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Olympique Lyonnais


" Deux précieux buts d’avance... "

C’est un superbe match de Champions League que nous ont offerts hier soir Lyonnais et Bordelais. Une rencontre palpitante, engagée, avec beaucoup d’occasions. Bref, un duel européen entre deux clubs qui ont une vraie envie de gagner et à la clé une victoire riche de promesses pour l’OL qui ira à Bordeaux avec deux précieux buts d’avance.
Oui, ce match fut d’une intensité exceptionnelle et ces 90 minutes de jeu m’ont paru bien courtes ! C’était l’ambiance des grands soirs de Ligue des Champions. Bien que franco-français, ce choc s’est hissé au meilleur du niveau européen. Comme toujours en Champions League, notre équipe a su se transcender et élever son niveau de jeu, avec un Lisandro Lopez encore une fois décisif.

C’est sûr, Lisandro manquera, ainsi que Govou, à ses coéquipiers pour le match retour. Cependant nous pouvons être optimistes et envisager sérieusement une première accession de l’OL en demi-finale de la Champions League.

Ce serait un exploit et un palier supplémentaire franchi par notre club. Je serai à Chaban-Delmas le 7 avril pour soutenir les Lyonnais. J’espère les accompagner ensuite, soit à Munich, au stade Allianz Arena, soit à Manchester dans la mythique enceinte d’Old Trafford où je pourrai de nouveau vérifier combien notre stade de Gerland est aujourd’hui dépassé.

La différence entre nos stades et ceux des villes espagnoles, anglaises ou allemandes est frappante et elle joue sur le niveau sportif des clubs. Oui, plus que jamais, si nous voulons vivre régulièrement de grandes soirées européennes comme celle d’hier, il nous faut un grand stade.

La semaine prochaine, comme tous les supporters de l’OL, je soutiendrai notre équipe, avec cet espoir depuis longtemps enfoui en nous tous d’une qualification en demi-finale. 

Ce serait historique. Allez l’OL ! Allez Lyon !

Nouvel Observateur

 
Feu sur "le PS d'en haut" !


Gérard Collomb dénonce "l'archaïsme" de Solférino. Il appelle les élus locaux à promouvoir en 2012 une candidature à leur image : "social-réformiste". Et si c'était DSK...

Interview publiée dans le Nouvel Obs en kiosque cette semaine.


Le Nouvel Observateur : Vous opposez la direction nationale du PS et ses élus locaux qui seraient selon vous les seuls vainqueurs du scrutin régional. N’est-ce pas un peu schématique ?

Gérard Collomb : Je n’oppose pas. Je constate une évidence. Les élus socialistes gagnent quand la rue de Solférino les accompagne. Ils gagnent également quand la même rue de Solférino leur met des bâtons dans les roues. Regardez ce qui vient de se passer dans l’ensemble des régions françaises, Languedoc-Roussillon compris.

Quel sens donnez-vous à cette victoire ?

On a tenté, à droite notamment, de ringardiser les élus locaux en expliquant qu’ils étaient des féodaux tout juste bon à faire du clientélisme ou à lever des nouveaux impôts. Cela n’a pas pris car les Français savent bien que les élus de gauche, qui constituent le PS d’en bas, mènent dans leur ensemble une politique que je qualifie de sociale-réformiste moderne.

PS d’en haut à Solférino, PS d’en bas dans les collectivités locales : il y a donc, à vos yeux, deux lignes qui s’affrontent ?

Les élus locaux socialistes, en particulier les présidents de conseils régionaux ou les maires de grandes villes, ne se contentent pas de gérer des territoires. Ils ont les yeux ouverts sur l’Europe et le monde. Ils voient le mouvement de globalisation. Ils savent d’expérience que l’économie ne se dirige plus au niveau de l’Etat-Nation. Ils constatent les évolutions qui travaillent la société, les nouveaux modes d’identification, les problèmes de ségrégation qui s’aggravent. Bref, ils ne font pas de la politique en chambre. Ils veulent réformer mais ils savent que les recettes des années 70 ou même celles de la sociale-démocratie classique sont aujourd’hui dépassées. C’est en ce sens qu’ils sont vraiment réformistes et profondément modernes.


Pour vous le PS d’en haut est devenu archaïque ?

Quand il pense, oui, il pense vieux. Sa direction actuelle est composite. Elle comprend de véritables réformistes mais son centre de gravité idéologique est à l’évidence du côté de l’archaïsme. Il résulte des alliances tactiques passées lors du congrès de Reims. C’est avec ces habiletés et ces faux semblants qu’il faut rompre au plus vite si nous voulons être fidèles au message que viennent d’envoyer les électeurs.

Les élus locaux socialistes, jusqu’à présent, ne se sont jamais organisés collectivement comme une force de pression au sein du PS. Pourquoi en irait-il autrement demain ?

Le PS est à la croisée des chemins. On peut bien sûr gagner la prochaine présidentielle par un effet mécanique d’alternance. Mais pour quoi faire ? Pour tourner casaque au bout de quelques mois en expliquant aux Français qu’on n’avait pas vu les déficits, qu’on avait sous-estimé les difficultés ? Cette politique là ne peut que nourrir la déception, le scepticisme et au final, la colère. Les vrais réformistes du PS ne veulent pas reconquérir le pouvoir pour le pouvoir. Ils veulent un changement durable. Tout cela se prépare, tout cela s’organise. C’est le moment !

Vous ne faites pas confiance à Martine Aubry qui, après tout, est à la fois première secrétaire et maire de Lille ?

Le problème, c’est qu’il y a deux Martine Aubry. Celle de Lille qui gouverne avec le centre et voit la société telle qu’elle est. Et celle de Solférino qui, sur les retraites notamment, vient de faire un pas en avant puis deux pas en arrière sous la pression de ceux qui l’ont fait reine. Quand je l’écoute parler, je sens qu’elle reste fidèle aux canons du socialisme traditionnel qui sont très respectables mais qui ne sont plus adaptés aux enjeux de notre temps. On ne régule plus comme avant. La puissance publique doit s’exercer au niveau régional et européen. Les classes sociales ont sinon disparu, du moins changé. Le rapport au travail s’est modifié. L’écologie n’est pas une question d’alliance entre forces politiques rivales mais un projet que les élus locaux socialistes ont pris à bras le corps depuis belle lurette, sans attendre les Verts.

Pour remettre le PS sur son axe réformiste, le plus simple ne serait-il pas de promouvoir un candidat réellement réformiste lors de la prochaine présidentielle ?

C’est une évidence et un problème car pour le moment, personne ne porte ouvertement  et de manière crédible cette espérance dans les débats du PS.

Personne ?

J’ai pour ma part des convergences avec des responsables politiques comme François Hollande ou Pierre Moscovici. Mais il faut être réaliste, personne aujourd’hui ne me semble en mesure d’incarner ce grand courant de pensée. Il est encore un peu tôt pour faire un choix mais il convient de faire bouger les lignes au plus vite pour que ce choix, le moment venu, s’impose de lui-même.

Vous pensez à Dominique Strauss-Kahn? Lui avez-vous parlé ?

Pour ma part, je suis déterminé et je n’ai pas besoin de l’appeler tous les jours pour savoir ce qui peut lui servir et surtout ce qui peut servir le pays. Il est indépendant. Moi aussi. Cela dit, j’estime – et je l’ai dit à ses proches – que sa stratégie attentiste n’est pas la bonne. J’en devine les raisons tactiques. Elles ne me semblent pas à la hauteur de l’enjeu.

Dominique, vite ! C’est donc le slogan des réformistes du PS ?

Il faut que le PS désigne son candidat avant l’été 2011. Cela suppose que les réformistes s’organisent dans les semaines à venir pour faire monter dans l’opinion, par des clubs, des colloques ou des appels, un mouvement qui sache entrainer les forces vives – chercheurs, acteurs économiques, intellectuels… - qui pour le moment restent l’arme au pied, faute d’espoir crédible. Il faut également forcer la direction nationale du PS à retrouver l’axe réformiste qui est l’axe naturel du parti. Je souhaite que ce double objectif soit atteint cet automne pour que nous puissions passer, alors,  à l’étape suivante : la primaire et le choix du candidat.

Ou de la candidate… 

Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès.

Au fond, n’êtes vous pas condamné à attendre l’oracle de Washington ?
Mais précisément, je ne veux pas attendre ! Je n’ai pas envie que perdure cette situation où rien ne bouge, où chacun s’observe en attendant de voir à qui le PS se donnera, lorsque Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn auront fini par se mettre d’accord. La candidature de l’une ne me semble pas correspondre aux défis posés à la France. Celle de l’autre me convainc. Mais à force d’attendre DSK, il ne faudrait pas que les réformistes du PS se retrouvent, in fine, face au menu unique de la première secrétaire.

Au fond, vous voulez faire bouger le PS pour aider DSK à avancer ?

Je me bats pour un projet, pour que celui-ci l’emporte en 2012 et qu’il tienne la route après la victoire. Ce projet ne tombera pas d’en haut. Il suppose un mouvement qui entraine, qui bouillonne, qui sache convaincre une opinion sceptique. Ma stratégie n’est pas celle de l’homme ou de la femme providentiel dont personne ne sait encore, au demeurant, s’il existe vraiment. Je n’ai pas l’intention, en tous cas, de demander l’autorisation à quiconque avant d’agir.

Pourquoi ne vous avancez-vous pas vous-même en étant candidat à la candidature ?

Il y a  parmi les grands élus socialistes des hommes et des femmes qui, dans d’autres pays que la France, auraient naturellement vocation à gouverner. Dans notre tradition, ce rôle est réservé à des leaders formés par les appareils politiques. Est-ce que cela peut changer demain ? J’avoue ne pas savoir. Comme maire de Lyon, en revanche, je sais qu’on ne rebâtira pas une gauche crédible si on n’écoute pas le message qu’un Rousset en Aquitaine, qu’un Queyranne en Rhônes-Alpes, qu’un Le Drian en Bretagne ou qu’un Masseret en Lorraine ont su incarner dans la campagne des régionales. C’est avec eux – et au-delà, avec les vrais réformistes du PS, tel Bertrand Delanoë s’il veut bien rester fidèle à ce qu’il croit – que l’on gagnera en 2012. Le seul choix qui nous reste aujourd’hui est de se taire ou d’avancer sans complexes. Je suis certain que nous serons nombreux à le faire dans les prochains mois, moi j’ai choisi.


Propos recueillis par François Bazin et Matthieu Croissandeau

Invité de Canal +



Parti Socialiste, primaires, taxe carbone, projet : Gérard Collomb était ce matin l'invité de Maïtena Biraben dans La Matinale de Canal +. Cliquer ici pour visionner l'interview sur le site de la chaîne cryptée.


Elections régionales



"Un vote de confiance... "

Ce second tour des élections régionales dans notre pays marque un vote sanction contre le gouvernement. Ce soir, c’est aussi la démonstration d’une réelle confiance de la part de nos concitoyens vis-à-vis des Présidents de région et des élus locaux qui ont obtenu d’excellents résultats. J’en suis très heureux.

En même temps, l’abstention encore élevée et la montée du vote Front National démontrent que notre société s’interroge. Il appartient au Parti Socialiste de répondre à ces profondes interrogations, de ne plus simplement être le parti d’opposition, mais une véritable force de proposition, en travaillant à un grand projet pour l’avenir de la France, capable de faire rebondir notre pays sur le plan économique, à insuffler plus de justice sociale, à dessiner un autre modèle de société.

C’est là-dessus que nous serons jugés. Pour ma part, je m’y emploierai avec toute mon énergie ! 

Elections régionales en Rhône-Alpes


Dimanche a lieu le second tour des élections régionales. Ce scrutin est essentiel pour l’avenir de notre territoire.



Au 1er tour, les électeurs et les électrices ont exprimé leur confiance vis-à-vis des forces de gauche et de progrès. Dans le même temps, plus de la moitié de nos concitoyens n’a pas voté. Cette abstention record a permis à l’extrême droite d’atteindre des pourcentages historiques.

Plus nous serons nombreux à voter dimanche pour la liste rassemblée derrière Jean-Jack Queyranne, moins le Front National pèsera demain en Rhône-Alpes. Sachons mobiliser l’ensemble des forces démocrates, républicaines, humanistes de notre région. Faisons de ce second tour une victoire des idéaux de progrès, de justice et de paix. 

Dimanche, votez ! D’ici là, je vous invite à porter ce message dans vos familles, auprès de vos amis, de vos proches, sur Facebook et tous dans tous vos réseaux afin que reculent l’abstention et l’extrême droite en Rhône-Alpes et dans notre pays.

    Elections régionales


    " Mobilisons-nous au 2e tour ! "

    Les candidats socialistes ont obtenu de très bons résultats lors de ce 1er tour des élections régionales avec plus de 30% des suffrages. Les Français ont ainsi  marqué leur soutien à des présidents de région enracinés sur le terrain, très proches des réalités locales.

    Ce vote de 1er tour est évidemment un message clair adressé au Président de la République, une sanction à l'encontre de la politique gouvernementale. En même temps, les Français n'ont pas signé un chèque en blanc au PS et de vives inquiétudes ressortent de ce scrutin. Plus d'un électeur sur deux ne s'est pas rendu aux urnes dimanche et l'extrême droite enregistre des scores historiquement élevés. 



    Cette abstention record et ce report sur le FN expriment les doutes profonds de nos concitoyens qui s'interrogent sur l'avenir de notre pays, sur sa place dans le monde, sur sa capacité à développer une industrie compétitive, à créer de l'emploi, à relever le défi du développement durable. 

    C'est pourquoi j'invite tous ceux qui sont à gauche et au-delà, tous ceux qui se reconnaissent dans des valeurs d'humanisme, à se mobiliser derrière nos candidats. En Rhône-Alpes, soyons tous avec Jean-Jack Queyranne.

    Donnons-lui les moyens de dessiner un grand avenir pour Rhône-Alpes !

    HALDE


    " Oui à Malek Boutih "

    Je me félicite que le nom de Malek Boutih soit évoqué pour prendre la succession de Monsieur Louis Schweitzer à la direction de la Halde. Je connais Malek Boutih  a toute légitimité et compétence pour tenir ce poste. Son parcours politique et professionnel, ses engagements dans le secteur associatif, son esprit d’indépendance et son courage plaident sans conteste pour sa nomination. Quant aux propos de Gérard Longuet, Nicolas Sarkozy, se fera certainement fort de les désavouer en activant l’installation de Malek Boutih à la tête de la Halde !

    Champion's League


    " Olympiques Lyonnais ! "




    En éliminant le Real Madrid, notre équipe a réalisé un superbe exploit qui la propulse dans la légende du football européen ! Oui, l’OL vient de remporter une des plus belles victoires de son histoire sous les yeux des  plus de 80000 spectateurs du stade Santiago Bernabeu.



    J’étais dans cette enceinte mythique et j’étais fier de soutenir notre équipe de la première minute jusqu’au coup de sifflet libérateur. Je repensais alors à "Aimer Lyon" : c'était l'impératif de ma campagne électorale il y a deux ans. Comment ne pas le sentir intensément quand on se retrouve dans un tel stade au moment où votre équipe pénètre sur le terrain dans une clameur immense.

    Tout ce que vous aimez à Lyon, toute la fierté de votre ville ressurgit en vous au moment où commence cet impossible challenge. Eliminer le Real Madrid et se qualifier pour les quarts de finale ! Vous souffrez avec l'équipe dans les premières minutes. Vous êtes crucifié par les attaques blanches jusqu'à ce but, à la 6e minute, qui inéluctablement vous semble devoir être le premier d'une interminable série ! Puis c'est le tir de Higuain qui vient s'écraser sur le poteau gauche d'une cage de but lyonnaise qui vous apparaît alors si désespérément vide. Vous vous dites alors que peut-être la chance vient de basculer en votre faveur. Et effectivement, le Real recule, les Lyonnais se faisant de plus en plus incisifs !

    Oui, les Lyonnais ont d’abord subi les assauts des Galactiques. Mais ils ont su rester dans le match et reprendre la maîtrise du jeu en seconde mi-temps. L’égalisation de Miralem Pjanic à la 75e minute a ensuite fait basculer la rencontre.  10 minutes. Il reste alors 10 minutes à tenir pour être qualifié. Vous comptez alors chaque minute, puis chaque seconde, jusqu'au coup de sifflet final où tout d'un coup, vous vous libérez : on a gagné ! On a relevé ce défi impossible ! Quel bonheur pour tous les supporters lyonnais ! Quelle fierté, aussi, pour les Lyonnais, dans leur ensemble, qui savent ce que le rayonnement de notre ville doit à l’OL !

    Oui, cette soirée là, comme personne, j'ai été fier d'être lyonnais, comme maire de Lyon, fier de me battre pour donner à notre métropole un grand stade qui permette à notre ville de rayonner en Europe et dans le monde. Car depuis hier soir, aux quatre coins de la planète, on parle de Lyon avec admiration et respect. Quand en mai l'OL ira à l'occasion de l'exposition universelle de Shanghai disputer un tournoi international, ce sera Lyon qui rayonnera.

    Qu'elles me semblaient petites, hier soir, toutes les oppositions au Grand Stade. Qu'ils me semblaient petits tous ceux, qui par jalousie, par tactique politicienne ou tout simplement par aveuglement ne comprennent pas que Lyon se doit d'avoir de grandes ambitions ! En matière de football, c'est un engagement qu'avec mes équipes nous avons pris devant les Lyonnais et que pour ma part je remplirai jusqu'au bout.

    Comme tous les Lyonnais, je regarde maintenant devant nous, avec  la perspective de ce quart de finale de Ligue des Champions tant attendu. Et je me dis comme hier : à l’OL, rien n’est impossible ! Allez Lyon ! Allez l’OL !

    A l'affiche


    " La Rafle, un film bouleversant " 




    J’ai été bouleversé, hier soir, en découvrant "La Rafle", le film que vient de réaliser Roselyne Bosch sur la rafle du Vel d’Hiv. Comme beaucoup de ceux de ma génération nés au lendemain de la guerre, je croyais tout savoir, ou presque, de cette tragédie qui se noua dans notre pays les 16 et 17 juillet 1942.

    L’enseignement de l’histoire, la lecture des grands témoins, Primo Lévi, Elie Wiesel, Jorge Semprun, le documentaire Shoah de Claude Lanzmann, mes visites d’Auschwitz ou encore du mémorial de Yad Vashem, en Israël : oui, au fond de moi, je pensais sincèrement avoir appréhendé cette page noire de notre histoire dans sa dimension la plus tragique.



    Hier soir, pourtant, dans l’obscurité de la salle, c’est un tout autre sentiment qui m’a envahi alors que je découvrais ce film puissant, dont la force est de nous montrer la réalité sans fard, oppressante, abjecte. Le cinéma a cette capacité unique à rendre les émotions palpables. Roselyne Bosch ne s’est pas contentée de raconter une histoire. Elle nous la fait vivre de l’intérieur, en nous plongeant dans ce passé pas si lointain, qui vit le destin de dizaines de milliers de nos concitoyens basculer dans l’horreur.

    "La Rafle" est inspirée du sort que connut à l’été 1942 le petit Joseph Weismann, 11 ans à l’époque. Avec sa famille, il fut raflé par la police française comme 13000 autres Juifs parmi lesquels plus de 4000 enfants. Bien évidemment, les chiffres seuls ne suffisent pas à dire l’effroi que suscitent la vue de ces enfants arrachés des bras de leurs mères, les hurlements de ces victimes vouées à l’extermination et qui avant d’être massacrées connurent une véritable descente aux enfers.

    Il y a dans ce film des scènes que je n’oublierai jamais. Celles, insoutenables, de cette enfance anéantie, des violences gratuites, des humiliations. Celles aussi de tous ces personnages qui permirent que 10000 Juifs échappent à cette rafle du Vel d’Hiv. Des anonymes, comme cette infirmière, Annette Monod, jouée par Mélanie Laurent. A travers ses yeux, on découvre l’horreur du Vel d’Hiv.

    Comme beaucoup d’autres, cette femme a résisté et puis, quand vint le temps de la paix, que le monde découvrit l’horreur des camps, elle continua le combat contre toutes les formes d’injustice. Il faut aller voir "La Rafle". Il faut y aller en famille. Et y amener ses enfants. Car ne pas connaître son histoire, c’est être condamné à la revivre.

    C’est le grand message de ce film dont nul ne ressortira indemne.

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