Infolinks In Text Ads

Nucléaire : les révélations atomiques du rapport Roussely

Mardi, le président français a livré ses propres décisions de réorganisation de la filière nucléaire française. Il se basait sur un rapport demandé à François Roussely, vice-président Europe du Crédit Suisse et président d'honneur d'EDF. Un rapport aux conclusions étonnantes, qui révèle l'ampleur des non-dits des autorités françaises sur le sujet.

Sarkozy ne tranche pas
Cette mission avait été commandée après l'échec retentissant du camp français à Abu Dhabi en décembre dernier: malgré les efforts déployés par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, la France avait été recalée pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de 1400mégawatts chacun, pour un montant total de 20,4 milliards de dollars (14,11milliards d'euros), au profit d'un consortium sud-coréen dirigé par le groupe d'électricité Kepco, associé à Hyundai, Samsung et au japonais Toshiba-Westinghouse. La mésentente entre Areva et EDF avait été pointée du doigt.

 Mardi, Sarkozy a tenu un «conseil de Politique Nucléaire», pour délivrer, ensuite, quelques annonces. un « accord de partenariat stratégique entre EDF et AREVA couvrant l'ensemble de leurs domaines d'activité d'intérêt commun» , une augmentation de capital d'Areva d'ici la fin de l'année (de 15%), et, sous réserve d'évaluation ultérieure, l'entrée au capital d'EDF dans Areva. La consanguinité de la filière nucléaire française se portera mieux. Sarkozy ne tranche pas. Il ne convainc pas. Il s'amuse juste, une fois de plus, à un exercice de jacobinisme industriel anachronique et partiel. Areva fabrique des centrales, EDF les exploite. A l'exportation, les deux peuvent avoir des intérêts contradictoires. Le fabricant français a perdu un actionnaire de référence l'an dernier, l'allemand Siemens, qui détenait 34% du capital. Et, comme le rappelait Gilles Bridier sur Slate.fr, «en dix ans, le poids de l'industrie française dans les exportations européennes a chuté de 25%.»

Sarkozy suit ainsi les recommandations du rapport Roussely, et cherche à accommoder les deux opérateurs. Sur le fonds, le nucléaire français va mal, et c'est bien ce qui ressort du rapport Roussely : l'EPR n'est pas compétitif, cette nouvelle technologie est hors de prix et surtout aucun EPR n'est toujours en fonctionnement. Vendredi EDF annonçait d'ailleurs que le chantier de Flamanville aurait 2 ans de retard supplémentaire, pour un surcoût de ... 1,4 milliards d'euros.

Les non-dits du rapport Roussely
L'Elysée n'a pas publié l'intégralité du rapport Roussely. C'est donc sur la base de sa synthèse que le compte-rendu qui va suivre a été établi. Certains non-dits sont étranges.

1. «EPR est parmi les meilleurs modèles de troisième génération et le produit cœur, voire
unique pour le moment, de notre industrie nucléaire. » En d'autres termes, la filière française n'a rien d'autre à proposer au marché mondial que cet engin coûteux et encore mal contrôlé. Ce constat sonne comme un désaveu des propos présidentiels: depuis 2007, Sarkozy défend avec force les réacteurs de troisième génération, comme en février 2009, lors d'un déplacement à Flamanville, où il annonça la construction d'un second EPR en France.

2. Roussely reconnaît les difficultés de l'EPR: pour partie, ce modèle pêche par sa conception initiale : «La complexité de l’EPR résultant des choix de conception, notamment du niveau de puissance, de l’enceinte, du récupérateur de corium (core catcher) et de la redondance des systèmes de sécurité est certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts

3. Le handicap est doublement sérieux : non seulement aucun EPR ne fonctionne correctement à ce jour, mais de surcroît, l'EPR n'est pas compétitif. L'auteur l'explique en ces termes sibyllins : «des modèles plus petits que l’EPR semblent plus conformes aux attentes de certains clients. Il convient donc de compléter l’offre française et de disposer de plusieurs familles de produits compétitifs sur le marché international. »

4. Au niveau mondial, il n'existe pas de règlementation commune en matière de sûreté : «Les règles de sûreté sont actuellement définies au niveau de chaque Etat, contrairement à d’autres secteurs d’activité pour lesquels l’exigence de sécurité est aussi très importante (aéronautique, par exemple). » (page 15). La «nouvelle» est incroyable. «Il y a le monde à conquérir en matière d'énergie» déclarait Sarkozy en février 2009. Depuis 2007, il s'est fait le chantre de l'exportation de notre technologie nucléaire un peu partout dans le monde, et, en particulier auprès de multiples régimes autoritaires. Une technologie dont le moindre accident peut dévaster des générations entières. Et voici qu'au détour d'un paragraphe d'un rapport jugé stratégique, on obtient la confirmation officielle qu'aucune norme de sûreté reconnue au niveau mondial n'existe. Et que propose Roussely ? «La seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sûreté.» Surtout, pas trop de normes de sûreté ! Elles pourraient gêner les ventes ..

5. L'auteur du rapport livre même une recommandation que d'aucuns jugeront inquiétante : «En France, il convient que l’État définisse un modus vivendi équilibré avec l’Autorité de Sûreté, c’est-à-dire réaffirme le rôle régalien qu’il ne devrait pas abandonner à une autorité indépendante.» En d'autres termes, François Roussely déconseille à l'Etat de confier la vérification de la sûreté de ses installations nucléaires à un autorité indépendante. Il précise d'ailleurs son propos : «L’exercice du droit et du devoir de communication de l’ASN concerne des sujets complexes et est particulièrement délicat. Il convient d’éviter que des événements de portée très limitée conduisent à jeter une suspicion injustifiée sur l’ensemble d’une  technologie. » En langage non diplomatique, François Roussely explique ici qu'il faudrait que l'ASN soit plus discrète parce qu'elle ne semble pas mesurer la portée de ses propos... Loin de considérer que la sûreté des installations nucléaires est un prérequis indispensable au développement de la filière, l'ancien patron d'EDF ose écrire que ce sujet est une question avant tout politique: «La question du risque nucléaire acceptable, ou plus généralement du risque technologique acceptable, est un débat de société à part entière pour lequel la ou les réponses à donner sont naturellement du rôle du Politique.»

Des normes internationales de sûreté inexistantes, une filière otage d'une technologie mal sécurisée et coûteuse, des leaders nationaux qui se disputent, le sujet est atomique. Pourquoi donc Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas commandé ce rapport plus tôt ?


http://www.wikio.fr
Fichue semaine. Tout est bon pour sortir de l'affaire Bettencourt, et ses révélations en cascade.  Nucléaire, Andorre, Roms, et, le clou du spectacle, le couple infernal immigration-insécurité. Cette semaine Nicolas Sarkozy était ailleurs, focalisé sur sa propre survie, omnibulé par sa propre phobie, celle de voir emporter l'oeuvre d'une vie, son mandat, par d'obscures révélations sur ses trafics de financement politique.

Lundi, Sarkozy devait confirmer le décès de Michel Germaneau, otage français détenu par une branche maghrébine d'Al Qaida, dont la mort avait été annoncée la veille. 5 jours après une intervention militaire ratée des forces mauritaniennes soutenue par la France, cette nouvelle fait tâche. La presse africaine critique la réaction française. On aurait pu imaginer une attitude simplement triste mais indignée. Avec Sarkozy, c'eût été insuffisant. Il fallait qu'il en rajoute. Le chef de Sarkofrance n'a pu s'empêcher d'appeler aux représailles, tout en livrant ce constat curieux: depuis le 12 juillet, l'otage était condamné, son assassinat était «programmé». On est à peine surpris. Sarkozy n'assume pas ses échecs, il lui faut des excuses. Mardi, son premier ministre recadrait les propos présidentiels : «la France ne pratique pas la vengeance.» Le cowboy Sarkozy ira jouer ailleurs. Dès lundi midi, les conseillers du président lâchaient quelques éléments de langage à certains journaux. On put ainsi lire dans le Point que Sarkozy a toujours «pris ses responsabilités», et que Michel Germaneau aussi, «en allant voyager seul dans un pays à risque.» 

Toute la semaine, Nicolas Sarkozy a fait comme si l'affaire Woerth n'existait plus. Mardi, il tentait de clarifier l'organisation de la filière nucléaire, en vain: voulant jouer au Meccano industriel, il a surtout évité de trancher la question du leadership entre l'exploitant EDF et son fournisseur Areva. Il se basait sur un rapport de François Roussely, ancien patron de l'électricien national. Ce dernier officialise quelques constats inquiétants : la filière française est otage d'une technologie onéreuse et pas fonctionnelle, l'EPR. Aucune norme de sûreté internationale n'existe. Comme un coup du sort, EDF confirmait jeudi que la construction de l'EPR de Flamanville, célébrée en grandes pompes en février 2009, prendrait deux années de retard: la nouvelle facture s'élève désormais à 5 milliards «environ», contre 3,3 milliards initialement prévus. Dans son rapport, Roussely suggère donc à la filière française de se diversifier avec des «modèles plus petits» que l'EPR, si elle veut gagner des marchés à l'étranger. Plus inquiétant, il recommande à l'Etat de maîtriser l'Autorité de Sûreté Nucléaire, car, dit-il, la sûreté nucléaire est avant tout une question de débat politique et que des exigences trop fortes nuiraient au commerce : «la seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sûreté.»

Mercredi, Nicolas Sarkozy tenait cette détestable réunion sur les gens du voyage et les Roms, sans aucun de leurs représentants, à l'Elysée. S'attaquer à la délinquance étrangère, voici son nouveau credo du moment. Et la communauté gitane et Rom est la cible idéale. La France manque de lieux de campements, malgré la loi Besson il y a 10 ans. En sortant de cette réunion, Brice Hortefeux s'est précipité pour annoncer les mesures du moment : la chasse est ouverte. Cent cinquante campements illégaux, sur 300, seront fermés, et les gens du voyage sans papier seront expulsés. Ces annonces furent l'occasion d'un florilège de dérapages verbaux dont on finit par avoir l'habitude de la part de certains ténors de l'UMP. En commentant la réunion, Luc Chatel lança : «On a beau être rom, gens du voyage, parfois même français au sein de cette communauté, eh bien on doit respecter les lois de la République.» Le lendemain sur RTL, Brice Hortefeux lui emboita le pas avec : «beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes.» 

Vendredi, le chef de Sarkofrance était à Grenoble, où de violents affrontements entre policiers et truands avaient marqué les esprits. Le nouveau préfet, un ancien policier, avait pris ses fonctions la veille. Des policiers et leurs familles ont été menacés de représailles. On attendait Sarkozy sur le terrain de la lutte contre le banditisme. Mais sur place, il a réussi à jouer de tous les amalgames: mêlant immigration et insécurité, le président français n'avait pas de mots assez forts pour relancer son sujet préféré. La Sarkofrance est en guerre, une «guerre» contre «les trafiquants, contre les voyous», «une guerre nationale.» Une guerre dont les soldats, policiers ou gendarmes, voient leurs effectifs fondre, remplacés par des caméras de videosurveillance: «Qui peut penser que c'est quelques îlotiers supplémentaires qui pourront éradiquer les trafiquants, les caïds et les trafics ?» a répliqué Sarkozy.

Vendredi, devant une assistance choisie dans un salon de la préfecture de l'Isère, le patron de l'UMP a voulu multiplier les annonces: extension des peines plancher «à toutes les formes de violences aggravées», du bracelet électronique aux criminels multi-récidivistes «pendant quelques années après l'exécution de leur peine», création d'une peine incompressible de 30 ans pour tout assassin de policier ou de gendarme, et... déchéance de nationalité française pour toute «personne d'origine étrangère» en cas d'atteinte volontaire à la vie d'un policier ou d'un gendarme. Quel niveau d'ancienneté dans la citoyenneté française faudra-t-il justifier pour éviter le bannissement ? Il suggéra aussi que l'acquisition de la nationalité française ne soit plus «automatiquement» accordée à un mineur délinquant né en France de parents étrangers. La transition fut parfaite pour parler d'immigration clandestine. Sarkozy réclama une évaluation des droits et «prestations auxquels ont aujourd'hui accès les étrangers en situation irrégulière». Puis il lâcha cette phrase, un vieux cliché tiré tout droit d'un discours du Front National: «Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu'une situation régulière et légale.» Quelle différence reste-t-il entre Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy ? L'un n'a jamais gouverné, l'autre est au pouvoir depuis 8 ans.

La campagne présidentielle est bel et bien lancée... pour le meilleur et pour le pire. Sarkozy choisit l'outrance pour rebondir, et faire oublier les affaires qui l'accablent.

Les sales affaires du président
On commence enfin à s'interroger sur l'évasion fiscale de «l'ami Guy» Wildenstein, fondateur de l'UMP et donateur très actif. Le Karachigate n'a pas finit de livrer ses secrets. Et l'affaire Bettencourt se poursuit. A l'Elysée, on voudrait croire que les Français s'en fichent.

Dimanche, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt s'est longuement et mal expliqué dans les colonnes du Journal du Dimanche: «Il faut que tout cela s'arrête !» s'exclamait-il. L'hebdomadaire Marianne avait révélé samedi qu'Eric Woerth et Patrice de Maistre prenaient bien un «café» ensemble le 19 janvier 2007. La veille, le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune rencontrait Claire Thibout, pour, selon l'agenda de cette dernière, « donner enveloppe qui donnera à Patrice ». Et trois semaines auparavant, le 21 décembre, Liliane Bettencourt souhaitait retirer 500 000 euros en liquide auprès de Dexia.

La séquence est troublante.

Lundi, des policiers sont donc venus interroger Liliane Bettencourt à son domicile de Neuilly-sur-Seine. Les deux heures d'entretien n'ont pas servi à grand chose : «Je ne me souviens pas» a-t-elle répété à plusieurs reprises. Ses rares souvenirs concernaient un dîner avec le couple Woerth il y a deux ans, et deux donations à Renaud Donnedieu de Vabres et Eric Woerth. La milliardaire semble  amnésique. En revanche, son ancien personnel de maison (majordome, comptable et même femme de chambre) n'a pas perdu la mémoire. Mme Dominique Gaspard, elle aussi interrogée par la police et elle aussi licenciée par Patrice de Maistre quand elle témoigna de l'emprise de François-Marie Banier sur l'héritière de l'Oréal, a été très explicite. Elle s'est notamment souvenue de cette séquence où elle dut faire répéter et apprendre par coeur à Liliane Bettencourt une courte déclaration pour Nicolas Sarkozy avant que la milliardaire ne le rencontre début 2008. Lundi soir, les policiers ont à nouveau auditionné l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, soi-disant pour avoir des explications sur les 400 000 euros qu'elle a reçus de Françoise Meyers-Bettencourt en 2007. Son avocat crie au harcèlement. L'Elysée tente de décrédibiliser Claire Thibout.

Jeudi, le ministre du Travail a eu droit à son audition. Traitement de faveur, les policiers sont venus l'interroger. Eric Woerth est resté 8 heures avec eux, histoire de faire croire que l'affaire est close. Comme si la durée d'une audition avait un quelconque rapport avec la vérité des faits. D'ailleurs, aucune nouvelle preuve n'a été avancée. Eric Woerth a simplement récusé une nouvelle fois les accusations de conflits d'intérêts et de financement politique illégal portées contre lui. Comme pour faire craquer un à un les témoignages gênants pour la cause Woerth, les policiers ont à nouveau placé Patrice de Maistre en garde à vue dès le lendemain. Il fallait, dixit l'avocat de Maistre et la police, «confronter» certaines de ces précédentes déclarations à celles de la veille d'Eric Woerth.

Parallèlement, la piste d'un arrangement entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy se précise. Nous évoquions voici quelques semaines que Sarkozy résistait à l'idée de rembourser à son prédécesseur les éventuelles pénalités financières infligées à Jacques Chirac à l'issue de son procès pour les emplois fictifs de la Maire de Paris. Jacques Chirac, via son entourage, se serait gentiment vengé en lâchant, ou faisant lâcher, quelques gentilles bombinettes, comme certaines révélations de l'affaire Bettencourt sur un éventuel financement politique illégal de la campagne de 2007. Mercredi dernier, le Canard Enchaîné a révélé l'existence d'un accord, non confirmé, entre Chirac et Sarkozy. Le président de l'UMP, et accessoirement de France, aurait accepté le deal.

Et le gouvernement ? Le gouvernement travaille... à sa survie. George Tron, ministre de la Fonction Publique a du réagir, en urgence, à la crainte de voir un afflux de retraites anticipées chez les mères fonctionnaires de 3 enfants : à compter de 2011, les candidates subiront une décote de retraite, avant la fermeture complète du dispositif en 2012. Dans les hôpitaux et à l'Education nationale, on s'inquiète de l'afflux de demandes d'information. On craint des dizaines de milliers de départs en retraites, alors que les postes ouverts à des recrutements sont bien inférieurs. On découvre aussi que le coût faramineux pour l'Unedic du recul de l'âge de la retraite, 265 millions d'euros par an pour couvrir la durée supplémentaire d'indemnités au chômage pour les seniors sans-emploi.  Et cela n'est pas près de s'améliorer: en juin, le nombre de demandeurs d'emploi de 50 ans et plus sans aucune activité a progressé de 1,7%. Christine Lagarde, elle, a dû livrer l'une de ces expressions dont elle a le secret : la hausse de 0,4% en juin est la preuve d'«une stabilisation selon le schéma de la tôle ondulée»... Les chômeurs de longue durée (+0,9% ce mois-ci) apprécieront. En deux ans, plus de 900 000 personnes supplémentaires se sont inscrites à pôle emploi...  La promesse d'accalmie par le PDG de l'entreprise France, le 25 janvier dernier sur TF1, est bien loin: 4,2 millions de personnes ont déclaré une période d'inactivité en juin en métropole.

Mardi, après le dernier conseil des ministres de la saison, Nicolas Sarkozy s'échappera enfin en vacances. Il était temps.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
 
http://www.wikio.fr

" On va encore parler de Lyon ! "

Le temps est venu pour moi de prendre quelques jours de vacances en famille avant de préparer la rentrée. D'ores et déjà je vous invite à noter les grands événements qui, en septembre, vont faire parler de Lyon et contribuer à son rayonnement international.


Je pense bien sûr à la Biennale de la Danse (cliquer ici), 14e et dernière édition placée sous la direction de Guy Darmet qui fut à l'origine de cette grande manifestation populaire, en 1984. Puis, du 17 au 19 septembre, Lyon accueillera les équipes de France et d'Argentine pour les demi-finales de la prestigieuse Coupe Davis ! On se souvient  de la fabuleuse victoire des Français emmenés par Yannick Noah, en 1991, contre les Etats-Unis. Comment oublier la ferveur du public lyonnais reprenant, avec le coach des Bleus, les paroles de "Saga Africa" ? Espérons que le Palais des Sports de Gerland soit, cette fois encore, favorable aux hommes de Guy Forget et de Lionel Roux.

Après la danse, puis le tennis mondial, Lyon se mettra à l'heure de la réflexion dans le cadre du 2e Forum Libération. Placé sous l'item "Planète Durable", ce grand forum citoyen se tiendra à l'hôtel de ville et à l'opéra du 24 au 26 septembre. Près d'un quart de siècle après le rapport Brundtland, la question de la "soutenabilité" de notre modèle de développement reste posée. La fin des grandes idéologies du XXe siècle et la crise du capitalisme financier interrogent l'avenir de notre humanité. Comment retrouver la voie d'une croissance juste et équitable ? Comment réussir la transition écologique ? Quel dialogue inventer pour un nouvel humanisme en ce XXIe siècle  ?

Fondamentalement, nous avons besoin de construire une planète durable. Venez nombreux à ces débats qui mettront en scène des dizaines d'invités prestigieux. Vous pouvez vous inscrire directement en ligne sur le site du Forum de Lyon (cliquer ici).

Avant de vous retrouver dès la rentrée, je vous souhaite de passer de très bonnes vacances. Je pense aussi à celles et ceux qui ne partent pas, quelles qu'en soient les raisons. Comme je l'écrivais dans mon précédent billet, Lyon est devenue une ville agréable et vivante pour tous, toute l'année. Excellent été à vous tous !

Sarkozy joue au Monarque en Andorre

Une visite princière dans un paradis fiscal, un fidèle ministre Woerth ntendu 8 heures par la police, une comptable harcelée 8 fois par un procureur, un arrangement Chirac-Villepin que l'on ne commente pas... les vacances approchent en Sarkofrance.

Sarkozy, coprince pour quelques heures
Jeudi, Nicolas Sarkozy se déplaçait en Andorre dont il est, en tant que président de la République française, le co-prince. On attendait de savoir si Andorre, aux yeux du chef de Sarkofrance, n'est plus un paradis fiscal. Il a simplement salué les «progrès» de la principauté, pendant un discours d'une petite quinzaine de minutes: «la transparence n'est pas contraire à l'identité andorrane. Les progrès que vous avez réalisés sont considérables. La compétitivité fiscale personne ne peut vous le reprocher, la fraude fiscale c'est autre chose.» Andorre a déjà été retirée de la liste grise des paradis fiscaux de l'OCDE. Elle a signé 17 accords d'échange d'informations fiscales, notamment avec la France, l'Espagne, le Portugal, l'Argentine et les Etats du Nord de l'Europe. Pourtant, comme le rappelait Rue89, le réseau Tax Justice Network, «lui attribue encore un score de 83% d'opacité financière.» Qu'importe ! Sarkozy, en Andorre, était fier de s'exprimer en tant que coprince. Il fut prévenant à souhait: « La principauté n'est pas une entité folklorique». Son emphase fut parfois gênante : «les 7 collines de Rome sont entrées dans la légende. Il devrait en être autant des 7 paroisses d'Andorre. Elles symbolisent la permanence et l'indépendance de la principauté ». Ou encore: «Andorre n'est pas seule. Elle a des amis, elle a des coprinces.» Ah ! Si la France pouvait suivre cet exemple ! Sarkozy a aussi parlé «nouvel équilibre», «nouveau modèle de capitalisme plus juste, plus solide», « transparence des activités financières» et « lutte contre les paradis fiscaux» .

Vendredi, Sarkozy se rend à Grenoble, pour «installer» le nouveau préfet. Une belle mise en scène est prévue, avec une rencontre «informelle» avec des policiers, puis à 12h40, juste avant les journaux télévisés de 13h, un discours sur l'insécurité. Depuis la publication du 3ème rapport de la Cour des Comptes sur les frais de l'Elysée, on sait que ce type d'opérations coûte entre 60 et 130 000 euros en dépenses de communication pour le filmage du président français.

Woerth entendu, mais pas écouté.
Eric Woerth a donc été entendu par la police, jeudi dès 9H30 du matin. Le procureur de Nanterre avait de son côté ouvert lancé la police sur un nouveau motif d'enquête, le versement de 400 000 euros par Françoise Meyers-Bettencourt à l'ancienne comptable de ces parents en 2007. Jeudi matin à l'aube, le domicile de la fille Bettencourt était d'ailleurs perquisitionné, sans que la police n'y trouve grand chose. Le jeu du procureur s'éclaircit : en saucissonnant le «Woerthgate» en une multitudes de micro-affaires, il pourra plus facilement en prononcer quelques classements sans suite sur certaines d'entre elles et masquer l'essentiel. Le 21 juillet dernier, dans son interview au Figaro, Philippe Courroye laissait d'ailleurs entendre cette possibilité. On devine alors que l'Elysée se saisira de ces décisions pour noyer le poisson. Jeudi, Eric Woerth a eu droit au même traitement de faveur que Liliane Bettencourt : la brigade financière s'est déplacée pour venir l'auditionner. Mais à la différence de l'héritière de l'Oréal, l'audition fut particulièrement longue. Elle s'est achevée vers 16h45. Sans surprise, le ministre a récusé les accusations de conflit d'intérêt et de financement politique illégal: non, il n'est «à aucun moment n'est intervenu pour que son épouse soit embauchée»; il a aussi «nié avoir reçu un quelconque financement politique qui eut été non conforme à la loi». Ce résumé, de 8 heures d'audition, réalisé par l'avocat d'Eric Woerth, fut bien court et très général.

Parallèlement, l'avocat Alain Gillot a dénoncé le nouvel interrogatoire qu'a du subir Claire Thibout, l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, trois jours auparavant: «J'entends aussi Eric Woerth dire son impatiente d'être entendu, eh bien, ma cliente, elle, est impatiente d'en finir avec ces auditions qui perturbent sa vie de façon considérable et lui causent un préjudice majeur. Elle a le sentiment de pouvoir être convoquée à tous moments, y compris comme lundi soir sur des choses qu'elle a déjà dites, c'est tout simplement inacceptable.» Pourquoi a-t-elle été cette fois-ci interrogée ? La police s'interroger sur les 400 000 euros qu'elle a perçu de la fille de Mme Bettencourt en juillet 2007. Cette information fut d'ailleurs la seule qui fut opportunément fuitée à la presse après l'audition de la milliardaire lundi 26 juillet. Comme s'il fallait à tout prix décrédibiliser les accusations de Mme Thibout. L'explication fut limpide : François Meyers-Bettencourt lui avait demandé de témoigner contre François-Marie Banier. Claire Thibout lui demanda de prévoir une indemnité de licenciement, au cas où Liliane Bettencourt la virerait en représailles.

Cette nouvelle journée judiciaire fut évidemment occultée par la grande affaire du moment : la lutte contre l'insécurité chez les Roms et gens du voyage. Après une réunion à huit-clos mais fortement médiatisée mercredi après-midi à l'Elysée, des annonces répressives fracassantes dans la foulée, Brice Hortefeux s'est répandu dans les médias sur son plan d'action. La diversion fut parfaite !

Le deal Chirac-Sarkozy.
Le soupçon d'un «deal» entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy à propos de la prise en charge de l'amende que l'ancien président craint de devoir payer dans l'affaire des emplois fictifs à la Mairie de Paris est parvenue (enfin) jusque dans les colonnes du Canard Enchaîné. L'hebdomadaire l'a évoqué mercredi. Depuis, les ténors de l'UMP sont gênés aux entournures. Lors de son habituel point presse après le conseil des ministres le même jour, Luc Chatel a eu beau jeu de refuser de répondre au motif que cela ne concerne pas le gouvernement. Xavier Bertrand a été plus véhément: «Je ne l’ai pas lu, le Canard, parce que je ne me précipite pas dessus pour le lire. Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne commente pas les rumeurs et les potins du Canard Enchaîné. On ne va pas faire une actu à partir de ça». Et il ajouta: «Le Canard Enchainé, ce n’est pas le journal officiel de la République française.» Curieusement, Dominique Paillé, son porte-parole, usa des mêmes termes : «Le Canard Enchaîné, c'est le Journal Officiel de la République française ?»

Jeudi, il ne fallait donc pas parler de l'affaire Woerth, ni des combines de l'UMP. L'actualité sarkozyenne était faussement riche : paradis fiscaux, gitans, ou insécurité, le menu était bien défini. Et les 8 heures d'audition d'Eric Woerth étaient comme le dernier effort d'un coureur du Tour de France pour emporter la victoire: que la France oublie et passe à autre chose.


http://www.wikio.fr

Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
envoyé par Mediapart. - L'info video en direct.


http://www.wikio.fr
Il n'y a pas que l'affaire Bettencourt pour nous révéler des surprises. Alors que Sarkozy s'agite comme un cow-boy contesté après la mort de l'otage français détenu par Al Qaida depuis lundi, son gouvernement est bien en peine de justifier certains effets de sa politique.

Comment déstabiliser les services publics
L'information peut sembler paradoxale : le gouvernement s'attend à des départs massifs en retraites dans la Fonction Publique. En fait, il s'agit de l'une des conséquences du projet de réforme des retraites. Les mères de 3 enfants avec 15 ans d'ancienneté ne pourront prochainement plus partir à la retraite de façon anticipée. Début juillet, Eric Woerth et son ministre de la fonction publique George Tron avaient précipitamment décalé la suppression de cet avantage.

En 2008, 16 000 femmes avaient bénéficié de cette faculté. A compter de 2011, les candidates subiront une décote de retraite, avant la fermeture complète du dispositif en 2012. L'hôpital et l'éducation nationale sont les deux secteurs les plus concernés, car les professions d'infirmiers, d'aides-soignants et d'enseignants sont très féminines. La Fédération hospitalière de France s'inquiète de l'afflux de demandes d'information. Parmi les enseignants, les syndicats estiment à 25 000 le nombre de personnels concernés l'an prochain, dont la moitié environ dans le secteur primaire. Or seulement 3 000 postes sont ouverts au recrutement l'an prochain dans les écoles primaires...

Interrogé sur RMC mardi matin, George Tron tentait de désamorcer la polémique naissante : selon lui, la précédente réforme de 2003 affectant la fonction publique n'avait générer que «10 à 15% de départs supplémentaires» l'année suivante, et, surtout, les fonctionnaires bénéficieraient de 200 millions d'euros pour leurs revalorisations salariales l'année prochaine. Quelle carotte ! On se souvient que le gouvernement a annoncé en juin dernier que le point d'indice de revalorisation des fonctionnaires serait gelé à compter de 2011...

A propos des retraites, on ne découvre qu'aujourd'hui l'existence d'une note de simulation de Pôle emploi sur l'impact financier sur les comptes de l'assurance chômage d'un recul du départ de l'âge de la retraite. La simulation avait été faite à la demande du Medef... en novembre dernier ! Et il ressort que les quelques 9 500 chômeurs ayant 65 ans qui ne pourraient pas partir en retraite cette année coûteront 80 millions d'euros d'indemnités supplémentaires à l'Unedic pour la première année. En rythme de croisière (67 ans pour une retraite sans décote), ce relèvement coûtera 265 millions d'euros en année pleine. On n'a pas souvenir que ce surcoût été mentionné dans la présentation financière communiquée par Eric Woerth le 16 juin dernier.


Comment déstabiliser les collectivités locales
Les collectivités locales vont désinvestir: merci qui ? Merci Nicolas ! L'observatoire des finances locales prévoit une baisse des investissements des régions et des départements dès 2010 à cause de l'effet conjugué de la crise, de la suppression de la taxe professionnelle et du gel annoncé de la dotation de l'Etat aux collectivités locales. « Selon les prévisions inscrites aux budgets primitifs, les dépenses d'équipement des départements devraient reculer de 2,2 % et celles des régions de 3,4 % » écrit-il dans un rapport tout juste publié. La montée en charge du RSA et de l'APA est également pointée du doigt. Globalement, les dépenses sociales ont progressé de 5,3% en 2009, alors que les recettes fiscales ont baissé. Les conclusions de l'OFL sont sans équivoque: «Les départements sont confrontés à un effet de ciseau, entre d’une part des recettes au dynamisme ralenti, et d’autre part des dépenses sociales en forte croissance et sur lesquelles leurs marges de manœuvre sont très limitées. Après plusieurs années de dégradation, leur situation financière s’avère délicate, voire difficile pour quelques uns. » Seules les communes, qui représentent la moitié de l'investissement public local, s'en sortent mieux.

Le rapport souligne que si les dépenses de fonctionnement sont «contenues», voire, dans le cas des département, en baisse,  «la hausse des dépenses d’action sociale des départements est en partie structurelle.» En effet, le vieillissement de la population fait croître régulièrement le coût et le périmètre de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), à plus de 1 millions de bénéficiaires l'an dernier pour coûter plus de 5 milliards d'euros en 2010 (+6% versus 2009). Plus globalement, les dépenses dites d'intervention désormais assumées par les régions, départements et communes s'élevaient à 58 milliards d'euros en 2009: là encore, les transferts de l'Etat sont directement désignés: «la montée en charge des compétences transférées entraîne une très forte progression au cours de ces dernières années pour ce premier poste de dépenses courantes (+ 32,8% depuis 2004). »

Autre précision d'importance, les dépenses de personnel des régions «évoluent depuis plusieurs années au rythme des transferts de personnels, essentiellement en provenance de l’Éducation nationale. Elles sont en hausse de 14,2%, ce qui est faible comparé aux évolutions des années précédentes. Les régions ont accueilli la majeure partie des personnels transférés en provenance de l’État sur les années 2006 à 2008, et ces dépenses ont été multipliées par 4 en 4 ans. » Avant, pendant et après la campagne des élections régionales, l'UMP et le gouvernement ont eu beau jeu de dénoncer la hausse des dépenses de personnel des collectivités locales. Le rapport rappelle que cette hausse provient des derniers transferts de personnel de l'Etat (15 000 fonctionnaires de l'Education nationale encore transférés en 2009 aux départements). Depuis 2005, quelques 130 000 fonctionnaires ont ainsi été passés sur le budget des départements.

Côté recettes, les concours financiers de l'Etat représentent 28% des ressources des collectivités locales. Contrairement à l'Etat, ces dernières sont soumises à une règle d'or, l'équilibre de leurs comptes. A compter de 2009, le périmètre de ces concours a été élargi, afin de prendre en compte les derniers transferts et la modification prochaine de la fiscalité locale. Pour la période 2009-2011, leur montant est désormais indexé sur l'inflation. Il s'élève à 97 milliards d'euros en 2009 (en hausse de 1,1 milliards versus 2008), et à 98 milliards en 2010. L'effet de ciseau se précise : la crise augmente les besoins sociaux, mais les recettes, tant fiscales qu'émanant de l'Etat, stagnent: «Globalement amorcé en 2007, confirmé en 2008 et 2009, le resserrement des marges de manœuvre des collectivités locales s’amplifie en 2010 et devient préoccupant.»

Comment déstabiliser la police
Lundi soir, on apprenait qu'un contrat avait été placé sur la tête des policiers de la Brigade Anti-Criminalité de Grenoble. Les policiers concernés et leur famille auraient été enjoints de quitter la région. « Elles visent ce service en général et des collègues en particulier. On peut même parler de contrats. Cela émane de gens agissant dans un contexte mafieux qui considèrent la BAC comme une bande rivale » a confié un policier du cru au Parisien. Des armes, et pas n'importe lesquelles, ont été découvertes lundi, à Grenoble dans un bar du quartier de la Villeneuve : un pistolet-mitrailleur Uzi, deux pistolets de calibre 9 mm et un autre de calibre 7,65. Est-ce la guerre ? Un syndicaliste policier rappelle qu'«à partir du moment où c'est un bandit chevronné qui est mort sur cette intervention, le milieu du grand banditisme et les bandes veulent venger sa mort

Dès mardi matin, François Fillon dénonçait: «Cela montre la violence d'un banditisme qui doit être combattu de la façon la plus extrême. Cela montre d'ailleurs le caractère très vain des polémiques sur les affaires de police de proximité. (...) On est en face de gens extrêmement dangereux, extrêmement violents et donc nous allons donc devoir répondre avec une extrême détermination. On met les familles qui sont menacées à l'abri mais on met en même temps beaucoup de moyens pour retrouver les auteurs de ces menaces; ils seront arrêtés et ils seront déférés à la justice.» Le premier ministre est gêné. Son gouvernement a réduit, et continue de réduire, les effectifs de police et de gendarmerie. Pourtant, depuis des années, les violences aux personnes ne font que progresser.

Face à cette progression de l'insécurité, Sarkozy n'a semble-t-il qu'une réponse : virer les préfets locaux les uns après les autres, et mettre la pression sur les autres, primes au mérite à l'appui. Il a confirmé mardi le remplacement de celui de l'Isère, après celui de Seine-Saint-Denis (en avril dernier).

Mercredi, il tenait sa fameuse réunion sur les gens des voyages et Roms. On ne reviendra pas sur cette curieuse habitude sarkozyenne qui consiste à communiquer (parfois) sur son agenda personnel: cette réunion est purement intra-gouvernementale. Aucun représentant des gens du voyage n'a été convié. A son issue, le ministre de l'intérieur a annoncé plusieurs mesures, comme la fermeture de 300 camps illicites. Qui est illicite ? Les campements sauvages ou les mairies sans places d'accueil ? Les Roms coupables d'atteintes à l'ordre public ou de fraudes seront «quasi-immédiatement» reconduits en Roumanie ou en Bulgarie. Enfin, Brice Hortefeux a promis que 10 inspecteurs des impôts iront «contrôler la situation des occupants.» Dix, pas plus... Hortefeux a cette formule brillante de sous-entendus: «En effet beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes.» Beaucoup de nos compatriotes sont aussi surpris de la persistance de certaines déclarations d'un ministre de la République déjà condamné.


Comment déstabiliser l'emploi
Les statistiques du chômage à fin juin ont été publiées, et elles sont, comme souvent, mauvaises. On oublierait presque la promesse du PDG de l'entreprise France, un lundi 25 janvier 2010 devant 11 Français sur un plateau de TF1: vous allez voir, le chômage va baisser. Quand ? On ne sait pas. Il n'avait pas précisé. La reprise est donc plus que timide. Tout le monde, sauf le gouvernement, le prévoyait. Au 30 juin, seul le contingent des demandeurs d'emploi de catégorie A (c'est-à-dire sans aucune activité dans le mois) a diminué d'un modeste 0,3%. Globalement,  près de 3,958 millions de personnes ont déclaré une période d'inactivité en juin en métropole, en hausse de 0,4%, pour atteindre un solide 4,2 millions si l'on ajoute l'outre-mer. Même le chômage de longue durée progresse. Merci qui ?
Christine Lagarde, la ministre de l'économie a livré une de ses formules dont elle a le secret : le marché du travail français est dans «une stabilisation selon le schéma de la tôle ondulée, qui est due à une situation de croissance économique qui devrait s'améliorer au second semestre». Avec la crise, on a oublié que la loi TEPA d'août 2007 a toujours un effet désastreux sur l'emploi : en défiscalisant les heures supplémentaires, Sarkozy a fait coup double : en 2008, il a précipité la dégradation de l'emploi intérimaire et à durée déterminée, les entreprises profitant de l'effet d'aubaine de cette défiscalisation pour sacquer le personnel temporaire. Depuis le début de l'année, la timide reprise les conduit à privilégier les heures supplémentaires aux détriments des recrutements.

Merci qui ?

http://www.wikio.fr

A Saint-Nazaire, autopsie d'un discours populaire de Sarkozy

Vendredi 23 juillet, Nicolas Sarkozy s'est rendu auprès d'ouvriers des constructions navales de l'entreprise STX, à Saint-Nazaire, dont l'Etat est devenu actionnaire à 33% voici 2 ans. La presse s'est faite l'écho de quelques bribes de son discours sur place. Ecouter in extenso Nicolas Sarkozy est toujours instructif. On y retrouve les tics immuables, le narcissisme qui se cache sous les «moi, je» à répétition, le phrasé qui mange les mots et multiplie les fautes de grammaire pour faire populaire. Sarkozy sur un chantier ou dans une usine, c'est toujours un spectacle. Une espèce de Bigard du Fouquet's en visite de terrain. Voici donc les meilleurs extraits, approximations grammaticales incluses, de cette intervention d'une vingtaine de minutes, vendredi sur une estrade en contre-plaqué.
«D'abord, mes premiers mots seront pour évoquer la mémoire de vos camarades qui sont morts dans des conditions particulièrement tragiques sur la passerelle du Queen Mary... euh... c'était à l'époque du chantier de l'Atlantique... mais c'était les mêmes hommes, les mêmes femmes...»

Pour débuter, Sarkozy joue l'émotion. L'accident du Queen Mary date, mais c'est toujours utile, dans un discours, de miser sur l'affectif. Ensuite, le président français justifie son retard à revenir sur place : «je suis venu 4 fois ici. Une fois pour lancer un méthanier, et puis déjà deux fois dans des circonstances extrêmement difficiles. (...). Je sais très bien qu'ici vous aimez votre métier. (...) Lorsque je suis venu en 2008, c'est très simple, y avait plus une commande. Personne ne voulait croire en l'avenir des chantiers.» Il faut louer la France ouvrière. la politique industrielle de sarkofrance s'incarne avant tout dans les discours:  «On n'est plus un grand pays si on ne sait plus fabriquer des trains, des avions, des bateaux.» Ou encore : «Si on ferme un chantier, la mémoire industrielle, la mémoire ouvrière, le savoir faire ouvrier, c'est mort

Puis Sarkozy rappelle l'entrée de l'Etat au capital de STX à l'époque. «Dans notre pays, on ne croit plus aux mots, on croit aux décisions. Je vous avais dit que nous le ferions, on l'a fait.» Encore heureux, devrait-on ajouter : l'entrée minoritaire au capital ne dépendait que de ... lui ! Surtout, il omet de rappeler que les deux tiers de l'entreprise sont désormais aux mains de Coréens.

Sarkozy ajoute : «Une fois qu'on est devenu propriétaire et qu'on a mis 110 millions, c'est pas tout. L'entreprise, elle peut pas rester une coquille vide...Il faut du boulot. Il faut des commandes. Y avait pas de clients...» Tiens, c'est vrai ça... Qui va faire venir les clients ?
«Ensuite, je voudrais remercier M. APonte (...) qui voulait commander un bateau... Mais y avait pas une banque pour le financer ! Pas une ! Pas une ! (...). Donc qu'est-ce qu'on a fait... avec la Coface, avec l'Etat, Monsieur APonte peut en porter témoignage... On lui a prêté l'argent, on lui a garanti l'argent pour qu'il y ait ce bateau que vous puissiez construire... Et ça fait deux bateaux, sûrs,... puisque le contrat est signé aujourd'hui même... pour vous.»
Gianluigi Aponte, le PDG de MSC Croisières, venait de signer, le matin même, la commande d'un bateau de croisière, baptisé Fantastica, le plus gros paquebot européen du moment. Effectivement, le marché est si sinistré, que l'Etat a dû mobiliser Coface et banques françaises (Crédit agricole CIB, BNP Paribas et Natixis) pour débloquer les financements. Les ouvriers peuvent travailler, mais sous perfusion. Depuis deux ans, les périodes de chômage technique se sont multipliées.

«Troisièmement, les Lybiens nous ont commandé un autre bateau... Ils ont même versé les premiers acomptes.» Un autre bateau, un paquebot de croisière également, a été commandé en un temps record par l'armateur libyen GNMTC. A l'Elysée, on met cette commande miracle sur le compte du «développement constant des relations franco-libyennes dans tous les domaines, conformément au souhait des deux chefs d'Etat». Elle «illustre les liens croissants qui unissent la France et la Libye».  On se souvient de la visite de Khadafi, en décembre 2007, peu après la libérations des infirmières bulgares (en juillet 2007). Au nom de la real-politik, et au prix d'une promesse de soutien militaire et de partage de savoir-faire nucléaire, la Sarkofrance s'était mariée avec l'encombrante Libye. Combien de nucléaire la France a-t-elle promise pour sauver les chantiers coréens de STX ?

«Quatrièmement, avec nos amis russes, vous allez fabriquer les deux BPC... Le contrat, on est en train de le négocier, mais la décision de le faire, elle est certaine. Ca fait du travail pour les chantiers. ca résout pas tous les problèmes» ajoute-t-il en balayant l'air d'un revers de main: «ça résout pas le problème des bureaux d'études, car naturellement, si c'est un BPC, les études, elles sont déjà faites... et ca résout pas le problème des sous-traitants... je veux leur dire qu'on les oubliera pas...»
Nos amis russes ? L'armée russe n'a pas encore commandé deux bâtiments «BPC», des navires servant au transport de troupes. Un conseiller du président a confié, en «off», que la décision préoccupe :  « Ce dossier est très politique. Il inquiète les États-Unis et d'anciennes républiques soviétiques ». Ce serait la première fois qu'un pays membre de l'OTAN vend du tel matériel militaire à la Russie. Mais ça, devant une centaine d'ouvriers du chantier, Nicolas Sarkozy n'allait pas l'avouer. Samedi, les autorités russes sont venues tempérer l'enthousiasme sarkozyen : le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Vladimir Vissotski, a expliqué qu'il fallait que la France cède sur un point majeur pour l'achat de deux navires militaires : le transfert de technologie.

«Mais c'est pas tout.. Parce que ça, ça veut dire qu'on est sorti de la crise des chantiers... enfin, de STX.»

Sarkozy a-t-il bien lu ses fiches ? Un plan de départs volontaires de 351 personnes (sur 2 350 postes) est toujours en cours. Seuls 175 salariés y ont répondu. L'entreprise l'a prolongé jusqu'en octobre. En entendant, d'autres subissent toujours le chômage partiel. Le président n'en a cure. Il demande au chantier de penser à l'avenir.

«Il faut maintenant qu'on prépare l'avenir et qu'on aille plus loin. (...) jouer à fond la diversification de STX». Sarkozy insiste sur le terme. «C'est notamment tout ce qui concerne les énergies renouvelables maritimes... (...) Et nous allons vous aider à investir pour que vous puissiez vous diversifier.» Sarkozy évoque ensuite les parcs éoliens maritimes. Ensuite, il rappelle que le grand emprunt a prévu de faire construire «des démonstrateurs des navires du futur.» Employer l'argent public pour construire des lubies présidentielles ne choque personne.
 
Des commandes incertaines, un plan social en cours, mais Sarkozy promet toujours: «nous ne fermerons pas notre industrie de la construction navale. (...) On n'a pas fait tout le chemin ensemble pour envisager la fermeture des chantiers de STX.»

On approche de la conclusion. Petit exercice narcissique. On croit rêver. On ne rêve pas.

«Dernier point, parce que dans la vie, il faut avoir un minimum de courage... Quand j'ai dit j'vais venir pour les voir car ça fait deux ans que j'suis pas venu... et j'avais dit que j'reviendrai tous les ans... Il sourit... Donc... euh... ça commençait à faire long... des années euh... (il écarte les bras) ... j'veux qu'vous compreniez que pour moi, c'est un plaisir de venir. mais ça ne servait à rien que j'vienne avant qu'on ait ces décisions

On voit où il veut en venir, les retraites et la pénibilité.


«Je reviendrai régulièrement, car cette entreprise, j'y suis très attaché, et j'suis persuadé qu'on peut en faire un fleuron. On est fiers de vous ! (...). Alors quand j'ai dit, les décisions sont prises, je viens, on m'a dit: c'est pas le moment. Ah ? En France, c'est jamais le moment. Soit y a des élections, soit y va y en avoir, et là il y avait la réforme des retraites. Moi j'pense qu'il faut expliquer les choses. Il faut pas fuir. On a des problèmes considérables de déficit, de compétitivité et moi je pense qu'on ne résout pas les problèmes en les évitant» lâche-t-il, les doigts tendus et écartés.

«C'est pour ça que j'ai rencontré vos organisations syndicales et je les remercie d'ailleurs du climat de la visite. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que je comprends bien qu'ici vous aimez tous votre métier mais c'est un métier pénible... enfin, pénible, qu'on me comprenne... c'est pas un métier pénible, parce qu'il est pas... passionnant. Y en a pas un seul qui vient ici en trainant les pieds, parce que tout le monde est fier de son métier. C'est pénible parce que physiquement c'est dur

 Il répète: «physiquement c'est dur. Et donc dans le cadre de la réforme des retraites je sais parfaitement que la pénibilité c'est quelque chose qui vous préoccupe ici. (silence). C'est vrai. On a fait avancer les dossiers sur deux sujets. D'abord tout ceux d'entre vous qui ont commencé à travailler avant leur 18 ans, on les laissera partir à la retraite comme c'était prévu

... C'est-à-dire après 44 ans de cotisations pour avoir une retraite pleine.

«Et deuxièmement, tous ceux qui ont eu du fait de leur métier une invalidité à 20%, ils partiront à la retraite sans changement.» On parle de ... 10 000 cas par an. «Je voudrais d'ailleurs dire que pour tous ceux qui sont touchés par l'amiante, y aura aucun changement.» Par cette dernière phrase, Sarkozy concède, comme prévu, un assouplissement des règles de sa réforme. «On va avoir des discussions pour ceux qui ont été exposés à l'amiante mais n'ont pas été touché. Je sais bien qu'il faut que je tranche cette question-là. Je ne le ferai pas aujourd'hui.» Ah, il y a des limites au courage, n'est-ce-pas ?.

«J'ai demandé une expertise sur le sujet. je veux pouvoir y réfléchir.» Réfléchir aux ravages de l'amiante ? Nicolas Sarkozy nous surprendra toujours. Il continue:

«Parce que mon but c'est quand même une chose... C'est que chacun d'entre vous quand le moment de la retraite sera venu, il puisse se dire je pars à la retraite, j'ai cotisé toute ma vie, on va me payer ma retraite. Or aujourd'hui, il ne peut pas se le dire..; ça c'est quand même un problème qui se pose à moi. Moi, je veux pouvoir me regarder dans la glace, et pas avoir menti.»

Pas un mot sur le bouclier fiscal, l'effort disproportionné demandé aux salariés, surtout modestes. Sarkozy ne s'arrête pas.
«J'essaierai d'être juste sans remettre en cause l'équilibre général de la réforme. Je veux pouvoir terminer mon mandat avec ce dossier r-é-g-l-é. Chacun pourra dire on n'est pas content, il nous fait travailler plus... d'accord... mais r-é-g-l-é. ouais, ouais..; je sais bien que c'est plus facile de dire aux gens de travailler moins que de travailler plus... Mais le jour où on part, s'il n'y a pas d'argent dans la caisse pour payer les retraites, à ce moment-là, vous les Français, nous les Français, on demandera des comptes
Sarkozy, le fier-à-bras, n'a pas pu résister. Un belle déclaration va-t-en-guerre sur le registre bien connu du «moi, j'suis cap'!». Sur place, aucun ouvrier ne bouge. Certains tiennent leurs téléphones pour filmer le moment. D'autres tournent le dos, derrière Sarko.

Sarkozy précise : «Je l'dis pas pour avoir votre soutien, je l'dis parce que personne n'aurait compris que j'en parle pas. Et j'ai beaucoup de défauts, mais pas celui de la lâcheté. Je respecte les opinions de chacun. Mais vous avez un travail à faire... Ce travail, il est dur. Le mien aussi. Mais je l'fais. Voilà.» Voilà ? Voilà. Pour un peu, la réforme des retraites aurait dû prévoir une mesure de départ anticipé pour le Président de la République. Pour Sarkozy, être président, c'est un travail, un «job». Le chef de Sarkofrance s'affiche depuis toujours comme le PDG de l'entreprise France, mais se comporte comme un actionnaire : «invirable» (à la différence d'un PDG).
«Tout à l'heure y a un ouvrier qui m'a dit, vous voyez, on vous accueille bien.. Bon, j'croyais que c'était moi qui l'avais amené le beau temps.»
A Saint-Nazaire, Sarkozy n'a pas effectivement pas apporté le beau temps. Juste une petite annonce, électorale celle-la. Assouplir la règle qu'il a édicté pour prendre en compte la pénibilité pour quelques cas flagrants comme l'amiante.

Après 21 minutes et 11 secondes de monologue, Sarkozy s'en alla. Pas de question pour l'assistance. Seules quelques photos mettront en scène un président impopulaire discutant avec des ouvriers.




http://www.wikio.fr
Voici, en écho à un précédent billet, un rappel en images sur l'affaire Wildenstein.


La succession Wildenstein, une future affaire Woerth ?
envoyé par politistution. - L'info video en direct.

http://www.wikio.fr

Otage, fisc ou Bettencourt, lundi pourri pour Sarkozy

Il venait de recevoir des coureurs du Tour de France, l'ambiance était presque à la fête. Puis, patatras ! On apprend dimanche soir qu'un otage français aurait été exécuté dans le Sahel après une intervention militaire ratée. La semaine démarre mal. Lundi, il faut confirmer le décès, sans preuve qu'il n'est pas mort d'une autre cause. Et le feuilleton Bettencourt se poursuit, avec l'audition de la milliardaire deux heures durant par la police. Il ne manquait plus qu'un mauvais bilan des contrôles fiscaux pour la journée soit véritablement pourrie.

La mort d'un otage
Lundi, Nicolas Sarkozy a confirmé l'assassinat de l'otage français Michel Germaneau, au Sahel. Il a parlé d'acte «barbare», qui ne restera pas «impuni». Que veut-il dire ? Va-t-il envoyé les forces spéciales buter quelques terroristes d'Al Qaida dans le désert ? L'information du décès de l'otage français avait été annoncée par la branche maghrébine d'Al Qaida, dans un enregistrement sonore diffusé dimanche. La nouvelle est rude pour le gouvernement français qui avait apporté son soutien logistique à une opération militaire malienne la semaine dernière. «Je condamne cet acte barbare, cet acte odieux qui a fait une victime innocente qui aidait les populations locales» a ainsi commenté le chef de Sarkofrance lundi, dans une courte déclaration de 5 minutes diffusée sur Elysee.fr. Pour justifier l'échec de l'opération militaire de la semaine dernière, Sarkozy a expliqué que Michel Germaneau était sous le coup d'un ultimatum depuis le 12 juillet dernier (coïncidence des dates, c'était le jour de sa propre prestation télévisuelle), qui «était sous le coup d'un ultimatum qui n'était que l'annonce d'un assassinat planifié». Le Monarque cherche-t-il une excuse ? Il ajoute que : «Il était condamné à une mort certaine

Rapidement, la communication élyséenne s'est mise en branle. Dès la mi-journée, lundi, le journaliste Jean Guisnel, pour le Point, publiait un billet élogieux sur la détermination sarkozyenne: «Comment Nicolas Sarkozy est passé à l'action». Il faut prouver, démontrer que le président français n'avait rien laissé au hasard. La mort d'un otage, c'est un coup dur pour un pouvoir, quel qu'il soit. Et surtout quand elle est annoncée après l'échec d'une opération de survie. A lire Guisnel, on apprend ainsi que Sarkozy «écoute tout le monde, entend les arguments et descend profondément dans les détails opérationnels », , et que «lorsque les arguments ont été analysés, le Président tranche». on se croirait assis dans la salle de réunion de crise de l'Elysée. Si l'on avait pas compris combien Sarkozy a été prudent dans cette affaire, le journaliste explicite: «Dans le cas de l'intervention de jeudi dernier, le risque a été pesé. Nicolas Sarkozy a pris en personne la décision de faire intervenir la trentaine de militaires français qui ont été engagés sur le terrain». Si l'on n'avait pas compris combien Michel Germaneau n'avait pas été prudent d'après les proches du président, le journaliste explicite encore: «Dans cette affaire, tout le monde a pris ses responsabilités. Michel Germaneau l'a fait en allant voyager seul dans un pays à risque, élément qu'il ne convient pas d'occulter.»

La diplomatie française a décidément du mal.  Le site Wikileaks vient de publier 91 000 documents militaires américains prouvant l'ampleur de la sale guerre qui se déroule en Afghanistan. Si l'administration américaine a vivement réagi, la France est mouillée. Contrairement à ses promesses de candidat, Nicolas Sarkozy a renforcé l'effectif militaire français présent sur place. Divers incidents impliquant l'armée française ont été repérés dans les documents publiés par le site américain.

Contrôle fiscal contre conflit d'intérêt.
Lundi, en France, quelque part à Neuilly-sur-Seine, Liliane Bettencourt était interrogée à son domicile par la brigade financière. Cette dernière a même pu perquisitionner. L'avocat de l'héritière de l'Oréal a évoqué sa condition physique pour justifier l'absence de garde à vue, alors que son ancienne comptable Claire T, comme d'ailleurs quatre autres collaborateurs de Mme Bettencourt, n'a pas eu cette clémence du procureur de Nanterre.

Coïncidence des dates, le quotidien économique les Echos a choisi de le commenté le jour même le rapport annuel de la Direction générale des finances publiques publié la semaine dernière. François Baroin, le ministre du Budget, l'avait promis voici 15 jours au plus fort des premières révélations sur l'affaire Bettencourt-Woerth.

Les contrôles fiscaux n'ont «rapporté» que 14,7 milliards d'euros en 2009. C'est 500 millions d'euros de moins qu'en 2008. On s'attendait à un résultat bien supérieur, compte tenu de l'emphase donnée à la chasse à la fraude fiscale par le gouvernement cette année-là. Surtout, comme nous le rappelions le 1er juillet dernier, le taux de recouvrement est habituellement largement inférieur à 100%. Même s'il est trop tôt pour le connaître sur cet exercice, on peut l'estimer à 40%. En 2008, il avait même chuté à 37%, contre 43% les années précédentes.

A lire le rapport annuel de la Direction générale des finances publiques, on découvre quelques informations utiles :

1. Le nombre de contrôles fiscaux est stable (51 615). Le nombre de plaintes pour fraude fiscale est très faible : 939 en 2009, un chiffre à comparer au 36,4 millions de déclarations de revenus émanant des particuliers et 4,2 millions de sociétés imposables. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2008 (992) et 2007 (972). Dix pour cent des 124 000 agents du fisc sont dédiés au contrôle fiscal.

2. Les contrôles sur pièces, c'est-à-dire dans les bureaux du fisc sur la base des éléments transmis par les contribuables, ont permis d'identifier 4,8 milliards d'impôts manquants (contre 5,6 milliards d'euros en 2008). Les contrôles sur l'ISF n'ont générés que 257 millions d'euros de droits rappelés, contre 273 millions en 2008, et 270 millions en 2007.

3. Les contrôles sur place ont généré 7,6 milliards d'euros de rappel d'impôts, auxquels s'ajoutent 2,3 milliards d'euros de pénalités.

4. Le fisc a enregistré 3,78 millions de réclamations contentieuses, dont 20 000 au titre du bouclier fiscal. Des chiffres stables depuis 2007.

5. Les mesures liées au plan de relance, et arrachées sous la contrainte des manifestations du 29 janvier 2009, peuvent être chiffrées ainsi : 5,5 millions de foyers ont bénéficié d'un allègement d'impôts sur le revenu : 4,36 millions de foyers fiscaux bénéficiaires se situaient dans la tranche d'IR à 5,5%; 1,08 millions dans la tranche à 14%. Et 162 000 foyers ont bénéficié d'un étalement du paiement du solde de leur IR sur 6 mois.

6. Dernière information politiquement sensible, la cellule administrative mise en place le 20 avril 2009 pour les évadés fiscaux désireux de régulariser leur situation avant le 31 décembre 2009 n'a attiré que 3 500 contribuables, ayant «déclaré vouloir régulariser leur situation pour un montant d'avoirs placés à l'étranger de l'ordre de 6 milliards d'euros.» La DGFP précise ensuite : «les droits régularisés sont chiffrés à à cette date à 700 millions d'euros.» La récolte est modeste, surtout si on la compare aux sommes récupérées en Italie (5 milliards d'euros en 2009).



http://www.wikio.fr

Sarkozy : ses trois affaires de financement politique

C'est sans doute la vraie question du weekend : Eric Woerth tiendra-t-il encore longtemps au gouvernement ? Samedi dernier, l'hebdomadaire Marianne a lâché une nouvelle révélation, la preuve d'un rendez-vous entre Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et Eric Woerth, alors trésorier de l'Ump et de la campagne du candidat Nicolas Sarkozy en janvier 2007. On savait déjà que quelques jours auparavant, la milliardaire avait tenté de retirer 500 000 euros en liquide auprès de Dexia. Patrice de Maistre répondait le lendemain, dans un longue interview au JDD.

Un problème ? Ce n'est pas la seule affaire d'argent qui menace la Sarkofrance.


De Woerth à Sarkozy
«Il faut que tout cela s'arrête !» s'est exclamé Patrice de Maistre. Faut-il continuer à tirer sur l'ambulance ? Au vu du développement de cette affaire, comme d'autres, la réponse devrait être catégorique : oui, évidemment. Samedi dernier, Marianne révélait donc qu'Eric Woerth et Patrice de Maistre prenaient un «café» ensemble le 19 janvier 2007. Les témoignages concordent et livrent une séquence troublante:
1. Le 21 décembre 2006, Liliane Bettencourt souhaite retirer 500 000 euros en liquide. Dans son interview au JDD, de Maistre dénonce le fantasme, et explique que «la maison Bettencourt affiche un train de vie extraordinairement élevé (...). Je ne m'occupais pas de l'argent personnel des Bettencourt mais je remarque qye ce retrait important semble intervenir à quelques jours de Noël.»
2. Dans l'agenda de Claire T., l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, était fait mention du rendez-vous suivant, le 18 janvier 2007 à 13H30: « Patrice de Maistre, RV Mme Bettencourt », suivi d’une flèche indiquant sur la page de droite : « pour donner enveloppe qui donnera à Patrice ».  De Maistre confirme.
3. La comptable a aussi noté, à la date du 19 janvier, 8h30: « Patrice et trésorier». Et comme le souligne Marianne, le même rendez-vous avec Eric Woerth est mentionné dans l'agenda de Patrice de Maistre saisi par la police.

Patrice de Maistre confirme cette séquence. Mais sa réponse est alambiquée. Jugez plutôt : «Résumons : nous avons rendez-vous le 18 à 12h30 avec "Mme T et Mme B". Le 19 janvier 2007 à 8 heures je prends un café avec "Eric W". Les banques ouvrent à ma connaissance vers 9 heures... et le 20, le cahier indique que "Mme T" remet 100 000 euros à M. Bettencourt.» Patrice de Maistre commet une erreur : primo, Claire T. a témoigné avoir remis 50 000 euros le 18, et non le 19. Inutile donc d'attendre l'ouverture des banques.

Dans sa défense, Patrice de Maistre explique que Claire T. a intérêt à l'accuser : il a rompu le contrat de prestations informatiques avec l'entreprise de son mari, en 2003; il l'a licencié, sur ordre de Mme Bettencourt; et, de surcroît, Mme Claire T. a reçu 400 000 euros de la fille de Liliane Bettencourt en juillet 2007. Comment expliquer que l'ex-comptable, malgré des dizaines d'heures d'interrogatoires devant la police et même une juge, a maintenu et répété ses affirmations ?

Eric Woerth ne trouvera qu'un motif de satisfaction dans cette interview : si Patrice de Maistre confirme bien qu'il a rencontré Florence Woerth à la demande de son mari quelques mois avant l'élection présidentielle, il précise cependant: «Eric Woerth ne m'a pas demandé d'embaucher sa femme.» Il ajoute: «j'ai engagé une femme compétente pour une mission précise qu'elle a bien remplie.» Lundi, Eric Woerth devrait être entendu par la brigade financière, tout comme Liliane Bettencourt. Il lui faudra démentir à nouveau.

De Karachi à Paris
En 1995, ni l'UMP ni son Premier Cercle de donateurs n'existaient. Le RPR (Rassemblement Pour la République) avait une trésorière occulte, Louise-Yvonne Casetta, auprès de laquelle le jeune Eric Woerth, pas encore sarkozyste, avait fait ses premières armes, et, depuis 1993, un trésorier officiel, Eric Woerth. Ce dernier s'occupait du financement de la campagne de Jacques Chirac. Dans l'autre camp, chez Balladur, on cherche des financements, puisque les caisses du parti gaulliste lui sont fermées.

Il y a un an, l'enquête sur l'attentat de Karachi, qui coûta la vie à 14 personnes dont 11 ingénieurs français de la DCN, a pris un nouveau tour. En résumé, l'avocat des familles de victimes accuse Sarkozy et Balladur d'avoir perçu des rétrocommissions dans le cadre de la vente de sous-marins nucléaires à l'automne 1994. Le Karachigate peut commencer. Le juge anti-terroriste Marc Trividic a confirmé l'existence de ces rétrocommissions illégales à l'avocat des familles, en juin dernier.

Nicolas Sarkozy a depuis été directement cité dans l'affaire baptisée le Karachigate. Au printemps dernier, le président français a été accusé par la police luxembourgeoise d'avoir supervisé la création de la société HEINE, une société offshore créée pour faire transiter les commissions d’intermédiaires lors de contrats de vente d’armes lorsqu'il était ministre du Budget et directeur de la campagne d'Edouard Balladur. L'Elysée a évidemment démenti. Début juin, le Parisien publiait des extraits de lettres d'anciens cadres de la société HEINE adressées à ... Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, quelques mois après la dissolution de leur société. Ces lettres prouvaient que Sarkozy était au courant de l'affaire, et en contact avec la société HEINE.


De Wildenstein à Sarkozy
Il est enfin une autre affaire qui finira bien par éclater. Le Monde, puis Libération lui ont consacré récemment deux longs articles. France 2 a diffusé un reportage sur l'affaire, mais sans révéler le lien qu'elle a avec Nicolas Sarkozy et Eric Woerth.

L'affaire vient de rebondir avec une nouvelle plainte. De quoi s'agit-il ? Une riche veuve, Sylvia Roth, est en conflit avec les deux fils de son époux, le collectionneur d'art Daniel Wildenstein, décédé en 2001. Elle cherche à évaluer la fortune de son mari, depuis que ces deux beaux-fils lui ont déclaré qu'elle avait fondu. L'un d'eux s'appelle Guy Wildenstein. La justice, saisie, a reconnu que l'essentiel de cette fortune, près de 4 milliards d'euros, a été placée dans des fonds offshore (Guernesey, îles Caïmans). Elle l'a même confirmé dans un jugement indiquant que ce type de trusts faisait partie de la «tradition familiale» (sic !)

L'administration fiscale est donc parfaitement au courant de cette évasion fiscale. Mme Roth a même écrit à trois reprises à Eric Woerth, alors ministre du budget. Sans réponse. Le 22 juin 2009, la veuve porte plainte auprès du procureur de la République contre quatre de ces trusts. La plainte est classée sans suite, le 5 juillet 2010. Pourquoi le fisc est-il resté si passif ?

Le 9 juillet dernier, une information judiciaire pour abus de confiance a été ouverte à Paris, et confiée à Guillaume Daieff, juge d'instruction au pôle financier.

Nicolas Sarkozy et Eric Woerth se trouvent impliqués dans l'affaire car Guy Wildenstein est membre du Premier Cercle des donateurs de l'UMP, mis en place par Eric Woerth. C'est aussi un ami d'Eric Woerth. Il entretient quelques chevaux à Chantilly, dont Eric Woerth est le maire.

Guy Wildenstein est également membre fondateur de l'UMP en 2004. Le site de l'UMP rappelle qu'il est conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger et surtout «Délégué de l’UMP Côte Est des Etats Unis».  A ce titre, il a reçu à New York ou à Washington quelques ténors du parti présidentiel, comme Rachida Dati, (en décembre 2009), Jean-Pierre Raffarin (le 4 février 2010), Eric Besson (le 5 juin 2010). Nicolas Sarkozy l'appelle «mon ami Guy». On se souvient de sa visite à New York, le 11 septembre 2006. De nombreuses photos sur le site de l'UMP  sont là pour témoigner de l'activité indiscutable de Guy Wildenstein au sein du Premier Cercle des donateurs de l'UMP, auprès des fortunés français exptariés. Le 26 janvier 2007, Guy Wildenstein accueillait ainsi Patrick Devdejian et Eric Woerth pour une réunion du Premier Cercle.

Guy Wildenstein a également créé en 2007, avec Henri de Castrie, le think tank Club Praxis, basé à New York avec des expatriés français, qui «cherche à apporter des idées concrètes de réforme au gouvernement français». 

Bettencourt, Karachi, Wildenstein, trois affaires, trois inquiétudes.



Crédit illustration: Patrick Mignard, UMP USA, 11 septembre 2006.

"Lyon même l'été !"


Le temps des vacances est arrivé. Mais la crise pèse sur les budgets. Certes, selon les enquêtes d’opinion, plus d’un Français sur deux partira quand même, mais moins longtemps et moins loin. Puis il y a les autres. Ceux qui vont rester, faute de moyens ou tout simplement de congés. Ce phénomène touche notamment les plus jeunes, ce qui me préoccupe. Car les vacances, au-delà du repos ou des loisirs qu’elles procurent, ont aussi une fonction essentielle pour découvrir de nouveaux horizons, d’autres cultures, d’autres repères.



A Lyon, le temps n’est pas si éloigné où passer l’été était synonyme d’ennui. Aujourd’hui les choses ont bien évolué. D’abord parce que les changements que nous avons apportés à la ville profitent à tous, été comme hiver. Cette transformation est ainsi décrite dans un petit essai,  récemment publié sous le titre Sociologie de Lyon dont je vous recommande la lecture* : "Ces transformations de l’espace urbain produisent, ou s’accompagnent, de nouveaux usages de la ville, de nouvelles manières d’habiter ou de vivre à Lyon (…) Les Lyonnais et les Grands Lyonnais fréquentent désormais volontiers d’autres espaces : les berges du Rhône, le parc de Gerland, la Cité internationale, le pôle de loisirs et de commerce du Carré de Soie…" Ses auteurs, tous sociologues, expliquent aussi ce mouvement par les innovations comme Vélo ‘V ou l’émergence de nouveaux festivals et rendez-vous culturels comme les Nuits Sonores.

De ce point de vue "Tout l’monde dehors !" est une belle réussite. Sa création fut une de nos premières décisions afin d’animer la ville pendant la période estivale. Rapidement, ce programme offrant tout l’été des centaines d’événements, de spectacles et d’animations gratuits, est devenu incontournable. Chaque manifestation se veut un moment ouvert à la création, à la convivialité, au plaisir de vivre ensemble. Oui, Lyon est une ville en mouvement. Nous allons continuer à l’ouvrir, à l’embellir, à la rendre encore plus agréable. Nous répondrons ainsi à l’aspiration légitime de toutes celles et de tous ceux qui y vivent, y travaillent et l’habitent… Qu’elles que soient les saisons ! 
  
*"Sociologie de Lyon", de Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Mallon et Marie Vogel, La Découverte, 119 p. 

"Tout l'monde dehors !"  : site officiel (cliquer ici). Blog (cliquer ici). Facebook (cliquer ici).

Pénibilité et retraites : la nouvelle manoeuvre de Sarkozy.

De mardi 20 à jeudi 22 juillet, une poignée de députés ont débattu de la réforme des retraites au sein de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée Nationale. Ces débats étaient cruciaux, puisque le texte ainsi modifié sera celui présenté à l'ensemble des députés, à compter du 7 septembre prochain. Au final, si 108 amendements (sur 419 présentés) ont été adoptés (dont un quart émanant de l'opposition), le texte final a peu changé.

Mais qu'a-t-on appris ?

1. Le gouvernement n'a pas inclus dans le projet présenté les quelques mesures de recettes nouvelles marginales, sous prétexte qu'il faudra en débattre à l'occasion de la prochaine loi de finances pour 2011. L'argument est hypocrite: le gouvernement pouvait parfaitement prévoir un collectif budgétaire additionnel. Mais en reportant ainsi le débat et le vote parlementaires, il pourra plus facilement masquer le faible niveau des contributions nouvelles qu'il demande aux hauts revenus et au capital pour le financement des retraites. La loi de finances, avec la discussion d'ensemble sur la rigueur qui s'annonce, est un cadre plus large qui sied bien à qui veut «noyer le poisson

Rappelons que ces contributions étaient de toutes façons modestes, comparés aux 25 milliards d'euros d'économies générés par les mesures d'âge ou de convergence public/privé : hausse de la tranche supérieure de l'impôt sur les revenus de 40 à 41% (+230 millions de recettes attendues) ; relèvement modeste des prélèvements concernant les revenus du capital et du patrimoine, de l'impôt sur les plus-values de cessions de valeurs mobilières et immobilières, du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et intérêts (+265 millions d'euros) ; suppression du crédit d'impôt sur les dividendes perçu par les actionnaires (+645 millions d'euros) ; taxation à l'IR des plus-values de cession d'actions et d'obligations(+200 millions d'euros) ; relèvement des taxes sur les stock-options (70 millions d'euros).

On savait déjà que le projet du gouvernement laissait un déficit annuel de 15 milliards d'euros ad vitam eternam. Avec cet examen incomplet du projet de réforme, le flou est encore plus grand.

2. Le gouvernement n'a pas non plus voulu discuter de la pénibilité au motif que des concertations sont toujours en cours avec les partenaires sociaux. Rappelons que la proposition retenue par le gouvernement est l'une des plus contestables: le handicap à 20% doit être avéré et certifié pour permettre un départ anticipé dès 60 ans. 

«Nous créons un droit nouveau.» s'était félicité Nicolas Sarkozy sur France 2 le 12 juillet dernier. C'était faux, la pénibilité était l'un des fondements des régimes spéciaux. Eric Woerth ne disait d'ailleurs pas autre chose quand on l'interrogeait sur son refus de généraliser la prise en compte de la pénibilité à des métiers jugés usant: «on ne va pas recréer des régimes spéciaux». Et oui...  Depuis près d'une décennie, les gouvernements successifs ont tenté d'aligner tous les systèmes sur le régime commun du secteur privé, moins protecteur.

Il y a deux ans, les discussions entre Medef et syndicats de salariés échouaient à nouveau sur la dite pénibilité. Qu'a fait le ministre du Travail de l'époque, Xavier Bertrand ? Rien. Tout simplement rien. Il s'est presque frotté les mains.

Dix mois plus tard, quand Eric Woerth lança sa «concertation» sur la réforme des retraites, les ténors de l'UMP (Woerth lui-même, Raffarin, Bertrand, etc), répétaient à l'envie qu'ils ne prendraient la pénibilité en compte que de manière individuelle. Dès la présentation du projet, le 16 juin dernier, Woerth et Sarkozy ont précisé qu'ils étaient prêts à améliorer les dispositions relatives à la pénibilité. La mesure proposée - réserver le départ à 60 ans aux handicapés du travail - a servi a catalyser autant que possible les mécontentements.

Voici que démarre maintenant une nouvelle séquence : le Monarque, compatissant et compréhensif, se garde pour lui le soin de lâcher quelques assouplissements. Il l'a commencé ce vendredi à Saint Nazaire.

3. Sarkozy veut «reconquérir son électorat populaire.» On nous le répète à toutes les sauces. Son déplacement vendredi 23 juillet à Saint Nazaire, photo à l'appui entouré d'ouvriers portant tous le casque, était là pour nous en convaincre. Dans cette perspective, la prise en compte de la pénibilité est l'un des axes majeurs du chef de Sarkofrance. Il a échoué sur le chômage et le pouvoir d'achat - les deux composantes de son «travailler plus pour gagner plus», il ne lui reste plus qu'à jouer social, protecteur et compatissant. Et il n'y avait qu'à l'entendre, vendredi, pour réaliser l'ampleur de ses efforts. En 2007, le candidat Sarkozy nous promettait déjà la réhabilitation du travail : «Réhabiliter le travail, c’est aussi ne plus accepter la pénibilité de certains emplois, le stress de certaines situations professionnelles

Sur place, il a donc annoncé qu'il reverrait les syndicats pour discuter de la pénibilité : «Sur la pénibilité et sur ceux qui ont été exposés à l'amiante je reverrai vos organisations syndicales. On en discutera. (...) On a fait avancer les dossiers sur deux sujets. D'abord, tous ceux d'entre vous qui ont commencé à travailler avant leurs 18 ans, on les laissera partir à la retraite comme c'était prévu. Et deuxièmement, tous ceux qui ont eu, du fait de leur métier, une invalidité à 20% partiront à la retraite sans changement.»

Mieux, Sarkozy veut montrer qu'il sait être généreux envers cette «France qui se lève tôt» :
«Pour tous ceux qui sont touchés par l'amiante, il n'y aura aucun changement. On va avoir des discussions pour ceux qui ont été exposés à l'amiante mais n'ont pas été touchés (...) J'ai demandé une expertise sur le sujet, je veux pouvoir y réfléchir. J'essaierai d'être juste sans remettre en cause l'équilibre général de la réforme.»
La tartufferie est complète : on tente de faire croire que tous les Français doivent être logés à la même enseigne, on oublie qu'un ouvrier vit en moyenne 7 ans de moins qu'un cadre, on éradique ensuite les quelques avantages des plus modestes, puis, ô surprise, alors qu'une nouvelle campagne électorale s'annonce, on fait mine de s'intéresser aux carrières pénibles...

Sarkozy est comme un cambrioleur qui viendrait restituer quelques bijoux volés.



Crédit illustration: FlickR CC



http://www.wikio.fr
top