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Sur Canal+ et LCI


Gérard Collomb était cette semaine l'invité de Maïtena Biraben pour la 1001e de la Matinale de Canal+.

Cliquer ici pour accéder au site de l'émission et retrouver l'interview en date du 28 octobre.


Réforme des collectivités


" Une trop belle réforme pour être gâchée... "

J'ai donné cet après-midi une conférence de presse à la suite du discours du Président de la République sur la réforme des collectivités territoriales. Voici la dépêche AFP reprenant les principaux axes de mon intervention. Sur ce même sujet, je serai demain matin l'invité de Guillaume Cahour dans les Matinales de RMC et dès 12h15 dans le journal d'Edwige Chevillon sur les ondes de BFM

" La réforme des collectivités locales est "trop belle pour être gâchée par des arrières pensées électoralistes", a estimé mardi le maire PS de Lyon Gérard Collomb, regrettant qu'il y ait "beaucoup d'arrières pensées politiciennes" dans le texte présenté par Nicolas Sarkozy.


"Il y a des points positifs" dans la réforme, a estimé M. Collomb lors d'une conférence de presse, citant notamment "la possibilité de faire des métropoles multipolaires, qui doivent permettre à la France de rayonner à l'échelle européenne".

Le projet de "mettre en place une métropole rassemblant Lyon, Saint-Etienne et Vienne, comme nous le demandons depuis longtemps, va pouvoir se concrétiser", s'est réjoui l'élu, citant parmi les autres villes susceptibles de recourir à ce dispositif Nancy-Metz et Nantes-Rennes.

En revanche, "l'aspect électoral suffit à disqualifier la réforme", a estimé M. Collomb, la qualifiant de "hold-up électoral".

Le scrutin nominal à un tour pour les conseillers territoriaux, et le suffrage direct avec fléchage pour les conseillers communautaires peut permettre "à ceux qui ont perdu les élections de devenir majoritaires dans les communautés urbaines", s'est inquiété M. Collomb. Il semble qu'il y ait "une volonté par certains de reconquérir sur le tapis vert ce qu'on n'a pas été capable de gagner dans les urnes".

Le maire de Lyon a en outre dit son inquiétude de voir disparaître la taxe professionnelle, qui représente 55% du budget du Grand Lyon. Il a souligné que l'un des effets pervers de sa suppression serait de voir les villes refuser l'installation d'industries polluantes ou bruyantes, et privilégier tourisme et habitat, sources d'impôts fonciers.

"Le président a dit que son projet pouvait encore évoluer, et nous allons essayer de le faire évoluer au cours des prochaines semaines", a assuré Gérard Collomb. "

Grand Lyon Film Festival


" Passeurs de rêve... "



"Les rêves je les réalise", disait Claude Berri. Aujourd'hui, c’est toute une métropole qui réalise son rêve, avec l'ouverture de LUMIERE2009, premier festival international de cinéma du Grand Lyon, avec, comme invité d'honneur, Clint Eastwood


Hier soir la Halle Tony Garnier a rassemblé producteurs, réalisateurs, metteurs en scènes et acteurs du monde entier, invités de Thierry Frémeaux et venus partager avec le public cette première édition de ce Grand Lyon Film Festival.

Avec LUMIERE2009, Lyon renoue avec son histoire, rappelant au monde qu'elle fut la ville des frères Louis et Auguste Lumière. Que c’est la ville où fut tourné le premier film. Et je peux vous dire que l’émotion était hier au rendez-vous au moment de découvrir sur grand écran des copies restaurées des premiers films de l’histoire du cinéma, ceux des frères Lumière tournés dans les rues de Monplaisir, mais aussi aux quatre coins du monde.

" Un festival qui ressemble à Lyon... "

Au fond, avec ce festival, Lyon conclut une histoire et en ouvre une autre. Elle fait revivre l’aventure de ces cinéphiles qui, au détour des années 70 et 80, se sont battus pour que soit conservé le Hangar du Premier Film : Raymond Chirat, Bernard Chardère, Paul Genard. C’est grâce à eux qu'ont été sauvegardé, puis mis en valeur le Château Lumière, le Hangar du Premier Film aujourd'hui classé Monument Historique.

Sans eux, sans leur combat, sans Bertrand Tavernier, Président depuis 1982 de l'Institut Lumière, jamais ce festival n'aurait eu lieu. Il n’aurait jamais eu lieu non plus, évidemment, sans Thierry Frémeaux. Et hier, dans cette Halle Tony Garnier remplie, nous avons eu droit à un grand Thierry Frémeaux, conteur hors pair, sachant mieux que quiconque partager avec le public cette passion qu’il voue au 7e art.

" Créer du désir de vivre ensemble, partager des expériences plus collectives... "

Belle idée de consacrer ce festival au patrimoine mondial du cinéma. Car finalement, c’est une manifestation qui ressemble à Lyon, à la fois porteuse du vaste mouvement culturel de notre métropole et puisant au meilleur de son passé.

Et de quelle manière ! Imaginez, ce soir, Claudia Cardinale présentant "Il était une fois dans l'Ouest" au Pathé Bellecour. A Vénissieux, c’est Marjane Sartrapi qui parlera du mythique "Inspecteur Harry" de Don Siegel. Pour Asia Argento, ce sera le Comoedia et "Pierrot le Fou". Dimanche, Clint Eastwood en ouverture du chef d’œuvre de Leone, "Le bon, la brute et le truand".

Ces grands noms du cinéma sont des passeurs de rêves. De ce rêve qui les anime et qu'ils acceptent de partager le temps d'une rencontre avec le plus large public. Pas seulement un public de cinéphiles – bien qu'il soit à Lyon très nombreux ! – mais avec le grand public. Celui qui fait que depuis ses origines, le 7e art est si populaire.

40 ans après la création du Grand Lyon, nous signons là la première manifestation culturelle portée par notre agglomération, partagée par tout un territoire, par tous ses habitants. Le Grand Lyon donne ainsi vie à un événement culturel d’envergure internationale. Notre volonté de construire une grande métropole de culture prend ici tout son sens.

La culture n’est pas seulement devenue un moteur essentiel au développement de nos territoires. Elle le ciment qui lie entre eux les femmes et les hommes d’une même métropole. Elle est, parmi toutes les activités, celle qui le mieux crée du désir de vivre ensemble, de partager des expériences plus collectives, plus festives, plus ouvertes à la diversité de nos sociétés.

Bon festival à tous !



Association des Communautés Urbaines de France


" Quand l'avenir de nos territoires est en jeu "

Après Brest en 2008, c'est à Bordeaux que les élus et les territoriaux des 16 communautés urbaines se sont retrouvéses hier et aujourd'hui. A l’heure où de profonds bouleversements se dessinent au sein de la gouvernance locale, ces rencontres mettent au centre des débats la question de la place des communautés urbaines au sein de la réforme envisagée des institutions locales ainsi que celle, non moins essentielle, de leurs ressources, dans le contexte de la réforme de la taxe professionnelle. Pour ces raisons, cette édition 2009 avait un relief particulier pour l’organisation future de nos territoires. Voici la résolution prise par les Communautés Urbaines de France à l'issue de ces 37e Journées, à Bordeaux. Bonne lecture à tous


Parce que nous sommes en première ligne pour appréhender le changement rapide de nos sociétés, nous constatons que c’est au niveau des collectivités locales que se joue largement l’avenir économique, social et environnemental de notre pays.

Nous attendions beaucoup d’une réforme territoriale qui aurait permis que s’exprime l’excellence des territoires ruraux comme urbains, des petites villes comme des grandes agglomérations.


Dans l’état actuel des propositions du gouvernement, les grands axes de la réforme institutionnelle ne répondent pas à ces préoccupations.

Davantage encore, la suppression en parallèle de la Taxe Professionnelle, en déconnectant ressources fiscales des communautés urbaines et dynamique des territoires, va remettre en cause leur action économique qui est pourtant essentielle pour l’avenir de notre pays.

Au total, ces réformes sont loin de constituer un acte III de la décentralisation. L’ACUF y voit plutôt l’acte I de la recentralisation.

Les communautés urbaines ne sauraient donc souscrire aux textes tels qu’ils sont présentés à l’heure actuelle. Elles tiennent à rappeler les enjeux qui sont pour elles essentiels et qui devraient sous-tendre la future réforme.

I. Doter le tissu urbain de ressources favorisant leur implication dans le développement économique

L’ACUF, en lien avec les autres associations d’élus du bloc communal, souhaite une évolution du texte proposé par le gouvernement sur 4 points essentiels :


- Intéresser les territoires au développement des entreprises, en affectant au bloc communal une part de la cotisation complémentaire (part de l’impôt économique local basé sur la valeur ajoutée).

- Répartir la cotisation complémentaire de manière à maintenir un lien réel entre les entreprises et leur territoire d’implantation.
- Respecter l’engagement gouvernemental de compenser intégralement les effets de la réforme pour chaque collectivité locale prise individuellement.

- Limiter le poids des dégrèvements qui seraient décidés par l’Etat sur le nouvel impôt économique, et les financer par la solidarité nationale.


II. Doter toutes les communautés urbaines du statut de collectivité de plein exercice

Ce statut, sans priver les communes de leurs compétences générales ni de leurs ressources fiscales, doit reconnaître :

-
La fonction stratégique des communautés urbaines sur l’ensemble des sujets touchant au développement durable de leur territoire.
- L’uniformisation des compétences obligatoires des communautés urbaines sur la base de celles définies par la loi du 13 juillet 1999.
-
L’exercice conjoint de certaines compétences par les communes et la communauté urbaine.
- La possibilité pour les communautés urbaines, en fonction d’accords locaux, d’exercer des compétences déléguées ou transférées par les départements et les régions
.

III. Favoriser l’émergence de "métropoles d’intérêt européen"

Soit à l’échelle des grandes agglomérations actuelles, soit en favorisant une mise en réseau sur des régions urbaines plus large, cela pourrait se concrétiser par la création d’un "Etablissement Public de Coopération Métropolitaine" qui aurait pour objet de mettre en commun des politiques et des moyens de pilotage sur les grandes aires urbaines. Il aurait ainsi à définir :

- Un schéma de cohérence territoriale à cette échelle métropolitaine.

- Les politiques d’intérêt métropolitain, en particulier dans les domaines de l’économie, l’université et la recherche, des transports, de l’habitat ou encore de la culture.
-
Les outils permettant d’exercer en commun ces compétences stratégiques métropolitaines.

IV. Conforter la légitimité démocratique des communautés urbaines


Les présidents de communautés urbaines demandent une élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires assurant une majorité stable et une meilleure prise en compte du facteur démographique tout en conservant la représentation des territoires. C’est à cette condition que les électeurs pourront s’approprier le projet communautaire.


Point de vue



" Un coup d'arrêt à la décentralisation "


Je serai cet après-midi à Bordeaux pour les 37e Journées des Communautés Urbaines de France. Alors que de plus en plus de voix se font entendre contre la réforme des collectivités locales, notamment celle d'Alain Juppé hier (cliquer ici), voici la tribune que vient de publier dans la presse un autre ancien Premier Ministre, Pierre Mauroy


" Le projet de loi gouvernemental portant sur la réforme des collectivités locales que le gouvernement voulait mettre en débat au Sénat, dès l’ouverture de la session d’automne, prend du retard. Ce retard est dû aux désaccords internes à la majorité qui rendent difficiles les arbitrages que veut faire en dernier ressort Nicolas Sarkozy. Ce qui explique que nous ne disposions pas encore du projet définitif et des mesures finalement retenues.

Au cours de l’année dernière, plusieurs groupes, missions et comités se sont penchés sur cette question de la réforme des collectivités locales.

Personnellement j’ai participé avec André Vallini aux travaux de la Commission Balladur dans l’état d’esprit de faire progresser la démarche décentralisatrice initiée par les lois de 1982-83 qui a connu auprès des Français un véritable plébiscite. C’est pourquoi nous avons approuvé les quelques propositions du Comité qui allaient dans ce sens, pensant engager l’Acte III de la décentralisation. Il en est ainsi, par exemple, de l’élection des organes délibérant des Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) au suffrage universel direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux. Il en est encore ainsi de la création de onze métropoles par la loi. Personnellement, je souhaitais qu’une vingtaine soit créée d’emblée.

En effet, je pense que la "métropolisation" permettra aux villes françaises de se hisser à la hauteur de leurs concurrentes européennes et de rivaliser avec elles en puissance et en notoriété.

Qu’en sera-t-il du projet de loi ? L’avant-projet retient l’idée d’en créer sept. Il faut attendre le texte définitif pour en savoir plus. Très vite, au fil des travaux, pourtant, je me suis rendu compte que d’autres dispositions, auxquelles André Vallini et moi nous nous sommes opposés avec force, avaient pour objectif de mettre fin à la décentralisation. Il en est ainsi de la proposition de créer des conseillers territoriaux siégeant à la fois au Conseil général et au Conseil régional.

Cette disposition, qui apparaît comme un inutile "big-bang", marque plus qu’un recul dans la marche en avant de la décentralisation et de la régionalisation. Car elle conduit à engager à nouveau la France sur la voie de la"recentralisation" et du renforcement de son pouvoir par l’actuel président de la République. Je regrette vivement que la création des conseillers territoriaux constitue la mesure-phare du projet de loi gouvernemental.

Au prétexte de faire des économies (en fait dérisoires) en réduisant de moitié le nombre des élus locaux, cette proposition organise la dénaturation de leur fonction comme celle des politiques portées par les deux assemblées, ce qui n’est satisfaisant ni intellectuellement ni pratiquement.

En fait, cette mesure conduira inévitablement à l’affaiblissement des deux assemblées concernées et donc au renforcement du pouvoir central.

Même si le département n’est pas épargné, la collectivité la plus touchée sera, selon moi, la région, coupée dans son élan par la volonté du gouvernement de mettre fin à l’autonomie financière des collectivités. Les régions ayant vocation à assurer la compétitivité des territoires, il me semblait essentiel de faire émerger de grandes régions puissantes et articulées sur l’Europe. Or, c’est l’inverse qu’on nous prépare.

En outre, si le mode de scrutin de ces conseillers territoriaux est bien, comme j’ai pu le lire récemment, un scrutin à un tour avec une dose de proportionnelle, on comprend mieux les arrière-pensées partisanes qui fondent cette réforme : en finir avec la domination de la gauche sur les assemblées locales. La tradition française étant celle du regroupement de la gauche au 2nd tour, la droite pourrait ainsi reconquérir les pouvoirs locaux avec une majorité relative des voix, autour de l’UMP, qui se veut le parti unique de la droite.

Enfin, comment ne pas voir dans la suppression de la taxe professionnelle une façon de faire perdre aux collectivités territoriales leur autonomie fiscale ?

A l’étude depuis des années, on sait déjà que les différentes sources de compensation envisagées ne seront pas à la hauteur des recettes nécessaires. Les marges de manœuvre des collectivités en seront réduites et leur dépendance vis-à-vis de l’Etat renforcée. Sur ce plan encore, un coup d’arrêt est porté à la décentralisation.

Depuis plus de trente ans, notre pays avait enfin rompu avec sa tradition jacobine et donné aux collectivités territoriales un souffle de liberté qui leur avait permis de se développer et de travailler de façon très efficace au bien-être de nos concitoyens. C’est dire si le projet de loi qui sera déposé en octobre sur le bureau du Sénat ne répondra pas aux attentes de la gauche et de nombreux républicains. Quoi qu’il en soit, je serai de tous les combats pour empêcher l’avènement de l’An I de la recentralisation."


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