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Grand Stade


"Une décision incompréhensible… "


Hier, la cour administrative d’appel de Lyon a pris un arrêt d’annulation de la délibération du Grand Lyon du 9 juillet 2007, concernant la prescription de révision du PLU de Décines-Charpieu qui devait permettre, notamment, la réalisation du futur Grand Stade de l’Olympique Lyonnais. Même si cette décision ne remet pas en cause le projet de Grand Stade, ni son calendrier, elle mérite de vous être expliquée sur mon blog

Pour cette juridiction, la délibération du Grand Lyon aurait été prise dans des conditions irrégulières, pour deux raisons principales : les conseillers communautaires n’auraient pas disposé d’une information suffisante avant la séance du conseil de communauté urbaine du 9 juillet 2007 ; leur attention n’aurait pas été suffisamment focalisée sur l’importance du vote de ce point à l’ordre du jour, au motif que ce sujet était le 27e point inscrit à l’ordre du jour d’une séance qui comptait une centaine de dossiers.

Sans vouloir commenter l’arrêt de la cour administrative d’appel, j’ai tenu à m’exprimer devant la presse à propos de ce jugement qui me semble incompréhensible et qui ne résiste pas à l’examen de la réalité des faits...



D’abord, j’ai rappelé que chaque séance du conseil communautaire comprenait entre 100 et 150 dossiers. La séance du 9 juillet 2007 n’a pas fait exception à cette réalité : on ne réunit pas 155 conseillers communautaires tous les mois pour examiner 4 ou 5 sujets seulement ! Dans son ordre du jour, le projet de délibération figurait effectivement en 27e position. Cet ordre ne correspond pas à une hiérarchisation des dossiers selon leur importance, mais à leur date d’enregistrement auprès des services administratifs compétents. Ainsi, lors de cette séance, un projet aussi important que le tunnel de la Croix-Rousse figurait en 37e position.

Par ailleurs, tous les sujets inscrits dans une séance ne donnent pas lieu à prise de parole. Un certain nombre de délibérations sont votées sans discussion. Seuls les sujets les plus importants font l’objet d’un débat.

Dans l’ordre du jour de cette séance, ce dossier arrivait en 4e position des sujets donnant lieu à discussion, après trois dossiers dont le moins qu’on puisse dire, est qu’ils ont eux aussi une certaine importance : le réseau de transports en commun de l’agglomération, le Pont Schuman et le tunnel de la Croix-Rousse. C’est d’ailleurs le seul sujet de la séance sur lequel tous les groupes politiques sans exception se sont exprimés dans le cadre d’un débat qui a duré plus d’une heure.

Dès lors, comment peut-on affirmer que l’attention des conseillers communautaires n’a pas été assez focalisée sur l’importance de ce sujet ?

En ce qui concerne le niveau d’information des conseillers communautaires, ils ont disposé sur ce dossier d’une délibération reçue plusieurs jours avant la séance ; d’une présentation complète avec power point et cartes lors de la présentation du sujet en commission préalable au conseil communautaire le 2 juillet, d’une présentation complète avec power point encore lors de la séance du 9 juillet…

Tout le monde était donc parfaitement informé sur tous les aspects de ce dossier.

Au regard de ces éléments, j’ai fait part de mon intention d’engager un pourvoi en cassation auprès du Conseil d’Etat, assorti d’une demande de sursis à exécution de ce jugement. Dans le même temps, sans attendre la décision du Conseil d’Etat, et pour ne pas perturber la marche en avant de ce projet, j’ai décidé d’engager une nouvelle procédure de révision du PLU qui devrait déboucher en janvier 2011 et permettre de tenir le calendrier annoncé pour la réalisation du Grand Stade.


Sommet de Copenhague


" Le capitalisme vert va nous sauver
"


Copenhague interroge sur la manière dont les grandes métropoles peuvent agir dans le domaine du développement durable. Dans cette interview donnée au magazine "Acteurs de l’Economie", je livre mon approche, en revendiquant une pensée basée sur le partage et la justice. Bonne lecture à tous.


Qu’espérez-vous du Sommet de Copenhague ?
La protection du climat est l’enjeu du siècle. J’espère que la responsabilité des Chefs d’Etat sera à sa hauteur. Je souhaite, comme beaucoup, le succès de cette conférence des Nations Unies sur le changement climatique dont l’objectif est la définition d’un accord, succédant au protocole de Kyoto, ce-dernier s’éteignant le 31 décembre 2012. Il déterminera le prochain régime mondial de protection du climat...

De façon plus réaliste et aux vues des difficultés de la négociation, la conférence de Copenhague devrait aboutir à un accord politique sur les principes d’un traité. Ce serait déjà un succès s’il signe l’engagement des Etats-Unis, la participation des pays émergents et la mise en place de dispositions financières. Je porterai aux représentants des Etats, avec une centaine d’autres maires, le message de la population concernant l’urgence d’aboutir et la volonté des villes de s’impliquer pleinement dans la lutte contre le changement climatique.

N’y a-t-il pas aujourd’hui un choix à faire entre la lutte contre la crise économique et celle contre la crise écologique ?
Bien au contraire, tout milite pour une convergence dans le traitement de ces crises. Cependant les moyens financiers mobilisés pour des politiques conjoncturelles d’emploi à effet immédiat sont nécessaires et viennent en moins des moyens disponibles pour financer la transition écologique. Il est possible d’articuler les deux, mais seulement une part modeste des plans de relance a été consacrée à l’environnement.

La crise économique et la crise écologique ont une même origine : l’oubli du principe de réalité. La croissance économique ne peut être durablement basée sur la dette, dette financière ou dette écologique, c’est-à-dire sur le prélèvement au-delà de toute limite des ressources disponibles.


En matière de développement durable, y-a-t-il encore des réponses de droite et de gauche ?
Une approche de droite va être de tout miser sur l’innovation technologique. Le capitalisme vert va nous sauver. L’approche de gauche est plus équilibrée entre l’innovation toujours nécessaire, l’introduction d’un effet prix et la mise en œuvre d’une ingénierie sociale pour que le développement durable ne se fasse pas seulement en faveur des riches. Fondamentalement, le développement durable c’est le partage des ressources entre tous. C’est donc originellement le cœur même d’une pensée de gauche basée sur le partage et la justice.

En quoi les villes, qui sont aujourd’hui les principales contributrices aux effets de pollution, peuvent-elles être une réponse au défi du développement durable ?
Regroupant plus de la moitié de la population mondiale, les villes ou aires urbaines sont désormais les principaux centres de consommation et de production. En conséquence, l’essentiel de la pollution atmosphérique, des émissions de CO2 et de la production de déchets se fait en ville.

Il est clair que les villes ont un rôle essentiel à exercer en termes d’énergie, de transport et de déchets ; la planification urbaine et les investissements dans les infrastructures sont deux incontournables. Les choix d’infrastructures urbaines : bâtiments, voiries, réseaux de transport publics, de chaleur, sont stratégiques au niveau du développement. Il est donc naturel que les villes s’impliquent !


Quelles insuffisances reconnaissez-vous dans votre action en matière de développement durable ?
Nous devons passer à une étape plus ambitieuse : la généralisation de cette politique à l’ensemble du territoire. Le développement durable sur Lyon est déjà une pratique. Parmi les exemples : les plats bio dans les cantines scolaires, le développement des transports publics, principalement sur un mode électrifié, le développement des infrastructures pour le vélo (voies cyclables, Vélo’v), l’obligation de normes environnementales au delà de la réglementation dans les opérations d’aménagement et pour le logement social.

Notre objectif désormais est d’aller plus loin dans le domaine de l’installation de chaufferies bois et de production d’électricité photovoltaïque, et au-delà de la construction HQE dans le neuf, il faut développer l’éco-rénovation des quartiers anciens comme à Sainte-Blandine dans le quartier du Confluent. Une des priorités du développement durable est la protection du climat.

Nous nous sommes engagés à réduire nos émissions de 20% d’ici 2020. Un plan climat est en cours de révision avec les citoyens et les entreprises et sera finalisé l’année prochaine. Mon ambition est de faire de Lyon la ville de l’efficacité énergétique.


Lyon s’engage fermement sur la voie des cleantech. Ne peut-on regretter le choix de cette thématique guère "différenciante" aujourd’hui ?
Les cleantechs sont en effet un domaine trop vaste pour que nous y soyons pertinents à l'échelle internationale. Nous avons donc décidé de nous concentrer sur l'efficacité énergétique, où nous pensons avoir une capacité de différenciation. Notre candidature pour la création d’un pôle d’écotechnologie n’est pas d'opportunité mais le résultat de plusieurs années de travail et de collaboration, notamment avec les pôles de compétitivité, et tous les acteurs de Grenoble, Lyon, Saint-Etienne et du Nord-Isère.

Le Sénat a voté en septembre un amendement autorisant certaines communes à tenter l’aventure du péage urbain pendant 3 ans. Sur ce dossier, vous avez pris des positions diverses : d’abord hostile, vous avez finalement laissé la porte ouverte. N’est-ce pas le type même de mesure où le courage politique doit primer ?

Pour moi, en politique, il s’agit avant tout d’évaluer la pertinence d’une mesure avant toute décision. Pour Lyon, n’ayant pas encore le TOP soit un contournement complet possible de l’agglomération par l’automobile, je pense qu’il est prématuré d’envisager un péage urbain. Une fois qu’il sera réalisé, on étudiera à nouveau le dossier. On ne peut faire un péage urbain que si l’offre de transports est complète, globale et variée. Nous y travaillons en maillant davantage le territoire, avec le métro à Carré de Soie et bientôt à Oullins, le Tramway jusqu’à Décines, etc… Et le Vélo’v bien sûr !

Dans le cadre du Plan "modes doux" du Grand Lyon, l’objectif est de passer de 2,5% des déplacements à vélo à 5% en 2014. Ce Plan ne manque-t-il pas d’ambition, lorsqu’on sait que Bordeaux, ville de droite, s’est fixé pour objectif 15% ?
Le plan ne manque pas d'ambition, simplement il est concret et réaliste. L'objectif du Grand Lyon implique de créer 200 kilomètres d'itinéraires cyclables d'ici à 2014 et 400 de plus d'ici 2020 (au total, 600 de plus qu'aujourd'hui : 320). Cette "production" d'itinéraires cyclables est ambitieuse. L'objectif correspondant de modification des parts modales est à l'échelle du Grand Lyon, 57 communes, où l'on dénombre environ 3,9 millions de déplacements par jour.


La Tour Oxygène se veut la "première tour lyonnaise s’inscrivant dans une démarche de développement durable". Ne peut-on s’étonner qu’elle propose un parking de 495 places alors qu’elle est accessible par tous les moyens de transports en commun ?
A l’origine, la Tour Oxygène a marqué pour Lyon la relance d’un quartier d’affaires d’envergure européenne. La particularité du projet, c’est que sur les 28000 m² de la tour, 17400 m² sont en surface commerciale avec des ratios de places de parking plus stricts (une place pour 30 m²). Les 495 places se situent donc en-dessous des règles du Plan Local d’Urbanisme. Nous ferons mieux avec la prochaine, la Tour Incity, qui ne compte que des bureaux et pour laquelle il est prévu des places réservées dans les parkings existants, mais aucune place en propre.


Fête des Lumières


" La plus lyonnaise des fêtes !
"


La Fête des Lumières, c’est le premier des événements lyonnais.

Un événement qui puise loin dans le passé de notre Cité, qui a transcendé les origines religieuses pour devenir une grande fête populaire, ouverte à tous, dans laquelle chacun peut se retrouver, quelle que soit sa croyance, son origine, ses opinions.

Cette réussite en fait un des piliers de cette culture urbaine partagée par tous les habitants de notre métropole.
Des millions de visiteurs à la rencontre des créateurs les plus talentueux, font qu’à l’avant-veille des fêtes de fin d’année, Lyon devient une destination incontournable dans le circuit des grandes métropoles européennes de culture.

Cette année, les bloggueurs sont invités à partager les meilleurs moments sur le site officiel de la Fête des Lumières (pour en savoir plus
, cliquer ici).

Très bonne Fête des Lumières à tous !




Invité d'Europe 1


Gérard Collomb était ce mardi l'invité de Claude Askolovitch et de Patrick Cohen dans l'émission Europe1 Soir. Pour écouter son interview sur le site de la radio : cliquer ici.

C Politique


Réforme des collectivités territoriales, suppression de la taxe professionnelle, avenir du Parti Socialiste, identité nationale...

Gérard Collomb était ce soir l'invité de Nicolas Demorand dans son émission
C Politique sur France 5.

Emission visible en intégralité, à partir de 20h et pendant 14 jours sur le site de la chaîne : cliquer ici.

Médias


Gérard Collomb sera demain l'invité du Talk Orange - Le Figaro. En direct sur le site du Talk (cliquer ici) à partir de 18h.

Dimanche, il sera sur le plateau de France 5 dans l'émission "C Politique", magazine politique de France 5, où il répondra aux questions de Nicolas Demorand (photo).

"C Politique", émission en direct et en public à partir de 17h40, également visible en intégralité sur internet, une heure après sa diffusion et pendant 14 jours.



Euro 2016



" Pour que la France gagne, à nous de jouer ! "

Dans 194 jours, le 28 mai 2010, l’UEFA désignera le pays organisateur de l’Euro 2016, 3e compétition sportive planétaire après les JO et le mondial de foot. Le 11 novembre, Lyon était retenue parmi les 12 villes inscrites dans le dossier de la candidature française. Aujourd’hui, nous avons franchi une nouvelle étape en lançant le comité de soutien lyonnais que préside l'acteur Clovis Cornillac

Pour que la France gagne, il va falloir une mobilisation de tous ! A Lyon, nous avons fédéré de nombreux acteurs des mondes économiques, universitaires, culturels, gastronomiques, sportifs, politiques…

Les forces vives de notre métropole soutiennent cette candidature de la France pour l’Euro 2016. Ensemble, nous voulons que Lyon soit exemplaire et que notre ville puisse accueillir de grands matchs.

C’est à nous qu’il appartient d’assurer tant sur le plan technique que sur celui de l’enthousiasme. Rappelons-nous : il y a quelques années, Lyon avait présenté sa candidature pour les JO et avait été devancée par Lille. Non parce que nos équipements étaient inférieurs ! Simplement parce que nous avions alors manqué d’enthousiasme ! ...


C’est pourquoi il nous faut susciter une véritable envie collective, capable de faire qu’en 2016 la France puisse accueillir cet Euro 2016. Et Lyon a de nombreux atouts.

En termes de desserte internationale, les plateformes Lyon Saint-Exupéry (3e aéroport français), Lyon Bron (3e aéroport d’affaires), le nœud ferroviaire TGV, les réseaux routiers et de transports en commun sont extrêmement performants. Demain, l’ouverture de la gare Jean Macé permettra de mettre en liaison tous les territoires de l’Est – Bourgoin, l’Isle d’Abeau, avec le métro allant sur la Part-Dieu et Gerland d’autre part – et puis la Ligne T2 en extension qui ira sur Eurexpo et au-delà.

Sur le plan hôtelier, Lyon présente de sérieux avantages avec une offre de plus de 11000 chambres d’hôtel et 1800 restaurants. D’ici 2014, ce sera 13000 chambres d’hôtel et quelques 2900 chambres de résidences, avec des projets hôteliers d’envergure à la Confluence, au Carré de Soie, à la Part-Dieu ou encore sur le site de l’Antiquaille.

" Une exemplarité à faire valoir... "

Autre paramètre sur lequel nous entendons faire valoir les qualités lyonnaises : le développement durable. Critère dont nous savons qu’il sera déterminant dans le choix du pays sélectionné.

A l’échéance de 2014, c’est-à-dire au moment où il faudra ouvrir les stades, le Nord et l’Est de notre agglomération seront reliés à la ville centre et aux lieux où se déroulera la compétition. Nos services travaillent sur d’autres facteurs essentiels comme la gestion durable des déchets que génère forcément la venue de dizaines de milliers de supporters.


De même, la diminution des consommations énergétiques sera un des points forts du cahier des charges que nous remettrons à la FFF.

Enfin, nous avons avec l’OL une certaine exemplarité à faire valoir sur toutes les questions d’intégration, de prise en compte de la diversité et de lutte contre les discriminations. Notre souhait est que l’ensemble des supporters lyonnais s’associent à cette candidature à l’Euro 2016.

Par le passé, Lyon a largement prouvé sa capacité à accueillir les plus grandes compétitions sportives internationales : l’Euro en 1984, la Coupe des Vainqueurs de Coupe en 1996, la Coupe du Monde de Football en 1998, la Coupe des Confédérations en 2003 ou encore la Coupe du Monde de Rugby en 2007.

A chacun de ces rendez-vous, le public a pu apprécier l’hospitalité lyonnaise. Cette fois, nous offrirons aux supporters deux "fans zones" : l’une place Bellecour où un écran géant permettra de suivre l’ensemble des matchs, en direct. L’autre au stade de Gerland qui pourra accueillir un maximum de supporters !

Pour que la France gagne, à nous de jouer !

A nous de montrer au monde notre désir d’accueillir cette grande compétition, de fournir des stades de grande qualité, de nous différencier par la chaleur de notre accueil… A chacun de nous de se mobiliser, d’être à l’unisson du sport, d’impulser un élan national pour porter ce superbe projet !

Taslima Nasreen


" Femme en résistance "


L'écrivaine Taslima Nasreen se bat pour la liberté des femmes. Exilée depuis 15 ans, elle a subi la violence des fondamentalistes dans son pays, le Bangladesh, puis dans la région indienne du Bengale Occidental. Aujourd'hui, elle est citoyenne d'honneur de notre Cité

Albert Camus avait écrit "La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre". Ces mots nous renvoient à la situation de cette femme dont la destinée est injuste. L’injuste, l’inique, l’arbitraire sont inacceptables et Taslima Nasreen paie depuis trop longtemps de sa liberté le combat éternel des Droits de l’Homme...

Sa plume dénonce les injustices perpétrées contre les femmes et les minorités religieuses. Son écriture est d’autant plus percutante qu’elle s’appuie sur des réalités qu'elle connaît bien, comme femme, médecin, gynécologue, au plus près des populations qui ont très vite vu dans ses textes le miroir de leur condition.

Mais son succès en a vite fait la cible de groupes radicaux qui ne supportent pas sa critique des religions. Plutôt que de céder à la pression et de se résigner, elle se sert de son écriture comme d’une arme contre tous ceux qui l'accusent. Ses idées, elle les exprime avec des mots contre ceux qui entendent imposer par la force et la violence les idéologies les plus obscurantistes.

"Quand la liberté rentrera, je rentrerai" écrivait depuis son exil, il y a 150 ans à Guernesey, Victor Hugo qui voulait "partager jusqu’au bout l’exil de la liberté". J'ai dit à Taslima Nasreen combien nous espérions qu'elle puisse rentrer dans son pays quand sera rentrée la liberté. Et j'ai aussitôt ajouté que notre Cité s'honorerait d'être son hôte aussi longtemps que perdurerait son exil.

En attendant, cette femme poursuit son combat contre la barbarie, l’obscurantisme, la haine, le dogmatisme, les inégalités, les injustices. Elle peut compter sur l’appui de toutes celles et tous ceux qui militent en faveur des droits humains, des droits des femmes, des valeurs de la laïcité et de cette liberté d’expression si fondamentale qui lui est interdite.


Mon discours lors de la venue de Taslima Nasreen (Format Pdf)

Rebonds


" L’identité nationale ne se réduit pas à convoquer l’histoire "

Comme avant chaque campagne électorale, le président de la République s’empare du thème de l’identité nationale, qui serait menacée par l’intégrisme des uns et par le laxisme des autres.

Dans sa campagne présidentielle, et au travers de la plume d’Henri Guaino, Nicolas Sarkozy
s'était déjà fait le chantre de cette France aux "mille clochers" qu'il serait urgent de défendre.

A un moment où, dans le pays, son action se trouve mise en cause (doutes sur l'efficacité, à court et à long terme, de la politique économique, inquiétude face à la volonté d'éliminer tous les contre-pouvoirs : justice, médias, collectivités locales), la défense de l'identité nationale est à l'évidence un bon moyen de brouiller le jeu. D'où l'offensive d'Eric Besson, immédiatement prolongée par le président en direction d'un secteur jusque-là favorable mais aujourd'hui en plein doute : le monde paysan. S'engageant ainsi, le président de la République fait coïncider identité nationale et enracinement dans le terroir, au risque de sembler répéter de douteuses antiennes : "La terre, elle, ne ment pas !" ...



" La nation n'est pas simplement donnée, mais construite... "

Le piège tendu à la gauche pourrait paraître grossier s'il n'y avait des doutes sur la capacité de celle-ci à prendre en compte des problématiques essentielles pour la vie quotidienne des Français : celle de la tranquillité publique, celle de la prise en compte de phénomènes migratoires accentués par une globalisation qui rapproche physiquement les pays en même temps qu'elle accroît les fractures qui existent entre eux. Faute d'avoir des positions affirmées sur ces problèmes, la gauche prête le flanc aux critiques d'angélisme, de laxisme, de complaisance avec les communautarismes ou, au contraire, de ringardisme républicain.

Nicolas Sarkozy peut donc espérer en tirer profit pour provoquer un réflexe de regroupement autour du chef, seul capable de défendre "la Nation".

Mais si, a contrario, la gauche se révélait désormais capable de prendre à bras-le-corps ces problématiques-là, elle aurait alors tout à gagner à engager un débat authentique sur l'identité nationale. Car, contrairement à l'idée développée par Nicolas Sarkozy, la nation n'est pas simplement donnée, mais construite. Certes, elle plonge ses racines dans l'histoire - dans toute l'histoire d'ailleurs, sombre ou glorieuse -, mais elle est aussi une volonté de tous les jours.

Pour que la nation puisse être perçue comme le bien commun de tous les Français, plus largement le bien commun de tous ceux qui résident sur notre sol, il faut d'abord qu'elle soit porteuse d'espoir. C'est dans la misère des banlieues, dans celle des quartiers désertés par l'Etat, que se développent les intégrismes, les fanatismes, le rejet de l'identité nationale.

" Bâtir le présent, inventer l'avenir... "

La France pourrait d'autant mieux relever ces défis qu'elle saurait présenter le visage d'un pays généreux, accueillant, terre d'une liberté qui résonne dans l'esprit des peuples du monde entier.

Maire de Lyon, président du Grand Lyon, je sais quelles sont les conditions pour forger entre tous une communauté de destin. Il faut que chacun, quelles que soient son origine, sa religion, son opinion philosophique, ait la conviction qu'il est également respecté, que les politiques publiques, économiques, sociales aient comme perspective ultime de faire que personne ne se sente laissé à l'écart de la réussite commune. C'est ce que j'essaie de faire dans notre agglomération. Et c'est pourquoi il y a aujourd'hui une fierté grandissante de se revendiquer "Lyonnais". C'est ce sentiment-là qu'il faut faire resurgir au niveau national.

Cela suppose que chacun soit persuadé que l'Etat lui offre, aujourd'hui, les mêmes chances de réussite, où qu'il habite, quels que soient son origine et son statut social. Que le gouvernement agisse ainsi, et la question de l'identité nationale se posera avec moins d'acuité ! C'est le doute, l'aigreur ou le désespoir qui corrodent et qui affaiblissent l'identité nationale.

Défendre l'identité française ne saurait donc se réduire à convoquer l'histoire. C'est le présent qu'il faut bâtir, c'est l'avenir qu'il faut inventer. Car c'est ainsi, au-delà des inévitables contradictions d'une société, que se réalisera un nouveau consensus national, que se dégagera une véritable volonté de vivre ensemble dans une nation qui aura retrouvé sens et perspective.

C'est sur ce terrain que ceux qui souhaitent ouvrir une vraie alternance doivent placer le débat de l'identité nationale. Pour cela, ils ne sauraient manquer d'audace.

A lire également en pages Rebonds du journal Libération daté de ce jour.


Sur Radio Classique


Gérard Collomb est demain matin l'invité de Guillaume Durand sur Radio Classique.

Identité nationale, grand emprunt, fronde contre la suppression de la Taxe Professionnelle au Sénat, réforme des collectivités territoriales : le maire de Lyon répondra sans détour à ces grands sujets d'actualité.

Diffusion sur les ondes de Radio Classique de 8h30 à 8h45. A Lyon sur 96.5 FM.

Sur Canal+ et LCI


Gérard Collomb était cette semaine l'invité de Maïtena Biraben pour la 1001e de la Matinale de Canal+.

Cliquer ici pour accéder au site de l'émission et retrouver l'interview en date du 28 octobre.


Réforme des collectivités


" Une trop belle réforme pour être gâchée... "

J'ai donné cet après-midi une conférence de presse à la suite du discours du Président de la République sur la réforme des collectivités territoriales. Voici la dépêche AFP reprenant les principaux axes de mon intervention. Sur ce même sujet, je serai demain matin l'invité de Guillaume Cahour dans les Matinales de RMC et dès 12h15 dans le journal d'Edwige Chevillon sur les ondes de BFM

" La réforme des collectivités locales est "trop belle pour être gâchée par des arrières pensées électoralistes", a estimé mardi le maire PS de Lyon Gérard Collomb, regrettant qu'il y ait "beaucoup d'arrières pensées politiciennes" dans le texte présenté par Nicolas Sarkozy.


"Il y a des points positifs" dans la réforme, a estimé M. Collomb lors d'une conférence de presse, citant notamment "la possibilité de faire des métropoles multipolaires, qui doivent permettre à la France de rayonner à l'échelle européenne".

Le projet de "mettre en place une métropole rassemblant Lyon, Saint-Etienne et Vienne, comme nous le demandons depuis longtemps, va pouvoir se concrétiser", s'est réjoui l'élu, citant parmi les autres villes susceptibles de recourir à ce dispositif Nancy-Metz et Nantes-Rennes.

En revanche, "l'aspect électoral suffit à disqualifier la réforme", a estimé M. Collomb, la qualifiant de "hold-up électoral".

Le scrutin nominal à un tour pour les conseillers territoriaux, et le suffrage direct avec fléchage pour les conseillers communautaires peut permettre "à ceux qui ont perdu les élections de devenir majoritaires dans les communautés urbaines", s'est inquiété M. Collomb. Il semble qu'il y ait "une volonté par certains de reconquérir sur le tapis vert ce qu'on n'a pas été capable de gagner dans les urnes".

Le maire de Lyon a en outre dit son inquiétude de voir disparaître la taxe professionnelle, qui représente 55% du budget du Grand Lyon. Il a souligné que l'un des effets pervers de sa suppression serait de voir les villes refuser l'installation d'industries polluantes ou bruyantes, et privilégier tourisme et habitat, sources d'impôts fonciers.

"Le président a dit que son projet pouvait encore évoluer, et nous allons essayer de le faire évoluer au cours des prochaines semaines", a assuré Gérard Collomb. "

Grand Lyon Film Festival


" Passeurs de rêve... "



"Les rêves je les réalise", disait Claude Berri. Aujourd'hui, c’est toute une métropole qui réalise son rêve, avec l'ouverture de LUMIERE2009, premier festival international de cinéma du Grand Lyon, avec, comme invité d'honneur, Clint Eastwood


Hier soir la Halle Tony Garnier a rassemblé producteurs, réalisateurs, metteurs en scènes et acteurs du monde entier, invités de Thierry Frémeaux et venus partager avec le public cette première édition de ce Grand Lyon Film Festival.

Avec LUMIERE2009, Lyon renoue avec son histoire, rappelant au monde qu'elle fut la ville des frères Louis et Auguste Lumière. Que c’est la ville où fut tourné le premier film. Et je peux vous dire que l’émotion était hier au rendez-vous au moment de découvrir sur grand écran des copies restaurées des premiers films de l’histoire du cinéma, ceux des frères Lumière tournés dans les rues de Monplaisir, mais aussi aux quatre coins du monde.

" Un festival qui ressemble à Lyon... "

Au fond, avec ce festival, Lyon conclut une histoire et en ouvre une autre. Elle fait revivre l’aventure de ces cinéphiles qui, au détour des années 70 et 80, se sont battus pour que soit conservé le Hangar du Premier Film : Raymond Chirat, Bernard Chardère, Paul Genard. C’est grâce à eux qu'ont été sauvegardé, puis mis en valeur le Château Lumière, le Hangar du Premier Film aujourd'hui classé Monument Historique.

Sans eux, sans leur combat, sans Bertrand Tavernier, Président depuis 1982 de l'Institut Lumière, jamais ce festival n'aurait eu lieu. Il n’aurait jamais eu lieu non plus, évidemment, sans Thierry Frémeaux. Et hier, dans cette Halle Tony Garnier remplie, nous avons eu droit à un grand Thierry Frémeaux, conteur hors pair, sachant mieux que quiconque partager avec le public cette passion qu’il voue au 7e art.

" Créer du désir de vivre ensemble, partager des expériences plus collectives... "

Belle idée de consacrer ce festival au patrimoine mondial du cinéma. Car finalement, c’est une manifestation qui ressemble à Lyon, à la fois porteuse du vaste mouvement culturel de notre métropole et puisant au meilleur de son passé.

Et de quelle manière ! Imaginez, ce soir, Claudia Cardinale présentant "Il était une fois dans l'Ouest" au Pathé Bellecour. A Vénissieux, c’est Marjane Sartrapi qui parlera du mythique "Inspecteur Harry" de Don Siegel. Pour Asia Argento, ce sera le Comoedia et "Pierrot le Fou". Dimanche, Clint Eastwood en ouverture du chef d’œuvre de Leone, "Le bon, la brute et le truand".

Ces grands noms du cinéma sont des passeurs de rêves. De ce rêve qui les anime et qu'ils acceptent de partager le temps d'une rencontre avec le plus large public. Pas seulement un public de cinéphiles – bien qu'il soit à Lyon très nombreux ! – mais avec le grand public. Celui qui fait que depuis ses origines, le 7e art est si populaire.

40 ans après la création du Grand Lyon, nous signons là la première manifestation culturelle portée par notre agglomération, partagée par tout un territoire, par tous ses habitants. Le Grand Lyon donne ainsi vie à un événement culturel d’envergure internationale. Notre volonté de construire une grande métropole de culture prend ici tout son sens.

La culture n’est pas seulement devenue un moteur essentiel au développement de nos territoires. Elle le ciment qui lie entre eux les femmes et les hommes d’une même métropole. Elle est, parmi toutes les activités, celle qui le mieux crée du désir de vivre ensemble, de partager des expériences plus collectives, plus festives, plus ouvertes à la diversité de nos sociétés.

Bon festival à tous !



Association des Communautés Urbaines de France


" Quand l'avenir de nos territoires est en jeu "

Après Brest en 2008, c'est à Bordeaux que les élus et les territoriaux des 16 communautés urbaines se sont retrouvéses hier et aujourd'hui. A l’heure où de profonds bouleversements se dessinent au sein de la gouvernance locale, ces rencontres mettent au centre des débats la question de la place des communautés urbaines au sein de la réforme envisagée des institutions locales ainsi que celle, non moins essentielle, de leurs ressources, dans le contexte de la réforme de la taxe professionnelle. Pour ces raisons, cette édition 2009 avait un relief particulier pour l’organisation future de nos territoires. Voici la résolution prise par les Communautés Urbaines de France à l'issue de ces 37e Journées, à Bordeaux. Bonne lecture à tous


Parce que nous sommes en première ligne pour appréhender le changement rapide de nos sociétés, nous constatons que c’est au niveau des collectivités locales que se joue largement l’avenir économique, social et environnemental de notre pays.

Nous attendions beaucoup d’une réforme territoriale qui aurait permis que s’exprime l’excellence des territoires ruraux comme urbains, des petites villes comme des grandes agglomérations.


Dans l’état actuel des propositions du gouvernement, les grands axes de la réforme institutionnelle ne répondent pas à ces préoccupations.

Davantage encore, la suppression en parallèle de la Taxe Professionnelle, en déconnectant ressources fiscales des communautés urbaines et dynamique des territoires, va remettre en cause leur action économique qui est pourtant essentielle pour l’avenir de notre pays.

Au total, ces réformes sont loin de constituer un acte III de la décentralisation. L’ACUF y voit plutôt l’acte I de la recentralisation.

Les communautés urbaines ne sauraient donc souscrire aux textes tels qu’ils sont présentés à l’heure actuelle. Elles tiennent à rappeler les enjeux qui sont pour elles essentiels et qui devraient sous-tendre la future réforme.

I. Doter le tissu urbain de ressources favorisant leur implication dans le développement économique

L’ACUF, en lien avec les autres associations d’élus du bloc communal, souhaite une évolution du texte proposé par le gouvernement sur 4 points essentiels :


- Intéresser les territoires au développement des entreprises, en affectant au bloc communal une part de la cotisation complémentaire (part de l’impôt économique local basé sur la valeur ajoutée).

- Répartir la cotisation complémentaire de manière à maintenir un lien réel entre les entreprises et leur territoire d’implantation.
- Respecter l’engagement gouvernemental de compenser intégralement les effets de la réforme pour chaque collectivité locale prise individuellement.

- Limiter le poids des dégrèvements qui seraient décidés par l’Etat sur le nouvel impôt économique, et les financer par la solidarité nationale.


II. Doter toutes les communautés urbaines du statut de collectivité de plein exercice

Ce statut, sans priver les communes de leurs compétences générales ni de leurs ressources fiscales, doit reconnaître :

-
La fonction stratégique des communautés urbaines sur l’ensemble des sujets touchant au développement durable de leur territoire.
- L’uniformisation des compétences obligatoires des communautés urbaines sur la base de celles définies par la loi du 13 juillet 1999.
-
L’exercice conjoint de certaines compétences par les communes et la communauté urbaine.
- La possibilité pour les communautés urbaines, en fonction d’accords locaux, d’exercer des compétences déléguées ou transférées par les départements et les régions
.

III. Favoriser l’émergence de "métropoles d’intérêt européen"

Soit à l’échelle des grandes agglomérations actuelles, soit en favorisant une mise en réseau sur des régions urbaines plus large, cela pourrait se concrétiser par la création d’un "Etablissement Public de Coopération Métropolitaine" qui aurait pour objet de mettre en commun des politiques et des moyens de pilotage sur les grandes aires urbaines. Il aurait ainsi à définir :

- Un schéma de cohérence territoriale à cette échelle métropolitaine.

- Les politiques d’intérêt métropolitain, en particulier dans les domaines de l’économie, l’université et la recherche, des transports, de l’habitat ou encore de la culture.
-
Les outils permettant d’exercer en commun ces compétences stratégiques métropolitaines.

IV. Conforter la légitimité démocratique des communautés urbaines


Les présidents de communautés urbaines demandent une élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires assurant une majorité stable et une meilleure prise en compte du facteur démographique tout en conservant la représentation des territoires. C’est à cette condition que les électeurs pourront s’approprier le projet communautaire.


Point de vue



" Un coup d'arrêt à la décentralisation "


Je serai cet après-midi à Bordeaux pour les 37e Journées des Communautés Urbaines de France. Alors que de plus en plus de voix se font entendre contre la réforme des collectivités locales, notamment celle d'Alain Juppé hier (cliquer ici), voici la tribune que vient de publier dans la presse un autre ancien Premier Ministre, Pierre Mauroy


" Le projet de loi gouvernemental portant sur la réforme des collectivités locales que le gouvernement voulait mettre en débat au Sénat, dès l’ouverture de la session d’automne, prend du retard. Ce retard est dû aux désaccords internes à la majorité qui rendent difficiles les arbitrages que veut faire en dernier ressort Nicolas Sarkozy. Ce qui explique que nous ne disposions pas encore du projet définitif et des mesures finalement retenues.

Au cours de l’année dernière, plusieurs groupes, missions et comités se sont penchés sur cette question de la réforme des collectivités locales.

Personnellement j’ai participé avec André Vallini aux travaux de la Commission Balladur dans l’état d’esprit de faire progresser la démarche décentralisatrice initiée par les lois de 1982-83 qui a connu auprès des Français un véritable plébiscite. C’est pourquoi nous avons approuvé les quelques propositions du Comité qui allaient dans ce sens, pensant engager l’Acte III de la décentralisation. Il en est ainsi, par exemple, de l’élection des organes délibérant des Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) au suffrage universel direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux. Il en est encore ainsi de la création de onze métropoles par la loi. Personnellement, je souhaitais qu’une vingtaine soit créée d’emblée.

En effet, je pense que la "métropolisation" permettra aux villes françaises de se hisser à la hauteur de leurs concurrentes européennes et de rivaliser avec elles en puissance et en notoriété.

Qu’en sera-t-il du projet de loi ? L’avant-projet retient l’idée d’en créer sept. Il faut attendre le texte définitif pour en savoir plus. Très vite, au fil des travaux, pourtant, je me suis rendu compte que d’autres dispositions, auxquelles André Vallini et moi nous nous sommes opposés avec force, avaient pour objectif de mettre fin à la décentralisation. Il en est ainsi de la proposition de créer des conseillers territoriaux siégeant à la fois au Conseil général et au Conseil régional.

Cette disposition, qui apparaît comme un inutile "big-bang", marque plus qu’un recul dans la marche en avant de la décentralisation et de la régionalisation. Car elle conduit à engager à nouveau la France sur la voie de la"recentralisation" et du renforcement de son pouvoir par l’actuel président de la République. Je regrette vivement que la création des conseillers territoriaux constitue la mesure-phare du projet de loi gouvernemental.

Au prétexte de faire des économies (en fait dérisoires) en réduisant de moitié le nombre des élus locaux, cette proposition organise la dénaturation de leur fonction comme celle des politiques portées par les deux assemblées, ce qui n’est satisfaisant ni intellectuellement ni pratiquement.

En fait, cette mesure conduira inévitablement à l’affaiblissement des deux assemblées concernées et donc au renforcement du pouvoir central.

Même si le département n’est pas épargné, la collectivité la plus touchée sera, selon moi, la région, coupée dans son élan par la volonté du gouvernement de mettre fin à l’autonomie financière des collectivités. Les régions ayant vocation à assurer la compétitivité des territoires, il me semblait essentiel de faire émerger de grandes régions puissantes et articulées sur l’Europe. Or, c’est l’inverse qu’on nous prépare.

En outre, si le mode de scrutin de ces conseillers territoriaux est bien, comme j’ai pu le lire récemment, un scrutin à un tour avec une dose de proportionnelle, on comprend mieux les arrière-pensées partisanes qui fondent cette réforme : en finir avec la domination de la gauche sur les assemblées locales. La tradition française étant celle du regroupement de la gauche au 2nd tour, la droite pourrait ainsi reconquérir les pouvoirs locaux avec une majorité relative des voix, autour de l’UMP, qui se veut le parti unique de la droite.

Enfin, comment ne pas voir dans la suppression de la taxe professionnelle une façon de faire perdre aux collectivités territoriales leur autonomie fiscale ?

A l’étude depuis des années, on sait déjà que les différentes sources de compensation envisagées ne seront pas à la hauteur des recettes nécessaires. Les marges de manœuvre des collectivités en seront réduites et leur dépendance vis-à-vis de l’Etat renforcée. Sur ce plan encore, un coup d’arrêt est porté à la décentralisation.

Depuis plus de trente ans, notre pays avait enfin rompu avec sa tradition jacobine et donné aux collectivités territoriales un souffle de liberté qui leur avait permis de se développer et de travailler de façon très efficace au bien-être de nos concitoyens. C’est dire si le projet de loi qui sera déposé en octobre sur le bureau du Sénat ne répondra pas aux attentes de la gauche et de nombreux républicains. Quoi qu’il en soit, je serai de tous les combats pour empêcher l’avènement de l’An I de la recentralisation."


Ce matin sur LCI

L'invité de LCI




Gérard Collomb sera l'invité politique du matin de Christophe Barbier, Directeur de la rédaction de L'Express, ce mercredi 30 septembre sur LCI. Diffusion à partir de 8h15.


L'invité de France Info


Retrouvez l'interview de Gérard Collomb sur les ondes de France Info.

Invité du journal de Catherine Pottier et d'Olivier de Lagarde, il a répondu sans détour à leurs questions sur le procès Clearstream, la réforme territoriale et l'actualité du PS. Rediffusion ce soir à 00h17.

Podcast sur le site de France Info : cliquer ici.


5e Forum Libération à Lyon



Un grand moment de richesse intellectuelle et culturelle

Lyon vient de vivre trois jours d’intenses débats qui ont marqué un grand moment de richesse intellectuelle et culturelle

Près de 20000 personnes sont venues assister aux débats organisés sur les trois sites de l’Hôtel de Ville de Lyon, l’Opéra et le grand chapiteau installé sur la place des Terreaux.

La ville, telle que je la conçois, se veut lieu de rencontres, d’échanges, de dialogues. Le nombre et la qualité du public ont montré combien notre société a aujourd’hui besoin de sens. La jeunesse était d’ailleurs très présente. L’intérêt que les moins de 30 ans ont porté à des débats souvent pointus, a là encore témoigné de la nécessité de nourrir une vraie réflexion de fond.

Je suis, pour ma part, extrêmement heureux de ces trois journées passionnantes, avec des moments historiques, comme cette rencontre, autour d’une même table, entre deux figures comme Jaruzelski et Adam Michnik.

C’est la raison pour laquelle, au moment de clore ce 5e Forum Libération, j’ai tenu à remercier Laurent Joffrin, Max Armanet, leur équipe, ainsi que tous les bénévoles qui se sont mobilisés, sans compter, pour faire de ces rencontres de Lyon un grand succès.

S’ils veulent revenir l’année prochaine organiser à Lyon leur 6e Forum, les responsables de Libé sont prévenus : nous, nous sommes prêts !

5e Forum Libération à Lyon


C'est parti !



Suivez, en direct, les débats du Forum de Lyon sur le site de Libération !


Ce matin et jusqu'à dimanche, Lyon est le centre de tous les débats, discussions, rencontres, dialogues sur le thème "20 ans après la chute du Mur !"

L'ensemble des débats sont gratuits et vous pouvez y assister en venant sur place, à l'Hôtel de Ville, à l'Opéra et dans le grand chapiteau installé place des Terreaux...

A condition, bien sûr, qu'il reste des places !

Pour consulter le programme, cliquer ici.

Biennale d'Art Contemporain





A Lyon, le monde prend la parole





Inaugurer la 10e Biennale d’art contemporain de Lyon à La Confluence : beau symbole ! Cette édition anniversaire est superbe. Elle marque une rentrée lyonnaise exceptionnelle





Exceptionnelle avec l’inauguration de cette Xe BAC. Mais aussi avec le Forum Libération dont je vous ai déjà plusieurs fois parlé sur ce blog et qui va multiplier, dès vendredi et pendant trois jours, les débats sur tout ce qui a marqué notre histoire depuis la chute du mur de Berlin il y a 20 ans.



Cette semaine, démarre aussi la 1ère édition du festival international "Sens Interdits" proposé par le théâtre des Célestins et qui offre une scène, une parole libre, une tribune à tous ceux qui dans leur pays en sont privés.




Cette semaine à Lyon, c’est donc le monde qui prend la parole, dans la liberté de la pensée, de la créativité.



C’est là quelque chose de tout à fait essentiel, car il est plus que jamais besoin de penser et d’imaginer, dans un monde en pleine transformation, où l’histoire continue à s’écrire chaque jour, en particulier dans les grandes métropoles qui désormais scandent notre planète.



Ces métropoles, lieux d’intelligence, de violence, lieux de joie, mais aussi de souffrance qui se déploient dans un monde contradictoire et que cette Xe Biennale nous donne à voir : spectacle d’une ville et d’une vie en mutation qui s’inscrit non pas dans une vision purement contemplative, mais nous interpelant, nos interrogeant sur l’évolution de nos sociétés et la place qu’y tient l’homme.



A Lyon, nous aimons la puissance de ces témoignages entrecroisés.



Tous les deux ans, notre Cité devient un lieu de rencontres et de réflexion sur l’art et le monde. Enjeux artistiques, philosophiques, voire politiques, y sont évoqués, débattus. C’est ainsi que cette Biennale, en 10 éditions, s’est hissée au plus haut niveau de l’art international.




Nous avons aussi souhaité qu’elle se déploie dans toute l’agglomération, en particulier dans nos banlieues en plein renouveau qui ne demandent qu’à s’exprimer. Car nous savons combien l’art peut être un moyen de se révéler à nous-mêmes et aux autres.



Au-delà de notre territoire, nous avons également voulu mettre en résonnance plus de 90 centres d’art, galeries privées, institutions culturelles, et collectifs d’artistes de toute la région. Notre volonté de construire une grande métropole de culture prend tout son sens ici, dans ce quartier de la Confluence en train d’émerger.



Ce quartier de La Confluence est né de l’art !



D’ailleurs, je rappelais hier qu’en 2002, dans cette immense friche industrielle, nous organisions le premier festival du collectif Arty Farty, devenu depuis, sous le nom de Nuits Sonores, un des premiers festivals européens de musiques électroniques.



L’année suivante, la Sucrière accueillait la 7e Biennale d’art contemporain, sonnant le coup d’envoi de cette métamorphose. Ici, c’est bien la culture qui fut à l’origine d’une nouvelle dynamique urbaine et qui permettra bientôt à Lyon de doubler son centre ville.




D’ores et déjà, La Confluence se veut le quartier de la création contemporaine, avec des galeries de renom, des chefs d’une nouvelle génération comme Nicolas Le Bec, le pôle de médias et de communication, et demain, des salles de cinéma.



Jean-Michel Wilmotte, Jacob et Mac Farlane, Rudy Ricciotti, Christian De Porzamparc, Odile Decq qui était présente hier, Jean-Paul Viguier, demain Herzog et De Meuron : nous avons choisi les plus grands noms de l’architecture contemporaine pour dessiner ce qui est à ce jour un des plus grands chantiers menés en Europe.




Nous transformons les quartiers hier marginalisés en centres de vie puissants, irrigués par de nouveaux modes de transport, développant de nouvelles activités économiques, participant largement de la nature qui les environne et que nous faisons pénétrer jusqu’au cœur de la ville.



Construire la ville du futur...



Nous tentons ainsi de construire la ville du futur, socialement équilibrée, écologiquement rayonnante, énergétiquement durable, mais surtout, une ville basée sur la créativité, la culture et sur l’art.




Les galeries Olivier Houg et Georges Verney-Carron furent ici pionnières qui ont vu, au travers de Docks Art Fair, constituer à côté de la Biennale une foire d’art contemporain qui, pour sa 2e édition, a su attirer de nombreuses galeries internationales, confortant ainsi notre volonté de créer à Lyon un marché d’art contemporain.



Bien évidemment, tout ceci n’aurait jamais vu le jour sans des personnalités comme Thierry Raspail et son complice Thierry Prat, le commissaire de cette Xe édition. Le talentueux Hou Hanru, Sylvie Burgat, la directrice des biennales de Lyon, mais aussi les entreprises partenaires. Leur soutien, en ces temps de crise, nous est d’autant plus précieux et apprécié. Et bien évidemment, les artistes ! Ce sont eux qui font de la Biennale de Lyon un des événements majeurs de la scène de l'art contemporain dans le monde.



© Blaise Adilon (photo 1 : Gauche Droite, 2009 / photo 2 : Espace UN NOUS, 2009).











5e Forum Libération



20 ans après la chute du mur...







Dans moins de 10 jours démarrera à Lyon le 5e Forum Libération. Trois jours d’échanges, de débats, de dialogue. Lyon est ici pleinement dans sa vocation





Avec Max Armanet, directeur du développement du quotidien Libération, grand organisateur de ce Forum, et Yvon Deschamps, représentant notre partenaire la région Rhône-Alpes, nous avons présenté hier à la presse les contours de ce grand événement que sera le 5e Forum Libération à Lyon, du 18 au 20 septembre.



Au cours de cette conférence, je suis revenu sur le thème de ces rencontres : "20 ans après la Chute du Mur de Berlin". 1989 : cette date a marqué la vie de tous les Européens, et au-delà, de tous les peuples du monde.



Ce 5e Forum Libération s’inscrit dans notre volonté profonde que Lyon soit ville de rencontres, de dialogue, de libre discussion sur les grands thèmes de la réflexion contemporaine. Devant les journalistes, j’ai d’ailleurs rappelé combien c’était une tradition de notre Cité que d’être cette terre de confluence où se sont manifestés quelques-uns des grands courants de pensée.



" Aux antipodes du centralisme parisien... "



Au 16e siècle, Lyon était déjà aux avant-postes de la vie intellectuelle. La présence des grands imprimeurs favorisait cette effervescence : Etienne Dolet, Sébastien Gryphe, Jean de Tournes et d’autres dont les travaux ont contribué à la diffusion de l’humanisme à Lyon. Notre Cité était alors un haut lieu de la production littéraire, de libres débats et de confrontations.



Son caractère parfois girondin, aux antipodes du centralisme parisien, a d’ailleurs valu à notre ville d’être marquée par de grands courants de pensée dont le rayonnement s’étendait bien au-delà de nos frontières. Deux grandes familles en particulier – l’une laïque, l’autre d’inspiration chrétienne – se sont illustrées ici.



Lyon, c’est la ville des Canuts qui vont influencer les grandes familles de la pensée sociale, notamment le mouvement proudhonien. Bakounine est venu à Lyon lors des grands débats avec Marx. Parmi les Saint-simoniens, très présents entre Saône et Rhône, la grande figure humaniste d’Arlès-Dufour a joué un rôle de premier plan. Nous réfléchissons d’ailleurs à donner son nom prochainement à un quai du quartier de La Confluence.



Lyon, c’est aussi le creuset d’une pensée chrétienne féconde, une des sources d’inspiration les plus importantes du catholicisme social avec des figures comme Pauline Jaricot, Joseph Folliet, Frédéric Ozanam, Antoine Chevrier, Paul Couturier… Au début du siècle passé, c’est là que furent lancées les Assises de la Chronique Sociale de France qui ont inspiré quelques-unes des plus grandes conquêtes sociales de notre pays.



C’est également à Lyon que s’est forgée une réflexion profonde autour des questions liées à l’œcuménisme et au dialogue entre les religions. L’on sait ce qu’une figure comme celle du Cardinal Albert Decourtray a pu apporter à notre humanité.



Lyon, c’est enfin la Capitale d’une Résistance qui ne fut pas seulement armée, mais aussi intellectuelle. Toutes les grandes familles de pensée s’y sont retrouvées. On pense à Aragon, symbole de la pensée marxiste, mais aussi à des penseurs comme Emmanuel Mounier, fondateur du personnalisme et de la Revue Esprit avec son ami le philosophe Jean Lacroix dont je fus l’élève au lycée du Parc.



" La chute du mur a montré que l’histoire s’écrivait différemment... "



Au regard de l’Histoire et des mutations en cours dans notre société, on retrouve donc une logique à cette rencontre entre Lyon et cette réflexion collective et partagée que nous propose le journal Libération.



Au moment de la fin de l’Union Soviétique et de la chute du mur de Berlin, apparassait la théorie de la "Fin de l’Histoire" de l’Américain Francis Fukuyama. Sa pensée n'était pas sans rappeler celle de Marx qui voit d’abord l’histoire comme théâtre de la lutte des classes devant aboutir à une "société sans classe". Pour Marx, la véritable histoire commence une fois achevée cette lutte des classes dans ce qu’il prévoyait d’une société communiste parfaite.



Le cours des événements et la chute du mur, il y a 20 ans, ont montré que l’histoire s’écrivait différemment.



Proudhon, lui, voyait autrement, pensant que la société était d’abord fondée sur l’existence de réalités contradictoires. Vision qu’il théorisa dans son essai "Le Système des contradictions économiques". Selon son modèle, chaque contradiction appelle une transformation et un dépassement qui eux-mêmes amènent de nouvelles contradictions.



Croire que les synthèses qui peuvent s’élaborer ne sont que provisoires, que l’histoire nécessite chaque fois des analyses différentes, des idées, des expériences nouvelles pour résoudre les problématiques qui se posent à nous. De mon point de vue, c’est une pensée extrêmement riche pour le moment donné : penser les contradictions pour mieux avancer.



"L’homo economicus n’est pas une finalité absolue... "



La crise, la plus grave depuis la grande dépression de 1929, remet en question les schémas économiques éprouvés depuis l’après-guerre, dont nous pensions – à tort – qu’ils pouvaient être un accomplissement, une sorte de stade économique final à l’échelle de la planète.



La globalisation, la crise, nous montrent qu’il n’en est rien et que de nouvelles étapes sont à franchir. Le temps est donc venu d’engager une réflexion de fond sur tous ces défis. Et de se dire que, finalement, "l’homo economicus" n’est pas une finalité absolue.



Que l’homme a aussi une dimension intellectuelle, spirituelle et qui – il faut s’en souvenir – a joué un rôle essentiel dans la chute du mur.





© Photo Victor Salta

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