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Maison de l'emploi et de la formation


" Emploi, priorité absolue... "


Ce matin nous avons inauguré la Maison de l’Emploi et de la Formation de Lyon. Un geste fort au milieu de la crise que nous traversons, la plus importante depuis l’après-guerre



Plus que jamais nous avons réaffirmé que l’emploi est notre priorité absolue. Pour tous ceux qui sont aujourd’hui touchés par le chômage, pour les jeunes, avec ou sans formation, qui éprouvent les plus grandes difficultés à trouver leur premier emploi, cette maison témoigne de notre détermination à agir à tous les échelons des pouvoirs publics.


Cette maison, c’est aussi pour nous l’occasion de réitérer notre engagement en faveur d’un territoire plus solidaire et plus compétitif.

Car Lyon est au cœur du développement de notre métropole, facteur de création de richesses et d’emplois, et que nous voulons que cette dynamique profite à tous, que chacun y contribue sans que personne ne soit laissé au bord du chemin.


Au-delà des chiffres et des statistiques que nous avons tous en tête, ayons à l’esprit que le chômage, c’est aussi et d’abord des drames humains. Et on sait quelles tragédies traversent toutes celles et tous ceux qui sont frappés par cette crise et perdent leur travail.

Cette maison de l’emploi de Lyon est née d’une prise de conscience et d’une volonté commune de mieux répondre ensemble au défi majeur de l’accès de tous à l’emploi et à la formation. Pour cela, nous avons travaillé en partenariat étroit avec l’Etat et ses services, le Pôle Emploi, les collectivités locales, l’ensemble de nos partenaires, les structures d’insertion, la DDTEFP et les chambres consulaires.

Son originalité est d'être organisée en 4 sites, dont 3 pôles de proximité dans les quartiers prioritaires de Mermoz, Gerland et la Duchère. A ce jour, ce sont déjà 6000 personnes qui ont bénéficié des services de ces sites.


On peut reprocher à notre pays son organisation en "millefeuille". Pour le chercheur d’emploi, il en résulte souvent un véritable parcours du combattant. Cette fois, c’est le schéma inverse que nous avons voulu, en regroupant sous un même toit l’ensemble des ressources et informations utiles à celui qui recherche à travailler ou se former comme à celui qui veut recruter.

J’invite les internautes qui éprouvent ces besoins, à se rendre dans cette maison, 107 boulevard Vivier-Merle, à la Part-Dieu, ou à aller sur le site internet de la MdeF de Lyon.




Europe 1 à Lyon


Gérard Collomb était ce matin l'invité de Jean-Pierre Elkabbach. Son interview au micro d'Europe1 :






Génocide des Arméniens



" Avec notre cœur, avec le peuple arménien, jusqu’à l’Ararat ! "


Voici le discours que je viens de prononcer devant le Mémorial lyonnais du Génocide des Arméniens de 1915, dont nous commémorons aujourd'hui le 94e anniversaire



" 24 avril 1915. Constantinople.

Le gouvernement Jeune-Turc organise le massacre de plusieurs centaines d’Arméniens.

Professeurs, avocats, intellectuels : en s’attaquant d’abord à l’élite arménienne, les autorités ottomanes entendaient décapiter une communauté tout entière.

Ainsi débuta, il y a 94 ans, le premier génocide du 20e siècle.

En Occident, et notamment en France, les plus grandes consciences de l’époque avaient tenté d’alerter l’opinion internationale du drame qu’elles sentaient venir.

C’est le grand Jaurès qui, en 1896, le 3 novembre, s’adresse aux représentants de la nation française en s’écriant : "Il faut sauver les Arméniens ! "

Au nom des valeurs universelles de paix, de justice, de droit, et dénonçant un processus qu’il pressent inexorable, il poursuit alors : « Messieurs, ce qui importe, ce qui est grave, ce n’est pas que la brute humaine se soit déchaînée là-bas, ce n’est pas qu’elle se soit éveillée. Ce qui est grave, c’est qu’elle ne s’est pas éveillée spontanément ; c’est qu’elle a été excitée, encouragée, nourrie des appétits les plus féroces par un gouvernement régulier avec lequel l’Europe a échangé plus d’une fois, gravement, sa signature. »

C’est une autre grande figure française, Charles Péguy qui, dès 1900, écrit : « Le massacre des Arméniens sur lequel je reviendrai toujours et qui dure encore n’est pas seulement le plus grand massacre de ce siècle ; mais il fut et il est sans doute le plus grand massacre des temps modernes ».


Ces appels, hélas, ne trouvèrent guère d’échos.

Et c’est à l’ombre de la Première Guerre Mondiale, que se réalisa le massacre des Arméniens.

Un génocide qui décima les deux tiers de la population arménienne d’Anatolie, avec ce bilan effroyable : 1.5 millions victimes !

Un génocide planifié et orchestré par un Etat au nationalisme exacerbé qui entendait en finir avec ce qu’il appelait la question arménienne.

C’est, en effet, sur ordre envoyé dans toutes les provinces par le ministre de l’intérieur, Talat Pacha, qu’au printemps 1915 se déroulèrent la déportation puis le massacre de tout un peuple.

Jetés sur les routes désertiques de Mésopotamie, en un milieu où personne ne pouvait survivre, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants connurent un calvaire insupportable. A l’inhumanité des marches forcées s’ajoutèrent la famine, la maladie, les humiliations, les tortures et les viols.

« Je ne pense pas que dans toute l’histoire du monde, il y ait jamais eu un massacre aussi général et méthodique que celui qui a lieu dans cette région ou qu’un plan plus diabolique soit jamais sorti de l’esprit d’un homme ! » Tels furent les mots que le Consul américain adressa à son gouvernement pour raconter ce que de ses yeux, il avait pu voir en 1915.

Témoignage confirmé par les rapports d’enquête réalisés dès 1916 par le gouvernement britannique dans son « Livre Bleu sur le traitement des Arméniens dans l’Empire ottoman ».

Oui, depuis 1915, les faits étaient déjà connus de tous !

Pourtant, dès la parution du Livre Bleu, le gouvernement turc s’acharna à les contester, à travestir la réalité !

Un génocide venait de se perpétrer, mais il fallait le nier comme si, après avoir tué les vivants, on voulait supprimer jusqu’à la mémoire même de celles et de ceux qui en avaient été les victimes.


" Affirmer que Lyon serait une fois de plus, ville de résistance, contre toutes formes de négationnisme... "

C’est parce que Lyon a été le refuge de ceux qui survécurent, de ceux qui avaient été jetés sur les routes de l’exil, vos parents, vos grands-parents, à vous qui êtes ici, que la mémoire du génocide arménien est aussi profondément ancrée dans nos consciences et dans nos cœurs.

C’est elle qui nous a conduit à vouloir ériger, pour perpétuer le souvenir, cette œuvre forte, non dans un quartier périphérique, mais au centre de notre Cité, à l’endroit même où chaque jour bat le cœur de notre agglomération !

Pour que chacun se souvienne !

Pour que chacun médite !

Oui, nous avons voulu ce Mémorial pour que jamais l’oubli ne l’emporte.

Nous l’avons voulu pour affirmer que Lyon serait une fois de plus, ville de résistance, contre toutes formes de négationnisme, un négationnisme vis-à-vis du génocide arménien, qui devra bien un jour être sanctionné par la loi !

Cette tragédie de l’Histoire qui fut la vôtre, nous avons voulu la faire nôtre.

Oui nous avons voulu ce Mémorial en dépit des critiques, des pressions, des menaces, de toutes les voix qui s’élevaient alors pour protester contre son édification.

En l’installant, voici trois ans, au cœur de notre Cité, c’est le combat universel pour la mémoire et la vérité de l’Histoire que nous avons entendu affirmer, comme élément constitutif de l’identité même de notre ville.

Alors, je suis heureux qu’en ce jour du 24 avril, nous soyons si nombreux rassemblés. Tous ceux qui se retrouvent depuis les débuts mêmes de l’organisation de cette manifestation, en 1974, tous ceux, qui nous ont rejoints depuis et tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui.

La diversité de notre rassemblement – au-delà des frontières partisanes, politiques, religieuses, ou philosophiques – montre qu’à Lyon, nous avons déjà gagné ce combat pour la mémoire qu’avaient déjà engagé, en leur temps, Edouard Herriot ou Justin Godart.

Cette cause demeure pour nous, aujourd’hui encore, un enjeu majeur car il convient de la porter partout, et d’abord en Turquie.

Nous sommes de ceux qui pensent, en effet, que rien de nouveau ne pourra se construire sans que les autorités turques n’aient avancé sur le chemin de la vérité. Assumer l’histoire, ce n’est pas trier les faits. C’est en révéler les lumières, mais aussi, les zones d’ombres. C’est comme cela qu’une nation avance sur la voie du progrès et des libertés !

Que serait aujourd’hui l’Europe si, au lendemain même de l’holocauste, l’Allemagne n’avait pas reconnu ses crimes ? Jamais la réconciliation avec la France n’aurait pu voir le jour ! Jamais l’Europe n’aurait pu renaître et devenir cet espace de paix, de démocratie et de liberté.

L’acte de reconnaissance du génocide est le préalable aux relations que voudrait engager la Turquie avec ses voisins.

Aujourd’hui, peut-être, l’histoire commence à bouger, avec des signes qui sont pour nous porteurs d’espoir. Ce n’était qu’un match de football à Erevan, mais déjà la présence côte-à-côte, en septembre dernier, des Présidents turc et arménien, était un symbole fort.

De même qu’étaient fortes les paroles que Barack Obama a tenues au cours de sa campagne électorale, appelant la Turquie à reconnaître le génocide arménien. Ah ! Que nous aurions aimé qu’il les réitère lors de sa visite à Ankara !

A nous, donc, de poursuivre le combat pour que le gouvernement turc accepte enfin de reconnaître le passé, de reconnaître la réalité du génocide.

Nous devons le faire en martelant, encore et toujours que l’Europe, n’est pas seulement une zone de libre échange économique, mais qu’elle est d’abord fondée sur un socle de valeurs : la fraternité, la justice, la liberté, l’exigence de la mémoire !

Que l’adhésion à ces valeurs constitue un préalable pour tous ceux qui veulent intégrer l’Union Européenne. Car intégrer l’Europe, c’est intégrer son esprit, c’est intégrer ses valeurs !

L’histoire commence à bouger, disais-je, même si c’est parfois dans la douleur et la tragédie. Celle, par exemple, de l’assassinat du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink à qui nous avons donné le nom d’une de nos rues.

Après ce crime odieux, Ahmet Insel, enseignant à l’Université francophone Galatasaray d’Istanbul, initia avec trois autres intellectuels turcs, en décembre 2008, une pétition adressée « aux frères et sœurs arméniens » pour la « Grande Catastrophe » de 1915.

Ils disaient : « la demande de pardon est devenue un besoin irrépressible. Pardon aux Arméniens d’aujourd’hui, à leur mémoire marquée de façon indélébile ; (…) pardon pour la poursuite obstinée de cette dénégation. »


" La Turquie ne doit plus passer à côté de son histoire... "

Par dizaines de milliers, des citoyens turcs ont signé cet appel, véritable promesse d’espoir pour l’avenir. Et, c’est peut-être de là, des profondeurs du peuple, que viendra la volonté de faire de la Turquie une nation qui ose enfin regarder son histoire !

Le monde change, les mentalités aussi ; les populations ne veulent plus être l’otage du passé ! Oui, la Turquie peut franchir des pas décisifs grâce à tous ceux qui se battent pour la liberté d’expression, à l’image de Hrant Dink, à l’image de Dogan Ozguden, qui nous fait l’honneur aujourd’hui de sa présence, et nous y sommes sensibles ; grâce à tous ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur, mènent ce combat difficile pour la vérité et la liberté, fût-ce, au prix-même de leur vie.

Je forme le vœu que leur idéal se réalise.

Cela fera bientôt cent ans que le gouvernement Jeune-Turc prit la décision d’exterminer tout un peuple. Dans six ans, ce sera le centenaire du génocide.

Je forme le vœu, que dans six ans, la Turquie prenne elle-même l’initiative de procéder à une commémoration officielle du génocide. Elle ne peut plus laisser des millions d’hommes et de femmes amputés de leur mémoire, exilés depuis des générations.

La Turquie ne doit plus passer à côté de son histoire, l’histoire des Européens, l’histoire de l’Humanité !

Le nouveau cours du monde appelle cette évolution majeure.

Il faut travailler à construire les ponts, travailler ensemble, encore et encore, pour que le soleil se lève en Anatolie !

C’est là, l’espérance que nous devons porter, le serment qu’ensemble nous devons prêter : oui, dans six ans, c’est au pied du Mont Ararat, qu’il nous faudra pouvoir, officiellement, célébrer en Turquie la commémoration du centenaire du génocide arménien !

Sirrdov miassin Haïe Jorovourti ed Minschev Ararad ! "

(Avec notre cœur, ensemble, avec le peuple arménien, jusqu’à l’Ararat !)


Télécharger le discours au format Pdf : cliquer ici




" J’ai découvert que j’étais Lyonnais une fois que j’ai cessé de l’être... "



Eric-Emmanuel Schmitt était hier à Lyon, sa ville natale, pour une séance de dédicace de son dernier roman, "Le Sumo qui ne voulait pas grossir" à la librairie Decitre.



Pour moi, sa venue était l'occasion de lui remettre la médaille de la ville. Un vrai plaisir pour moi qui aime à lire cet écrivain lyonnais dont l'oeuvre prolifique est connue partout dans le monde.

Après mon discours, Eric-Emmanuel Schmitt a eu ces quelques mots sensibles où il évoque sa relation avec Lyon. Je suis heureux de pouvoir vous les faires partager sur mon blog. Bonne lecture à tous !



" Je me sens à la fois aimé et compris. Je me suis dit que, décidément, le Lycée du Parc formait bien les êtres, puisque nous en sortons tous les deux. Je suis sensible au fait de recevoir cette marque de reconnaissance, parce que comme vous l’avez évoqué, j’ai découvert que j’étais Lyonnais une fois que j’ai cessé de l’être. C’est souvent ce qui arrive lorsqu’on passe la frontière, qu’on se retourne en arrière et qu’on voit un pays qu’on a quitté, et qu’on voit peut-être l’empreinte de ce pays en soi.

C’est vrai que plusieurs années après avoir quitté Lyon, j’ai découvert ce qu’il y avait de Lyon en moi et qui est très consubstantiel : être à l’aise dans plusieurs siècles à la fois. Quand on a fait ses études à Fourvière, on marche dans du gallo-romain, dans de la Renaissance, dans un lycée construit au 19e siècle, et on a le Lyon moderne qui s’élève, avec les tours de la Part-Dieu qui poussent.

C’est se sentir chez soi dans des strates différentes et il y a ça dans mon écriture. Avec ce Pilate, qui enquête sur la disparition du cadavre du Christ… Je pense que ça, ça me vient de cette ville.
Je pense aussi que parfois les choses qu’on me reproche, c’est-à-dire une maîtrise de la façade, je dirais une maîtrise presque sénatoriale de la façade, c’est quelque chose d’assez lyonnais.

Les Lyonnais sont pudiques, et ont une espèce d’idéal de contrôle, qui est pour moi dans l’écriture, dans un langage. Les violences sont dessous, les folies sont dessous, les turpitudes aussi peut-être, derrière la façade, mais il y a la façade.


Donc je crois que beaucoup de choses comme ça, qui constituent mon écriture, sortent de cette ville, et dans ce texte que j’avais écrit, "Guignol aux pieds des Alpes", je donne même un conseil à quelqu’un qui, par exemple veut faire un enfant d’un naturel philosophe, c’est le conseil qu’ont suivi mes parents, qui sont ici, c’est-à-dire de faire naître leur enfant sur les hauteurs de Sainte-Foy-Lès-Lyon.
Parce que le monde m’a été offert du balcon de Sainte-Foy-Lès-Lyon, le monde m’a été offert comme un spectacle.

Ça a fait l’homme de théâtre. Et le spectacle que je voyais de loin, ça, à mon avis, ça m’a donné le goût de la réflexion. J’étais comme un enfant spectateur et philosophe qui avait le monde à ses pieds.

Lyon est une ville fascinante. On était à la Villa Florentine cet après-midi, et on avait Lyon sous nos pieds. Lyon est une ville à la fois toujours acteur et spectateur, parce que c’est une ville qui s’offre, qui se montre, il suffit de prendre un peu de hauteur.

C’est une ville à même de produire des êtres un peu spéciaux, qui peuvent être des créateurs (...)
Il y a deux choses qui me feraient plaisir, c’est un jour de revenir et jouer dans ce sublime théâtre où j’ai découvert le théâtre, le Théâtre des Célestins. Ma mère m’a amené un jour.

C’est le premier souvenir de ma vie : Cyrano de Bergerac, et je pense que je suis tombé dans la marmite à partir de ce moment-là.
Cyrano était joué par Jean Marais. Avec le recul je pense qu’il ne devait pas être très très bon dans le rôle mais je ne m’en suis pas rendu compte.

J’ai découvert cette pièce sublime et à partir de là, j’ai vibré et su que le théâtre était un lieu de partage des notions humanistes, un lieu où enfin, au lieu de pleurer sur des soucis à moi, je pleurais de façon compassionnelle sur l’histoire d’un autre, ce Cyrano qui croyait qu’on ne l’aimait pas, alors que moi j’étais un enfant aimé et je n’en doutais pas.

C’est un lieu où j’ai découvert l’autre, l’altérité, et en sortant du théâtre, j’avais dit à ma mère : "je ferai ça plus tard".
Elle m’avait dit : "tu veux faire acteur ?", comme Jean Marais ?
Non : "je veux faire Edmond Rostand".

Je voulais faire Edmond Rostand.
Et vous avez dit tout à l’heure que vous avez eu une larme en lisant Oscar. Finalement, j’ai réussi."


Pour lire mon discours : cliquer ici




Hommage



" Construire la Cité heureuse... "



" Chaque ville a sa vérité, pas toujours apparente, souvent difficile à saisir, et chaque bâtiment nouveau doit exprimer la sienne, en révélant celle de la ville ". Pierre Riboulet, (1928 - 2003)


Cette très belle phrase est de Pierre Riboulet, un homme discret qu’Albert Constantin décrit comme "un des plus grands architectes, et surtout un des plus grands penseurs des liens entre l’architecture, l’urbanisme et la société, que nous puissions avoir dans notre pays".

Hier, nous lui avons rendu hommage en donnant son nom à une rue de Gerland.


Pierre Riboulet était de ceux pour qui l’architecture doit tout entière se trouver au service de l’homme. Il pensait qu’il fallait d’abord s’inspirer de la ville dans son âme, dans ses profondeurs, d’essayer d’en pénétrer le dessein social.

Pour lui ça n’était pas simplement le dessin d’un bâtiment, simple objet qui pourrait se poser dans n’importe quel lieu ; mais un bâtiment que l’on a conçu en essayant de pénétrer ce qu’est l’âme d’une ville. Je suis en profond accord avec cette vision.

En tout cas, c’est comme cela qu’à Lyon, nous voulons concevoir la ville. Faire en sorte qu’à la fois il y ait une grande architecture, mais qu’en même temps cette grande architecture soit au service d’un projet urbain, d’une certaine conception de la ville, d’une façon qu’ont les habitants de vivre la ville.


A l’angle de la rue Jonas Salk, la rue qui désormais porte le nom de Pierre Riboulet se trouve en face de la Halle Tony Garnier. Je crois qu’il aurait apprécié, parce c’était justement cette conception de la Cité heureuse qu’avait Tony Garnier : le fait de penser qu’une architecture, qu’un dessin urbain était finalement réalisé pour faire le bonheur des femmes et des hommes qui habitent des bâtiments et qui habitent une ville.


Avec l’inauguration de cette rue nous rendons un très grand hommage à l’architecture, à l’urbanisme, à celles et ceux qui ont été les disciples de Pierre Riboulet et qui ont été inspirés par sa pensée.

A travers la vie et l’œuvre de cette figure majeure, c’est, en fait, un hommage à l’urbanisme et à l’architecture que avons voulu rendre hier.



Le site pierreriboulet.org vous invite à mieux connaître l'oeuvre de Pierre Riboulet.

Pour télécharger mon discours (Pdf) : cliquer ici





Gérard Collomb est demain l'invité politique de Michel Dumoret sur I-Tele. Emission en direct de 8h30 à 8h55, à voir également sur le site de la chaîne.





Ecouter l'interview de Gérard Collomb dans "Les Grandes Gueules" sur RMC (104.2 FM à Lyon) : cliquez ici.





Chers amis internautes,



Le temps de prendre quelques jours de vacances en famille est pour moi arrivé.

Je vous donne donc rendez-vous lundi 20 avril sur mon blog pour poursuivre nos échanges et notre dialogue autour de tout ce qui fait mon actualité à Lyon et ailleurs.

A toutes celles et tous ceux qui comme moi vont profiter pleinement de ces prochains jours, je souhaite d'excellentes vacances de Pâques !





Gérard Collomb était ce matin l'invité de Gérard Angel dans son émission les "Scoops du Grand Lyon".

P
our écouter l'interview : CLIQUER ICI


Retrouvez Gérard Collomb dans l'émission d'Yves Calvi "C dans l'Air".

Thème de l'émission : "La flambée des impôts locaux". CLIQUER ICI.


Plan de Relance


" Aller de l'avant... "


Chacun doit se mobiliser pour tenter de diminuer la portée de la crise économique actuelle. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai signé avec le préfet de région un accord dans le cadre du Plan de Relance au terme duquel, pour le Grand Lyon, nous allons injecter 26 millions d’euros dans l’économie locale


Nous avons choisi de le faire suivant trois critères :

- Les projets doivent concerner le plus grand nombre d’entreprises.

- Les projets doivent être réalisés et payés en 2009.

- Les projets seront répartis le plus largement sur tout le territoire communautaire.

Dans le respect de ces trois critères, nous avons choisi cinq types de projets : la voirie, pour 9 millions d’euros, afin d’effectuer des travaux d’entretien et d’amélioration de la voirie de proximité.

Le secteur du logement, pour 10 millions d’euros, qui nous permettra de faire partir 300 logements supplémentaires au titre du "pass" foncier (aide à l’accession à la propriété), de soutenir les opérations lancées dans le cadre de nos ZAC, de financer la reconstruction de logements pour les opérations de rénovation urbaine.

Des grosses réparations et actions de confort seront mises en œuvre dès cette année dans le centre d’échanges de Lyon Perrache : l’entrée côté Carnot, la passerelle d’accès à la gare ou encore les couloirs menant vers les bus seront très sensiblement améliorés.

Ce sont ainsi 3 millions d’euros qui seront mobilisés sur cet espace emprunté par un grand nombre d’usagers.

Des travaux s’inscrivant dans le Plan Climat du Grand Lyon pour 1,5 millions d’euros en photovoltaïque et en économie d’énergie.

Enfin, 2 millions d’euros seront consacrés à l’achat de foncier pour des activités économiques et pour la construction de logement social.


Autant de projets qui permettront de préserver des emplois tout en permettant à notre agglomération d’aller de l’avant.



" Un Lyonnais en or ! "

C'est un formidable exploit qu'a réalisé ce week-end à Milan le Lyonnais Yann Cucherat, vainqueur d'une Médaille d'Or et d'une autre d'Argent aux Championnats d'Europe de Gymnastique


Yann Cucherat (à ma gauche sur la photo) a remporté l'or aux barres parallèles et l’argent à la barre fixe. Un double exploit pour le sociétaire de la Convention Gymnique de Lyon déjà auteur d'un très beau palmarès international.

C’est la première fois que Yann obtient une médaille d’or européenne aux barres parallèles.

Cette performance est la marque d'un très grand champion. D'ailleurs, le public lyonnais ne s'était pas trompé en décernant le 26 janvier dernier un "Lion du Sport" à ce gymnaste reconnu de tous pour son grand cœur !



Espace Martin Luther King


"
Et l’Amérique prit un autre visage... "


Voici le discours que j'ai prononcé ce matin, au parc de la Tête d'Or, après avoir dévoilé la plaque en l'honneur de Martin Luther King.

Bonne lecture à tous !



" C’est avec une profonde émotion qu’avec M. le Consul des Etats Unis d’Amérique, Harry Sullivan, avec le Pasteur John Wilson de l’Eglise Baptiste, avec Robert Vial, je viens de découvrir cette plaque gravée au nom de Martin Luther King.

Cette plaque marquera la création dans ce parc de la Tête d’Or, si symbolique de Lyon, d’un parcours de la paix où, année après année, nous souhaitons rendre hommage aux femmes et aux hommes dont la vie fut tout entière placée sous le signe de la paix. Ce parcours, nous l’avons initié il y a un an et demi en donnant, à ce que les Lyonnais connaissent familièrement comme l’Île aux Trois Ponts, le nom du Mahatma Gandhi.

Aujourd’hui, c’est la vie et le combat de Martin Luther King que nous entendons célébrer, pour manifester notre conviction que si "on a tué l’homme d’un rêve, le rêve lui n’est pas mort". Nous avons choisi symboliquement de le faire à côté du monument qu’avait voulu édifier Michel Noir et qu’il avait inauguré le 10 décembre 1989 à l’occasion du 41e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Dans cette volonté d’alors, il y avait la certitude que Lyon n’est pas n’importe quelle ville mais que l’humanisme qui s’y est développé, l’esprit de la résistance qui l’a marquée, lui font obligation d’être partout présente là où il faut porter haut et fort les Droits de l’Homme.

C’est ce même esprit qui nous anime aujourd’hui !

Car cette volonté ardente de promouvoir les Droits de l’Homme, qui l’a incarnée plus que Martin Luther King ? Lui, dont le combat commença par le soutien à Rosa Parks, cette femme qui avait, pour la première fois, le 1er décembre 1955, refusé d’obéir aux injonctions d’un chauffeur de bus la sommant de céder sa place à un blanc !

Lui, dont le discours prononcé lors de la marche sur Washington le 28 août 1963 devant le mémorial d’Abraham Lincoln, retentit encore dans toutes les têtes et dans tous les cœurs ! Lui que le combat pour l’égalité, la dignité, allait porter chaque jour jusqu’à ce 4 avril 1968 où, après un dernier meeting, il allait tomber à Memphis, sous la balle d’un militant ségrégationniste !

Cette issue fatale, Martin Luther King l’a savait possible dans une Amérique où la violence et la haine contre les noirs pouvaient encore se donner libre cours. Mais il savait aussi que malgré tout, il lui fallait poursuivre son combat pour que les Etats-Unis redeviennent cette grande nation de la liberté qu’avaient voulue ses pères fondateurs.

Oui, il lui fallait se battre pour que les Droits de l’Homme deviennent aussi les droits de l’homme noir et tant pis si c’était au péril de sa vie.


Dans le discours prononcé à Memphis, la veille de son assassinat, il disait à la foule : "Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m’en souci guère maintenant. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la terre promise".

Pour lui, cette Terre Promise, c’était une Amérique dans laquelle tous les hommes, quelles que soient leur race, leur origine, leur croyance, pourraient vivre en paix. Un siècle après l’abolition de l’esclavage, Martin Luther King voulait une liberté pleine et entière pour des millions d'afro-américains dont les droits civiques n’avaient jamais été respectés.

Son combat entendait briser les chaînes de la ségrégation, de la discrimination, de la pauvreté. C’était un combat pour la justice, pour l’égalité, pour la fraternité entre les Hommes. Cette cause, il entendait la faire progresser de manière pacifique ! Car pour lui, la cause des noirs, c’était aussi, c’était d’abord celle de l’Humanité tout entière. Et il entendait que puisse se lier dans un destin commun tout un peuple, par-delà les différences de couleur, de religion, de conviction.

En assassinant Martin Luther King, les tenants du ségrégationnisme entendaient éteindre cette flamme qu’il avait allumée dans le cœur de millions de femmes et d’hommes aux Etats-Unis. Ils ne firent que l’embraser.

Au lendemain de sa mort, la protestation fut immense, la colère si terrible que le New York Times titrait alors "L’assassinat du Pasteur King est un désastre national". Trois jours plus tard le Président Johnson proclamait le deuil national.

Et l’Amérique progressivement prit un autre visage. La cause des noirs pour laquelle Martin Luther King s’était battu progressa.
Et son combat, 40 ans après sa tragique disparition, a aujourd’hui trouvé son ultime consécration : l’élection par les Etats-Unis d’Amérique, d’un président noir. Une élection qui non seulement aux Etats-Unis, mais partout ailleurs a fait passer l’espoir d’un monde nouveau.

D’un monde, où la valeur d’une personne se mesurerait non à son rang social, à sa condition ou à ses croyances personnelles, mais à l’aune de son mérite, de son courage, de son engagement, de sa capacité à incarner l’intérêt général.

C’est là un message pour nous tous ! Comme le disait Martin Luther King, dans son discours devant le Lincoln Memorial : "L’heure est venue de prendre pied sur le roc solide de la fraternité. L’heure est venue de faire de la justice une réalité. » Now ! Maintenant, maintenant !

Et c’est donc à nous aujourd’hui de reprendre le combat.

Le combat contre toutes les formes d’exclusions, de discrimination, de racisme, contre toutes les formes d’intégrismes, de fanatismes, de fondamentalismes. Oui, nous le pensons avec Martin Luther King :

"Un jour viendra où l’on fera un soc de charrue avec les épées, où les nations ne se dresseront plus les unes contre les autres. Ce jour-là, le lion et l’agneau pourront se tenir l’un près de l’autre, sans s’effrayer."


C'était là les paroles, que Martin Luther King avait adressées le 29 mars 1966 aux Lyonnais venus l’écouter par milliers, à la Bourse du Travail.

C’est ce message de paix et d’espérance qu’entend exprimer ce Parcours inauguré en 2007 avec la stèle du Mahatma Gandhi.
C’est ce message que nous voulons reprendre aujourd’hui en donnant à cet espace le nom de Martin Luther King !

Et c’est avec beaucoup de respect et d’émotion que je voudrais citer les noms de Robert Vial, Pierre Lévy, Alban Vistel, Henri Ravouna, Jean-Pierre Lanvin, Georges Vermard, le Dr Charles Favre, Paul Eberhard, Jean Lasserre, ou bien celui que j’eus l’occasion de fréquenter à la Khâgne du Parc : Louis Thomas Achille.

Ce sont eux qui, voici 43 ans, ont permis la venue de Martin Luther King à Lyon. Cet espace, nous le devons à ces hommes. Nous le devons aussi à toutes celles et à tous ceux qui, aujourd’hui encore, militent anonymement pour que partout dans le monde puissent progresser les Droits de l’Homme.

They shall overcome some day !



Martin Luther King I have a dream (sous-titres français)



Hommage






" L
e 29 mars 1966, Lyon accueillait Martin Luther King à la Bourse du Travail pour une conférence organisée par un collectif de 27 associations regroupées autour du Cercle pour la Liberté de la Culture et de la LICA (aujourd'hui LICRA). Des milliers de personnes étaient venues écouter ce jeune pasteur noir-américain, qui deux ans plus tôt avait reçu le Prix Nobel de la Paix, à l'âge de 35 ans. Demain, samedi 4 avril, nous rendrons hommage à cette grande figure en inaugurant l'Espace Martin Luther King, au Parc de la Tête d'Or. Je vous invite à nous rejoindre nombreux, à partir de 11h, sur l'Espace des Droits de l'Homme du parc (entrée par le bd Stalingrad). "




" Histoire d’une renaissance… "



Hier après-midi, après mon t'chat mensuel (à lire colonne de droite), je suis allé inaugurer la première phase du programme exemplaire de reconversion de l’Antiquaille, site historique en passe de devenir un des plus beaux espaces de Lyon

Une résidence universitaire, des bureaux, des logements, un hôtel haut de gamme, un restaurant gastronomique, un espace culturel sur le christianisme : c’est tout cela que proposera demain le futur site de l’Antiquaille, sur les hauteurs de Fourvière.

Hier, nous avons inauguré les premières réalisations de ce vaste programme, avec la pose de la première pierre de l’immeuble de 117 logements et la réception des nouveaux bureaux.

Bien évidemment, c’est un site historique que nous sommes en train de transformer en en faisant un des plus beaux quartiers de Lyon.

La pluralité des fonctions va permettre de rendre aux habitants cet espace occupé par les activités hospitalières depuis deux siècles. D’ailleurs, ce programme fait écho à celui que nous allons mener à l’Hôtel-Dieu avec la même volonté de restituer les lieux au public.

Car je suis de ceux qui pensent qu’une ville doit vivre avec tous ses habitants et non se "muséifier" en étant vide de toute substance humaine !

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