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Roms : la surenchère sans limite du couple Besson/Hortefeux

Les deux rivaux de la polémique sécuritaire se sont montrés debout sur la tribune du ministère de l'intérieur, lundi 30 août après midi. L'occasion d'outrances sans limite dont ils ont désormais le secret. En trois actes.

Déstabilisé par les critiques, les ministres choisissent la surenchère.

Après les Roms, les Roumains.
Hortefeux a récidivé. Mercredi dernier, il avait déclaré sur RTL: «Il n'y a pas de statistiques sur la délinquance par communauté, mais il y a des statistiques par nationalité et j'observe par exemple qu'à la délinquance de nationalité roumaine avait augmenté l'année dernière de 138%». Lundi, pour la deuxième fois en quelques jours, le ministre de l'intérieur a dénoncé les crimes et délits d'une catégorie d'immigrés, les Roumains. « Aujourd'hui, à Paris, la réalité est que près d'un auteur de vol sur cinq est un Roumain. » Ou encore : « un vol commis par un mineur sur quatre l'est par un mineur roumain. » Brice Hortefeux balança toute une batterie de statistiques similaires :  les actes de délinquance perpétrés par des Roumains à Paris ont augmenté de 259% en 18 mois; les actes violents commis par des mineurs roumains auraient augmenté de 64 % en un an; les vols avec violence de 117%; un acte de délinquance sur vingt serait commis par un Roumain (5,71 %). Les Roumains seraient responsables de 8,5% des actes de délinquance de proximité. Suprême détail, dans le cas d'escroqueries sur les distributeurs de billets, « il arrive que la police interpelle dans la même journée deux ou trois fois les mêmes individus ».

Et Eric Besson ajouta : « Notre droit ne connaît les étrangers qu'à raison de leur nationalité. Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels, mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité .» 

Brice Hortefeux a brisé un tabou. L'utilisation de statistiques inédites, sur une nationalité particulière - les Roumains. On attend la suite.

On ne sait pas d'où il sort ses chiffres. L'Observatoire National de la Délinquance, seule source officielle à date, n'a jamais publié de statistiques par nationalité. Y-aurait-il des statistiques cachées ? Hortefeux invente ainsi la délinquance roumaine, et ses chiffres sont étonnants. Le glissement vaut le détour : des Roms, on est passé aux Roumains. 95% des gens du voyage présents en France sont paraît-il Français, autre statistique non prouvé. Besson et Hortefeux se raccrochent à leurs branches polémistes. Jamais, depuis le début de l'été et l'assaut médiatique contre les Roms, le gouvernement n'a-t-il avancé une quelconque mesure de la délinquance spécifique des Roms ou des Roumains (comme si l'amalgame allait de soi).



Des lois d'exception pour expulser facilement
Jusqu'à maintenant, Eric Besson appliquait une feuille de route qu'il défendait comme républicaine : un immigré entré illégalement sur le territoire français devait être renvoyé dans son pays d'origine. La polémique sur les Roms a ouvert un nouveau front. Citoyens européens, et de surcroît nomades, les Roms n'entraient que difficilement dans les catégories habituelles. Il fallait donc inventer un cadre quasiment sur-mesure, quitte à plonger en peu plus. Besson et Hortefeux ont travaillé tout l'été, écouté les critiques, peaufiné leurs argumentaires. Lundi, le dossier était prêt.

Eric Besson a ainsi annoncé trois propositions de loi:

1. Un projet d'amendement à la loi sur la sécurité intérieure, dite Lopssi, pour étendre les possibilités d'expulsion en cas de « menace à l'ordre public à l'occasion d'actes répétés de vols ou de mendicité agressive ». Besson fait du Hortefeux : le ministre de l'intérieur prévoit d'inventer un nouveau délit, le fameux mélange d'abus de faiblesse, de polygamie de fait et d'escroquerie, défini sur-mesure pour traiter le cas Lies Habedj.

2. La seconde proposition sera un amendement au projet de loi sur l'immigration déposé au Parlement le 27 septembre prochain : Eric Besson expliquait lundi qu'il permettra de « sanctionner ceux qui abusent du droit au court séjour (i.e. trois mois maximum) afin de contourner les règles plus strictes du long séjour. » C'est effectivement une véritable mesure anti-Roms. Le ministre entend ainsi répondre aux critiques énoncées cet été contre l'absurdité des expulsions de citoyens européens tels les Roms qui, aussitôt expulsés, peuvent revenir en France. « Les ressortissants européens ne jouissent pas d'une liberté de séjour sans limite au sein de l'Union européenne » a-t-il expliqué.

3. La troisième idée du ministre de l'immigration, un autre amendement au projet de loi, permettra « la reconduite dans leurs pays d'origine des personnes qui représentent une charge déraisonnable pour notre système d'assistance sociale. » La charge est lancée : les Roms seraient-ils donc responsables des déséquilibres de financement de notre Sécurité sociale ?


Déstabilisés par les critiques
Lundi, les deux compères et rivaux tentèrent de répondre aux critiques : contre le parti socialiste, Hortefeux dénonça l'hypocrisie de Martine Aubry, au prix d'un joli mensonge rapidement démenti par la Maire de Lille : il s'est ainsi étonné « de l'hypocrisie de certains responsables publics qui s'émeuvent au mois d'août de ce qu'ils ont eux-mêmes demandé en juillet », rappelant, photos exhibées à l'appui devant les journalistes, que la communauté urbaine de Lille avait demandé « d'évacuer un campement de Roms à Villeneuve-d'Ascq ». Deux évacuations ont effectivement eu lieu en août (les 19 et 26), mais sur la base de demandes antérieures aux polémiques de juillet sur les campements sauvages et sans demander d'expulsion du territoire.

Dans son intervention, Eric Besson compléta : « ceux qui accusent la France, sans aucun fondement, de violer ses obligations internationales et européennes, ainsi que ses règles et traditions républicaines, conduisent un combat partisan et ne font en réalité que salir l’image de notre pays. »


Sans gêne, le ministre de l'intérieur prit également soin de préciser :  « Il ne s'agit en aucun cas de stigmatiser telle ou telle population, mais il ne s'agit pas non plus de fermer les yeux sur une réalité. »Toujours sans gêne, Hortefeux, qui recevra mardi le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence épiscopale, a cru bon de souligner que le gouvernement et l'Eglise étaient sur la même longueur d'ondes (sic !) : « Les déclarations qui ont été faites par la plupart des responsables de la hiérarchie catholique disent, à juste titre, la même chose (...). Ils parlent de notre devoir d'accueil et du respect des autres ».

Que fait le serein François Fillon ?

Mardi matin, Brice Hortefeux pouvait avoir un motif de satisfaction : le nouveau préfet de l'Isère a annoncé l'arrestation du second braqueur « présumé » du casino d'Uriage. La mort d'un premier braqueur, en juillet dernier, avait déclenché des violences dans la banlieue de Grenoble, puis la surenchère insécuritaire de Nicolas Sarkozy lors de son fameux discours sur place le 30 juillet.

Maigre satisfaction.

Comment Sarkozy peut-il neutraliser les affaires ?

Il y pense forcément. Depuis ce funeste mois de juin où les scandales et révélations se succédèrent comme des bourgeons printaniers, Nicolas Sarkozy a tout tenté, tout essayé. Il est certes parvenu à un accord avec Chirac. Mais en cette rentrée de septembre, le gros dossier, l'épine majeure reste Eric Woerth, ancien trésorier, toujours fidèle mais certainement affaibli. Plus grave, son équipe est désormais scrutée avec une attention inhabituelle. Seul François Fillon est apparu calme et serein, pour sa première interview de rentrée, lundi matin sur France Inter.

Fillon, presque neutre.
Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon s'est énervé pour rien lundi matin, après l'intervention de Fillon sur France inter. Il a dressé un parallèle entre le premier ministre et Marine Le Pen à cause de deux phrases prononcées par Fillon sur les ondes de la station publique. Pourtant, ce dernier est apparu bien calme, mesuré, presque distant, après l'été « gesticulatoire » et agité que Sarkozy et ses proches nous ont livré depuis juillet.

Le premier ministre voulait visiblement paraître calme et confiant, alors que ses ministres, a contrario, s'affolent. Eric Woerth dénonçait la « lapidation médiatique » dont il ferait l'objet; Bernard Kouchner confiait sur RTL qu'il a pensé à démissionner cet été ;  Brice Hortefeux et Eric Besson ont lancé une nouvelle charge contre les Roms et leur « mendicité aggressive »; et Hervé Morin, ministre de la Défense, a livré la plus forte critique du moment émanant d'un membre du gouvernement contre le virage sécuritaire pris depuis le discours de Grenoble. Fillon s'est clairement démarqué de cette agitation, y compris et surtout de celle de Nicolas Sarkozy, en évitant les formules choc, et en prenant le soin de répondre longuement, .... quitte à abuser de langue de bois.

Sur la baisse des moyens dédiés à la police et à la gendarmerie, Fillon a récusé la critique, sans fournir de chiffres alternatifs à ceux qui lui étaient opposés. Il s'est abrité derrière la réorganisation des forces de l'ordre. A-t-il été choqué par le discours de Grenoble ? Il botte en touche : « chacun a sa sensibilité » mais, « ces décisions, je les mets en oeuvre sans aucun état d'âme. » Ou encore :  « Nous n'accusons pas la gauche d'être responsable de l'insécurité ». Estrosi s'est fait tacler au passage. « Je n'ai pas approuvé cette déclaration » a-t-il déclaré à propos de la proposition estivale de son ministre de l'industrie Estrosi de sanctionner les maires défaillant en matière de sécurité.

La réforme des retraites française serait l'une des plus « raisonnables » des pays européens. Fillon faisait allusion au projet espagnol qui prévoit un recul à 67 ans de l'âge de départ à la retraite. Il oublie qu'en France, la durée de cotisation sera l'une des plus longues d'Europe (42 ans à terme).

Sur l'affaire Woerth, le supplice « continue », et Fillon le « regrette », convaincu que le dossier à charge contre Woerth est vide. Et s'il faut passer par une saisine de la Cour de Justice de la République, comme l'a demandé ce weekend Corine Lepage, Fillon reste serein : « J'aurais préféré que cette procédure n'ait pas lieu. Eric Woerth est innocent. »

A propos de l'arrangement intervenu entre Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Bertrand Delanoë, Fillon reconnaît, à demi-mot, que c'est un aveu de culpabilité.

Répondant à certaines inquiétudes, Fillon a aussi expliqué que ni le crédit impôt recherche ni la défiscalisation partielle de l'ISF en faveur des PME ne seraient pas affecté par la chasse aux niches fiscales. Quand au recul récent de Sarkozy à propos de l'APL, Fillon s'en excuse presque : sa proposition de suppression du cumul des aides au logement étudiant avec la demi-part supplémentaire par enfant étudiant était trop rude pour les foyers modestes.

Neutraliser Woerth ?
Dans les colonnes du Parisien, Eric Woerth se voulait plus combattif. Il est en « forme olympique », malgré une « lapidation médiatique » dont il ferait l'objet. Le ministre a le sens des comparaisons. Dégagé de la trésorerie de l'UMP, qui lui a trouvé un successeur « à l'unanimité » ce lundi, Eric Woerth lutte surtout pour sa survie gouvernementale.

Econduit de la réunion du Brégançon, le 20 août dernier, Eric Woerth a eu droit à une petite séance de rattrapage personnalisée, et imprévue à l'agenda officiel du président français, jeudi 26 août, à l'abri des caméras, dans le bureau de Nicolas Sarkozy. Le communiqué de presse qui s'en suivit fut laconique, Sarkozy se contentant de rappeler qu'il demandait à son ministre du travail de tenir « compte de la situation de ceux qui ont eu une vie professionnelle plus dure que les autres. » Ce weekend, le JDD révélait que le procureur général de la République envisageait de saisir la Cour de Justice de la République à propos des infractions présumées de prise illégale d'intérêt et de favoritisme du ministre du Travail. La nouvelle fait tâche, même si cette Cour, composée de parlementaires, est habituellement très clémente avec les siens comme on a pu le voir dans le jugement récent de Charles Pasqua. Corine Lepage, députée européenne ex-Modem, serait à l'origine de ce coup judiciaire : « J'estime, au regard de la Constitution, que le procureur Nadal a le droit d'actionner la Cour de justice. Je lui ai demandé de le faire, quitte d'ailleurs à ce qu'à l'arrivée, elle lave M. Woerth de tout soupçon. » Elle ne visait que deux infractions en particulier, alors que l'affaire Woerth est carrément protéiforme: « son intervention éventuelle en matière fiscale pour un contribuable employeur de son épouse et aussi la vente des terrains de l'Oise. »

Le procureur général se serait fait remettre le rapport du directeur de l'Inspection Général des Finances publié le 11 juillet dernier. Ce rapport est entaché de soupçon : son auteur a travaillé seul avec trois « juniors » du service de l'IGF, et avait été nommé directement par Eric Woerth quand ce dernier était ministre du budget.

Les tourments d'Eric Woerth ne s'arrêtent pas là : des anciens délégués du personnel de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) ont mis la main sur un rapport du ministère du travail sur le traitement d'une affaire similaire, le licenciement des délégués du personnel de la société Tyco Electronics, demandé par les dirigeants de l'entreprise. Une situation quasi-identique, notent les délégués, à celle de leur usine. Sauf que ... dans ce cas précis, le ministère du travail a suivi les recommandations de l'inspection du travail qui s'opposait à ce licenciement. «  L'avis de l'inspection du travail est donc ici écouté. l'inspecteur avait mis en avant les mêmes raisons économiques « non justifiées ». Le même schéma que pour Molex ! À la différence près que nous avons eu la malchance d'avoir ce Monsieur De Serigny qui a joué contre nous », souligne Denis Parise, l'un des ex-délégués, faisant référence au conseiller bénévole d'Eric Woerth qui travaillait également pour le compte de la société Athéma qui conseillait la direction de Molex.

Neutraliser Bettencourt
L'hebdomadaire Marianne, dans son édition du 28 août dernier, publie d'étonnantes révélations sur les déclarations fiscales d'André et Liliane Bettencourt. Les chiffres donnent le tournis. Le journal révèle notamment la sous-évaluation manifeste de nombre de biens immobiliers du couple Bettencourt : une villa de 25 pièces et 3,9 hectares de terrain dans les Côtes d'Armor pour 827 500 euros ; une autre à Majorque, en Espagne, 7 pièces et 275 mètres carrès, pour 255 000 euros; une maison à Saint-Maurice-d'Etelan (Seine-Maritime) de 221 mètres carrès et 7 hectares pour 250 000 euros; une autre, au même endroit, avec 590 mètres carrés et 3,3 hectares pour 240 000 euros.

Autre révélation, Liliane Bettencourt s'est faite rembourser 32,6 millions d'euros (et non 30 millions) au titre du bouclier fiscal début 2007 sur ses revenus 2006 déclarés à 77,7 millions d'euros. Or la milliardaire reçoit plus de 200 millions d'euros annuels de dividendes de l'Oréal chaque année. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les services du fisc n'ont pas réalisé de contrôle fiscal depuis 15 ans. Comment expliquer une telle clémence ?

Neutraliser Chirac
On en sait un peu plus sur l'accord tripartite conclu entre Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et Bertrand Delanoë sur l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris. Le président français s'est attaché les faveurs de son prédécesseur, histoire de neutraliser quelques dommages collatéraux. Il faut dire que Chirac a de quoi de balancer sur les coulisses de son ancien fidèle de Neuilly-sur-Seine. De l'affaire Clearstream au Karachigate, on devine que les dossiers sont fournis.

Dans son édition du 28 août, le Journal du Dimanche détaille les modalités de calcul des 2,2 millions d'euros que l'UMP et Jacques Chirac se sont donc engagés à verser à la municipalité parisienne en échange du retrait de sa plainte: les 21 emplois fictifs finalement retenus dans le procès qui doit débuter à la fin de cette année ou au début 2011, on relève quelques cas qui n'ont aucun rapport avec le RPR : trois collaborateurs de Jean de Gaulle (le petit-fils du général), des collaborateurs de l’ancien parti de droite, le CNI, des membres de « la cellule corrézienne » de Chirac, Marie-Thérèse Poujade, l’épouse du maire de Dijon, et François Debré, fils de Michel. Au final, Chirac doit payer 550 000 euros, et l'UMP le solde de 1,65 millions.

A Paris, certains élus de la majorité enragent. A l'UMP, on s'agace. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a déclaré dimanche qu'aucune tractation n'était intervenue entre l'UMP et Bertrand Delanoë, pour avouer ensuite, que l'UMP accepterait la transaction.

Faute de mieux, il fait de la sémantique.

Neutraliser les conflits d'intérêts ?
Le mensuel économique Capital, peu suspect d'antisarkozysme primaire, détaillait le mois dernier les fonctions, salaires et carrières de quelques ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement Sarkoy/Fillon. Certains cas sont connus, comme celui de Christine Ockrent. Professionnelle indiscutable, l'ancienne journaliste et compagne de Bernard Kouchner a rejoint, en tant que directrice générale, le pôle « Audiovisuel Extérieur de la France » (France 24, RFI et TV5Monde), chapeauté par ... Bernard Kouchner. Jusqu'en juillet dernier, Kouchner avait confié à son secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet, cette supervision. Mais ce dernier a depuis quitté le gouvernement, sans être remplacé. D'autres le sont moins. On s'attardera à peine sur Brice Hortefeux, qui pourfendait récemment « la gauche milliardaire », est marié à Valérie Hortefeux. Cette dernière est gestionnaire de fortune (et non pas chargée de communication comme nous l'indiquions par erreur) au sein de Natixis.
Le cas de Jérôme Pécresse, mari de Valérie Pécresse, attire également assez peu l'attention. Il est directeur général adjoint d'Imérys, une société qui compte un conseiller d'Eric Woerth, Eric de Sérigny, à son conseil d'administration. 

Jean-Pierre Philippe, le mari de la secrétaire d'Etat à l'économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet, est plus intéressant. Ayant quitté EADS en juin 2007 - pour des raisons sans rapport avec la nomination de son épouse au gouvernement - il a créé successivement trois sociétés de conseil. La première fait du conseil en gestion. Baptisée Sagitta01, elle a été créée 1er juillet 2007, et a enregistré 300 000 euros de chiffre d'affaires dès sa première année, 435 000 euros de chiffre d'affaires l'année suivante; Deux ans plus tard, Philippe créé une seconde société de conseil en gestion, En Way le 13 mai 2009. Entre-temps, il a aussi créé Seven Ways le 9 septembre 2008, pour « l'organisation d’évènements politiques ». On ne sait pas quelles manifestations politiques sa société a organisé. Pour ses 4 premiers mois, elle a affiché 60 000 euros de chiffre d'affaires, puis 265 000 euros en 2009. Elle a été dissoute le 17 août 2010. Pourquoi donc ?





 Conflits d'intérêt Sarkofrance



Quand Sarkozy radote devant les ambassadeurs.

Sarkozy, le 25 août devant les ambassadeurs
Mercredi, Nicolas Sarkozy s'adressait aux ambassadeurs, lors de la 18ème Conférence du genre depuis 1993. Cet exercice de rentrée est toujours savoureux depuis que Nicolas Sarkozy est président. A chaque discours, le volontarisme affiché dans les mots est apparu de plus en plus éloigné de la réalité.
L'image était mal éclairée, le son caverneux, et le discours coupé en plusieurs segments par un monteur de l'Elysée, comme pour masquer combien il était fastidieux. Sarkozy lisait prudemment son texte, la tête baissée, s'essuyant le front à répétition, et se permettant rarement, presque jamais, d'élan spontané comme il aimait le faire auparavant.

Sarko radote depuis 2007...
Fin août 2007, Sarkozy sortait de son premier été de président, vacances luxueuses aux Etats-Unis invité par un copain fortuné, Ray-Ban sur le nez, Cécilia qui commence à bouder. Un journaliste suisse le compare déjà à un Sylvester Stallone lyophilisé. Après avoir fustigé son adversaire Ségolène Royal sur le sujet, Sarkozy explique enfin qu'il est inacceptable que l'Iran se dote de l'arme nucléaire. Mais il vient de signer un accord nucléaire avec son nouvel ami le colonel Kadhafi. Pour sa première conférence aux ambassadeurs, il critique l'intervention américaine en Irak (après avoir dit le contraire pendant la campagne), et annonce qu'il ne bloquera pas les négociations d'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Il a un mot pour l'Afrique, un mois après un fameux discours néocolonialiste à Dakar.

Fin août 2008, quelques jours avant la disparition de la banque d'affaires Lehman Brothers, Nicolas Sarkozy n'avait rien vu, rien prévu. Pourtant, depuis des semaines, les nouvelles du front américain étaient inquiétantes. Mais Sarkozy avait la tête ailleurs : il « présidait » l'Union européenne pour 6 mois, depuis le 1er juillet précédent. Il venait d'être confronté à l'invasion de la Géorgie par la Russie. Il tentait de faire croire qu'il avait sauvé le petit Etat, pourtant provocateur. Un peu avant son discours aux ambassadeurs, la Russie annonçait qu'elle reconnaissait l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, deux anciennes provinces géorgiennes. Sarkozy, désavoué par son ami Medvedev, condamne, mais n'y peut pas grand chose. A l'époque déjà, il devait se rendre à l'enterrement de soldats français tués au combat en Afghanistan. 2008-2019, rien n'a changé.

Fin août 2009, la crise est là, les ambitions sont loin. Sarkozy a endossé depuis des mois un costume de régulateur, qu'il exhibe devant ses ambassadeurs. Surtout, il donne des leçons de moralité et de responsabilité tous azimuts. A ses homologues du G20, il pose déjà des ultimatums, reprenant à son compte et sans le dire, les propositions anglaises d'étalement des bonus sur trois ans. L'Iran, déjà, est sa tête de Turc. Il joue au taurillon alors qu'une Française, Clothilde Reiss, paye déjà l'affront français, coincée à Téhéran après un procès inique.

Pour cette rentrée 2010, l'exercice n'était pas aisé. Impossible de crier encore une fois à la régulation internationale. La France est à la traîne du Royaume Uni et de l'Allemagne, plus actives en matière de taxation des traders ou des banques, voire de croissance. Un otage français a été assassiné voici 5 semaines, et la polémique sur l'échec diplomatique français ne s'est pas éteinte. Lundi dernier, Al Qaida a libéré deux otages espagnols qu'elle détenait au Maghreb depuis des mois. Dans un message diffusé le même jour, l'organisation terroriste explique qu'elle a voulu, avec cette libération, donné une leçon à la France. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui remplace depuis le premier jour le ministre officiel des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, n'a pas apprécié: « Je réaffirme que jamais, nous n'avons eu la possibilité d'entrer en contact avec Al-Qaïda pour la libération de Michel Germaneau. »

Contre les « commentateurs »
Face à ses ambassadeurs, Sarkozy a débuté avec la lutte contre le terrorisme: « Al Qaida et ceux qui s'en réclament ont accru leur emprise dans un arc qui va du Pakistan au Mali. » Sur l'Afghanistan, le président français savait déjà qu'il aurait à se rendre, deux jours plus tard, à l'enterrement de deux soldats français, tués en début de semaine. Il maintient la position française, avec des accents bushistes, et, surtout, ses premiers tacles contre journalistes et analyses : « la mode du moment, et dieu sait qu'il y a des modes, la mode du moment chez les commentateurs est au catastrophisme. Chaque jour on nous annonce le retour des talibans, comme si les jeux étaient faits, et comme si nous avions abandonné le peuple afghan. » Samedi, les Talibans, justement, ont attaqué deux bases américaines. Quelle est la mission française ? Défendre les Afghans contre les Talibans, former les forces de sécurité locales et apporter une aide à la population civile. Il ne fallait attendre aucun commentaire sur l'échec occidental, depuis 2002. Simplement, « le prix humain est lourd. » Mais, complète-t-il, « je demande à chacun d'entre vous d'imaginer ce qu'il en serait du prix humain si nous n'étions pas là. » Pour conclure, « la France restera donc engagée en Afghanistan avec ses alliés aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan. » Le peuple afghan ? Sarkozy faisait allusion au président Karzaï, élu après de gigantesques fraudes voici un an. Sarkozy embraye sur le nécessaire soutien du Pakistan, confronté à « des défis socio-économiques immenses » et à des inondations dramatiques. Pas un mot, cette fois, sur la timidité française dans l'aide internationale.

Schizophrène avec l'Iran
Sujet suivant, l'Iran. Sarkozy défend une position totalement schizophrène : contre l'armement nucléaire du pays, mais favorable à la prochaine mise en service d'une centrale avec l'aide des Russes. Sarkozy commence par évoquer la répression et, notamment, le cas de Sakineh: « Madame Mohammadi, la France considère qu'elle en a la responsabilité » s'exclame Sarkozy. Que veut-il dire ? Rien. C'était juste une déclaration en l'air. Sarko continue d'accuser l'Iran qui, dit-il, « continue d'alimenter la violence dans région. »

« Qu'on m'comprenne bien, la France est favorable au développement dans le strict respect des normes internationales de l'électricité nucléaire. » Il recommence. Pompier pyromane, il reste prêt, comme toujours, à équiper les dictatures du monde en technologie nucléaire pour peu qu'elles signent un papier reconnaissant la légitimité des contrôles d'une agence internationale... « L'Iran a le droit au nucléaire civil. » Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, Sarkozy se félicite ensuite de la prochaine mise en service de la centrale de Boucher, alimentée par du combustible russe. On croit rêver... ou cauchemarder... « C'est pourquoi la France salue le démarrage de la centrale de Boucher. (...) le problème n'est pas là, le problème est ailleurs. Il y aura bientôt un an au sommet de Pitsburgh, avec Barack Obama et Gordon Brown, nous avions révélé l'existence du site clandestin que l'Iran construisait pour ses activités proliférantes.  » Notez l'exercice sémantique... Sarkozy se félicite des sanctions adoptées depuis, notamment par l'Union européenne. En juillet dernier, l'UE a effectivement décidé d'interdire tout nouvel investissement, assistance technique ou transferts de technologies, notamment pour le raffinage et la liquéfaction de gaz. En revanche, la centrale de Boucher, elle, ne pose aucun problème... Allez comprendre...

Mal à l'aise sur l'Europe...
Sur l'Europe, Sarkozy semblait mal à l'aise. Nous avons déjà évoqué son exercice d'équilibriste: il s'est félicité des ambitions franco-allemandes de gouvernance économique commune en Europe préconisées en juin dernier. Or, à l'époque, Sarkozy avait du en fait se ranger à la position allemande : des sanctions contre les Etats en situation budgétaire difficile, mais pas de renforcement du rôle de l'eurogroup.

Nicolas Sarkozy a terminé son intervention par un sujet qui lui tient à coeur, la future organisation, par la France, des rencontres du G20 en novembre prochain, puis du G8, en janvier 2011. Il espère à nouveau faire mousser son volontarisme en matière de régulation financière. Pourtant, la France reste étrangement à la traîne face au Royaume Uni et l'Allemagne.« Jusqu'à présent nous avons connu des G20 de temps de crise. Et au fond, c'était assez simple, on n'avait pas le choix, il fallait prendre des risques et agir. Et le G20 a accompli un travail considérable sur lequel je ne reviendrai pas. »
Effectivement, mieux vaut ne pas y revenir. A en croire Sarkozy l'an passé, le G20 devait supprimer les paradis fiscaux, coordonner les politiques de relance, et réformer la finance mondiale pour éviter les bulles et attaques spéculatives. Au final, rien de tout cela n'est arrivé, à l'exception de communiqués lénifiants. Les paradis fiscaux sont toujours là, ils ont simplement changé de nom. Chaque pays a suivi sa voie de relance. Et l'euro a failli disparaître au printemps dernier sous le coup des spéculations de traders contre les finances grecques.

G8: la parole contre les actes
Pour « son » G8, Sarkozy se voit déjà maître du monde. Il espère que la réforme du système monétaire international sera possible. « Naturellement, la France ne plaide pas pour revenir à un système de taux de change fixe », lâche-t-il en souriant. Naturellement... « Mais la France plaide pour qu'on mette en place des instruments qui évite l'excessive volatilité des monnaies » martèle-t-il les yeux rivés sur son texte. Pourquoi n'a-t-il pas commencé, à l'instar de l'Allemagne, à décourager les ventes à découvert ou à taxer ses banques pour assurer leur risque prudentiel ? Quelles sont les grandes idées du Monarque ? Il cite un exemple, organiser un « séminaire des meilleurs spécialistes mondiaux des affaires monétaires qui pourrait peut-être se tenir en Chine »... Ah ! Cette manie des commissions .... Plus tard,

Sarkozy découvre les marchés
Sarkozy dénonce les fluctuations des cours des denrées alimentaires ou de l'énergie... « Rappelez vous les émeutes de la faim ! Je vous rappelle que c'était en 2008. Et entre 2008 et 2010, personne n'a rien fait ! » Incroyable, n'est-ce-pas ? « Qui osera dire ... qui osera dire que ce sujet est trop difficile et qu'il vaut mieux ne rien faire ? » Qui osera croire que Sarkozy pourra changer quelque chose à l'affaire ? Qui osera croire ? « J'connais... En France, j'ai parfaitement identifié ceux qui pensent qu'il vaut mieux ne rien faire. M'enfin... on va pas faire la même chose dans le monde ! » s'exclame-t-il, avec un haussement d'épaules... « La France va proposer à ses partenaires du G20 - car, quitte à assumer la présidence autant que ça serve à quelquechose - d'ouvrir ce dossier avec pragmatisme et avec ambition. »
Et paf ! Une bonne dose de langue de bois...  « Il me semble que trois sujets pourraient être étudier, d'abord je veux poser la question du fonctionnement même des marchés des dérivés des matières premières... Je sais que ce sont des mots à ne pas prononcer ... Mais pourquoi devrions nous réguler les marchés des dérivés dans le seul domaine financier ? » Sans rire ni gêne, il avance, trébuchant sur ses mots, que «la France est parvenue à convaincre le monde qu'il fallait réguler les marchés dérivées dans le domaine financier. » Il conclut: « étendre la régulation aux matières premières est possibile, est souhaitable, est indispensable. » Capable de toutes les audaces verbales, Sarkozy prétend que personne ne connaît comment fonctionne ce marché, que « personne ne connaît ses intervenants », « personne ne comprend comment il fonctionne », donc, pourquoi serait-ce difficile de le réguler ? A l'entendre, on se demande si un cours accéléré d'économie de marché ne lui serait pas nécessaire avant de débuter cette présidence française...Les marchés dérivés souffrent effectivement d'opacité, notamment sur le niveau d'engagements et de spéculation, déconnecté comme ailleurs, sur les productions de l'économie réelle, mais on a peine à comprendre comment Sarkozy pourrait prétendre résoudre l'affaire.

Sarkozy souhaiterait ainsi qu'on explore plusieurs pistes, comme la transparence des marchés; les politiques de stockage; ou la création d'outils d'assurance pour se couvrir de la volatilité...

Ah, la gouvernance mondiale...
Dernier sujet, la gouvernance mondiale. Incapable de la mettre en place au niveau européen, Sarkozy n'est pas gêné pour s'afficher volontariste au niveau mondial. Le laïus qui suivit ressembla en effet étrangement à d'autres déclarations sarkozyennes... sur l'Eurogroup. Il y a deux mois, avant de se faire tacler par Angela Merkel, Sarkozy proposait que les Etats membres de la zone euro institutionnalise leurs réunions avec la création d'un secrétariat permanent et une présidence. Le voici qui propose exactement la même chose pour le G20. La Chine et les Etats-Unis apprécieront.   

On ne sait pas qui ce charabia présidentiel devait impressionner. Sans doute Nicolas Sarkozy espérait-il faire croire que son volontarisme allait déplacer des montagnes dans quelques mois.

Il est bien seul à le croire.



Sébastien Proto, jeune modèle dans l'ombre d'Eric woerth

Tout proche du ministre Eric Woerth, il y a un jeune homme, Sébastien de son prénom, Proto est son nom. Il a bientôt 33 ans, est inspecteur des finances. Il a bossé à l'audit chez feu Arthur Andersen, fut diplômé de l'Essec et de Sciences Po, puis de l'ENA.

Plusieurs informations sont sorties sur le Net sur le garçon, un peu dans la presse, jamais à la télévision. Sébastien Proto n'a rien fait de mal a priori. Il est juste aux confluences de toutes sortes d'intérêts qui demanderaient une vigilance sans doute doute hors normes. Mais Sébastien Proto semble justement être dans la norme du régime.

Le jeune homme devrait être prudent. Espérons, pour lui et pour nous, qu'il l'est réellement.

1. M. Proto est l'un des proches collaborateurs d'Eric Woerth depuis son entrée au cabinet du ministre au Budget, en tant que directeur adjoint, jusqu'à ses fonctions actuelles de directeur de cabinet au ministère du Travail. En particulier, il s'est occupé de la liste des 3000 évadés fiscaux français en Suisse obtenue auprès d'un ancien cadre de la banque HSBC à l'été 2009.

2. Sébastien Proto est également un proche d'Antoine Arnault, fils de Bernard Arnault, et beau-fils de Patrice de Maistre. Cette relation indirecte avec le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt met à mal la thèse d'Eric Woerth depuis juin, selon laquelle de Maistre serait une vague connaissance. Son plus proche colaborateur fréquente la famille de Maistre !

3. Au mois d'août 2009, Sébastien Proto et son épouse auraient passé leur vacances en Corse, dans une villa louée par Bernard Arnault et dans le yacht de ce dernier, invité par le fils Antoine. Le cabinet du ministre refuse de confirmer.

3. Le rapport du directeur de l'Inspection Générale des Finances sur l'intervention éventuelle d'Eric Woerth alors ministre du Budget dans le traitement de la situation fiscale de Mme Liliane Bettencourt, le 11 juillet dernier, avait révélé que Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de la milliardaire, avait été reçu par le directeur de cabinet du ministre... c'est-à-dire par Sébastien Proto, pour « évoquer les conséquences fiscales d’un projet financier concernant la fondation Schueller‐Bettencourt ». Une autre fois, Sébastien Proto aurait visé une note d'analyse, début 2008, sur Liliane Bettencourt citée par la presse « comme figurant possiblement sur la liste des contribuables français qui auraient soustrait des sommes imposables au Liechtenstein. » Dans cette note, la cellule fiscale du cabinet d'Eric Woerth concluait que la contribuable, ou l'une de ses sociétés de gestion de fortune, ne figurait pas sur la liste du Liechtenstein.

4. Auprès d'Eric Woerth, Sébastien Proto a eu notamment en charge directe la libéralisation des paris en ligne. Il est intervenu à plusieurs reprises dans les débats, tables rondes et explications du projet gouvernemental. Il fut auditionné par le Sénat. On pouvait notamment l'écouter en parler sur Club Radio Poker, le 1er juillet 2009 : dans la seconde partie de l'émission, le directeur adjoint du cabinet d'Eric Woerth expliquait que l'Etat ne gagnerait pas ou peu d'argent avec cette légalisation générale des paris en lignes car, concurrence et harmonisation fiscale obligent, l'Etat devra abaisser la fiscalité sur les paris, y compris les lucratifs paris hippiques. D'où un manque à gagner. Pourquoi donc légaliser ? Un vaste sujet.

5. Bernard et Antoine Arnault sont actionnaires minoritaires (à 10%) de la société Betfair. Betfair est une société britannique. Son offre est différente des sites classiques de paris en ligne : il s'agit d'une bourse d'échange, du « bet exchange » dans lequel la cote des paris n'est pas définie par l'opérateur du site (Les parlementaires étaient hostiles à ce type de pari à cause des risques de manipulations).

Betfair a été approuvée par les autorités françaises en juillet 2009, bien en avance sur la libéralisation du secteur le 6 avril dernier. A l'époque, le lobbying de Bernard Arnault pour obtenir cette autorisation est déjà mentionné, un lobbying bien légitime pour l'un des actionnaires du site de pari.

Le Parlement français a finalement refusé d'autoriser le Bet-exchange, malgré la position défendue par les services d'Eric Woerth et le ministre lui-même, comme en témoigne cet échange lors des débats à l'Assemblée Nationale : « L’ exchange betting , qui suppose la rencontre de plusieurs joueurs sur des plateformes, nous est d’abord apparu difficile à accepter. Cependant, après une étude approfondie – est-il aussi dangereux qu’il en a l’air? Facilite-t-il la corruption et le blanchiment? Comment sont contrôlées les plateformes? Comment savoir si les joueurs ne sont pas également opérateurs? – nous avons estimé que nous pouvions autoriser ce type de pari. » Pour taire les critiques, Eric Woerth ajoutait ensuite : « je suis cependant prêt à interdire l’exchange betting dans le présent projet de loi. Dans dix-huit mois, nous pourrons réaliser une évaluation de la manière dont les paris à cote fixe auront fonctionné et auront été régulés. L’ARJEL livrera une analyse sans indulgence sur ce point. Nous pourrons alors réexaminer la question et statuer sur ce type de pari. »

Les députés décidèrent d'interdire ces paris à la cote. En conséquence, Betfair s'est retiré du marché français. Mais les faits sont là: les débats parlementaires révèlent qu'Eric Woerth a sérieusement oeuvré, en vain, pour que des acteurs tels Betfair puissent être autorisés en France.

5. Antoine Arnault, directeur de la communication du groupe Arnault et grand amateur de poker, s'est fait sponsorisé par un autre site de pari en ligne, Bwin. Valéry Manin, directeur de Bwin, est également ami de Sébastien Proto. La société expliquait à l'époque qu'elle « avait à cœur de sponsoriser un joueur de poker français renommé. »

6. Un autre ami de Sébastien Proto est Olivier Karsenti, avocat au barreau de Paris et de New York, spécialisé depuis quelques années dans le poker et des paris sportifs en ligne. L'avocat a notamment organisé une table ronde sur la libéralisation du secteur le 30 septembre 2009. Au sein du cabinet Kaza, il conseille différents acteurs du secteur.

Au final, que ressort-il ? Sébastien Proto n'a eu aucun souci à travailler directement sur un sujet majeur, la libéralisation des paris en ligne, malgré des relations amicales avec certains protagonistes du secteur. Il n'y a rien de répréhensibles. Juste un malaise évident devant tant de perméabilité entre les sphères amicales, privées et publiques sur des sujets sensibles.



Crédit illustrations: ClubPoker.net


Sarkozy, 27 août 2010
Il s'est rasé, a remis son costume de rigueur et ses chaussures de ville. Après 20 jours de vacances et de communiqués célébrant les victoires sportives de certains athlètes français, Nicolas Sarkozy est revenu secoué par une cascade de critiques. Début août, il pensait avoir dégagé l'horizon, et déminé les polémiques sur les conflits d'intérêt et abus de privilèges qui minaient son équipe. Mais sa bombe insécuritaire du 30 juillet dernier à Grenoble a surtout divisé son camp, et terni l'image de la France à l'étranger. Les « affaires » qu'il croyait oubliées, ont refait surface; l'agenda social et économique reste chaud et, à l'étranger, la France indigne autant qu'elle inquiète.

Chatel, également à la peine
La rentrée scolaire s'annonçait mal. Mardi, Luc Chatel devait justifier le retard à l'impression des manuels de seconde. Le gouvernement a changé les programmes au printemps dernier dans la précipitation. Les professeurs n'ont pas reçu les nouveaux ouvrages. Des matières ont disparu du programme obligatoire, comme l’histoire-géographie en Terminale scientifique, ou les sciences économiques. Au collège, un collectif s'est également constitué pour protester contre la dégradation de l'enseignement de l'histoire. Même Max Gallo s'inquiète d'un « zapping » dans l'enseignement.

Lundi, le syndicat UNEF révèle que le coût de la vie étudiante augmentera de 4,3% en cette rentrée, dont 3,3% pour les dépenses obligatoires. L'inflation des loyers, de la restauration universitaire, des droits d'inscription dans certaines universités sont pointés du doigt. Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement Supérieur, se tait et se terre. On rappelle également l'un des funestes plans gouvernementaux pour trouver quelques économies dans les niches « sociales » identifiées par François Baroin en juillet dernier : les familles ne pourraient plus cumuler l'avantage fiscal de la demi-part supplémentaire et le versement d'aides au logement aux étudiants (APL ou ASL) pour leurs rejetons étudiants. Il faudra choisir. Baroin espérait économiser 80 millions d'euros par an. 650 000 étudiants sont concernés.

Jeudi, apeuré par la protestation, Nicolas Sarkozy cède : le cumul demeurera possible. Autre dispositif, le Revenu de Solidarité Active spécial jeunes prend effet mercredi 1er septembre, ... près d'un an après son annonce, le 19 septembre 2009 ! Martin Hirsch, quand il était au gouvernement, s'en était félicité. En fait, loin d'apporter un solution de revenu aux 6 millions de moins de 25 ans, cette extension ne concerne que les jeunes pouvant justifier de deux années d'emploi à temps complet dans les trois dernières années ! Il y a un an, Sarkozy promettait 250 millions d'euros pour 160 000 jeunes chaque année. Cette semaine, Marc-Philippe Daubresse, le quinquagénaire secrétaire d'Etat à la Jeunesse a refusé « de fixer au doigt mouillé des objectifs qui ne sont pas atteignables ». En fait, l'effort sera modeste. Le gouvernement a budgété 20 millions d'euros pour quatre mois, soit moins de 15 000 bénéficiaires d'ici décembre... De qui se moque-t-on ?

Jeudi encore, Luc Chatel y est allé de son petit couplet sécuritaire, dans les colonnes du Figaro : « à l'école, toute infraction doit être sanctionnée. » Sans blague ? L'ex-DRH de l'Oréal propose l'établissement d'une charte de civilité, le développement des sanctions alternatives à l'exclusion (comme les travaux d'utilité collective), ou la suppression des exclusions temporaires de plus de 8 jours. Il insiste : « une sanction, pour être efficace, doit être compréhensible et éducative. » Dans ses propos, le ministre de l'Education reste infiniment plus mesuré que ses collègues Besson ou Hortefeux. Ces deux-là continuent de se livrer à une course à l'échalote plutôt inattendue.

Le Rom, bouc-émissaire de secours.
Cet été, les deux ministres se sont distingués dans la polémique alliant insécurité et immigration. Brice Hortefeux s'est montré partout, le plus souvent possible, marchant allègrement sur les plates-bandes de son collègue de l'identité nationale. Ce dernier a senti que son propre ministère était en passe de lui échapper. Par médias interposés, Besson et Hortefeux se livrent une « guéguerre » de position. Ils se disputent en fait le futur poste de super-ministre de la Tranquillité Publique (Sécurité, immigration, etc) que Nicolas Sarkozy envisagerait de créer à l'occasion du remaniement gouvernemental d'octobre.

Cette semaine, Eric Besson s'est cru sauvé. Un opportun sondage révèle que 48% des personnes interrogées sont favorables aux expulsions de Roms, contre 42% qui se déclarent opposées. Au Figaro, on respire. Mercredi, le ministre de l'identité nationale pouvait jouer à l'entente cordiale avec deux ministres roumains dépêchés à Paris pour le rencontrer, avec Brice Hortefeux, son collègue de l'intérieur, et Pierre Lellouche, le secrétaire d'Etat à l'Europe. Jeudi, 300 Roms sont à nouveau embarqués dans des avions direction la Roumanie.

Vendredi, les différents amendements à la législation sur la déchéance de nationalité concoctés sont révélés par Libération et le Figaro. Trois ministres, trois projets pour la future loi sur l'immigration qui sera déposée au Parlement le 27 septembre prochain. La cacophonie est à son comble. Sans surprise, Brice Hortefeux est le plus outrancier. Il propose d'inventer un «délit de polygamie de fait, escroquerie, abus de faiblesse», une salade juridique qui mélange deux délits existants, la fraude aux prestations sociales et l'abus de faiblesse, à son fameux concept de polygamie de fait qu'il ne veut surtout pas confondre avec l'adultère. Eric Besson, lui, exprimait des doutes sur ces extensions de la déchéance de nationalité à d'autres cas que ceux du discours de Grenoble, comme la polygamie ou l'excision avancés par Hortefeux. Il suggère de déchoir de la nationalité « celui qui a été condamné à 8 (...) en France ou à l'étranger pour un acte qualifié de crime par la loi française et commis en particulier contre une personne dépositaire de l'autorité publique. » Quant à Michèle Alliot-Marie, elle se contente d'une version plus juridique, étendant la déchéance à certains meurtres (de magistrat, juré, avocat, officier public ou ministériel, gendarme, etc).

Le piège sécuritaire s'est, semble-t-il, refermé sur le camp sarkozyen. Certains ténors de l'UMP ont toujours bien du mal à digérer la polémique sécuritaire, surtout depuis qu'ils constatent qu'elle n'a servi à rien. Après Juppé, Raffarin, voici Balladur qui exprime ses doutes. A l'étranger, les inquiétudes sont loin d'être calmées. Vendredi, le comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) a appelé la France à « éviter » les expulsions collectives de Roms, soulignant le « discours politiques de nature discriminatoire » dans le pays. Le CERD a lancé une procédure. Pierre Lellouche répond dans la journée que ces critiques sont caricaturales et excessives. Il y a trois semaines, cet hommes déclarait que « La France n'a pas vocation à accueillir les 2,5 millions de Roms roumains, ou les 9 millions de Roms européens. » . Qui est excessif et caricatural ?

Bernard Kouchner, l'absent ministre des Affaires Etrangères, est sorti de son silence, vendredi, devant les ambassadeurs du pays, pour une déclaration ambigüe : « Nous n'acceptons pas la caricature, nous n'acceptons pas les amalgames. » Mais, à l'issue de son discours, Kouchner a esquivé toute question. Autre absente de l'été, Fadela Amara a craqué, acculée par les journalistes lors d'une visite d'un lycée : « ça me fait mal au coeur » a-t-elle déclaré à propos des expulsions. Même François Fillon s'est permis d'organiser mardi une réunion imprévue sur le sujet, à l'issue de laquelle il a déclaré que « la lutte contre l'immigration irrégulière ne doit pas être instrumentalisée de part et d'autre ». Et paf !

Sarkozy enrage. Son premier ministre, toujours trop populaire, l'agace.

Jeudi, le réseau Romeurope, un collectif d'une trentaine d'associations de soutien et de défense des Roms en France et en Europe de l'Est, publiait son rapport annuel. Il souligna l'absurdité de la politique d'expulsions : la France dénombre 10 à 15 000 Roms chaque année sur son territoire, et elle en expulse environ le même nombre (8 000 depuis janvier) : chercher l'erreur ! Ces gens du voyage expulsés reviennent...

« Nous ne cèderons pas »
Mercredi, Nicolas Sarkozy retrouvait l'ensemble de ses ministres. Même Eric Woerth. Ce dernier avait été décommandé à la dernière minute de la réunion de Brégançon. Cette éviction était inattendue, car la réforme des retraites est au coeur du plan de rigueur à l'ordre du jour de la rencontre. Le malheureux ministre a eu droit à un point d'étape, organisé jeudi dans la précipitation, assorti d'un communiqué laconique. Il paraît que Sarkozy ne voulait pas s'afficher publiquement aux côtés de son toujours fidèle ex-trésorier. A l'Elysée, on commencerait à s'inquiéter de la désinvolture avec laquelle le ministre a géré ses relations avec le monde économique. Les révélations s'accumulent sur le rôle d'Eric de Sérigny, son conseiller bénévole, Roland Branquart, un ancien conseiller en communication, en attendant celles sur Sébastien Proto, le jeune dircab du ministre très (trop) actif dans la libéralisation des marchés en ligne. Elles inquiètent.

En début de semaine, il se murmurait qu'Eric Woerth devrait à nouveau être auditionné, cette fois-ci par le procureur Courroye lui-même. Ce dernier a fait démentir. Il a en revanche fait à nouveau interrogé Claire Thibout, l'ex-comptable de Mme Bettencourt, et Patrice de Maistre.

On comprend pourquoi Sarkozy n'a mis en place la fameuse commission de réflexion sur les conflits d'intérêt qu'il avait promise pour la fin juillet lors de son entretien télévisuel le 12 juillet dernier...

Comble de malchance, les enquêteurs du procureur Courroye ont trouvé le dossier de Légion d'Honneur de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt : il apparaît que c'est Laurent Solly, à l'époque au cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui, le premier, a fait la demande de décoration. Une vraie curiosité car un homme d'affaires n'a habituellement rien à faire sur le contingent de légions d'un ministre de la sécurité publique. Mieux, la demande a été faite... en mars 2007.

Le parti présidentiel s'agace aussi d'avoir à faire preuve de solidarité tardive avec Jacques Chirac, à l'occasion de son procès pour emploi fictif à la Mairie de Paris avant 1995. Il y a trois semaines, quand le deal Sarko-Chirac-Delanoë fut révélé, les ténors de l'UMP (Bertrand, Paillé, etc) niaient en bloc. Luc Chatel renvoyait vers le parti présidentiel. Et voici que l'affaire est enfin confirmée: la Mairie de Paris recevra 2,2 millions d'euros, pour l'essentiel de la part de l'UMP, en échange du retrait de sa plainte au sujet des emplois fictifs entre 1992 et 1995. La transaction sera même présentée au Conseil de Paris à la fin du mois.

L'ancien président a bien fait répondre, par avocat interposé, qu'il n'avait commis aucune infraction. Il ne souhaitait qu'un « remboursement » des sommes contestées à la Mairie: « Le président Jacques Chirac a toujours contesté avoir commis quelque infraction pénale que ce soit et maintient que les emplois litigieux étaient légitimes et utiles à la Ville de Paris et aux Parisiens (...) Dans le souci d'apaiser une source de polémique préjudiciable à Paris et à ses habitants, quelles que soient leurs opinions politiques, il a souhaité qu'il soit mis fin au litige civil et que la Ville de Paris soit remboursée purement et simplement des montants litigieux qu'elle a manifesté l'intention de recouvrer judiciairement ». Tant de dévouement désintéressé fait sourire. Voudrait-il également rembourser ses frais de bouche, un temps épinglés ?

Mercredi, donc, Sarkozy avait de quoi être surpris et agacé par ce mauvais bruit médiatique. Toujours sans gêne, l'homme responsable des grands amalgames insécuritaires de l'été, mêlant braquage, émeutes, immigration, polygamie, excision, insécurité et nationalité, a demandé à ses ministres de ne pas céder à la « polémique systématique » et à la « confrontation stérile ». Il faudrait « redoubler de courage ».

Visiblement, Sarkozy ne comprend pas, ne comprend rien, ne comprend plus.

La France isolée
Mercredi, Sarkozy recevait également les ambassadeurs français, pour leur délivrer la bonne parole diplomatique de la France: à l'écouter, les médias sont responsables de tout, y compris des guerres passées, ou de la déstabilisation des marchés financiers ou de l'euro. Mais son cap se veut clair. Il espère beaucoup de la prochaine organisation du G8 par la France début 2011. En Europe, il rappelle les « propositions ambitieuses » de gouvernance économique commune qu'il défendra avec Angela Merkel dans les mois à venir : quel déni de réalité ! En juin dernier, Sarkozy avait dû ravaler ses grandes idées d'institutionnaliser l'eurogroup, et accepter la proposition allemande de sanctionner les Etats défaillants par la privation de leurs droits de vote au sein du Conseil européen. Une capitulation en bonne et due forme qu'il feint aujourd'hui d'ignorer !

Le timing est mauvais. La France, à l'étranger, a perdu son image. On dépeint la Sarkofrance comme une héritière du régime de Vichy. Mais on raille également ses piètres performances économiques et ses déficits publics : Baroin est allé à Berlin, mardi, faire quelques génuflexions devant son collègue allemand. Sarkozy avait appelé, en juillet dernier, à une grande convergence fiscale franco-allemande. Une façon de donner des gages de sérieux à Angela Merkel et la communauté financière. La croissance française s'est affichée à un petit 0,6% au second trimestre, quand le Royaume Uni était à 1,2% et l'Allemagne à 2,2%. Sur la fiscalité, la France est la remorque de l'Allemagne. Le problème convergence fiscale entre la France et l'Allemagne n'est pas là où l'on croit : le gouvernement allemand prévoit de taxer durement l'énergie nucléaire, et, surtout, met en place la fameuse taxe bancaire destinée à couvrir le risque prudentiel des établissements de crédit. En France, Christine Lagarde a prévenu : elle attendra le débat de l'automne sur la loi de Finances 2011.

En comparaison, la France fait pâle figure. Son plan de rigueur reste flou, mal assumé, voire contradictoire. On se rappelle les 23 milliards d'euros d'allègements fiscaux gâchés depuis 2007 par le gouvernement Sarkozy: la défiscalisation des heures supplémentaires (inutile et dangereuse), celle des intérêts d'emprunt immobiliers (inefficace et prochainement enterrée), l'exonération supplémentaire des droits de succession ou l'abaissement du bouclier fiscal (injustes et incompréhensibles), ou la réduction de TVA sur la restauration.

Vendredi, Sarkozy est allé, pour la sixième fois depuis janvier, soigner le monde agricole. Il a rendu visite à quelques brebis, dans les Alpes-Haute-de-Provence, près du fief de son fidèle Christian Estrosi. On lui avait dressé une grande tente, placé des caméras, et invité une centaine d'agriculteurs. Il dû gouter quelques produits locaux, avec la réticence qu'on lui connaît. Il a répété, quasiment mot pour mot, les mêmes constats et messages de soutien que lors de ses précédentes visites. Sarkozy radote, mais ne le réalise pas. Il a promis que les 460 millions d'euros d'aides agricoles ne seraient pas affectés par les mesures de rigueur.

Critiquant une nouvelle fois les attaques du moment, il a lâché : « Les Français ne se reconnaissent nullement dans cette agitation. La France est un pays d'équilibre et de bon sens, pas de démesure et d'excès. »

Sarkozy qui en appelle au bon sens et à la mesure... Quelle audace !

Ami sarkozyste, où es-tu ?



Crédit illustration: capture d'écran Elysée.fr

Invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1


" DSK s'impose par son absence... "

Je répondais ce matin aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 avant de prendre le chemin de La Rochelle. Bien évidemment, les sondages qui se succèdent font se lever de vrais espoirs à gauche. Ils traduisent l'attente forte qu'ont les Français d'une autre politique pour gouverner le pays. Pour moi, le meilleur candidat socialiste capable d'incarner ce renouveau en 2012, c'est Dominique Strauss-Khan. C'est pourquoi j'ai dit ce matin que la véritable rentrée de La Rochelle aura lieu en 2011, quand Dominique sera en mesure d'annoncer ou non sa candidature.






La France travaille à la convergence fiscale avec l'Allemagne. C'est François Baroin qui le disait. En juillet dernier, Nicolas Sarkozy avait publié une belle déclaration sur le sujet, ... hors sujet ? Mardi, le ministre du budget a donc rendu visite à son collègue allemand en début de semaine. De quoi s'agit-il ? La France souffrirait-elle d'un désavantage fiscal vis-à-vis de l'Allemagne ? En termes de résultats, notre voisin fait envie: une croissance double de la nôtre, une balance commerciale ultra-positive, des déficits moins importants et en réduction (4% du PIB contre 8,5%). Mercredi dernier, lors du point presse de rentrée de Luc Chatel porte-parole du gouvernement, ce dernier a expliqué que la coordination des politiques franco-allemandes pendant la crise avait permis à ces deux économies de mieux résister. Est-ce vraiment le sujet ?


Se rapprocher...
A Berlin, Baroin a expliqué : « Quelle que soit leur sensibilité politique, tous les Allemands sont d'accord, ou presque, pour affecter les surplus de recettes au désendettement. En France, non ». Le ministre est gonflé. La France jouit sans doute d'un accord plus large qu'auparavant sur la réduction des déficits publics. Le désaccord porte plus sur la répartition des efforts pour y parvenir. De surcroît, depuis 2002, tous les gouvernements de droite ont aggravé l'ampleur des déficits à des niveaux inégalés auparavant.

L'Allemagne fait envie, mais on ne se l'avoue pas : « On ne regarde pas avec envie, ni désir ni amertume » a justifié Baroin. Son chômage, hier à 5 millions, redescend sous la barre des 3 millions. En France, quelques ministres applaudissent à chaque frémissement positif du nombre de sans-emplois, alors que le chômage de longue durée, celui des jeunes, et le temps partiel contraint (avec la précarité qui l'accompagne) ne cessent d'augmenter.  On oublie que les entreprises n'ont jamais autant recruté ... de CDD.

La reprise économique outre-Rhin s'est aussi révélée très forte : la croissance du PIB est attendue à 3%, soit plus du double de celle en France (1,4%). Il faut dire que l'économie allemande profite mieux des marchés extérieurs. L'économie française reste très dépendante de la consommation des ménages. Or, sur un an, le pouvoir d'achat des ménages français a reculé de 0,4%, d'après une étude récemment publiée par 60 Millions de Consommateurs.

Bref, on a peine à comprendre en quoi la fiscalité serait le facteur-clé du succès allemand. Comme le notait Reversus, l'économie allemande est hyperspécialisée, notamment vers les exportations de biens d’équipements, et ses cycles économiques sont plus volatiles qu'en France.

Masquer les hésitations françaises

En criant ainsi à la convergence fiscale, Sarkozy cherche surtout à masquer ses propres hésitations et à donner des gages.

Le 21 juillet dernier, profitant de la venue du ministre allemand des Finances pour assister à un conseil des ministres, Nicolas Sarkozy s'était fendu d'une lettre exhortant la France et l'Allemagne à travailler à leur convergence fiscale. Cette déclaration ressemblait autant à un appel au secours qu'à une opération de diversion.

Longtemps, Nicolas Sarkozy a publiquement répété l'exemple du fameux bouclier fiscal allemand, un exemple faux, mais auquel Sarkozy s'accroche chaque fois qu'il le peut. Il n'y a pas de bouclier fiscal en Allemagne (et d'ISF non plus). Les taux de prélèvements obligatoires sont très similaires entre les deux pays: 42,8 % pour la France et 39,5 % pour l'Allemagne. Mais les comparaisons sont malaisées.

Le plan de rigueur annoncé et mis en oeuvre par le gouvernement Merkel depuis le début de l'année est-il un modèle recherché en Sarkofrance ? 80 milliards d'euros d'économies et de hausses d'impôts sur 4 ans sont prévues. Tout y passe: augmentation des cotisations d'assurances-maladie et de l'assurance-chômage, création de nouvelles taxes sur le transport aérien et l'énergie nucléaire; réduction des forces armées (avec suppression du service militaire). Mais au final, ce plan de rigueur ne doit générer « que » 11 milliards d'euros d'économies annuelles. Le niveau des déficits outre-Rhin est nettement moins préoccupant qu'en France. Sarkozy souhaiterait-il taxer l'énergie nucléaire comme Angela Merkel l'a récemment annoncé ?

En France, le « plan de rigueur » est disparate, flou, mal assumé, voire contradictoire. On rogne sur des niches, fiscales ou sociales, sans dire encore lesquelles alors que le sujet est sur la table depuis près d'un an. On annonce ces coups de rabots mais on promet de ne pas augmenter les impôts. On met en exergue des mesures financièrement symboliques (comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, soit environ 500 millions d'euros par an) alors que les enjeux - 100 milliards d'euros à économiser - sont colossaux. On assure que les prélèvements obligatoires sont trop importants, mais on feint d'ignorer qu'une grosse partie d'entre eux - l'assurance maladie - n'est qu'un transfert: que la santé soit financée par cotisations publique ou souscriptions individuelles, elle a un coût.

En matière de régulation financière, l'Allemagne a été plus discrète mais plus active auprès de ses propres institutions. Mercredi, le ministre allemand des Finances a présenté le projet de taxation des banques, dont le produit, estimé à 1,2 milliards d'euros par an, servira à gérer leur risque prudentiel. Toutes  les institutions de crédit ayant leur siège en Allemagne et surveillées la « Bafin », mais pas les compagnies d'assurances, sont concernés. Le projet de loi prévoit aussi la possibilité de nationaliser une banque au bord de la faillite, de la démanteler et de ne garder que les actifs jugés stratégiques.

« L'instauration de prélèvements sur les banques, assis sur leur bilan » avait été annoncée par la France, l'Allemagne et le Royaume Uni en juin dernier. L'Allemagne y travaillait depuis mars dernier. Mais la France, comme souvent en la matière, tarde. Primo, Christine Lagarde avait prévenu, le 22 juin dernier, que le projet français ne serait prêt qu'à l'automne, dans le cadre de l'examen de la loi de Finances. Secundo, les ambitions étaient plus modestes : Lagarde évoquait en juin quelques centaines de millions. Tertio, le gouvernement français a bien l'intention, à ce stade, de récupérer les éventuelles recettes de ce nouveau prélèvement pour financer ses déficits publics. En Allemagne au contraire, la taxe bancaire abondera un fond de stabilisation du secteur.

Au final, Sarkozy cherche à nous divertir. Après avoir un temps déstabilisé le couple franco-allemand en privilégiant une ouverture diplomatique tous azimuts (Union pour la Méditerranée, rapprochement franco-britannique, etc), le président français a changé son fusil d'épaule. Il n'a surtout plus le choix.


Cacher son impuissance
Mercredi, pour sa journée de rentrée, Nicolas Sarkozy recevait les ambassadeurs, pour la traditionnelle Conférence des Amabassadeurs, la 28ème du genre. Cet exercice est toujours savoureux. Sarkozy y plaida pour un « véritable gouvernement économique de l'Union », jugé « nécessaire et même indispensable ». En décembre dernier, le président français avait tout fait, avec d'autres, pour que l'Union se dote d'un président insignifiant. Mais le voici qui rappelle désormais que « la France et l'Allemagne ont fait des propositions ambitieuses », « que nous allons mettre en oeuvre prochainement. »  Le chef de Sarkofrance fait référence au compromis, minable pour lui, qu'il a du avaler/accepter en juin dernier.

On se souvient en effet du clash franco-allemand, en juin dernier, quand Angela Merkel souhaitait que l'Europe n'accorde des aides financières aux Etats nécessiteux qu'à condition d'un contrôle de leurs budgets. La chancellière n'en démordait pas, au point d'annuler à la dernière minute un dîner de travail avec Sarkozy à Berlin. Le président français voulait, lui, institutionnaliser davantage l'eurogroup, avec un secrétariat permanent, voire une présidence tournante qu'il se voyait bien assumer. In fine, Nicolas partit à Berlin et ravala ses grandes idées. Angela avait eu raison de son projet de gouvernance économique. Il fut même contraint d'accepter le principe de sanction (sous forme de privation de droits de vote au Conseil européen) contre les Etats européens aux finances défaillantes. On comprend mieux les belles déclarations sur la convergence fiscale !

Pire, depuis des mois, la Commission européenne émet des doutes récurrents sur la faisabilité des promesses de redressement budgétaire émises par le gouvernement français. Il faut dire que Sarkozy avait mal démarrer son mandat quand, à peine élu, il était allé réclamer (et obtenir) un délai supplémentaire d'un an pour rétablir le déficit français sous la barre des 3% du PIB. Trois ans et une crise plus tard, en juin dernier, le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires avait critiqué les prévisions de croissance (2,5% dès 2011) et des rentrées fiscales du gouvernement Sarkozy.

Aujourd'hui, l'objectif premier n'est donc finalement que de recouvrir un minimum de crédibilité, tant vis-à-vis de l'Allemagne que des marchés financiers et des agences de notation. Et quoi de plus efficace que de s'afficher le plus près possible du grand gagnant européen de la reprise mondiale. Le véritable message de François Baroin, à Berlin, était que la Sarkofrance était décidée à mener une cure d'amaigrissement...




Hier, Nicolas Sarkozy recevait ses ministres pour un conseil de rentrée. Il pouvait être agacé. Son premier ministre le snobe, les sondages sont mauvais, les polémiques reprennent comme si l'été n'avait servi à rien. Eric Besson a beau confirmé de nouveaux charters de Roms, François Baroin faire le rigoureux chez son collègue allemand des Finances. Le Figaro pouvait claironner que le chômage avait baissé de 14 400 sans-emplois en juillet (alors que le nombre de chômeurs à temps partiel augmente) Rien n'y fait.

Sarko, seul en ligne
On en sait un peu plus des coulisses de Brégançon de vendredi dernier. D'abord, Nicolas Sarkozy a décommandé Eric Woerth à la dernière minute. On s'interrogeait sur l'absence de ce dernier, alors qu'il est en charge de l'un des dossiers les plus chauds de la rentrée - la réforme des retraites - et que ce même dossier participe pleinement au plan de rigueur gouvernemental.

En fait, à en croire le Canard Enchaîné, Sarkozy ne voulait pas être pris en photo avec son fidèle ministre qu'il a fini par trouver un peu trop imprudent: l'affaire Sérigny, du nom de ce conseiller « bénévole », inquiète beaucoup l'Elysée, en attendant d'éventuelles révélations sur Sébastien Proto, le (très) jeune dircab du ministre très (trop) actif dans la libéralisation des marchés en ligne.

Ensuite, Nicolas Sarkozy n'aurait pas apprécié la distance prise par son premier ministre. Depuis qu'on le dit sortant, François Fillon se sent zen. Il a franchi allègrement le cap des 3 ans, sans être grillé comme un fusible. Relégué au rang de simple « collaborateur » depuis mai 2007, il jouit de la relative popularité sondagière qui sied si bien à ceux qui ne responsables de rien. Depuis le discours de Grenoble, Fillon s'est soigneusement abstenu de participer à l'inefficace surenchère sécuritaire. Vendredi, il s'est pointé sans cravate, en pantalon blanc et veste bleu à col Mao, tandis que Nicolas Sarkozy s'était contraint à un austère costume/cravate qui le changeait de ses photos mal rasé et transpirant en bras de chemises prises durant l'été près du Cap Nègre. Il fallut attendre mercredi pour attendre le démenti : François Fillon portait une « forestière », « élégante veste de ville qui oublie le costume » d'après son fabricant français.

Suprême affront, Fillon a organisé mardi une réunion impromptue et imprévue à l'agenda officiel sur le thème des Roms, avec Brice Hortefeux (Intérieur), Éric Besson (Immigration), et Pierre Lellouche (Affaires européennes), à l'issue de laquelle il a déclaré par communiqué interposé: « la lutte contre l'immigration irrégulière ne doit pas être instrumentalisée de part et d'autre. La tradition humaniste de la France va de pair avec le respect de ses lois par tous ceux qui se trouvent sur son territoire ». Et paf !

Mercredi, Eric Besson s'est incrusté dans la réunion avec deux ministres roumains que Brice Hortefeux avait invités. La « guéguerre » de position entre Besson et Hortefeux se poursuit plus que jamais. « Il n'y a pas de reproche fait par les Roumains » a expliqué le ministre de l'identité nationale. C'est faux, vu les déclarations roumaines de l'été. Glissement sémantique, les Roms sont devenus les Roumains. Près de 14 000 ont été expulsés depuis janvier, 8 000 de façon contrainte, 6 000 volontairement. On croyait que la France ne comptait que 15 000 gens du voyage. Les chiffres sont allègrement manipulés sans que cela ne gêne personne...

Nicolas Sarkozy avait pris de la distance depuis l'échec des élections régionales. Mais le voici plus que jamais seul devant tous. Mercredi, sans rire, l'homme responsable de la grande salade sécuritaire mêlant braquage, émeutes, immigration, polygamie, excision, insécurité et nationalité a demandé à ses ministres de ne pas céder à la « polémique systématique » et à la « confrontation stérile ». Il faut « redoubler de courage ».

Effectivement, il lui faudra du courage.

Bettencourt : le Sarkogate se confirme
L'affaire Bettencourt a enfin repris son cours. Mardi 24 août, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt a de nouveau été entendue par la brigade financière à la demande du procureur de Nanterre Philippe Courroye, dans le cadre de l'enquête préliminaire pour « atteinte à la vie privée ». Le procureur cherche à savoir si Françoise Meyers-Bettencourt, fille de Liliane, a payé des anciens collaborateurs de sa mère pour l'aider dans son procès contre François-Marie Banier.

Mais les véritables rebondissements sont ailleurs. Selon Hervé Gattegno sur lePoint.fr, le procureur de Nanterre souhaite désormais interroger personnellement Eric Woerth. Au programme, ses relations avec Patrice de Maistre, les conditions de l'embauche de son épouse par ce dernier et l'accusation de trafic d'influence.

Cet été, deux révélations sont venues ajouter au trouble : primo, le jeune directeur de cabinet d'Eric Woerth est en fait un proche ami du beau-fils de Patrice de Maistre, Antoine Arnault. Selon nos informations, il aurait même passé ses vacances de l'été 2009 dans une villa louée par la famille Arnault en Corse. Autre fait, le rôle d'Eric de Sérigny, conseiller « bénévole » et occulte d'Eric Woerth, est également un « ami de 40 ans » de Patrice de Maistre. Hervé Gattegno révèle également qu'Eric de Sérigny a été entendu par la police, « en toute discrétion » la semaine dernière.

Voici donc deux relations proches du ministre également proche du principal protagoniste de l'affaire Woerth/Bettencourt.

Si Eric Woerth a toujours minoré ses relations avec Patrice de Maistre, il avait sans doute raison sur un point : il a nié avoir été l'initiateur de l'attribution de la Légion d'Honneur à Patrice de Maistre. Et, effectivement, le Canard Enchaîné a livré mercredi une petite bombe : les enquêteurs sont allés chercher le dossier de Légion d'Honneur de Maistre à la Grande Chancellerie. Et qu'ont-ils trouvé ? Que la demande initiale émanait ... du cabinet du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy en mars 2007 (en l'occurence Laurent Solly, également directeur de campagne). Pour celles et ceux qui suivent de près l'affaire Bettencourt/Woerth/Sarkozy depuis le début, cette date est adorable. Le 26 mars 2007 fut la première date mentionnée par l'ex-comptable de Liliane Bettencourt comme celle d'un dépôt d'espèces à l'équipe de campagne Sarkozy pour la campagne du candidat. Cette première demande de Légion d'honneur pour Patrice de Maistre sur le quota du ministère de l'intérieur est « incongrue »: un homme d'affaires, banquier ou entrepreneur n'a rien à faire dans le périmètre du ministère de la sécurité publique... A moins... à moins qu'il y ait d'autres contre-parties.

En mai, après l'élection présidentielle, la demande est rapatriée de l'Intérieur au ministère du Budget pour être traitée par Eric Woerth. Patrice de Maistre obtient sa décoration le 14 juillet 2007.  La cérémonie de décoration de la Légion d'honneur par Eric Woerth était initialement prévue le 19 novembre 2007, ... deux jours après l'entrée en fonction de Florence Woerth chez Clymène. Une cérémonie finalement reportée le 23 janvier 2008 à cause du décès d'André Bettencourt.

Roland Branquart, l'autre conseiller
Mercredi 25 août, Mediapart reprend aussi l'affaire, et dévoile le rôle de Roland Branquart, conseiller d'Eric Woerth (mais combien de conseillers a donc Eric Woerth ??) à travers une société de communication et de lobbying, Euro 2C. L'homme a même ouvert un blog, peu actif depuis avril 2010.

Roland Branquart a travaillé pour Eric Woerth, il y a longtemps, quand ce dernier dirigeait l'ADO (Agence de développement de l'Oise), « poste pour lequel il s'octroyait de généreuses augmentations de salaires » rappelle Mediapart, mais aussi pour d'autres personnalités politiques de droite comme André Santini, Renaud Donnedieu de Vabres, Raymond Barre (en 1988), Edouard Balladur (en 1995), et Jacques Chirac (en 2002). En 2007, il a été condamné pour «complicité de prise illégale d'intérêts» dans une affaire d'obtention de marchés publics dans l'Oise alors « dirigée » par le RPR Jean-François Mancel, ancien mentor local d'Eric Woerth. Cette condamnation fut recalée par la Cour européenne de Justice pour vice de forme en juin 2010.

En juin 2007, Roland Branquart a à nouveau loué ses services à Eric Woerth pour sa campagne législative. L'année suivante, il retrouve Eric Woerth, mais de l'autre côté de la barrière: il conseillait une société britannique de pari en ligne, Betfair. Cette société avait comme actionnaire minoritaire Bernard Arnault. Le fils de ce dernier, Antoine Arnault , est un proche de Sébastien Proto, directeur de cabinet... d'Eric Woerth. Roland Branquart vient plaider la cause de Betfair et son « exchange betting », une forme particulière de paris où la cote est fixée par les parieurs et non le site. Betfair, malgré l'insistance du gouvernement, sera retoquée dans la loi sur la libéralisation des paris en ligne finalement adopté en avril dernier.

Le deal Sarko-Chirac
Il y a quatre semaines, nous révélions les troubles tractations à l'oeuvre entre Chirac et Sarkozy. Le premier souhaitait que l'UMP assume le paiement des conséquences financières d'une éventuelle condamnation à l'issue de son procès pour les emplois fictifs de la Marie de Paris. Le second hésitait. Puis le Canard Enchaîné mentionna que le deal était conclu : Sarkozy lui-même l'avait imposé à ses proches. Il craint trop une nouvelle guerre des droites. Dans son édition du 25 août, le Canard Enchaîné détaille.  Les affaires de Jacques Chirac  la Mairie de Paris sont en passe d'être réglées: à son prochain Conseil municipal fin septembre ou mi-octobre, la mairie de Paris soumettra le protocole transactionnel.

L'UMP sera le dindon de la farce: elle perdra 1,65 millions d'euros au passage, et un peu plus de crédibilité morale. La Mairie de Paris récupère son du, contre l'abandon des poursuites. Et le grand Jacques, contre un versement « personnel » de 550 000 euros, évite un procès humiliant.

Mercredi 25 août, lors de son point presse à l'issue du conseil des ministres de rentrée, Luc Chatel n'a pas voulu confirmer l'existence de cet accord. « Il faut s'adresser à l'Ump, au parti majoritaire. »

Ben voyons...



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