Infolinks In Text Ads

Réforme des collectivités territoriales


" Un projet avant tout électoral... "


Hier et aujourd'hui le Sénat poursuit l'examen du projet de loi sur la réforme des collectivités. Voici le texte de mon intervention où je livre ma vision du redécoupage des territoires et de la création du conseiller territorial. Rappelons qu'à l'Assemblée nationale, ce texte n'a été adopté qu'à une courte majorité et qu'au Sénat, l'UMP ne dispose pas de la majorité absolue. Rappelons que la semaine dernière, en commission, grâce à une alliance entre sénateurs de gauche et du centre, nous avons rejeté le mode de scrutin des conseillers territoriaux. Depuis le début, ma conviction est que le Sénat, institution représentant les collectivités locales, doit être ferme devant ce projet de loi. Ii en va de l'avenir de notre pays !



" Le texte que vous présentez ce soir ne rencontre guère d'adhésion chez les élus locaux, il n'en rencontre guère  plus dans notre hémicycle. C'est vrai non seulement de la part des groupes d'opposition, d’une partie de l’union centriste mais, le malaise vient de votre majorité. C'est votre collègue Jean-Claude Gaudin qui confiait hier au journal Le Monde "C'est un texte que nous allons voter par discipline mais qui ne donne satisfaction à personne".

Quand je dis, Monsieur le Ministre, que le texte présenté ce soir rencontre toutes les réticences et toutes les oppositions, je devrais préciser que ces réticences ciblent une partie du texte : celle qui concerne la création du conseiller territorial.

Pour le reste en effet, grâce à l'engagement des associations d'élus, grâce aussi, je veux le souligner à la compréhension du rapporteur et du président de la commission des lois, le texte qui a trait au rapport entre communes, métropoles, pôles métropolitains, me semble aujourd'hui assez équilibré. Nous ne sommes plus dans une conception où la métropole nouvelle concentrait toutes les compétences et toutes les recettes financières sans pour autant avoir la légitimité d'un vrai suffrage universel direct. 

Si le texte issu de la commission des lois  n'est pas dans les jours prochains  bouleversé en séance, s’il n’est pas remanié  par l'Assemblée nationale ou lors de la commission mixte paritaire, il permettra à un certain nombre de grandes agglomérations d'avoir des compétences intégrées qui leur permettront d'agir tout en respectant l'autonomie des communes. Quant au pôle métropolitain, si le gouvernement n'en entrave pas demain la constitution et le fonctionnement, il me semble à même de créer une vraie dynamique susceptible de s'adapter à toutes les réalités, celles des grandes agglomérations comme celle des plus petites. Ce sera sans doute l’un des éléments les plus porteur d’avenir.

Non, Monsieur le Ministre, le problème n’est pas là. Il est, vous le savez, dans la création de cet élu génétiquement modifié que sera demain le conseiller territorial. Personne n'a vraiment compris la finalité de sa création. S'agit-il de diviser par deux le nombre d'élus pour réduire le volume des indemnités ? Les conseillers territoriaux, mi conseillers généraux, mi conseillers régionaux, devront exercer désormais leur fonction à plein temps et quand se posera la question de leur indemnité, cela devra être pris en compte. Où sera l'économie ?

S'agit-il d'aller doucement vers la suppression des départements comme on l'entend ici ou là ? Je m'interroge plutôt sur les marges d'action que seront celles d’un président de conseil régional qui aura dans son assemblée, cinq ou six présidents de conseils généraux soucieux d’abord  - c'est bien normal - de l'avenir de leur département.

S'agit-il de clarifier les compétences entre départements et régions ? Elles le sont déjà aujourd'hui. Au département, les politiques de proximité, les politiques sociales. A la région, les grandes politiques transversales dans le domaine économique, dans les domaines des transports, des politiques qui commencent aujourd'hui à unifier nos régions autour d'un projet commun.

Monsieur le Ministre, j'ai peur qu’au total, cette réforme n'aboutisse à un très grand gâchis. Alors, la question se pose. Quel but véritable poursuit cette réforme ? Il me semble hélas bien prosaïque. Je ne pense pas que le président de la République soit vraiment préoccupé de l'intérêt de nos collectivités locales. Je crois qu’il pense qu’aujourd’hui tout en France procède de sa propre autorité.    

Nicolas Sarkozy a une conception très verticale du pouvoir. Il me semble avoir assez mal perçu ce grand mouvement du monde qui fait aujourd’hui le global et le local s’interpénétrer de plus en plus étroitement. Il ne me semble pas avoir compris non plus ce grand mouvement des villes qui aujourd'hui maille l'ensemble de la planète. Ultra jacobin, hyper présidentialiste, je ne crois pas que son problème soit celui des collectivités locales.

Alors, quel est son problème ? Son problème, c'est de constater que les collectivités  sont, pour une grande partie d'entre-elles, administrées par la gauche et peuvent donc constituer ce qu'il considère comme constituant un frein à son action. Dans ces conditions, rien de tel qu'une petite réforme permettant de faire passer, j'allais dire un petit, non un grand changement de mode de scrutin. 

Mes chers collègues, oui la visée de cette réforme est avant tout électorale. Au départ, d’ailleurs le gouvernement  y est allé fort en proposant, pour le conseiller territorial, un mode de scrutin à l'anglaise qui ne laisse émerger que deux blocs. Puis, on s’est sans doute dit que le bloc majoritaire ne serait peut-être pas celui attendu et qu’on pouvait être tout aussi efficace en étant un peu moins visible. On est donc resté au scrutin uninominal à deux tours. Mais, mes chers collègues, le meilleur de la réforme est à venir. Il sera dans le redécoupage des cantons. Monsieur Marleix nous a dit "Mais tous les gouvernements ont crée des cantons nouveaux". Oui, mais c'était à la marge.

Ici on redécoupera tous les cantons. Et je fais confiance à Monsieur Marleix pour procéder avec un doigté tout particulier. D'ailleurs, pendant que nous sommes ici à discuter des grands principes de la réforme, l'opération chirurgicale est déjà à l'œuvre dans nos départements avec les grands élus locaux de la majorité.

Chers collègues de l'opposition, chers collègues du centre, nous ne mourrons pas tous, mais beaucoup seront atteints ! Il y aura peut-être de ce fait pour le gouvernement des majorités plus confortables dans les départements et les régions. Mais je ne suis pas sûr que notre pays sorte renforcé de cette opération. Je crois moi que le monde moderne nécessite une autre articulation entre pouvoir national et pouvoir local.

C’est cette coopération qui fonde la plus grande compétitivité de tous les pays européens décentralisés. C’est dans cette seule voie qu'on bâtira des universités, une recherche, des pôles d'excellence, une armature des territoires qui seront à même de relancer la dynamique dans un pays qui aujourd’hui s’enlise.

Cette réforme reste à faire,  à nous, élus locaux, dans le prochain avenir, le défi.

Mes Chers Collègues, il nous restera en effet à construire les relations nouvelles que doivent entretenir l’Etat national et les collectivités locales, à construire les relations de nos collectivités entre elles.

Messieurs les Ministres, outre les arrière-pensées électorales, votre réforme semble pêcher par un point principal, la volonté de vouloir appliquer à une réalité de nos territoires qui s’est diversifiée, une loi qui serait uniforme.

J’ai écouté avec beaucoup d’attention nos collègues, au cours de ces débats. A travers leurs interventions, j’ai vu la diversité de nos territoires. J’ai écouté avec attention par exemple, mon collègue Collombat, élu dans la commune de Figanières à côté de Draguignan. Il représente une réalité de la France. Mais évidemment ce n’est pas la même réalité que celle que j’ai sous les yeux dans la métropole lyonnaise. Mais ce sont deux réalités qui méritent et l’une et l’autre d’être prises en compte et pour lesquelles il faut permettre que puisse être mise en œuvre cette excellence des territoires chère à nos collègues Belot et Krattinger dont le rapport est hélas assez….

Je comprends donc qu’un certain nombre de nos collègues ait par exemple la passion départementale parce que là où ils sont c’est le département chez eux l’armature du territoire. Le rôle du département est évidemment un peu moins fondamental - du moins du point de vue démographie – dans les départements comme le Rhône où ils sont d’ailleurs un accident de l’histoire.
 
Enfin, plutôt que de réduire le pouvoir des régions, il aurait fallu les conforter pour leur permettre de faire meilleure figure auprès des lander allemands par exemple. Messieurs les Ministres, vous n’avez pas emprunté cette voie, je le regrette. Il faudra que nous revenions sur cette réforme car elle est fondamentale pour l’avenir de notre pays. "

Liberté de la presse

                                                                                  
" Ne les oublions pas ! "

"La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre" écrivait Albert Camus. Cela fait déjà 6 mois que les deux journalistes de France Télévisions Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, ainsi que leurs trois accompagnateurs, sont otages des talibans en Afghanistan. Depuis plusieurs semaines, le portrait de Stéphane et Hervé est accroché sur la devanture de l’hôtel de ville de Lyon. Il sera affiché sur mon blog tant qu’ils resteront en captivité. La liberté de la presse est une liberté fondamentale. Nous n’oublions pas ces journalistes enlevés le 29 décembre 2009, dans la province de la Kapisa, alors qu’ils réalisaient un tournage pour le magazine "Pièces à conviction" sur France 3. Les manifestations de solidarité se multiplient partout en France. Sur internet, vous pouvez rejoindre le comité de soutien en cliquant ici.

La Confluence


" Agir en primitif et prévoir en stratège ! "

Antoine Riboud a désormais son quai à La Confluence. Voici le discours que j'ai prononcé ce matin, lors de l'inauguration de ce nouvel espace public de notre ville en présence de la famille de ce "patron social" au destin hors du commun.


 
"Agir en primitif et prévoir en stratège." Ces mots de René Char, Antoine Riboud en avait fait sa devise. Ce sont ceux qu’en 1999, il avait choisi de mettre en épigraphe de son autobiographie sobrement intitulée Le Dernier de la Classe. Ce vers est tiré des Feuillets d’Hypnos écrits par René Char dans les maquis de la Résistance et dédiés à son ami Albert Camus. Conçue dans l’action combattante, face au péril de la mort, cette poésie révèle, au-delà de tout artifice, la puissance des mots.

Ces fragments poétiques, Antoine Riboud se les était appropriés. Il en avait fait une éthique personnelle dont il ne s’est jamais départi. Son instinct, son imagination, son courage lui ont permis d’écrire, de BSN à Danone, une des plus belles pages de l’histoire industrielle européenne du 20e siècle. Son esprit visionnaire, sa foi dans l’homme et le progrès, son anticonformisme en ont fait une des figures les plus éclairées du capitalisme moderne, un précurseur de la responsabilité sociale de l’entreprise.

Antoine Riboud nous a quittés le 5 mai 2002. Dès l’annonce de sa mort, j’ai pensé qu’il était de notre devoir de donner son nom à un espace de notre ville. Pas n’importe lequel ! Un lieu à l’image de ce grand Lyonnais, en avance sur son temps, symbolisant la modernité de notre métropole et sa foi en l’avenir.

Ce nouveau quai de la Saône, aux abords de cette place nautique presqu’aussi spacieuse que la place Bellecour, où rivalisent les architectures les plus audacieuses, nous a semblés idéal. Oui, à la beauté exceptionnelle de ce site, le nom d’Antoine Riboud apporte un supplément d’âme. Désormais, dans cet écrin de La Confluence est inscrite une part du génie de Lyon, notre ville, qui voici 92 ans, un soir de Noël, vit naître une de ces plus belles figures humanistes.

On n’imaginait pas qu’Antoine Riboud accomplirait ce destin hors du commun : transformer la petite entreprise familiale en une multinationale, leader européen de l’alimentaire, employant sur les cinq continents plus de 80000 salariés.

« Oui, j’ai souvent été le "dernier de la classe", – aimait à rappeler Antoine Riboud avec ce fameux regard rempli de malice ! – Mais ne pas avoir de diplôme m’a permis de réfléchir plus vite, d’être plus simple. Ma force, – disait-il – a toujours été de ne pas entrer dans un moule. » 

Derrière l’image de l’autodidacte, se cache un homme sensible, issu d’une famille d’entrepreneurs liés à l’histoire de notre ville par la Lyonnaise de Banque. Petits-fils et fils de banquier, Antoine Riboud comptait dans sa fratrie des hommes aussi talentueux que Jean et Marc. Forcément, un giron familial pareil, ça forge un caractère ! En relisant sa biographie, j’ai d’ailleurs été frappé de cette volonté de réussite qui toute sa vie a animé Antoine Riboud.

C’est vrai de 1942, quand il entre la première fois dans la verrerie familiale de Rive-de-Gier, jusqu’à ce jour de 1996 où pour lui était venu le temps de passer les rênes de l’entreprise à Franck. Dans l’intervalle de ce demi-siècle, c’est une incroyable success-story qui s’est déroulée. Son auteur, pour autant, ne s’est pas fait en un jour. Il a fallu près d’un quart de siècle avant qu’Antoine Riboud ne prenne la présidence des verreries Souchon-Neuvesel.

Son premier succès fut la prise de contrôle des eaux minérales d’Evian. L’intégration du contenant et du contenu allait devenir l’alpha et l’oméga de la fulgurante ascension de cette PME qui profite alors pleinement du boom des années d’après-guerre. L’aventure se poursuit dès 1966 avec l’absorption des Glasses de Boussois. Pour Antoine Riboud, cette fusion avec une entreprise plus importante que la sienne sonne comme un prélude à l’assaut qu’en décembre 1968, il lance sur la prestigieuse compagnie de Saint-Gobain.

Sa tentative marque une première et si elle est en apparence un échec, elle installe les trois lettres BSN dans le paysage économique de notre pays. La France découvre alors un manager audacieux qui se fie à son instinct et ose les paris les plus ambitieux.

Entre temps, Antoine Riboud a pris toute la mesure du basculement de notre société. D’un côté, il est à l’écoute du message de  contestation sociale, de rejet de la société de consommation que porte Mai 68. De l’autre, il perçoit que la fin des Trente Glorieuses et du taylorisme va confronter nos économies européennes à de nouveaux défis qui interrogent nos propres modèles de développement et remettent en question la croissance même de nos Etats-nations.

Car n’oublions pas que c’est dans ce contexte de crise qu’Antoine Riboud a développé et fait prospérer son entreprise ! A l’époque, il a déjà engagé la reconversion de son groupe d’une industrie du verre à celle de l’alimentaire et il s’apprête à reprendre les activités européennes de Gervais-Danone.

Bien avant le rapport de Gro Harlem Brundtland, il a saisi les enjeux du développement durable et pris un certain nombre d’initiatives, telle la création de son association Progrès et Environnement et son opération phare Vacances Propres.

Au sein de BSN, il a demandé à certains cadres de réfléchir avec de jeunes hauts-fonctionnaires à ces mutations profondes. Jacques Attali fait partie de ce groupe chargé de la prospective.

Antoine Riboud mûrit alors une réflexion large sur la croissance, l’entreprise, les hommes. Nous sommes le 25 octobre 1972, à Marseille. Dans l’immense salle du Palais des Congrès la tension est à son comble. Car les plus hautes instances patronales de l’époque ont exigé d’Antoine Riboud une copie du discours qu’il va prononcer. Il répond : « Je suis venu ici libre et le resterai ! » C’est sous la rumeur grondante de l’assemblée qu’il s’élance avec ces mots : « La croissance économique, l’économie de marché ont transformé et bouleversé le niveau de vie du monde occidental. C’est indiscutable. Mais le résultat est loin d’être parfait ! »

Pour la première fois, un capitaine d’industrie livre un projet liant aux impératifs de développement économique ceux du progrès social. Pour Antoine Riboud, je cite, « La croissance ne doit pas être une fin en soi, mais un outil qui, sans jamais nuire à la qualité de la vie, doit au contraire la servir. »

Son postulat place le rôle et la responsabilité du chef d’entreprise dans une nouvelle dimension, à la fois garant de la réalisation des objectifs économiques comme de ceux, humains et sociaux, vis-à-vis de son personnel. Acte fondateur que ce discours de Marseille dont ce patron social va se saisir, faisant de BSN un laboratoire de nouvelles pratiques en matière de dialogue, de concertation et de réduction des inégalités.

Sa grande intelligence est de percevoir que les difficultés liées au premier choc pétrolier de 1973 sont autant d’opportunités d’innover socialement mais aussi économiquement. Il met en place des mesures de réduction du temps de travail dans plusieurs unités en signant des accords avec les syndicats. Il favorise l’actionnariat salarié. Il prône la redistribution des dividendes sous forme d’actions reversées aux employés du groupe.

Les syndicats apprécient la parole de ce patron qui se définit lui-même comme anti-conservateur et qui sait se montrer proches de ses salariés, qu’ils soient ingénieurs, cadres ou simples ouvriers. Ils ont du respect pour ce chef d’entreprise qui va faire preuve d’une implication et d’un courage sans faille pour sauver des sociétés en difficulté comme l’horloger LIP, en 1974. Ils reconnaissent la réussite exemplaire de cet homme qui va sans cesse développer son entreprise, en France et à l’étranger, portant haut l’étendard de l’économie française aux quatre coins du monde. En 1989, c’est par exemple le rachat des filiales européennes de Nabisco, plus importante opération financière jamais réalisée par une entreprise française aux Etats-Unis.

Le legs d’Antoine Riboud est considérable. La crise aujourd’hui nous invite à méditer sa pensée. Car elle porte en elle les germes du renouveau que nos sociétés doivent inéluctablement engager. Elle nous enseigne que l’entreprise est partie prenante de la vie de la nation et que c’est en elle que se trouvent les ressources nécessaires à l’invention d’un ordre économique et social plus juste !

Antoine Riboud n’était pas simplement un chef d’entreprise redoutable par son efficacité. Il était un patron visionnaire, héritier d’une longue tradition de justice et de solidarité dont notre ville fut un des grands berceaux. Lyon fut une place centrale dans la diffusion et la propagation des doctrines saint-simoniennes qui entendaient faire de la création de richesse la base du progrès humain.

Pas étonnant qu’un Antoine Riboud y soit né ! Car au fond, ce patron humaniste était profondément lyonnais. Son combat pour l’entreprise citoyenne, son éthique de la responsabilité, son ouverture à l’autre, il les exprimait simplement en disant : "Il faut aimer les gens. Oui, c’est une grande force et c’est cela qui permet de réussir sa vie." Antoine Riboud aimait les gens. Il aimait Lyon qu’il décrivait comme "La belle ville traversée par ces deux grands cours d’eau qui s’y rejoignent, l’un venant de l’Est, l’autre du Nord, le Rhône et la Saône."

Son nom a désormais sa place dans cette Confluence, un quartier qui conjugue le romantisme des balmes et la volonté d’ancrer toujours plus fort Lyon dans la modernité. Ce matin, je suis fier et je suis ému d’ouvrir officiellement ce nouvel espace de notre Cité au public en le faisant résonner du beau nom d’Antoine Riboud.


Télécharger le discours (format Pdf) : cliquer ici


"A La Confluence, on y danse !"

A partir de vendredi et jusqu'à dimanche, nous organisons une grande fête à l'occasion de l'ouverture au public des premières réalisations du nouveau quartier de La Confluence : la promenade de Saône, la place nautique avec son bassin et sa darse, la transformation du port et des jardins aquatiques. Premier rendez-vous vendredi, à la tombée du jour, où vous est réservée une belle surprise avec un spectacle de pyrotechnie mêlant magie et poésie ! Pour découvrir le programme du 25 juin, cliquer ici. Samedi et dimanche, danses et musiques pour tous, de midi à minuit et de 7 à 77 ans ! Là encore, le programme est en ligne : cliquer ici.


La Confluence a toujours été un rêve. Un lieu magique où un fleuve et une rivière mêlent leurs eaux au pied des collines. Véritable proue, elle nous porte vers la mer et nous ouvre à tous les imaginaires. Trop longtemps exilée "derrière les voûtes", La Confluence retrouve aujourd'hui toute sa superbe !

Ces festivités sont importantes, car elles marquent l'ouverture au public des premiers espaces de la 1ère phase de La Confluence. Durant la période des travaux, les curieux étaient nombreux à franchir les palissades pour voir ce qu'il y avait derrière ! Désormais, chacun peut s'y promener, déambuler librement le long de ces rives de Saône magnifiées. Oui, du Nord à la pointe Sud de la Presqu'île, le continuum offre un des plus beaux panoramas de Lyon. 

Vendredi, nous inaugurerons le nouveau quai Antoine Riboud, du nom de ce "patron social" qu'était ce grand Lyonnais, à l'origine d'une des plus fantastiques aventures industrielle du 20e siècle : Danone. Le public va découvrir un lieu d'exception le long du futur pôle de loisirs : la place de 4 hectares dont la moitié sont composés de ce bassin nautique qui, dès demain, va accueillir un port de plaisance. Entre Marseille et Amsterdam, Lyon offre désormais une superbe étape pour tous ceux qui naviguent sur le fleuve. Pour tous les autres, kayakistes, avironneurs, joggueurs, simples promeneurs, cette nouvelle place (presqu'aussi vaste que Bellecour !) va devenir un lieu de vie et de détente extraordinaire.

Venez nombreux vendredi et ce week-end fêter cette reconquête de la ville sur elle-même ! Appropriez-vous cette Confluence qui vous éblouira par la beauté de ses architectures, l'harmonie qu'elle offre entre ville et nature, la magie de ses espaces qui sont les vôtres.

Liens utiles : le site de La Confluence (ici). Le dossier "Confluence de pionniers" consacré par Lyon Citoyen à ce nouveau quartier (ici).

Sénat


" Un rejet en forme d'avertissement... "

En rejetant hier en commission des lois le mode d’élection du conseiller territorial au scrutin uninominal à deux tours, les Sénateurs ont lancé à Nicolas Sarkozy un double avertissement, sur le fond de cette réforme et sur la méthode.

L’article n’existe plus, puisqu’il a été rejeté par 27 voix contre 21, les Sénateurs socialistes s’étant joints aux Sénateurs centristes, du CRC-SPG (communiste et parti de gauche) et du RDSE (à majorité radicaux de gauche). Les Sénateurs vont travailler à nouveau sur cet article en séance à partir du 28 juin et si le gouvernement veut le réintroduire, il devra le faire par un amendement.

A ce moment crucial, - car la réforme territoriale voulue par le président Nicolas Sarkozy est tout de même mise en hypothèque par le Sénat,- je voudrais rappeler le trouble persistant chez les Elus locaux sur cette réforme. En particulier quand on essaie d’imposer par la force et sans concertation, une disposition légale à vision purement politicienne. C’est le cas pour le texte sur le conseiller territorial.

En revanche, il n’en a pas été de même pour la partie concernant plus particulièrement les métropoles, les pôles métropolitains, et la place des communes dans cette réforme. Car il y a eu une large concertation en amont sur ce texte avec l’Association des Maires de France, AMGVF, et l’Association des Communautés Urbaines de France, l'ACUF, que je préside. Ainsi, nous avons pu redonner toute leur légitimité aux communes qui restent le pilier fondateur et auquel les Français sont très attachés.

Je souhaiterais que le gouvernement entende le malaise des Elus sur le texte concernant les conseillers territoriaux. Qu’il résiste à la tentation d’un passage en force, et retravaille avec les associations les représentant, en concertation, sur un nouveau texte qui puisse permettre d’aborder un meilleur avenir pour nos territoires. 

Etats Généraux du renouveau à Grenoble



" La Fraternité, faire du socialisme un humanisme "

Vendredi et tout ce week-end, Grenoble accueille les "Etats généraux du renouveau"*. Initiées par Libération et le Nouvel Observateur, ces rencontres vont fédérer des dizaines d'associations, think tanks, fondations, ONG autour du thème "Inventer une société de fraternité !" De nombreuses personnalités politiques et intellectuelles participeront à ces journées de mobilisation citoyenne. Pour ma part  je débattrai dimanche 20 juin, de 11h30 à 13h00, avec le philosophe Edgar Morin**, sur la question "Fraternité, l'oublié du triptyque républicain ?" En amont de ce débat, voici, pour vous, lecteurs de mon blog, les premières pistes de ma réflexion. Notez également que du 24 au 26 septembre, le Forum Libé sera de retour à Lyon sur le thème "Planète durable !"

" Plus de deux siècles après la Révolution Française, que reste-t-il d’une devise "Liberté, Égalité, Fraternité" qui a fait se lever des générations, et rêver tant de peuples ? Au fil de l’Histoire, chaque individu ou courant de pensée s’est trouvé être sommé de choisir entre les deux premiers termes de la trilogie républicaine.
 

La droite s’est appropriée le premier, dénonçant dans la passion égalitaire un élément liberticide qui conduirait inévitablement au totalitarisme communiste  ou à l’impuissance de l’État Providence. Mais au nom de la Liberté, poussée jusqu’au bout, s’est mis en place un ensemble de valeurs glorifiant la seule réussite individuelle, valorisant les seuls gagnants, dans une société dont il fallait supprimer toute régulation. On sait aujourd’hui à quelle régression sociale, mais aussi à quelle aberration économique, ce modèle a pu aboutir.

Une partie de la Gauche s’est, elle, référée au deuxième terme, s’attachant à montrer que dans le capitalisme, les libertés étaient formelles et que seule la Révolution pouvait aboutir à des libertés réelles. On sait ce que cette critique de la liberté au nom de l’égalité, a pu produire de tragédies, là où s’est installé le socialisme réel.

Alors ? Alors, il faut sans doute admettre, comme le constatait Proudhon – avant que Marx ne devienne hégémonique à gauche –, que les fondements de notre société reposent sur des réalités contradictoires, sur une nécessaire tension entre les termes de liberté et ceux d’égalité. Des valeurs  qui ne peuvent trouver de sens et se réconcilier l’un et l’autre qu’en étant transcendés dans le troisième terme de notre devise : la Fraternité.

Dans un monde qui est devenu unique et qui
de ce fait nous impose d’avoir à vivre ensemble, de répondre ensemble aux défis de la planète qu’ils soient économiques, écologiques, ou sociaux il nous faut retrouver des modes de vie commune, un nouveau type de rapport à l’autre comme de rapport à la nature. La Fraternité apparaît ainsi obligatoire, indispensable sauf à laisser notre planète suivre un cours de bateau ivre.

Utopique de vouloir remettre cette valeur de fraternité au sein de l’action politique ? Oui, comme l’était le socialisme d’avant la pensée marxiste. Lorsqu’au lieu, de tout faire dépendre d’une hypothétique révolution, il s’attachait plutôt à changer les bases de la société par le développement des solidarités au travers du mutualisme, de la coopération et des associations.

Oui, comme lorsqu’il ne faisait pas tout dépendre de l’État, mais pensait le changement social à tous les niveaux, s’appuyant sur le niveau local pour s’élargir en une démocratie fédérative au niveau de l’État, au niveau de l’Europe. Et évidemment aujourd’hui, au niveau du monde. Renouer avec la fraternité, pour nous, c’est une évidence. Ce sera faire du socialisme un humanisme.
"



 * Le programme des Etats généraux du Renouveau : cliquer ici.

** Edgar Morin vient de faire paraître "Ma Gauche", François Bourin Editeur, collection Politique.

Résumé : "Il est grand temps pour ces gauches françaises de renouer avec l'aventure des "redresseurs d'espérance". Mais comment régénérer l'espoir au 21e siècle ? Pour mieux amorcer cette réinvention, Edgar Morin, s'appuyant sur plus de 40 années de réflexion et d'interventions publiques, nous aide à reconsidérer cette gauche qui doit relever les défis de la dégradation des solidarités, de la planète en crise et de la mondialisation. Ma Gauche, recueil de réflexions et d'analyses politiques, a l'énergie intellectuelle et la vitalité qu'il faut pour stimuler tous ceux qui s'efforcent de sortir de la "grande régression". Le diagnostic est sévère, mais c'est celui d'un ami. 
 

Cumul des mandats



" De l’utilité d’un recul "

Ce devait être un des piliers de la rénovation du PS avec les primaires. Le bras de fer engagé par Martine Aubry sur la fin du cumul des mandats dès 2011 a fait long feu. Ainsi en a décidé la première secrétaire du parti qui a finalement entendu notre parole et renvoyé ce projet après… les présidentielles de 2012.


Pour moi qui ai été un des plus fervents partisans de cette ligne politique, – et ça n’est pas à vous, chers lecteurs de mon blog, que je l’apprends ! – ce recul était nécessaire. Car à coup sûr, s’appliquer cette règle de façon unilatérale, c’était courir le risque de priver la gauche d’une victoire historique en 2011. Or, si jamais le Sénat devait basculer, comme nous sommes un certain nombre à le croire, ce serait un signal fort envoyé à Nicolas Sarkozy avant la course aux présidentielles. Il y avait donc une première motivation très pragmatique dans notre approche.

Ma conviction va au-delà. On a vu lors de ces débats (souvent passionnés) qu’il était de bon ton de jeter l’anathème sur ces "cumulards", autrement désignés sous le vocable méprisant  de "barons locaux". D’affreux élus qui non contents de régner sur leurs "fiefs provinciaux" entendraient s’immiscer dans les cours parisiennes ! Voilà la petite musique que certains professionnels de la politique se sont mis à jouer, convainquant au passage une partie des médias. La réalité est différente. Car derrière ce type de discours se cache un enjeu bien plus crucial qui mérite de dépasser le stade de la démagogie . 

La France est un Etat ultra centralisé. Si cumul il y a, c’est que contrairement à des pays comme l’Allemagne, aucune décision ne peut l’emporter sans que cela ne passe par Paris. C’est pourquoi la solution se trouve dans une réforme globale du mode de fonctionnement de nos institutions. Ceux qui ces dernières semaines agitaient les débats sur le non-cumul doivent réviser notre constitution. Car jusqu’à présent, en France, c’est le Sénat qui représente les collectivités territoriales. 

Jusqu’au jour, je l’espère, où revenue aux responsabilités, la gauche reprendra le flambeau qu’au début des années 80, elle avait allumé en lançant la première vague décentralisatrice. Pour en arriver là, donnons-nous les moyens de l’emporter dans les urnes, auprès de nos concitoyens, par le bienfondé de notre projet politique. Sachons méditer la pensée du grand Jaurès quand il disait : "Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".


Vélo'V


" Soyons gonflés... Allons jusqu'au bout ! "


Vélo'V a 5 ans ! Pour fêter cet événement, nous avons fait appel au talent de l'artiste Ben dont la rétrospective au musée d'art contemporain de Lyon se poursuit jusqu'au 11 juillet. Ben a eu la gentillesse de signer le slogan de ces 5 ans de Vélo'V : "Soyons gonflés !" Un beau clin d'oeil décliné sur les affiches et les t-shirts créés pour l'occasion.
 
Gonflés ? Il fallait forcément l'être, il y a 5 ans, quand on a lancé ce concept du vélo en libre service. J'aime à rappeler que Lyon était alors la première grande ville de France à tenter l'expérience. Depuis, l'idée a fait son chemin et  le modèle lyonnais a conquis toutes les métropoles européennes et même au-delà, puisque les Etats-Unis et l'Asie vont bientôt s'essayer à ce mode de déplacement alternatif.


Gonflés ? Les chiffres, eux, ne le sont pas ! Vélo'V, c'est 42000 abonnés, pour  18000 locations jour avec 4000 vélos répartis sur Lyon et Villeurbanne dans près de 350 stations. En 5 ans, Vélo'V a battu tous les records : 28 millions de locations dans le Grand Lyon, 58 millions de km parcourus ! Résultat : ce sont près de 12000 tonnes de CO2 en moins rejetées chaque année sur notre agglomération.

Gonflés ? On peut aussi le dire des usages et du trafic cyclistes qui ont plus que doublé depuis cinq ans. Car Vélo'V a entraîné dans sa roue un véritable engouement des Lyonnais pour la petite reine ! Le vélo, c'est aujourd'hui 2,5% des transports dans notre agglomération. Autre chiffre à retenir : celui des quelques 350 cycles restaurés quotidiennement. Vélo'V, on l'aime, alors faisons en sorte de le préserver au maximum !

Gonflés ? A coup sûr, vous devrez l'être, ce dimanche, pour relever le défi  des 5 ans de Vélo'V : rallier, à Vélo'V, les 1200 m séparant la place Saint-Paul de l'esplanade de Fourvière ! Un vrai challenge pour tous les Vélo'veurs gonflés qui se verront remettre un cadeau à l'arrivée. Soyons nombreux à les soutenir ! Départ de 11h à 14h depuis Saint-Paul. De 15h à 18h, je vous donne également rendez-vous sur les berges du Rhône pour un après-midi "anniVélo'V". Je serai présent aux côtés des plus grands utilisateurs de Vélo'V. Pour l'anecdote, le recordman est un Lyonnais de 70 ans. Ces quatre dernières années, il a utilisé 5200 fois Vélo'V !

Au fond, la grande réussite de Vélo'V, c'est d'avoir su créer un mode de consommation tout à fait innovant. Pour filer la métaphore, je dirais que Lyon fait la course en tête depuis 5 ans dans cette nouvelle manière d'appréhender les déplacements dans la ville. Dimanche, c'est cette formidable innovation au service du mieux vivre ensemble que nous allons fêter. Longue vie à Vélo'V !

Toutes les informations sur le site Soyons gonflés ! et sur la page Facebook de Vélo'V.


Tour Oxygène


" Part-Dieu nouvelle génération " 

Près d’un mois après l’ouverture du Cours Oxygène, c’est aujourd’hui que nous inaugurons la Tour Oxygène ! Cet ensemble exceptionnel marque une ère nouvelle pour la Part-Dieu, 2e centre d’affaires de France, et place Lyon au rang des grandes métropoles européennes économiques.


Cela fait des années que l’on appelait ce site mitoyen au centre commercial le "lot R". En 2001, j’ai fait de ce projet une priorité, au même titre que les berges du Rhône, le Carré de Soie à Vaulx-en-Velin ou encore, bien sûr, La Confluence qui déjà est un succès. Construire une tour, comme tout projet urbanistique, nécessite en amont un travail considérable entre tous les partenaires. La réussite, en si peu d’années, de la construction des 28 étages de la Tour Oxygène réside dans l’économie globale qui l’entoure, avec une métropole dynamique et un désir d’architecture très fort.

Ma grande joie est de voir ce nouvel objet dessiné par le cabinet de renommée mondiale Arte Charpentier sorti de terre, à la fois signal puissant de l’attractivité de la Part-Dieu et ensemble architectural à dimension humaine. Chacun s’accorde autour du fait que cette tour s’intègre parfaitement dans notre ville. Les Lyonnais l’ont adoptée et elle est pour eux un repère nouveau, à côté du crayon. Personnellement je trouve cette silhouette urbaine extrêmement élégante !

La Tour Oxygène, on y accède par tous les moyens de transport, depuis la gare, par le métro, les bus, la ligne C3, en vélo, puis on pénètre dans son hall avec un sentiment d’extrême continuité. La luminosité intérieure apporte une ambiance zen à cette tour dernière génération qui accueillera les 950 salariés de la SNCF et les 400 collaborateurs du cabinet d’audit Ernst & Young.

Déjà, nous regardons devant nous avec le projet de la Tour Incity sur l’emplacement de l’ancienne tour Axa. Une tour encore plus haute, culminant à 200 mètres dans le ciel lyonnais. Ce sera une marque supplémentaire de la métamorphose de ce quartier de la Part-Dieu qui depuis sa création s’est toujours reconstruit sur lui-même et pour lequel nous avons une très belle ambition.

Je terminerai en évoquant l’étude que le cabinet Ernst & Young a sortie ce matin, révélant que Lyon était considérée comme la première métropole en région pour son attractivité, challengeant Paris ! En avant Lyon !


top