois pour déclencher, ou pas, une procédure de sanction contre la France à propos des expulsions jugées discriminatoires de Roms l'été dernier.

Comme Eric Besson l'a rappelé mardi à l'Assemblée, le gouvernement se protège d'abord derrière trois directives européennes, « qui créent un premier cadre juridique global et harmonisé pour une politique européenne de l'immigration » :
- la directive « retour » du 16 décembre 2008, qui prévoit des « standards minimaux en matière de durée de rétention et d'interdiction de retour ».
- la directive « carte bleue » du 25 mai 2009, qui « ouvre, pour les travailleurs hautement qualifiés, le même droit au séjour dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne et leur permet d'accéder plus aisément au marché du travail
- la directive « sanctions » du 18 juin 2009, qui créé des normes minimales en matière de lutte contre l’emploi d’étrangers sans titre de séjour.

Mais sous ses apparences de « normalité », ce projet est avant tout une distraction sécuritaire de plus pour masquer l'échec d'une politique inefficace et caricaturale.

Primo, le gouvernement masque l'essentiel : l'immigration clandestine est agitée comme un épouvantail électoral alors que les polices de France ont toutes les peines du monde à trouver les dizaines de milliers de sans-papiers à expulser, provoquant des situations individuelles, voire collectives, aussi absurdes que dramatiques. On croyait qu'il n'y avait qu'à se baisser pour trouver des clandestins à expulser. Or, depuis 2007, il a fallu les piéger à l'école de leurs enfants ou à pôle emploi; il a fallu ajouter des Roumains, Bulgares et autres citoyens européens aux statistiques pour les gonfler un peu ; il a fallu toutes sortes de contorsions pour justifier les fantasmes.

Secundo, les durcissements proposés à l'encontre des citoyens européens « abusant » de courts séjours sont voués à l'échec : Besson veut cibler les « pauvres » de l'UE. Or, le 1er mai prochain, les citoyens des 8 pays entrés récemment dans l'Union européenne (République tchèque, Slovénie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Lituanie et Estonie) bénéficieront de la libre installation (et non plus du simple libre séjour) partout en Europe, ... y compris en France.

Tertio, les mesures relatives aux conditions de naturalisations frisent le ridicule : l'élargissement de la déchéance de nationalité n'est qu'un triste symbole car très peu de cas, dans les faits, sont attendus. Ce n'est que de l'affichage à vocation électoraliste, et non une mesure pragmatique, pesée et pensée. Sarkozy, et Besson, cherchent à cliver l'opinion sur le sujet, coincer l'opposition de gauche dans des retranchements humanistes.

Enfin, le pouvoir n'est pas avare en incohérences. Le calendrier est parfois curieux : jusqu'à la semaine dernière, le gouvernement tout entier était mobilisé pour convaincre que sa réforme des retraites était indispensable compte tenu du déclin de notre population active. Le voici aujourd'hui déployer la même énergie contre des immigrés qui ne demandent qu'à travailler. Un temps, le gouvernement s'est abrité derrière la grande idée de l'immigration choisie, avec quotas par métiers et par pays à la clé, une politique initiée dès 2006. En 2008, première année pleine de la mise en oeuvre de la fameuse carte Compétences et talents, seuls 182 titres ont été délivrés. Un fiasco total. Le bilan de l'année 2009 n'a même pas été publié...

Durcir les naturalisations
Mardi, Eric Besson a présenté son projet à l'Assemblée devant un hémicycle quasi-vide. Même à droite, Besson n'intéresse plus. Le ministre en fut troublé au point de bafouiller parfois. Il s'attendait sans doute à mieux que cette ignorance collective.

Le projet durcit d'abord les critères d'accès à la nationalité : l'adhésion « aux principes et aux valeurs essentiels de la République » et « justifier d’une connaissance suffisante de la langue française, dont le niveau et les modalités d’évaluation sont fixés par décret » sont inclus parmi les éléments d'appréciation de l'assimilation des postulants à la nationalité (article 2). Exiger plus d'immigré qu'on en exige d'un « bon Français » est un emprunt à la rhétorique frontiste. Quand on demande à Eric Besson si certains évadés fiscaux ne devraient pas eux aussi être déchus de leur nationalité, il répond que la fraude fiscale n'est qu'un délit et que la déchéance ne concerne que les crimes portant atteinte à l'intérêt supérieur de la nation. Des milliards d'euros cachés dans des paradis exotiques menacent pourtant l'équilibre de nos comptes publics et les services publics du pays tout entier... Allez comprendre...

Le projet élargit donc la déchéance de nationalité aux condamnés pour un acte qualifié de crime prévu et réprimé par le 4° des articles 221-4 (réclusion à perpétuité) et 222-8 (« trente ans de réclusion criminelle lorsqu'elle est commise en bande organisée ou de manière habituelle sur un mineur de quinze ans ou sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur ») du code pénal. Un amendement deposé par l'UMP complète le projet Besson, comme l'a souhaité Nicolas sarkozy, en autorisant « la déchéance de la nationalité française à l’encontre de l’auteur d’une infraction pénale condamné à une peine d’emprisonnement ferme égale ou supérieure à cinq ans, sauf si cette déchéance a pour résultat de rendre apatride l’auteur des violences. La déchéance de la nationalité française est encourue dans le délai de dix ans à compter de la date de cette acquisition

Besson créé aussi un délai d'observation de facto, d'une durée de trois années, pendant lequel l'acquisition de la nationalité pourrait être annulée « si le requérant ne satisfait pas aux conditions légales ou dans un délai de trois ans à compter de la découverte de la fraude si la décision a été obtenue par mensonge ou fraude. » (article 3ter).

La loi instaure le délit de « mariages gris » (quand un étranger ne se marie que pour accéder à la nationalité française à l'insu de son conjoint(e)): « Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 30 000 € d’amende lorsque l’étranger a contracté mariage, contrairement à son époux, sans intention matrimoniale » (article 21ter). Une précédente loi, en novembre 2006, durcissait déjà la répression des mariages blancs. Cette fois-ci, Eric Besson s'attèle à un autre phénomène qu'il est incapable d'évaluer. C'est un affichage symbolique de plus pour alimenter l'image d'Epinal d'immigrés prêts à tout, y compris le mariage, pour tromper les « bons Français

Faciliter les expulsions
Sur les expulsions, Eric Besson est dans une situation schizophrénique comme son prédécesseur Brice Hortefeux entre 2007 et 2009 : il affiche sa fermeté quant aux expulsions, même s'il peine à satisfaire ses objectifs d'expulsions de clandestins (entre 25 et 30 000 par an), les polices de France sont sous pression : ainsi, pour gonfler ses chiffres et jouer au bon élève, Besson agrège-t-il à ses statistiques tous les sans-papiers qui tombent dans ses filets, quitte à multiplier les situations absurdes ou dramatiques  citoyens de l'Union européenne ou des réfugiés comoriens à Mayotte dans les statistiques officielles.

En début d'année, Besson a trouvé une excuse : c'est la faute aux juges tatillons. Sa nouvelle loi est censée remédier au problème, en allégeant différentes dispositions initialement protectrices du droit des personnes.

Ainsi, le projet s'attaque-t-il à la rétention en zone d'attente : il assouplit la notification des droits aux migrants interpelés, sans contrainte si ce n'est le besoin de « maintien simultané en zone d’attente d’un nombre important d’étrangers ». Il élargit le périmètre des zones d’attente « du ou des lieux de découverte des intéressés jusqu’au point de passage frontalier le plus proche » dès lors que ces migrants sont 10 ou plus. Les juges des libertés ne pourront plus invoquer l'absence de garanties de représentation par un avocat pour refuser de prolonger l'internement des clandestins (article 9). Autre restriction levée, une irrégularité n’entraînera plus la fin de rétention sauf si elle présente « un caractère substantiel et a eu pour effet de porter atteinte aux droits de l’étranger » (article 10).

La loi Besson facilite également les expulsions de ressortissants de l'Union européenne, en créant un abus de court séjour (article 25), doublement défini comme « le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour supérieur à trois mois ne sont pas remplies » mais aussi « le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d’assistance sociale et notamment du dispositif d’hébergement d’urgence prévu par l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles.»

Elle précise aussi que les autorités peuvent, « sur décision motivée », décider de l'expulsion immédiate d'un clandestin, même si le délai de retour est fixé à 30 jours en temps normal (article 23).

Il créé un bannissement de deux ans pour les étrangers clandestins.

Il porte à 5 jours le délai de saisine du Juge des Libertés et de la Détention, à compter de la décision d'expulsion (la procédure actuelle était inverse).

En application de la Directive « retour » adoptée en 2008 par l'Union Européenne, le texte prévoit qu'un étranger en situation irrégulière expulsé peut être interdit de séjourner sur tout le territoire européen pendant une durée maximale de cinq ans.

Un amendement au projet, déposé par l'UMP Thierry Mariani (par ailleurs rapporteur du projet de loi), ajoute qu'un étranger malade sans titre de séjour puisse être expulsé s'il existe « un traitement approprié dans le pays dont il est originaire » (article 17). Mardi, à l'Assemblée, Arnaud Robinet, le rapporteur UMP pour avis de la commission des affaires sociales estimait à plus « plus de 200 000 » le nombre de sans-papier inscrits à l’aide médicale d’État, alors que seuls 70 à 80 000 sans-papiers sont interpellés chaque année. Le rapprochement est simple : il faudrait expulser plus facilement les malades.

Le texte initial protégeait davantage des clandestins malades. Il prévoyait que ces derniers devaient effectivement pouvoir bénéficier d'un tel traitement. L'amendement renvoie simplement à l'existence d'un traitement, que le clandestin y est potentiellement accès ou pas. L'exposé des motifs de cet amendement en dit long sur les intentions : M. Mariani y critique « l'interprétation très généreuse » de la loi antérieure.


Au final, Eric Besson et son rapporteur Thierry Mariani joueront une partition complémentaire : au premier le discours provoquant (les « bons Français ») mais humaniste (la France n'est-elle pas un pays d'accueil ?) ; au second, le discours ferme et incendiaire (« être Français, ça se mérite »).

Dès mercredi, Eric Besson devait faire face aux excès prévisibles des extrémistes de son camp. Christian Vanneste et Lionel Luca défendirent ainsi, deux heures durant, un amendement pour abroger le droit du sol. Rien que ça. Les débats ne font que commencer.

Malgré son attitude faussement calme, Eric Besson est en fait sous pression. Le récit de son entrevue avec Nicolas Beau, le directeur de la publication de Bakchich, en début de semaine, en est une triste illustration : Eric Besson a manqué de peu, retenu par deux collaborateurs, d'en venir aux mains ...
 
" DSK : un impératif moral à revenir... "




Comment Nicolas Sarkozy pourrait renoncer au bouclier fiscal

Vendredi soir, Nicolas Sarkozy aurait arbitré. Les économies attendues sur les fameuses niches fiscales et sociales ont été décidées. Le Parlement doit s'y pencher cette semaine. Et « tous les ménages, y compris les plus favorisés » seraient mis à contribution, dixit Christine Lagarde. On n'en doute pas. Le gouvernement le répète depuis trois mois. La vraie question est de savoir si l'effort est équitablement réparti. Mais dimanche, Christine Lagarde a lâché une révélation de taille : Sarkozy s'apprêterait à renoncer au bouclier fiscal, ... tout en supprimant l'ISF.

Le modèle allemand...
C'était il y a à peine deux mois, quelques jours avant de lancer sa diversion sécuritaire. Le 21 juillet dernier, Nicolas Sarkozy se fendait d'un courrier exhortant la France et l'Allemagne à travailler à leur convergence fiscale. Le ministre allemand des Finances assistait le jour même à un des conseils des ministres. Fin août, son ministre du budget se rendait à berlin pour étudier le fameux modèle allemand.

A l'époque, on se demandait pourquoi donc lancer cet appel, au beau milieu de l'été, si ce n'est pour donner quelques gages sémantiques aux marchés financiers : se rapprocher du « premier de la classe » européenne, quand on est l'un des cancres, est une tactique comme une autre. Effectivement, l'Allemagne faisait « envie », même si personne en Sarkofrance n'osait l'avouer : une croissance record au premier trimestre (+2,2% à comparer au petit 0,6% de la France), un plan de rigueur plus important qu'en France salué par les agences de notation et les marchés financiers, une baisse substantielle du chômage. Même sur la régulation bancaire, promise de part et d'autre du Rhin après le krach spéculatif de septembre 2008, la comparaison franco-allemande n'est pas flatteuse pour le locataire de l'Elysée. L'Allemagne travaille depuis mars dernier  sur l'instauration de nouveaux prélèvements bancaires. Le projet a été annoncé en août, et le gouvernement allemand espère récupérer 1,2 milliards d'euros l'an prochain, intégralement conservés pour gérer le risque prudentiel des établissements de crédits. En France, l'attentisme est de rigueur. Sarkozy a beau jouer les « gauchistes révolutionnaires » lors des G20 depuis deux ans, Christine Lagarde a simplement promis pour l'automne une taxe par ailleurs moins ambitieuse - quelques centaines de millions d'euros. Pourquoi donc invoquer l'Allemagne ?

En fait, cet appel à la convergence avait un autre objectif qui se confirme aujourd'hui : débarrasser le futur candidat Sarkozy de 2012 du bouclier fiscal ... et de l'ISF. Une double arnaque, maquillée par une pirouette politique dont Nicolas Sarkozy a le secret. Des mois durant, il aima répéter le même exemple, fût-il faux et démenti, sur le prétendu bouclier fiscal allemand mis en oeuvre par les sociaux-démocrates il y a 15 ans. Le 5 mai 2009, on pouvait ainsi l'entendre expliquer qu'« on ne peut pas vouloir faire l' Europe et refuser le bouclier fiscal que l' Allemagne a inscrit dans sa constitution.» Le 12 juillet dernier, il répétait :  «En 1997, les socialistes allemands ont supprimé l'impôt sur la fortune en Allemagne» . Une anecdote fausse et archi-fausse, démentie et archi-démentie. Hier, l'Allemagne était appelée en renfort pour justifier le bouclier fiscal franco-français. Aujourd'hui, notre voisin sert d'exemple pour une nouvelle manipulation.

... pour supprimer l'ISF
Dimanche 26 septembre, Christine Lagarde a ainsi expliqué que le bouclier fiscal, « un bon principe », allait tout de même subir quelques aménagements: « Il ne protègera pas pour les hauts revenus et les revenus du capital ». Ensuite, elle a lâché, du bout des lèvres, une révélation de premier plan : Nicolas Sarkozy et ses proches réfléchissent à comment enterrer le bouclier fiscal, une mesure inique et impopulaire. Pour  justifier cette révolution copernicienne au plus haut sommet de l'Etat, l'Elysée pense avoir trouver la parade : supprimer l'impôt de Solidarité sur la Fortune, en même temps que le bouclier fiscal, le tout sous couvert de la fameuse convergence fiscale franco-allemande que Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux en juillet dernier.

Dimanche, Christine Lagarde a ainsi dévoilé (involontairement ?) la manoeuvre  :  « Le président de la République nous a demandé de travailler sur un projet. (...) Le principe c'est la convergence fiscale avec les Allemands.» Mais, prévient-elle, «  l'étude n'est pas conclue ». Elle avoue aussi, à demi-mots, que le bouclier fiscal n'existe pas en Allemagne (notez l'utilisation de l'imparfait dans sa formulation): « Nous disposons du bouclier fiscal, comme en disposaient les Allemands. » Et elle précise aussitôt : « mais il n'y a pas d'ISF en Allemagne

Quel argument incroyable ! Quel retournement ! La création (par Dominique de Villepin), puis le renforcement (par Nicolas Sarkozy) du bouclier fiscal avaient été présentés comme une protection contre une trop forte imposition des revenus du travail: «Le bouclier fiscal évite de verser plus de 50 % de ce que l'on gagne à l'Etat » répétait encore Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée le 12 juillet dernier.

Or voici donc le gouvernement qui s'apprête à suivre la recommandation de certains parlementaires UMP - supprimer le dit bouclier (600 millions d'euros de recettes) et, par la même occasion, l'impôt de solidarité sur la Fortune (3 milliards de recettes), au profit ... d'une augmentation de la taxation des revenus du travail ! Bref, au détour d'une rentrée sociale plutôt active, à la veille d'un débat fiscal houleux, le gouvernement brandit l'absence de bouclier fiscal et d'impôt sur la fortune en Allemagne pour masquer son recul idéologique majeur, tout en préservant la fiscalité des plus riches.

Sur BFM TV, le ministre du budget François Baroin a défendu la stabilité : pas question de toucher au bouclier fiscal : « Nous prônons la stabilité fiscale, c'est donc le maintien du bouclier.» Le ministre du budget n'a pas envie de voir partir 3 milliards d'euros de recettes ISF disparaître d'un coup d'amendement, même si les recettes de cet impôt ont fortement diminué en trois exercices (plus de 4 milliards d'euros en 2007), à force d'exonérations fiscales et de dévalorisations d'actifs pendant la crise.

Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, a confirmé de son côté qu'il était sur la même longueur d'onde que la ministre Lagarde. Lui aussi envisage la suppression du bouclier fiscal et de l'ISF, en échange d'une tranche supplémentaire d'impôts pour les hauts revenus : « Je préconise inlassablement un alignement (...) de la politique économique française sur le politique économique allemande ». Le même Copé, en avril dernier, il y a donc une éternité, plaidait l'inverse, c'est-à-dire la cause du bouclier fiscal sous prétexte de l'exemple allemand: « en Allemagne,  il y a une forme de bouclier qui existe, puisque c'est aussi 50% . La formule est un peu différente, mais c'est le même état d' esprit. »

... et se taire sur le reste
Par ailleurs, la ministre Lagarde s'est livrée à un bel exercice de négation de la réalité : « la France sort de la crise, les chiffres sont là pour le dire ». Elle a promis 2% de croissance pour 2011. Elle est bien seule à croire à ses propres prévisions. Lundi matin, toujours sur Europe 1, le président (socialiste) de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac, lui a sèchement répondu ; il dénonça la vacuité des prévisions de croissance de Mme Lagarde : elle «  s'est constamment trompée. » Il s'est également interrogé sur l'affaire Tapie. Christine Lagarde a refusé de venir à la commission des Finances s'expliquer sur l'enrichissement personnel de Bernard Tapie après la décision arbitrale relative à son litige avec le Crédit Lyonnais. En 2008, la ministre évaluait à 30 ou 40 millions d'euros la somme nette qui devait revenir à l'ancien homme d'affaires. Il y a 15 jours, on apprenait que ce montant serait plus proche de 210 à 220 millions d'euros, un chiffre confirmé par Jérôme Cahuzac lundi matin.  « Elle doit être un peu gênée (...) elle a du mal à assumer politiquement les conséquences d’une décision qu’elle a prise seule», a-t-il expliqué. Et il ajoute : « Les liquidateurs du groupe Bernard Tapie ont reçu un chèque de 400 millions d’euros et nous évaluons, à la commission des finances, l’enrichissement de Bernard Tapie de l’ordre de 210 à 220 millions d’euros. Bernard Tapie m’a écrit pour me dire que ce n’était pas le cas. Une lettre dans laquelle il répond à des questions que je ne lui posais pas et répond imparfaitement à des questions que je lui pose. »

Au final, le débat fiscal qui démarre au parlement s'annonce risqué : Sarkozy, plus que jamais, tente de gommer son image de « Président des Riches.» Pas sûr que la manoeuvre inventée par certains de ses proches - supprimer le bouclier et l'ISF - soit la meilleure des solutions.

Woerthgate : un procureur défie Philippe Courroye

Sarkozy craint pour sa tête. Les affaires sont des armes de destruction massive pour les hommes politiques, et surtout le premier d'entre eux. La recommandation, lundi 28 septembre, du procureur Jean-Louis Nadal de lancer une instruction indépendante a relancé une affaire qui empoisonne l'Elysée depuis juin dernier. Comment enterrer l'affaire Woerth/Sarkozy ?  Sans surprise, on apprenait le même jour, 10 semaines après le déclenchement de l'affaire, que le procureur de Nanterre Philippe Courroye n'envisageait pas de suivre les recommandations de son collègue. L'affaire Woerth/Bettencourt/Sarkozy doit rester entre ses mains. Au nom de l'intérêt de l'Etat... sarkozyen.

1. Philippe Courroye saucissonne
Le procureur de Nanterre, par ailleurs proche de Nicolas Sarkozy, a soigneusement découpé, depuis juin, les différents pans de cette affaire en autant d'enquêtes préliminaires : « atteinte à la vie privée », « trafic d'influence », « blanchiment de fraude fiscale », « financement illégal d'activités politiques »

Le Woerthgate n'a pas livré tous ses secrets : des interventions dans la succession du sculpteur Cesar ou dans l'installation d'un casino à la vente d'un hippodrome près de Chantilly, des intrigues d'Eric de Sérigny, un proche de Nicolas sarkozy placé près du ministre du budget dès 2007 au financement de l'UMP, le périmètre d'Eric Woerth est finalement très vaste. Et dans l'affaire Bettencourt, la présence de Sébastien Proto, jeune directeur de cabinet d'Eric Woerth, dans la résidence d'été d'Antoine Arnault, beau-fils de Patrice de Maistre, en août 2009 et août 2010, n'a pas été commenté ni investiguée par le procureur.

2. Nicolas Sarkozy a peur.
Au début de l'affaire, Sarkozy affiche son soutien à son ministre accusé. Puis, l'emballement médiatique provoque stupeurs et tremblements dans les couloirs de l'Elysée. En juillet dernier, la DCRI a enquêté sur une fuite à la presse d'un procès-verbal d'audition de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Evidemment, Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale, a ensuite expliqué qu'il s'était auto-saisi du sujet, sans aucune instruction particulière de la Présidence de la République. On a peine à le croire. L'homme est un ami d'enfance de Nicolas Sarkozy. Même si l'on admet qu'il a agi seul, cette surveillance inopinée, en dehors de toute règle, et contre laquelle le quotidien Le Monde a porté plainte, prouve l'inquiétude sarkozyenne au sujet de l'affaire Woerth.
Cet été, nouveau coup de tonnerre : la demande de légion d'honneur de Patrice de Maistre a été instruite... par le cabinet de Nicolas Sarkozy lui-même, en l'occurrence Laurent Solly, interrogé par la police début septembre.

3. Jean-Louis Nadal presse
Lundi, en début de journée, Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, explique publiquement qu'il décidé de ne pas saisir pour l'instant la Cour de Justice de la République concernant le ministre du Travail Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt. Il manque des informations à l'enquête du procureur Courroye dont il a pu se procurer les dossiers. L'eurodéputée Corine Lepage avait jeté un pavé dans la marre, le 13 août, en lui faisant cette demande de saisie de la Cour de Justice, au sujet du traitement fiscal de Liliane Bettencourt par Eric Woerth. Mais, après avoir eu accès aux différents éléments d'enquêtes de Philippe Courroye, Jean-Louis Nadal recommande, en préalable, la saisine d'un juge d'instruction. Il réclame  «Il a recommandé au procureur général de Versailles que les investigations se poursuivent dans le cadre de l'information judiciaire, seul cadre procédural de droit commun existant, qui permette le strict respect des droits de la défense, par l'accès à la procédure et l'assistance d'un avocat».Voici donc un magistrat de premier plan qui réclame explicitement une enquête indépendante. A l'Elysée, on tremble !

4. Courroye enterre
Evidemment Philippe Courroye n'a pas envie de se laisser dicter la conduite à suivre.  «Je ne suis pas homme à céder aux pressions» expliquait-il au Figaro le 22 juillet dernier, tout en disqualifiant les accusations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt de financement politique illégal en faveur de Nicolas Sarkozy.

Il aurait pu répondre qu'il n'avait pas terminé ses enquêtes. Il a préféré laisser entendre qu'il écartait toute enquête. Selon une source anonyme citée lundi par l'AFP, il a en effet d'ores et déjà enterré le principe même d'une instruction indépendante :
« le parquet de Nanterre continue ses investigations notamment sur le volet de trafic d'influence, entamées début juillet, qui ne se sont depuis jamais arrêtées. Il a déjà procédé à des investigations approfondies. (...) Si à un moment donné, il s'avérait que des éléments donnent matière à une poursuite judiciaire alors, le procureur Courroye déciderait d'une citation directe des personnes mises en cause »
Les multiples révélations de ces derniers mois n'auraient-elles servi à rien ? Pas vraiment.

La bataille médiatique est déjà perdue.  Si la justice est saisie des travers judiciaires et moraux de ce scandale protéiforme, Nicolas Sarkozy risque gros. S'il n'est pas saisie, il perd la face.

Remaniement : ces ministres qui ne seront plus rien si...

Eric Besson, le ministre de l'Identité Nationale, a répété pour la nième fois qu'il a « envie de rester au gouvernement.» Il a raison. Certains au gouvernement ont intérêt à survivre au remaniement de novembre. Faute de quoi, ils risquent de retomber dans l'oubli.

Certains ministres de « l'ouverture » sont devenues des créatures de Nicolas Sarkozy, des marionnettes du Monarque qui, une fois les fils coupés, se coucheront au sol politiquement inanimées.

Eric Besson, socialiste jusqu'au 6 mai 2007, secrétaire adjoint de l'UMP depuis janvier 2009, est l'exemple de ces reconversions réussies, totales mais fragiles. Si Besson est viré du gouvernement après le remaniement, il ne sera plus grand chose. Un collaborateur - pesons nos mots - débarqué trop tôt, avant le combat final. Samedi, Eric Besson a confirmé qu'il ne retournerait jamais au Parti Socialiste. Sans blague !? On était inquiet. On avait supprimé sa place de parking à Solférino et récupéré son bureau depuis belle lurette...

Le 17 septembre dernier, le ministre s'était envolé pour Capri avec sa nouvelle épouse. Le site Bakchich.info a révélé qu'il aurait fait payer son déplacement par son ministère. Eric Besson a démenti. Il a bien fait commander ses billets via le ministère, est quand même parti avec deux gardes du corps aux frais de la République, mais aurait réglé lui-même ses billets d'avion (3000 euros). Le patron de Balchich a annoncé qu'il publierait de nouvelles preuves. Besson a porté plainte.




Eric Besson s'envoie en l'air gratis (Bakchich Hebdo n°39)
envoyé par bakchichinfo. - L'info video en direct.


Jean-Marie Bockel, le président de la Gauche Moderne, un groupuscule de quelques intellos sans intellect, est la version soft des bessoneries sarkoyennes. Il n'a pas franchi le pas de prendre sa carte à l'UMP. Mais il faut l'entendre, depuis juillet, déclamer dès qu'il en a l'occasion, qu'il veut rester au gouvernement. Il faut le voir tenter de se placer sur la photo, comme auprès de Borloo il y a 15 jours, pour montrer coûte que coûte « qu'il en est.» Quand Bockel quittera le gouvernement UMP - car il le quittera bien évidemment un jour - il ne sera plus rien. Aux oubliettes, comme un Jean-Pierre Soisson débauché par François Mitterrand en 1988.

Jusque-là, le secrétaire d'Etat à la Justice tente de faire entendre sa petite voix sur la prévention de la délinquance. En plein dérapage sécuritaire depuis juillet, cette démarche ressemble davantage à un alibi personnel avancé pour justifier sa présence aux côtés du plus régressif gouvernement de la Vème République qu'autre chose. Mercredi dernier, il était ainsi dans la banlieue lyonnaise pour visiter, pendant deux petites heures à peine, la commune de Meysieu, son « Point Accueil Ecoute Jeunes » (15 minutes), et sa mairie (une grosse heure) où une table ronde avait été organisée dans l'urgence la veille au soir. Grande annonce, le sous-ministre a promis de « soumettre la piste de la professionnalisation des nouveaux métiers de la prévention.»  Et dire qu'il est en charge du dossier !

Fadela Amara peut croire qu'elle retrouvera un place dans la « société civile.» On a quand même quelque difficulté à la suivre, elle qui a cumulé l'inefficacité et l'acceptation des pires hontes du gouvernement Fillon/Sarkozy. Rappelez-vous ce jeune clandestin russe qui se défenestra en août 2007, pour échapper à la police de Brice Hortefeux qui venait le chercher pour l'expulser. Fadela Amara était trop occupée par son « Plan anti-glandouille dans les banlieues ». Rappelez vous les tests ADN de l'automne 2007. Fadela Amara était trop choquée ... pour démissionner. Rappelez-vous la chasse aux Roms. Fadela Amara désapprouvait tellement ... qu'elle resta.

Jeudi dernier, la secrétaire d'Etat à la Ville était au Palmer, un quartier populaire dans la banlieue de Bordeaux, pour inaugurer le Rocher du Palmer, un complexe culturel de 6000 mètres carrés. « Le Rocher ? C'est de la bombe ! » s'est-elle exclamée. Elle est comme ça Fadela, elle sillonne la France pour s'afficher sans agir. Sur place, elle fut interpelée par le président (socialiste) de la Région sur le désengagement de l'État. Le spectacle qui suivit l'inauguration n'accueillait aucune troupe rom. Faut pas pousser... 

Ces trois ministres ne seront plus rien quand ils quitteront le gouvernement Sarkozy.

Pour un autre, le premier de ce gouvernement, l'histoire pourrait bien commencer. François Fillon a su préserver sa cote de popularité, abrité qu'il était par l'omniprésence de Nicolas Sarkozy. Ce dimanche, il a encore pris ses distances avec son patron. Ses jours à Matignon sont comptés. Aussi peut-il se lâcher. Interrogé par France 2, il recadre Nicolas Sarkozy qui, voici 3 ans, le traitait de « collaborateur » : « Nicolas Sarkozy n'a jamais été mon mentor. J'ai fait alliance avec lui, j'ai choisi de l'aider à être président de la République et je m'en félicite tous les jours. » Et il ajouta : « Après avoir été pendant longtemps... comment dirais-je... pas un opposant à  Nicolas Sarkozy, mais enfin... dans une partie de la famille gaulliste qui était assez opposée au mode de fonctionnement et au style du président de la  République, j'ai décidé, j'ai accepté, j'ai choisi de le soutenir et de faire alliance avec lui parce qu'il m'a semblé qu'il était le meilleur candidat pour gagner l'élection présidentielle.»


Rachida Dati a toujours eu quelques difficultés avec les déclarations publiques. sa parole trébuche souvent, ses arguments sont approximatifs. Parfois, le lapsus survient, comme ce dimanche, 26 septembre, sur Canal+. L'ancienne garde des sceaux était l'invitée d'Anne-Sophie Lapix, sur Dimanche+. Et sa langue dérapa, sans conteste. Rien de grave, cela arrive à tout le monde. Mais cela permet de sourire quelques instants sur un propos par ailleurs très convenu, d'une ancienne ministre qui tente coûte que coûte de faire parler d'elle.

«Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle.»


Lapsus: Dati confond "inflation" et... "fellation"
envoyé par LePostfr. - L'actualité du moment en vidéo.




" Faire surgir les idées ! " 

Avec près de 25000 personnes, avec un public jeune et motivé, le Forum de Lyon Libération s’impose comme un grand événement populaire. La vocation de ces rencontres où l’on débat sur le fond des sujets est de faire surgir les idées nouvelles. C’est la vocation profonde de Lyon que d’être cette ville de dialogue où s’invente l’avenir ! Merci à tous les participants ainsi qu’aux 30000 internautes qui ont suivi les débats en ligne. 



Les journées parlementaires de l'UMP la semaine dernière ont été l'occasion de nouvelles passes d'armes au sein du camp présidentiel. Jour après jour, l'UMP ressemble au Parti Socialiste du Congrès de Rennes en 1990 : un camp dévasté par les rivalités personnelles, miné par les doutes et les inquiétudes. En 1990, François Mitterrand avait laissé ses anciens lieutenants se déchirer. En 2010, Sarkozy tente toujours d'entretenir un culte du chef qui frise le ridicule mais ne résout pas grand chose.

Xavier contre Jean-François
Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale a décidé de prendre la direction de l'UMP. Cela fait des semaines qu'on en parle. Une précédente édition du Figaro Magazine avait relaté sur quelques pages les efforts du député-avocat pour virer Xavier Bertrand de son poste dans quelques semaines. Copé est même allé demander l'autorisation à Nicolas Sarkozy. A Biarritz, Copé a ouvertement posé sa candidature. Mercredi soir, il s'est confié, en « off », auprès de quelques journalistes : « Que nos relations avec Xavier Bertrand soient mauvaises, c'est connu de tout le monde. Il est tellement à l'opposé de moi. Pour comprendre, relisez les Deux infinis de Pascal… » Un autre député, proche de Copé, a ajouté : « L'UMP n'émet aucun son. Elle est inaudible à force de suivre le gouvernement. » Habituellement discret, Patrick Devedjian a également taclé, début septembre, le secrétaire national de l'UMP: « on n'a pas besoin de gentils organisateurs

Pourtant, Xavier Bertrand ne ménage pas ses efforts pour exister. Mais coincé entre l'omni-président de Sarkofrance et le président du groupe UMP à l'Assemblée, il n'a aucun espace. Personne ne l'écoute. Bertrand en est réduit à répéter les « éléments de langage » concotés à l'Elysée. Son porte-parole Dominique Paillé confiait d'ailleurs que « tout se décide à l'Elysée.»

Jeunes Pop, jeunes vieux.
La relève chez les jeunes est loin d'être acquise. La réélection nord-coréenne de Benjamin Lancar à la tête des Jeunesses sarkozyennes l'été dernier a été l'occasion de beaux déchirements : accusations de triche dans les votes, nombre d'adhérents tenu secret (10 000 ?), critique des outrances droitière du président sortant, etc. Le « sage » Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, a été envoyé calmer les jeunes.

Réélu sans surprise, Benjamin Lancar s'agite pour exister. Sur le web, il dénonce la « gauchosphère »,  se lamente de l'absence d'activisme UMPiste sur la Toile et prévient qu'il va « taper » sur la gauche. A propos des retraites, il écrit sur Twitter : « Je confirme que j'aimerais travailler jusqu'à la mort car cela voudra dire que j'aurai vécu une vie de passion ! » A quand sa présence dans Secret Story ?

La bataille du remaniement
En promettant quatre mois à l'avance un remaniement gouvernemental, Nicolas Sarkozy a commis une belle bourde : il a déstabilisé nombre de ministres, encouragé les surenchères, avivé les rivalités. Un récent exemple ? Eric Besson ne prenait plus Hortefeux au téléphone, énervé que ce dernier ait fuité à la presse la présence de son chef de cabinet adjoint à la fameuse réunion du 4 août où se rédigea la circulaire anti-rom du 5 août. Eric Besson avait nié être au courant de l'existence de ladite circulaire. Quand le ministre de l'immigration se pointa à Europe 1 en début de semaine, Brice Hortefeux appela Jean-Pierre Elkabach sur son portable pour qu'il lui passe son collègue ministre. L'échange, à en croire le Point qui rapporte l'anecdote dans son édition papier du 22 septembre, fut musclé.

Plus l'échéance du remaniement - qui a été reculée à novembre - approche, plus les spéculations - sans intérêt pour le commun des Français - se multiplient. On tourne toujours autour des mêmes noms : MAM, Borloo, Baroin, Le Maire... ou Fillon. A dire vrai, tout le monde s'en fiche un peu... à part dans les rangs stressés des militants UMP. Le plus drôle de cette affaire est qu'elle a permis de disqualifier quasiment tous les prétendants : Michèle Alliot-Marie s'est faite planter par le licenciement de l'un de ses plus proches conseillers à cause de fuites dans l'affaire Woerth. On critique le bling bling de François Baroin, ministre du Budget dont la compagne vivait fiscalement à Las Vegas. On rappelle combien Jean-Louis Borloo sait être dilettante et peu concentré, voire franchement flemmard. Bruno Le Maire (Agriculture) est jugé trop jeune. Christine Lagarde s'est découragée.

Plus le suspense dure, plus les candidats disparaissent !

Fronde parlementaire... à l'UMP
Sur le sujet peu social des expulsions de Roms, la surenchère de l'été a fait quelques dégâts. Arlette Grosskost, députée UMP du Haut-Rhin, s'est lâchée lundi dernier : « Sur le fond, n'importe quel délinquant doit être poursuivi comme délinquant. Mais sur la forme c'est catastrophique. On exacerbe un populisme primaire qui n'attend que ça. Nous sommes dans un esprit de cour où les courtisans surenchérissent pour plaire au roi en faisant abstraction des réalités. On crée des divisions dans le peuple en oubliant la cohésion sociale et le bien commun

Sur les retraites, les désaccords s'affichent aussi. La semaine dernière, une voix s'était encore faite entendre pour dénoncer les pratiques gouvernementales. Chantal Brunnel, députée de Seine-et-Marne, a questionné Eric Woerth jeudi soir sur le sort fait aux femmes dans la réforme des retraites. Le ministre a botté en touche. Il est particulièrement désagréable de se faire tacler « en interne.» Certains députés UMP en ont assez d'être considérés comme de simples godillots. L'ampleur de la grogne, ininterrompue depuis deux ans déjà, est surprenante tant la majorité UMP est majoritaire au Parlement. En mars dernier, la débâcle des élections régionales avait secoué le Palais de l'Elysée. Le déni de réalité, à l'époque, en avait énervé plus d'un.

Ces militants qui disparaissent
Mais où sont passés les 370 000 adhérents de 2007 ? En janvier dernier, Xavier Bertrand, promettait la transparence en dévoilant ces chiffres : 253 645 adhérents au 31 décembre 2009; 277 171 un an auparavant. L'UMP n'affichait ainsi que 24 000 pertes d'adhésions en 2009. En fait, quelque 63 000 militants n'avaient pas renouvelé leur adhésion.

Les récents sondages sur les effets du basculement à droite de l'UMP peuvent également inquiéter : la cote de popularité de Nicolas Sarkozy aurait bondi de 20 points cet été parmi les sympathisants du Front National. Or elle reste globalement étonnamment faible, aux alentours de 35%. Cela signifie donc que Sarkozy a perdu des soutiens du côté centriste. Le 11 septembre dernier, François Fillon avait été pris à partie par des militants musulmans de l'UMP lors d'une fête départementale de l'UMP des Bouches-du-Rhône.
 
A Biarritz, le premier ministre a enjoint les centristes de « prendre le temps de la réflexion.» L'Elysée voit d'un mauvais oeil les tentations autonomistes du Nouveau Centre d'Hervé Morin ou de l'Alliance centriste du sénateur Jean Arthuis. Ce dernier défend depuis des semaines l'idée de primaires au Centre pour désigner un candidat commun à l'élection présidentielle.

Un parti divisé, des parlementaires boudeurs, des ministres désorientés, les comptes n'ont pas fini de se régler au coeur de la Sarkofrance.


177ème semaine de Sarkofrance : le Président des Riches contre la rue.

L'Elysée a tout donné cette semaine, pour sortir des polémiques passées : opération « glamour et générosité » à l'ONU, appel à la vigilance contre les menaces terroristes, journée Alzheimer, il fallait qu'on parle d'autre chose que de l'affaire Woerth ou de la réforme des retraites. C'est raté. On n'a pensé qu'à cela, et l'UMP s'est déchirée. On a même retrouvé la trace d'une légion d'honneur remise par Nicolas Sarkozy lui-même à un prestigieux donateur et membre de l'UMP, éleveur de chevaux à Chantilly, et accusé d'évasion fiscale.

Nicolas et Carla font du shopping à New-York
Lundi, Nicolas et Carla Sarkozy s'affichaient à New-York. Ils étaient arrivés dès samedi pour un weekend privé. Au menu, du shopping et un brunch avec Richard et Cécilia Attias. Lundi à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a livré un discours express de 7 minutes à l'occasion du Sommet sur les objectifs du Millénaire, une épreuve de communication présentée en France comme un évènement. En réalité, l'allocution sarkozyenne était noyée dans une succession de déclarations similaires deux jours durant. Faussement généreux, il a promis d'augmenter de 20% l'aide française à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, soit 60 petits millions d'euros supplémentaire pour cette grande cause mondiale dont, comme par hasard, Carla Sarkozy est également ambassadrice à l'ONU. Pourquoi avoir choisi cette cause parmi d'autres ? Plus grave, Sarkozy a prévenu les pays pauvres qu'il ne fallait pas compter sur les pays riches, englués dans la crise : il préfère que le monde se dote de « financements innovants », comme une taxe sur les transactions financières internationales. Un peu plus tard, son épouse Carla se montrait sur CNN pour fustiger les deux biographies qui lui sont consacrées et qui sont sorties en librairie la semaine précédente.

Il paraît que ces deux ouvrages ont particulièrement agacé Nicolas Sarkozy. Avec la plainte du Monde, contre X, pour violation du secret des sources dans l'affaire Woerth/Bettencourt, les relations du pouvoir avec certains journalistes seraient exécrables. En fait, il n'en est rien. Chez Sarkoland, on aime faire croire que le président est harcelé, malmené, honni par l'establishment médiatique. Cela offre, à peu de frais, une image « populo » au Président des Riches.

Alzheimer et légions d'honneur
Mardi, la Journée mondiale dédiée à la maladie d'Alzheimer était l'occasion de se rappeler que le sujet est quasiment une affaire de famille chez les Sarkozy. Nicolas a annoncé son grand plan dès février 2008, son frère Guillaume, ex-vice-président du Medef, s'est reconverti chez Malakoff Médéric qui gère une fondation Alzheimer. Et son autre frère, François, est associé dans AEC Partners, une société de conseil en placements financiers, restructuration d'actionnariat et négociation d'accords de licences dans le domaine pharmaceutique. Nombre de clients prestigieux d'AEC Partners sont également associés à la fondation Alzheimer, dotée de 200 millions d'euros par Nicolas Sarkozy.
Cette privatisation d'une cause publique est l'un des symptômes effrayants de Sarkofrance : Nicolas le Président se serait-il autant investi si deux de ces frères n'y travaillaient pas directement ?

Nicolas Sarkozy a décoré en personne Guy Wildenstein de la Légion d'honneur, le 5 mars 2009. Cette révélation du Canard Enchaîné, mercredi 22 septembre, relance l'affaire Wildenstein. Guy, de son prénom, est accusé par sa belle-mère Sylvia d'avoir détourné dans des paradis fiscaux l'essentiel des 4 milliards d'euros de son mari décédé en 2001. Malgré des relances écrites, ni Eric Woerth ni François Baroin n'ont daigné engager des poursuites pour fraudes fiscales à l'encontre de ce proche de Nicolas Sarkozy, représentant de l'UMP pour la Côte Est des Etats-Unis, et organisateur du Premier Cercle pour la campagne de 2007.

Hortefeux, la communication terrorisante
Il nous aura tout fait. La chasse aux Roms, puis aux Roumains (pas plus délinquants que d'autres étrangers dixit le ministre), puis la suggestion d'introduire des jurés dans les tribunaux correctionnels. Cette semaine, l'heure était au terrorisme. Cinq nouveaux otages au Niger, dont une succursale locale d'Al Qaida revendiqua l'enlèvement, et voici que la menace terroriste devient imminente. On s'interroge sur ce sens de l'opportunité médiatique. Mais même la presse doute des intentions du ministre. Hortefeux envoie Squarcini, son patron de la DCRI habituellement occupé à traquer les rumeurs d'adultères et les fuites vers la presse concernant l'affaire Woerth, puis Péchenard, son directeur de la police, expliquer aux médias que les menaces sont sérieuses. Et que souhaitent-ils que l'on fasse ? Peut -être que l'on évite de manifester, jeudi, contre la réforme des retraites. Mercredi matin, Sarkozy explique en conseil des ministres qu'on « ne fait pas de la politique sur ce genre de sujet.» Non bien sûr.

Michèle Alliot-Marie, elle, a juste envie de réduire le nombre de gardes à vue. Depuis que l'on a découvert, au printemps dernier, que le nombre de gardes à vue avait plus que doublé en 10 ans, pour atteindre 800 000 actuellement, chacun y va de sa proposition. Loin de renoncer à faire interroger des suspects sans la présence d'avocats - une situation quasiment unique en Europe -, la Garde des Sceaux réfléchit à créer une audition libre, une sorte de « garde à vue » volontaire de 4 heures maximum, toujours sans la présence d'un avocat. En juillet dernier, le Conseil Constitutionnel avait retoqué son projet initial et réclamé l'assistance d'un conseil. La nouvelle proposition de la ministre, présentée en conseil des ministres le 7 septembre dernier, ne satisfait personne : les syndicats de policiers protestent contre les futurs obstacles imposés à leurs interrogatoires; les avocats s'insurgent contre ces auditions libres qui restent et demeurent ... des interrogatoires de police.

L'UMP se déchire à Biarritz
Mercredi et jeudi, l'UMP organisait ses journées parlementaires. Les vrais signes de pourrissement sont sans doute là-bas. Le parti présidentiel ressemble chaque jour davantage au Parti Socialiste pré-Congrès de Rennes en 1990 : un mouvement miné par les incertitudes et les rivalités de personnes. Quand Eric Woerth explique que la contestation sociale contre la réforme des retraites « décélère », Jean-François Copé répond au contraire que la mobilisation a été réelle et qu'il ne faut pas chipoter sur les chiffres. Le conflit avec Xavier Bertrand, le secrétaire national, a pris une nouvelle ampleur. Copé a confié à quelques journalistes, mercredi soir :  « Que nos relations avec Xavier Bertrand soient mauvaises, c'est connu de tout le monde. » Il a envie de prendre la présidence de l'UMP. Il l'a dit ouvertement mercredi à Biarritz. En coulisses toujours, un autre député constate que « L'UMP n'émet aucun son. Elle est inaudible. » L'ambiance à l'UMP est délétère.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée est également très agacé qu'on s'interroge sur son activité, chèrement rémunérée (20 000 euros pour 3 demi-journées par mois), au sein du cabinet d'avocat d'affaire Gide Lorette. C'est Martin Hirsch, ex-ministre de Sarkozy reconverti, qui a balancé l'information dans son dernier livre. Au passage, il accuse Gérard Longuet, président du groupe UMp au Sénat, d'avoir revendu les collections de timbres spéciaux que la Poste lui a offert pour se faire un petit pécule personnel. On croit rêver...

Même à l'UMP, nombre de députés et sénateurs se sont également exprimés pour des aménagements sérieux de la réforme, vers les chômeurs seniors et les femmes, pénalisées par une durée de cotisation allongée. Certains sarkozystes fidèles répètent la bonne parole. Le carré se resserre : on compte Estrosi, Morano, Besson, Hortefeux, Lellouche, Chatel, Kosciusko-Morizet et Bockel. Ce quarteron de « grognards » de Sarkofrance ne cesse de multiplier les allégeances publiques : Nicolas est la lumière, Nicolas ne se trompe jamais, Nicolas est notre guide. Christian Estrosi, le ministre-maire de Nice a eu cette formule malheureuse, si emblématique d'un clan sarkozyste hors sol et jusque-boutiste : « Sarkozy ne s'est jamais trompé.» Le ridicule ne tue plus depuis longtemps.

Retraite, la réforme perdue de Sarkozy
Jeudi, près de 3 millions de personnes ont manifesté contre la réforme sarkozyenne des retraites. C'était l'évènement de la semaine. La police, sans surprise, a bloqué judicieusement son comptage à ... 997 000 manifestants. Avant même le démarrage des cortèges, les préfectures de Brice Hortefeux publiaient des chiffres de mobilisation ridicules. La désinformation bat son plein. Il fallait, le soir même, faire croire que les Français sont résignés, à défaut d'être favorables à la réforme. Mais Nicolas Sarkozy a perdu un pari : il lui sera difficile de capitaliser sur cette réforme adoptée au forceps, sans concertation véritable, sur fonds de scandales affairistes, de bouclier fiscal et manipulation du calendrier. Il a cependant raison sur un point. La réforme des retraites est très certainement emblématique de son quinquennat : manipulation, désinformation et mépris du débat. On applaudit, et on s'en souviendra.

Dès vendredi, les organisations syndicales annonçaient deux nouvelles journées de protestation, les 2 et 12 octobre prochain. Du débat au Sénat, on n'attend que des modifications à la marge. Eric Woerth l'a confirmé... avant les manifestations : si la question des femmes s'est enfin imposée cette semaine, le ministre du Travail n'a pas l'intention de créer d'exception aux reculs de l'âge de départ (62 ans) et du taux plein (67 ans). Eric Woerth répète que ce n'est pas le sujet de sa réforme. C'est tout le contraire. Les disparités de retraite entre hommes et femmes, aussi bien en termes de niveau de pension que d’âge de liquidation, sont dramatiques. Et la Halde, présidée par une ancienne conseillère municipale UMP a rappelé mardi dernier, que : « S'il n'est pas du seul ressort du système des retraites de corriger toutes les inégalités, il lui revient d'une part de ne pas les aggraver et de garantir l'égalité entre les femmes et les hommes. » Et d'ajouter: « le relèvement progressif de l'âge du départ à taux plein de 65 à 67 ans, risque de pénaliser les femmes plus que les hommes. » Eric Woerth a-t-il seulement lu les recommandations de la Halde, à défaut d'écouter les protestations de toutes part ?

François Fillon, vendredi à Biarritz, voulait s'afficher calme mais obtus : « Dans ce 'non' ferme et tranquille, il n'y a aucun orgueil, parce que je refuse de considérer les manifestants comme des adversaires, il n'y a aucun mépris. Mais je le dis posément, nous conduirons cette réforme jusqu'à son terme.» Avec la même sérénité, le premier ministre justifiait que la fiscalité ne bougerait pas en France. Pas touche au bouclier fiscal - cela pourrait nuire au retour de la croissance, expliquait-il en mars ! - , ni à la taxation de l'épargne ou du capital. Guy Wildenstein est également serein. Liliane Bettencourt, elle régularise sa situation fiscale.Une dizaine de millions d'euros partis à Singapour depuis la Suisse reviendraient en France... incroyable ! Il nous manque encore les autres 70 millions d'euros « déposés » en Suisse...

Et la crise est toujours là
Les nouvelles du front économique sont finalement très mauvaises : le nombre de chômeurs a encore progressé à fin août. Ce mois-là, les « cessations d'inscription pour défaut d'actualisation » ont cru de 10% par rapport à juillet, pour atteindre 210 000. Certains analystes financiers s'attendent à une dégradation qui dure au moins jusqu'à la fin de l'année prochaine. Sarkozy peut serrer les dents. Pire, le nombre de défaillances d'entreprises progressera encore cette année. Un assureur estime l'augmentation à 2 % cette année par rapport à 2009 pour atteindre un niveau record de 65.900. Evidemment, pour Christine Lagarde, « la récession est finie.» Ces nouvelles sont pourtant d'autant plus dramatiques que la rigueur n'a pas encore produit tous ses effets, en France comme ailleurs. Mardi soir, François Baroin, le ministre du Budget, justifiait encore ses prévisions trop optimistes de croissance pour 2011.

Vendredi, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans l'Essonne, sur le plateau de Saclay, pour y annoncer la prochaine arrivée de « cinq écoles de prestige », comme l'Ecole Centrale de Paris ou l'Ecole normale supérieure de Cachan. Concentrer les grandes écoles sur un même lieu, aux détriments des autres, est l'une des grandes idées du Grand Paris. Son ancien promoteur, Christian Blanc, n'était plus là pour la photo. Il a été viré de son secrétariat d'Etat en juillet dernier, après quelques milliers d'euros de cigares de trop payés sur les comptes de son ministère. 850 millions d'euros de subventions nationales et un milliard d'euros du « Grand Emprunt » ont été prévus pour ce « grand » projet complètement jacobin.

Ami sarkozyste, où es-tu ?



Crédit illustration : Patrick Mignard

Post-Scriptum : le Monarque va bientôt recevoir son nouvel Airbus à 176 millions d'euros
Jeudi 23 septembre, environ 3 millions de personnes ont défilé en France, un mouvement de plus forte ampleur que le 7 septembre dernier. Mais Nicolas Sarkozy s'en fiche un peu. En fin de journée, il a réuni François Fillon, Eric Woerth et Georges Tron pour « faire le point.» En d'autres termes, préparer le coup d'après. Depuis 10 jours, les diversions ont été nombreuses, évidentes et soulignées. Depuis 10 jours, tout a été dit pour décourager les protestataires. Tout au long de la journée de jeudi, le gouvernement a poursuivi son travail de manipulation sémantique. Et tout, absolument tout, est concocté dans le bureau de Nicolas Sarkozy.

« oui, tout se décide à l'Elysée.» déclarait hier matin Dominique Paillé, le porte-parole de l'UMP, sur la radio publique Le Mouv. On n'en doute pas. Une fois de plus, la cohérence des éléments de langage répétés par les proches ou moins proches du Monarque ne lasse pas de surprendre. Voici une courte revue des 7 mensonges délivrés depuis l'Elysée contre la contestation sociale.

1. « Cela ne sert à rien. »
Sur tous les tons, dans toutes les gammes, les responsables de Sarkofrance ont répété que le projet de réforme des retraites n'était modifiable qu'à la marge puisque Sarkozy ne cèderait pas. Tous les journalistes font semblant de s'interroger ici ou là sur la suite à donner aux manifestations. Et même quand la proposition (implicite) d'assouplir l'âge de retraite à taux plein pour les femmes émane de Gérard Larcher, le président UMP du Sénat, le gouvernement réitère qu'il ne changera rien, qu'il ne peut pas faire de cas particulier. L'injustice faite aux femmes est pourtant flagrante: celles nées après 1951 devront travailler - pardon, cotiser plus que leurs homologues masculins. Après l'encourage nataliste des années 1970 et 1980, voici la retraite-sanction des années 2010.
Fichtre ! Si Sarkozy refuse tout amendement au président du Sénat, c'est donc qu'il n'y a rien à espérer, n'est-ce pas ? Belle erreur, joli mensonge ! Sarkozy sous-estime l'amertume populaire. Le gain politique que le Monarque bling-bling de l'Elysée espérait tirer de sa réforme sera nul.

2. « Même pas peur ! »
Minorer par avance l'ampleur des manifestations et de la grève, afficher sa sérénité et sa confiance sont une autre technique de déstabilisation somme toute classique. Ainsi Raymond Soubie, le conseiller social de Sarkozy, a décrit, à l'avance, la «journée d'action»  comme « une figure sociale classique.» L'Elysée est confiant, répète le Figaro : « les hommes du président ne veulent pas claironner, mais cachent difficilement un optimisme inattendu alors qu'ils ne sont qu'à la mi-temps de «la» bataille de Verdun du quinquennat. Car, pour le moment, le scénario des retraites est le seul qui suive le plan prévu. »

3. « Il y a des risques d'attentats. »
Lors du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a confié à ses ministres que la menace terroriste n'était pas une manipulation:  « On ne fait pas de la politique sur ce genre de sujet.» Vraiment ? Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, suggérait mardi qu'il pouvait être dangereux de manifester. Mardi 21 au soir, François Fillon annonçait qu'il prendrait contact avec les responsables de l'opposition pour partager quelques informations sur les menaces terroristes... au Niger. Sur son blog, Bruno Roger-Petit s'indigne : « C'est la treizième fois en huit ans qu'un gouvernement de droite nous fait le coup de la menace terroristeJeudi, comme par hasard, l'Elysée annonçait que Nicolas Sarkozy avait réuni un nouveau Conseil de défense et de sécurité au sujet des otages Français, la quatrième réunion depuis le 16 septembre. Quel besoin Nicolas Sarkozy a-t-il  de communiquer sur la tenue de chacune de ses réunions, sachant qu'aucune information concrète n'en filtre ensuite ?


4. « Les banques vont payer. »
Comme par hasard, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a annoncé mercredi, veille du jour de grève, que la taxe bancaire, qui ne concernera qu'une vingtaine de banques, décidée en juin dernier, et qui visera les placements à risques des établissements bancaires, rapportera 504 millions d'euros dès 2011 et peut-être 800 millions dans deux ans. « Elle frappera les banques françaises, au titre de leur activité internationale, mais aussi les banques étrangères, au titre de leur activité française » a précisé la ministre. François Baroin, pourtant ministre du Budget, s'est fait grillé la politesse par sa collègue. Il y avait urgence à communiquer sur ces futurs efforts que l'on imposera aux méchantes banques.

5. « Il n'y a pas d'alternative. »
Mercredi, le Figaro publie en une les résultats d'un sondage sur-mesure, réalisé par l'ineffable Opinion Way : « Retraite : la promesse du PS ne convainc pas les Français.» Il faut coûte que coûte prouver, répéter, démontrer qu'il n'y a pas de miracle, qu'aucun projet alternatif n'est viable face aux enjeux des déséquilibres des comptes de retraites. C'est faux, mais la Sarkofrance préfère répéter le mensonges plutôt que de confronter chacune des mesures alternatives proposées à son projet. Eric Woerth, jeudi soir, osait expliquer : « On a bien expliqué la réforme et on doit continuer, parce qu'il y a quand même des gens dans la rue, quand même des grèves. » Le ministre était pourtant bien en peine pour répondre à une députée UMP, Chantal Brunnel : « Monsieur le ministre vous avez raison de dire que c'est l'inégalité salariale qui explique la faible retraite des femmes. Pourriez-vous maintenir l'âge du taux plein à 65 ans pour ces mères de famille qui, à travers leur enfants, participent au financement de la retraite par répartition ?». Et Eric Woerth, piteux, lâcha: « Je ne peux pas répondre par oui ou non à cette question ».

6. « Les Français ne sont pas mobilisés »
Jeudi 23 septembre, l'Elysée et les syndicats se sont livrés à une bataille de chiffres plus vigoureuse que lors des précédentes manifestations sur l'ampleur de la mobilisation. Pour Sarkozy, il s'agit de démontrer que les Français acceptent cette réforme difficile mais « incontournable » Selon la police, moins d'un million de manifestants ont défilé. Ils étaient 3 millions selon les syndicats. Certains écarts en deviennent ridicules : ainsi à Marseille, la police annonce 22 000 manifestants; les syndicats 200 000. A Bordeaux, la fourchette oscille entre 37 000 et 120 000. Qui faut-il croire ? Prenons la moyenne : 2 millions, c'est quasiment le même nombre que les annonces syndicales du 7 septembre dernier. A l'Elysée comme au gouvernement, on a contesté toute la journée l'ampleur des manifestations. Dès 13h30, la préfecture de police de Paris ne compte que 40 000 manifestants aux départ des cortèges. Vers 14h, le ministère de Brice Hortefeux totalisent 400 000 personnes sur la France entière. Le soir sur France 2, Eric Woerth insiste: « Il y a une décélération incontestable de la mobilisation. »

7. « Les syndicats sont divisés »
Raymond Soubie (à l'Elysée), Eric Woerth et ses conseillers (au gouvernement) tentent de faire croire que le front syndical est désuni, preuve d'une relative acceptation, par certains, des paramètres fondamentaux de la réforme. Dans le Figaro, sur LCI, ou sur Europe 1, on insiste sur l'opposition entre la CGT et la CFDT, d'un côté, et le front Solidaires, de l'autre. On glose sur les divergences tactiques, la craintes des uns de se faire déborder, l'envie des autres d'en découdre à coups de grève générale. Mais jeudi, force était de constater que le front syndical était uni: Bernard Thibault (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Bernadette Groison (FSU) et François Chérèque (CFDT), tous présents en tête des cortèges, se sont félicités à l'unisson de la réussite de la mobilisation.

Au final, Nicolas Sarkozy fera sans doute passer sa réforme, début octobre, au Sénat. Mais sa victoire lui est déjà volée. Qu'il amende ou pas sa réforme, le mal est fait : cette réforme est impopulaire car injuste. Sarkozy aura du mal à capitaliser sur cette éventuelle victoire à la Pyrrhus.

Ami sarkozyste, quand partiras-tu à la retraite ?



" 3 jours de débats citoyens... "

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Lyon sera heureuse de vous accueillir à partir de demain et pour 3 jours dans le cadre du 2e Forum Libération. "Planète durable !" : c'est le thème que nous avons mis au cœur de ce grand événement qui a connu l'an dernier un succès considérable. Le jeune public s'était fortement mobilisé, preuve que les grands débats politiques intéressent les Français quand ils ne se réduisent pas aux oppositions de principe et au jeu stérile des petites phrases !

"Planète durable" ? Cela veut signifie d'abord planète économiquement durable. Comment faire pour sortir de la crise actuelle ? Cela veut dire ensuite planète socialement durable. Comment organiser mieux la répartition à l'échelle du monde ? Comment faire en sorte qu'il n'y ait pas d'un côté les plus pauvres et de l'autre les richesses s'accroissant à l'infini ? Enfin, planète durable, c'est forcément aborder la question fondamentale de l'écologie : comment répondre aux défis qui sont ceux aujourd'hui de notre humanité ?

" Stimuler le débat démocratique... "

Au-delà de la polémique, nous pensons que les controverses sont utiles pour bâtir une nouvelle réflexion sur notre société. Ce forum se veut un espace citoyen ouvert à tous, un lieu d'échanges libres et non partisan. Un exercice stimulant pour le débat démocratique ! Pour ma part, j'interviendrai dès demain, à partir de 11h15, lors de la séance d'ouverture à l'Hôtel de Ville aux côtés de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, de Max Armanet, directeur du développement, et de Simon Kelner, directeur du journal anglais The Independent. Samedi, dès 14h30, je débattrai sur le thème "Comment améliorer le bilan carbone des villes ?" avec Clara Gaymard, Présidente France de General Electric. Dimanche, à 11h30, 2e table ronde où je serai face à Marc-Philippe Daubresse, le ministre de la jeunesse et des solidarités actives. Thème de notre rencontre : "La ville favorise-t-elle la mixité sociale ?" De beaux échanges en perspective !

Le Forum de Lyon propose également des "rencontres citoyennes." Demain j'irai à celle qu'animera dans l'Atrium de l'Hôtel de Ville Philippe Corcuff, chercheur et maître de conférence à Science Po Lyon. Juste avant, je signerai avec Jean-Jack Queyranne la déclaration 10:10 portée en France par GoodPlanet, la fondation de Yann Arthus-Bertrand, sous le chapiteau installé place des Terreaux. Alain Souchon y donnera un concert spécial à l'occasion de ces rencontres prometteuses que les internautes peuvent également suivre sur les sites de Libération et de Libélyon. Le Forum de Lyon est également présent sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Kweeper. Retrouvez tout le programme sur le site du Forum Libération. Soyez tous les bienvenus à Lyon pour ces 3 jours de débats citoyens. Nous vous attendons nombreux !

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